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Said Ahmed Said Abdillah : « Sans une autosuffisance alimentaire, il est difficile d’être au rendez-vous de l’émergence  »

La situation socio-économique que traverse le pays ne laisse pas indifférent Said Ahmed Said Abdillah, leader du mouvement politique, Comores Alternatives. A travers un entretien exclusif, il fait un cri de détresse surtout sur l’importation des produits vivriers.

Said Ahmed Said Abdillah, président du parti Comores Alternatives

Qu’en pensez-vous de la situation socio-économique inquiétante que traverse notre pays ?

D’abord je remercie le journal Al-fajr de me permettre de m’exprimer et d’informer les comoriens sur la vie quotidienne. Nous traversons une situation difficile au point de vue économique. Je viens de constater qu’il n’y a plus de denrées alimentaires nationales. Nous mangeons des produits agricoles importés à l’étranger : des bananes importées de Madagascar, des tarots de Tanzanie, des tomates que je n’ai pas encore identifiées d’où viennent-elles. Et je suis tellement inquiet car si on importe aujourd’hui même les tomates, les œufs, les bananes, et autres, cela montre qu’il y a un problème, il y a quelque chose qui ne va pas dans notre politique économique y compris au niveau agricole. Même la politique initiée à l’époque d’Ali Soilihi sur l’autosuffisance alimentaire n’existe pas. Nous devons revoir cette politique afin d’avoir une agriculture autosuffisante. Nous Comores Alternatives, parmi nos propositions, notre programme sur l’agriculture, nous devons faire un état général sur l’agriculture, d’étudier les terrains cultivables et non cultivables, les évaluer et savoir aussi l’agriculteur : qui doit réellement cultiver ? Que les terrains soient loués par l’Etat ou que les agriculteurs les cultivent. L’essentiel, qu’ils soient cultivés. C’est honteux d’importer aujourd’hui de la banane. Je crois que nous avons une guerre contre la famine et l’armée comorienne doit cultiver. Instaurer un service national de deux ans pour inciter les jeunes à travailler dans l’agriculture. Les produits de première nécessité doivent être détaxés afin que les prix se baissent et qu’ils soient avantageux des comoriens. Mais nous avons également des problèmes sur l’éducation car les étudiants comoriens ne bénéfices pas de bourses et l’Etat manifeste toujours un intérêt de revoir à la hausse certains taxes.

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80% de la population est la population rurale pourtant le secteur agricole ne figure pas dans les projets phares pour la conférence des bailleurs. Qu’en dites-vous ?

Je ne suis pas d’accord que 80% de la population comorienne soit dans le secteur agricole. Au contraire, 80% de la population est oisive. Puisque si 80% de la population est dans le secteur agricole, nous n’allons pas importer les bananes, les tarots, entre autres. L’agriculture comorienne n’est pas organisée et j’appelle donc à des assises sur l’agriculture afin de structurer notre agriculture et trouver les voies et moyens d’avoir une autosuffisance alimentaire. L’agriculture est le fondement de l’économie. Sans une autosuffisance alimentaire, il est difficile d’atteindre d’être au rendez-vous de l’émergence. Mais il faut savoir que notre problème, on se base sur les accessoires en oubliant les fondamentaux. Nous devons nous mobiliser pour l’agriculture. Et je lance un appel au gouvernement en particulier le chef de l’Etat, de se préoccuper de l’agriculture. Et je crois que le président prendra en considération le secteur agricole en investissant beaucoup plus. C’est la bonne volonté qui nous manque. Mais je crois que la conférence des bailleurs apportera des solutions pour une autosuffisance alimentaire.

Etant un leader politique, comment vous vous préparer aux prochaines législatives ?

Vous savez, nous faisons partie de la mouvance présidentielle et nous aurons des candidats à la candidature. Nous nous inclinerons aussi au choix de l’alliance de la mouvance présidentielle en soutenant les candidats de la mouvance présidentielle. Nous avions une crainte du fait que le parti Crc allait présenter des candidats en dehors de l’alliance mais le chef de l’Etat a compris la vision de la mouvance et c’est l’alliance qui choisira les candidats. Toutefois, des rumeurs circulent que tous les ministres seront candidats. Mais je ne crois pas que cela s’avère vrai puisque nous sommes des démocrates. La mouvance présidentielle a une vision. Personne ne fera un choix, c’est la mouvance d’en décider. On ne peut pas se hasarder, on se concerte. Nous espérons qu’il n’y aura pas de problème sur les candidatures et l’avenir de l’Amp.

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Et si cela s’avère vrai ?                      

Sourire. Je ne crois pas que le président sera d’accord sur ça. Si des ministres souhaitent être candidats, ils doivent démissionner de leurs fonctions. Ils ne peuvent pas être ministres et députés. Qu’ils laissent les places aux autres.

La mouvance s’est-elle déjà réunie pour les candidatures ?

Bien évidemment. Des réunions s’organisent et des concertations ont lieu pour les candidatures aux législatives et communales.

Recueillis par KDBA

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