Le village de Patsy dans la commune de Bazimini est connu pour ses nombreux bâtiments administratifs, mais pas seulement. Lundi après-midi, une délégation de la DRPG et un VNU sont allés rencontrer le comité ADP, qui lutte cette année contre les VBG dans le village du fait des nombreux cas alarmants de violences basées sur le genre.

L’université des Comores, site de Patsy, est le principal carrefour de l’île. Il réunit en moyenne 5 000 étudiants venus des 4 coins du pays. Il n’est pas sans savoir que beaucoup de jeunes y trouvent un chemin pour enfreindre toutes les règles de la société. La directrice de la promotion du genre, Sittina’Echat Salim, la volontaire des Nations unies, Samra Abdallah et Sitti Faouria Chadhuli du comité de veille et d’alerte d’Ouani sont à la rencontre de cette vingtaine de jeunes. L’association du développement de Patsy a vu le jour à un sous-comité qui est le comité des adolescents de Patsy. Ces derniers veulent lutter contre les violences basées sur le genre dans le village qui regroupe près de 8 000 étudiants par an. Said Darouechi, fondateur de l’association et jeune militant des jeunes leaders pour la paix fait savoir que ce sont ses études qui lui ont permis de créer cette association. «On était révélateur. En plus du quotidien des jeunes résidant à Patsy et de la population du village elle-même, mais surtout les conséquences de tout cela », dit-il.
Avortements clandestins, violences physiques après les soirées, consommation de produits stupéfiants sont les principales causes évoquées par cette association qui luttera pour « instaurer de l’ordre » dans le village. Toutefois, ils comptent sur la commune, la direction de l’université, des responsables et des acteurs de la cause pour nous épauler. « Nous avons besoin de tous les bras du monde pour ce travail », indique-t-il. Selon lui, l’université a donné accès à l’association pour la sensibilisation et opte pour une coalition avec la coopérative pour unir les forces ».
Foudhoyila Mouhoudhoiri révèle que des fœtus sont souvent trouvés dans les buissons au village. « Je vois. J’entends. Chez moi, il y a des jeunes qui ont loué une partie de la maison. Souvent quand des personnes balayent, trouvent des corps d’enfants abandonnés. J’adhère à cette cause pour l’image de mon village après qu’on m’ait expliqué. Nous voulons tous les bras forts de cette île. La formation, et la sensibilisation », lâche-t-elle avant d’ajouter que « même notre religion ne nous permet pas de faire des choses pareilles ». Pour elle-même, les premiers, à donner l’exemple, c’est les membres du comité. « Ils doivent avoir la formation pour comprendre réellement les causes et les conséquences de ces violences que beaucoup subissent, mais ils ne le savent pas », se plaint-elle.
Interrogée sur les probables causes, les conséquences et les solutions à mettre en place, la DRPG, Sittina’Echat Salim rétorque que « nous allons travailler ensemble. Dans les universités, les locations de logements, les gens peuvent subir des violences. S’il n’y a pas d’actions, les conséquences seront désastreuses pour les élèves et pour le village. Nous allons mettre en place une campagne de sensibilisation et de prévention des violences basées sur le genre. Surtout, il était question de montrer aux jeunes de l’association et aux parents, les dangers liés à ce fléau». A noter que l’union entre la commune, la direction de l’université, les parents d’élèves et les résidents de Patsy est primordiale. À la base, le développement de la ville de Patsy pourrait être la capitale administrative de l’île. Cette localité regroupe une dizaine de bâtiments et entreprises d’État bien qu’ils soient menacés. « Les locations de résidence pour les étudiants, sans contrôle sont dangereuses », a-t-elle conclu.
Ahmed Zaidou









