ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Le premier forum international sur la jeunesse et la paix a été, hier mardi, lancé par le conseil mondial pour la tolérance et la paix et le gouvernement comorien, au palais du peuple de Hamramba, en collaboration avec l’Assemblée Nationale des Comores. La jeunesse et la paix sont deux leviers importants pour un développement socio-économique d’un pays.

Plusieurs autorités nationales et étrangères et des jeunes comoriens ont assisté, hier mardi, au premier forum international sur la jeunesse et la paix. Lors de son intervention, le président de l’association Leader pour la paix, Chamsoudine Saïd Mhadji a plaidé auprès du chef de l’Etat, l’implication massive de la jeunesse comorienne à lutter pour le maintien de la paix en Union des Comores. « La jeunesse aimerait contribuer au développement de cette terre fertile des îles de la lune en luttant pour le maintien de la paix. Toutefois, cette jeunesse est très limitée par rapport à la politique mise en place par les autorités depuis l’indépendance. La jeunesse doit se retrouver et être impliquée au sein des instances décisionnaires du pays. Il est inconcevable que les jeunes qui représentent aujourd’hui 60% de la population comorienne ne représentent même pas 1% des parlementaires. Ce n’est pas normal qu’il n’y ait aucun jeune sur un gouvernement de 15 ministres. Il n’est pas normal qu’il n’y aucun jeune au poste de secrétaire général d’un ministère ni directeur général d’une société d’Etat ou d’une direction ministérielle. La jeunesse comorienne manque beaucoup de choses pour contribuer à la paix : elle manque d’emplois, d’éducation civique et de formation de qualité, et autres », a-t-il indiqué.

La paix une priorité de l’Onu en 2022

A son tour, le Coordinateur Résident du SNU-Comores, M. François Batalingaya a précisé que les actes de troubles à l’ordre public sont des menaces de paix et de sécurité d’un pays. « Les facteurs tels que les inégalités, la corruption, la mauvaise gouvernance et les transferts illicites des fonds et d’armes constituent des menaces de la paix car ils engendrent la violence, l’insécurité et l’injustice. La paix est l’une des 8 priorités pour 2022 du secrétaire général des Nations-Unies », a-t-il déclaré, avant de démontrer la valeur de la jeunesse dans un pays surtout démocratique. « Les jeunes constituent une base solide sur laquelle les gouvernants et les communautés peuvent s’appuyer pour promouvoir durablement la paix car ils sont dotés de divers talents. Pour ce faire, pour permettre aux jeunes de s’engager pleinement, nous devons reconnaître et relever les contraintes de tailles auxquelles les jeunes sont confrontés. Ces contraintes découlent de la mondialisation, de la mauvaise gouvernance, de la violence, de l’évolution démographique, des inégalités sociales et économiques, du chômage, des nouvelles technologies, des déplacements forcés, du rétrécissement de l’espace civique, de l’évolution du marché du travail et des changements climatiques ». Raison pour laquelle le président du Conseil Global pour la tolérance et la paix, Ahmed bin Mohamed Al-jarwan s’est dit qu’ « il faut entretenir des relations avec les jeunes afin de mettre ensemble des projets de création des masters et doctorat pour les jeunes et étudiants ».

Le président de la République, Azali Assoumani a montré que le gouvernement est en train de créer les conditions appropriées pour l’éclosion d’une jeunesse compétente et citoyenne, apte à intervenir dans la paix. « Notre ambition à tous, en tant que dirigeant, est de créer dans nos pays, les conditions propices à l’émergence d’une jeunesse compétente et citoyenne, capable de contribuer à la paix et au développement socio-économique, auquel nous aspirons tous », a montré le chef d’Etat.

Abdoulandhum Ahamada

Ces derniers temps, les Comores traversent une période de « variation météorologique » marquée par un vent moins violent qui frappe le pays. Le directeur technique de la météorologie, Ahmed Youssouf, démontre qu’il s’agit d’une « tempête tropicale modérée » qui frappe le Mozambique.

Vers la fin de l’année 2021, la situation météorologique de l’Union des Comores a été chamboulée par des averses et des vents moins violents. Une situation inquiétante et qui sème le doute d’un possible arrivé d’un fameux « cyclone » dans le pays. Hier lundi, le directeur technique de la météorologie, Ahmed Youssouf a fait la mise au point sur la situation météorologique. Selon lui, le vent et les pluies qui secouent le pays, à l’heure actuelle, sont causés par la « tempête tropicale modérée » qui frappe le Mozambique. « Actuellement, le pays est secoué par un vent moins violent surtout, dans les zones Sud du pays. C’est une tempête tropicale modérée qui frappe le Mozambique causant ces vents moins violents en Union des Comores. Nous estimons que d’ici mercredi prochain (demain), ces vents cesseront de frapper le pays. On ne va pas subir un cyclone dans le pays », a-t-il tranquillisé les citoyens.

Le directeur technique a annoncé que ces derniers jours, une succession de tempêtes a traversé les zones de l’océan indien, causant des pluies dans notre pays. « Nous traversons la saison de Kashkazi (marquée par des pluies) de novembre à avril.  Ces derniers jours, une tempête appelée « Aman » traversait la zone de l’océan indien, aux îles Mascareignes puis, à Madagascar. Ces tempêtes ont causé des averses dans notre pays », a fait savoir le directeur technique, à l’ANACM.

Entre-temps, le directeur technique de la métrologie met en alerte les pêcheurs qui veulent exercer des activités maritimes. « Face à cette situation météorologique inquiétante, les activités maritimes sont en arrêt jusqu’à arriver à un moment de stabilité climatique. Vous devez aussi mettre en garde les enfants qui veulent aller à la mer », a-t-il conseillé.

Abdoulandhum Ahamada

Depuis 16 mois déjà, aucune commune dans l’ensemble des îles n’a reçu son Budget ni ses primes, bien que prévue par la loi des finances de 2021. Au cours d’une conférence de presse, vendredi dernier, les 54 maires des trois îles ont fermé, « tant qu’il n’a pas une réponse clair sur destination de notre budget de l’année dernière, on n’a pas besoin du budget de cette année ».

Les maires se révoltent, après presque 16 mois d’exercice sans budget. Ils ne perçoivent ni salaire ni carburant. Un handicap pour le bon fonctionnement de ces institutions. « La coordination provisoire des maires constate avec regret, 16 mois après leurs investitures le non versement du budget de fonctionnement prévu dans l’article 52 de la constitution ainsi que l’affectation des ressources de 30% du centime additionnel », selon le communiqué de presse qui a ajouté le manque de fonds minimums de fonctionnement rendant difficile l’installation des organes et structures communaux. « Cette situation complique l’exécution des nombreuses tâches préalables à l’élaboration des plans de développement communal », a mentionné le communiqué.

S’agissant de la fiscalité locale, les maires ont noté l’absence d’un cadre juridique clair leur permettant de déterminer la nature des impôts et d’autres taxes communales. Cela leur définit aussi les compétences des mairies et fixe les limites d’exercer dans son territoire fiscal conformément aux dispositions en la matière prévues dans la loi des finances.

Le maire Mohamed Ibrahim a souligné le manque de considération à leur égard. « Nous avons adressé un courrier au chef de l’Etat lui demandant un rendez-vous pour un tête à tête avec lui en ce qui concerne notre situation. Il nous a répondu et nous a manifesté sa solidarité avec nous, mais ce rendez-vous n’a jamais eu lieu», a expliqué Moindjie Msoili, vice-président des maires.

« Bien sûr que nous avons beaucoup à dire dans le dialogue notamment en ce qui concerne notre situation. Nous sommes les représentants du gouvernement auprès du peuple. Alors comment pouvons-nous travailler sans moyen financier », s’est interrogé le conférencier pour justifier leur appartenance à la mouvance présidentielle.

Kamal Said Abdou

Les locataires des terrains à Djivani dans le sud de Moroni sont en bras de fer avec Cheikh Ahmed, propriétaire des terrains. Au cours d’une conférence de presse jeudi dernier à Djivani, Dhoulkifli Ibn Mohamed, président de l’association des locataires pour le développement de Djivani, a appelé le propriétaire à respecter la loi.

« C’est nous qui avions exploité ce terrain. Il n’y avait rien ici. Et maintenant le propriétaire veut nous expulser sans aucune base légale », a déploré Dhoulkifli Ibn Mohamed, président de l’association des locataires pour le développement de Djivani. Il a insisté sur le fait que les locataires ne sont pas hors la loi.

Il a été révélé que le contrat est conclu verbalement par le père de Cheikh Ahmed. A la succession de la propriété par la mort du père de son père, tout a déjà commencé. Menace, intimidation et autres formes que le président de l’association juge contraire à la loi. « Nous avons loué le terrain avec son père par un contrat verbal. En tous cas, ceci n’est pas contraire à la législation comorienne. Avant que la propriété ne soit divisée entre les héritiers, on payait le loyer dans une agence de recouvrement jusqu’à août 2020 et l’affaire a commencé en février 2021», a rappelé le président de l’association. Les locataires sont montés au créneau après avoir constaté l’usage abusif du propriétaire. « Janvier 2021, nous avons sollicité des négociations mais il nous a refoulé. Notre réponse après qu’il nous a refoulé était clair, nous refusons de payer tant qu’il n’y a pas une négociation entre nous et vous. Finalement, nous sommes convoqués un à un au commissariat de police », a-t-il mentionné.

L’affaire est devant le juge de référer. « Nous avons convoqué Cheik Ahmed au fond mais quelques jours après, nous avons reçu une convocation en appel de Cheik Ahmed sur le jugement de référer dont le juge s’est déclaré incompétent. Un arrêt a été rendu par la cour d’appel pendant que l’affaire déjà en référé n’a pas été bouclée », a-t-il expliqué. Devant le tribunal, l’affaire est en stand-by mais le propriétaire continue à menacer les locataires de détruire les habitations. Le conférencier a regretté ce comportement du propriétaire qui ne respecte aucune loi et qui viole les dispositions réglementaires et constitutionnelles. Le président de l’association se dit très étonné du fait que le ministère de l’intérieur s’immisce dans cette affaire et annule sans motif légal le statut de l’association pour le développement des locataires de Djivani. « Le ministère de l’intérieur a une partie prise dans cette affaire en prenant une décision d’une autorité publique qui influence une autorité judiciaire. Ce qui signifie que la loi est violée », a-t-il conclu

Kamal Saïd Abdou

Le président de la République, Azali Assoumani avec son gouvernement a, hier mardi, présenté les vœux pour l’année 2022 auprès des journalistes comoriens. Une occasion pour le représentant des journalistes, Chamsoudine Saïd Mhadji de présenter ses doléances, notamment, le procès du défunt Ali Abdou, la liberté d’expression, l’adoption du code de l’information, entre autres. Le chef de l’Etat a affirmé avoir promulgué la loi du code de l’information.

La question du procès du défunt Ali Abdou, premier président du syndicat des journalistes, bâclé et classé l’enquête sans suite a été évoquée (par le président du SNJC, Chamsoudine). « Il (Ali Abdou) nous a quitté le 12 décembre 2020 et malgré l’obscurité qui entoure les circonstances de son décès, la justice a bâclé et classé l’enquête sans suite. Ali Abdou n’avait que 31 ans et tous ceux qui ont vu son corps s’accordent à dire que sa mort n’était pas naturelle. Aujourd’hui comme hier, nous réclamons que la lumière soit faite sur les circonstances de son décès tragique et prématuré », a sollicité le président du SNJC cette demande, au chef d’Etat.

À son tour, le président de la République, Azali Assoumani a annoncé que « je viens de signer ce matin (hier, ndlr), le décret portant promulgation de la loi portant Code de l’information. Ce nouveau projet de loi du gouvernement a été examiné par vos organisations, avant d’être soumis aux parlementaires, pour amendements et adoption. La présente loi garantit le droit de l’information et la liberté de la communication, et organise également son exercice. Elle porte création d’un conseil national de la presse et de l’audiovisuel (CNPA). Ainsi, la presse et la communication audiovisuelle sont libres, dans le strict respect de la réglementation en vigueur ». « Le pays s’est doté d’un CNPA, chargé de la régulation et du développement de la presse et de la communication audiovisuelle. Cette institution est chargée de veiller et garantir la liberté d’expression et d’information et l’instauration d’un paysage médiatique diversifié et pluraliste, particulièrement en période électorale », ajoute-t-il.

Le président de la République vient d’annoncer l’octroi d’un fonds d’appui annuel aux médias privés. « Je voudrais aussi rappeler que l’Etat accorde une subvention annuelle de 700 millions de nos francs aux médias privés », a-t-il confié.

Abdoulandhum Ahamada 

Visa Balladur : Un dou’an pour nos morts en mer

Visa Balladur : Un dou’an pour nos morts en mer

Alors que les Comoriens des autres îles avaient pour habitude de circuler librement à Mayotte, pour leur affaire personnelle ou des soins, le visa Balladur, du nom du Premier ministre en 1995 a édifié un blocus entre les Comores et Mayotte.

Ce mardi 18 janvier, marque la journée du visa Balladur. Elle est célébrée annuellement par la ville de Mirontsy et le Club Soirhane, par un dou’an en commémoration des morts du visa Balladur entre l’île comorienne d’Anjouan et l’île de Mayotte. 27 ans après, « nous pensons encore à ces milliers de morts de Mirontsy et d’ailleurs ». Une stèle est édifiée en 2019, à Mirontsy pour  » un rappel perpétuel ». Une centaine de personnes ont pris part à cette commémoration.

« Ce jour, nous sommes ensemble pour un rappel des morts dans la mer. Ils sont partis pour une île sœur. Ce sont nos familles, nos enfants, nos pères et nos mères. C’est une île sœur, Mayotte. Nous y allons pour la santé, la famille », dit Asma Abdallah Houmadi, membre du Club Soirhane et ajoute que « c’était ce jour qu’on nous a imposé ce visa Balladur. Nous voulions célébrer cette manifestation ce jour. Nous ne les oublions pas. Cette commémoration aujourd’hui, pour une prière. C’est la seule fois où nous pouvons penser à eux ».
« Il y 3 ans depuis qu’on organise cet événement de commémoration. C’est la grande catastrophe après les morts de Majungua. Depuis 1995 à nos jours, les morts sont estimés à plus de 20 000. Tous les ans, nous devons être. Nous devons perpétuer ce rituel », a fait savoir docteur Ansuffoudine Mohamed. Et d’ajouter : « les morts du Yemenia, en juin 2009, ne sont pas de 200, ceux des kwasa kwasa, sont de milliers de fois plus nombreux. Nous avons édifié une stèle en cet honneur. Nous avons eu cette idée, de faire un dou’an pour un rappel perpétuel ».

« Du vendredi au samedi, de l’an 2000, je suis parti avec 26 autres personnes pour Mayotte. 17 d’entre nous sont morts. La vedette s’est remplie d’eau. Je suis sauvé par des pêcheurs, après plusieurs heures à la mer, accroché à un bidon d’essence et un macabre. Sur les 17, certains sont morts à l’hôpital », raconte Abdou Ousseni, alias Doudou, 55 ans, originaire de Mirontsy. 

Ahmed Zaidou

Dès lors que les deux Malgaches présumés trafiquants sur l’affaire des lingots d’or ont quitté le territoire comorien, des paperasses planent sur le sort de la drogue saisie ainsi que la somme de 85000 euros et les armes automatiques. Le silence total sur cette affaire est inquiétant.

L’affaire des lingots d’or défraye non seulement les médias locaux, mais aussi, les médias internationaux. Une affaire d’une grande envergure et qui, malheureusement, regorge plusieurs zones d’ombre. La somme de 85000 euros découverte au domicile de Faridi Abodo, ancien receveur régional de douanes, à Anjouan, qui, par la suite déclarée 15000 euros, laisse entendre qu’aucune clarté dans cette affaire. Ce qui explique que la drogue pourrait aussi être déclarée disparue. Le crépuscule, lors d’une conférence de presse à ce sujet, le parquet de la république n’a pas donné beaucoup plus des détails au sujet de la drogue, sa provenance, les complices et le sort. Seule l’affaire des lingots d’or a été abordée en profondeur par le parquet.

Or, la loi prévoit que la drogue saisie doit être incinérée en présence de la presse et des autorités judiciaires, selon l’avis d’un juriste comorien, qui préfère garder l’anonymat. En presque trois semaines, le silence des autorités compétentes à ce sujet est inquiétant. Pour Me Gérard Youssouf, la loi n’a pas fixé un délai pour incinérer la drogue. Normalement, dit-il, le parquet de la république peut lancer la procédure d’incinération de la drogue dès la saisine de celle-ci. Beaucoup se posent la question si cette affaire de la Cocaïne et de la somme d’argent ne pourraient pas aussi disparaître facilement, comme fut le cas des faux-billets et de la drogue saisis par la police nationale en 2020.

Sur le dossier des lingots d’or dont il a fait l’objet de l’arrestation du directeur général des aéroports des Comores, Yasser Ali Assoumani, le parquet de la République a retenu plusieurs charges contre les contrebandiers notamment, association des malfaiteurs, corruption active, et autres. Sur les deux affaires, les présumés auteurs risquent gros si l’on en croit le code pénal comorien en son article 205. « Le fait de diriger ou d’organiser un groupement ayant pour objet la culture, la préparation, la transformation, la production, la fabrication, l’importation, l’exportation, le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi  illicite de stupéfiants est puni de la réclusion à perpétuité et  d’une amende de 30.000.000 à 100.000.000 de francs comoriens ».

Du moment où des personnes ont facilité l’entrée de la drogue dans  le territoire national soit, par  voie maritime, aérien ou encore terrestre, l’article 208 du code pénal ajoute que « Est puni de la même peine,  le  fait de faciliter par quelque moyen que ce soit, l’usage illicite de stupéfiants, de se faire délivrer de stupéfiants au moyen d’ordonnance fictive ou de délivrer de stupéfiants sur la présentation de  telle ordonnance connaissant leur caractère fictif ou de complaisance. Le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi illicite de stupéfiants est puni de dix à quinze ans d’emprisonnement et d’une amende de 10.000.000 à 20.000.000 de francs comoriens».

Kamal Saïd Abdou

 

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani a tenu, hier mardi, au palais de Beit-salam, une rencontre avec les médias locaux. Plusieurs sujets ont été abordés, notamment la vie chère, les relations Comores-Qatar, la recrudescence des actes d’agressions sexuelles, les procès juridiques, entre autres. Le président Azali reconnaît la situation difficile de la vie chère, mais il déclare « chercher des solutions face à ces problèmes ».

Plusieurs sujets d’actualités ont été posés par les journalistes, lors de la conférence de presse d’hier, à l’issue des présentations des vœux pour l’année 2022. Tout d’abord, ce sont des questions relatives à la vie chère que traverse le pays, à l’heure actuelle. Le chef de l’Etat, Azali Assoumani reconnaît cette crise alimentaire mais, selon lui, le gouvernement est en train de chercher les solutions. « Je reconnais la vie chère que traversent les citoyens. La situation est délicate. Nous devons nous unir pour trouver des solutions adéquates face à cette crise. J’ai rencontré les ministres concernés pour trouver d’issus et des solutions idoines. Sachant que tout le monde sait la cause de cette flambée des prix des produits alimentaires (la covid-19). Le pays importe beaucoup de produits alimentaires. Nous devons être indépendants en matière de production alimentaire ou d’autosuffisance alimentaire. Nous devons éviter les pénuries des produits carnés, pétroliers, entre autres). Il faut rappeler que le gouvernement est en train de prêter les opérateurs économiques des moyens financiers pour assurer une quantité suffisante des produits alimentaires. On est en discussion avec eux. Les prix des produits doivent être fixés », a répondu le président de la République.

Nouvelles relations Moroni-Doha

Sur la question des relations Comores-Qatar, le chef de l’Etat a précisé que les autorités compétentes entrent en discussion interne avec le Qatar pour renouer leurs relations bilatérales. « L’Arabie Saoudite est considérée comme notre deuxième pays (direction de l’islam). Les pays qui étaient en guerre avec le Qatar ont renoué leurs relations. Alors, les Comores entrent en discussions avec le Qatar pour faire la même procédure », a-t-il dit.

Et l’affaire des lingots d’or ?

Concernant le sujet des lingots d’or saisis à l’aéroport-Moroni-Hahaya, le président Azali admet la mise en place d’un plan de sécurisation des zones frontières afin d’éviter de tels trafics maritimes et aériens. « Le renforcement de la sécurisation des zones maritimes et aériennes est une option fondamentale afin d’éviter, pour une deuxième fois, les trafics illicites des produits non autorisés à entrer dans le pays comme les armes, la drogue, l’or, et autres. Toutefois, ce qui est pire, c’est l’implication du directeur général des aéroports sur cette affaire de trafic d’or. Je ne sais pas quoi à dire. Donc, nous voulons dépêcher des experts en la matière pour continuer l’enquête », a-t-il fulminé.

Interrogé sur le plan national sur la réduction de la recrudescence des actes d’agressions sexuelles des femmes et mineures, de criminalités,…le locataire de Beit-salam pense que c’est une question de « manque d’éducation des jeunes ». « Nous constatons une recrudescence du nombre des cas d’actes d’agressions sexuelles basées sur le genre, d’actes de criminalités, et autres. Toutefois, nous avons donné toutes les instructions aux concernés, notamment aux magistrats. On doit être ensemble pour remédier à ce fléau qui détruit la vie sociale. Chacun doit assumer sa part de responsabilité, mais je pense que c’est une question de manque d’éducation chez les jeunes et adultes, auteurs de ces actes barbares », a-t-il expliqué.

Bientôt les procès des détenus ?

Pour la question des procès juridiques des personnes placées sous mandat de dépôt par la Cour de la sûreté de l’Etat, le président Azali a sollicité l’organisation des audiences prochainement. « Ces personnes placées en mandat de dépôt par la Cour de sûreté de l’Etat doivent être jugées très rapidement, dans les mois prochains. Sachant que je suis le premier magistrat suprême », a indiqué le président Azali.

Abdoulandhum Ahamada

La partie comorienne a enfin cédé à la pression de Madagascar. Hier dans la matinée, les deux Malgaches cités dans l’affaire de lingots d’or ont quitté les Comores avec la délégation Malgache conduite par le ministre de la justice de Madagascar. Mais, il faudra souligner que les lingots d’or estimés à 50kg sont toujours aux mains de la partie comorienne.

La partie s’est annoncé pourtant compliquée pour la délégation Malgache tenue d’une obligation de résultat, un ordre donné par le président Malgache, Andry Rajoelina à l’issu d’un petit déjeuner de presse  à Iavoloha notamment, ramener leurs ressortissants à la maison. En effet, la réunion technique entre la délégation Malgache conduite par le ministre de la justice et celle des Comores a, hier fini par l’Extradition de deux ressortissants Malgache interpellés dans l’affaire dite « lingots d’or » saisis le 28 décembre dernier. Une procédure qui, selon le porte-parole du gouvernement comorien entre dans le cadre d’un accord d’entre aide judiciaire entre Moroni et Antananarivo datant de 1976. Un argument qui a fait un débat juridique dont certains juristes estiment que le gouvernement comorien pourrait refuser la demande d’extradition émise par Madagascar.

Même si le garde de sceaux comorien continue à faire croire qu’il s’agit de deux procédures différentes, ce que l’on peut constater sur cette affaire, le gouvernement comorien n’avait pas le choix de refuser la demande dans la mesure où en 2019, Madagascar avait accepté de livrer Insa Mohamed alias Bobocha, présumé cerveau de l’attentant contre l’avion du président de la République sous une procédure biaisée aux autorités comoriennes.  Aussitôt que la demande de Madagascar n’est pas reposée seulement sur la récupération de leurs ressortissants mais aussi la récupération des lingots d’or réputés un produit Malgache. Un élément sème toutefois le doute sur l’originalité réelle du  métal jaune qui, jusqu’à maintenant reste dans les coffres fort de la banque centrale des Comores.

Et les lingots d’or ?

Si les documents présentés à l’aéroport de Hahaya le 28 décembre dernier prouve que le métal provient de Madagascar, le gouvernement comorien n’a pas accepté cette hypothèse affirmant que la facture présentée par les présumés trafiquants montre que le métal provient d’une société dénommée Mali métal Sarl à l’endroit de Parpia Gold and Jewels TTrading. Au moment où les deux ressortissants sont déjà quitté les Comores, beaucoup se posent la question  si le gouvernement comorien va encore accepter de livrer les lingots d’or à Madagascar pendant que celles-ci devaient être gardées aux Comores en même tant que le jet privé destiné à servir dans l’accomplissement de l’infraction et qui, par conséquent ce jet privé à été autorisé à quitter le tarmac de l’aéroport de Hahaya.

Kamal Said Abdou

Alors qu’il devait pleuvoir en cette période de Khashkazi aux Comores, Ahmed Youssouf Abdou de la direction de la météorologie de l’Anacm parle d’un phénomène de dérèglement du climat. Selon lui, ce phénomène de dérèglement climatique est d’ordre mondial.

Les Comores ne sont pas épargnées au phénomène du changement climatique. Les saisons restent les mêmes, selon Ahmed Youssouf Abdou de la direction météorologique de l’Anacm mentionnant que le pays devrait traverser une période de pluie depuis le 27 novembre dernier où les pluies ont été généralisés sur l’ensemble du territoire pourtant aucune goutte de pluie depuis cette date-là. « Donc, il n’y pas un changement de saison de pluie dans notre pays. Rappelons que la journée du 27 novembre dernier était marquée par des pluies intenses surtout au sud-ouest de l’île où la hauteur de la journée avoisinait 100mm », a expliqué Ahmed Youssouf Abdou qui s’est appuyé au bulletin météorologique de l’Anacm.

Diminution des pluies

 Ahmed Youssouf Abdou a cité quelques éléments qui pourraient être les causes du manque de pluie. A l’en croire, les actions anthropiques notamment, la déforestation et autres, contribuent de manière grave le manque de pluie dans notre pays. « La pluviosité a diminué. Au fait, l’humidité était relativement faible pendant les deux premières décades si l’on compare à la dernière semaine où la couverture nuageuse était importante et que l’atmosphère locale était saturée en vapeur  d’eau accompagnée des pluies convectives à caractère orageuse. Les autres régions ont  connu  une  balance  pluviométrique  mensuelle déficitaire par rapport à  la moyenne  climatologique de l’archipel évaluée à 106,3mm sur la base de 1981-2010 », a-t-il ajouté. Selon lui, les Comores ont un climat tropical humide sous influence océanique. Cette dernière est caractérisée par deux saisons : une saison sèche et fraîche de mai à Octobre, marquée par les vents des « alizés » et l’autre saison appelée « kusi », une saison chaude et humide entre novembre et avril, marquée par les vents des moussons dites « khashkazi ».

A entendre le responsable de la direction de la météorologie, la période des grosses pluies aux Comores, correspond à la saison de khashkazi de novembre à avril.  « Dans cette période, l’analyse effectuée sur les températures prélevées au niveau des  4  sites,  a mis en évidence une augmentation de la température si l’on compare à la situation vécue en octobre. La valeur minimale enregistrée est de 20°C et la valeur maximale est  de  35,5°C  enregistré,  le  21  novembre  à  l’aéroport  de  Hahaya.  Ceci  sous-entant que  la  courbe  des  températures  maximales  est  à  la  hausse,  on  s’attend  donc  à  une augmentation de la chaleur », selon le document de l’Anacm.

Une hausse de la température de 1,1°C

Ce document montre que les résultats consensuels issus des modèles de prévision saisonnières des pluies de l’Anacm, ont montré des scénarios plus secs que  la  moyenne  normale  pour  la  saison  octobre, novembre et décembre 2021 et pour la saison novembre-décembre et janvier 2022, les scénarios secs et proches  de la moyenne seront probables sur l’ensemble du territoire. Ceci sous-entend que les pluies auront tendance à augmenter pour se rapprocher de la moyenne en janvier. Ahmed Youssouf Abdou a tenu à préciser que l’augmentation de la température aux Comores est estimée à 1,1°C, pour une durée de quarante ans, entre 1981 à 2021. « Donc, l’augmentation de la chaleur aura des conséquences non seulement dans le domaine de l’agriculture mais aussi, dans la vie de l’homme. Pour cette année, il y aura moins des récoltes à cause du manque des pluies », a conclu le responsable de l’Anacm.

Kamal Saïd Abdou