ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Me Abdoulwahab Mohamed conduira le barreau de Moroni dans les trois ans à venir, si l’on se tient à la cérémonie de transmission technique d’hier entre Me Ibrahim Ali Mzimba, ancien président du barreau et Me Abdoulwahab Mohamed, nouveau bâtonnier de l’ordre des avocats. Un défi ou une officialisation ?    

Hier lundi, l’ancien bâtonnier du barreau de Moroni, Me Ibrahim Ali Mzimba semble mettre fin aux discordes  l’opposant à l’équipe de Me Tadjidine. Il a procédé à une passation technique avec Me Abdoulwahab qui pourrait laisser entendre l’officialisation technique du nouveau bâtonnier. Pourtant, le camp de Me Tadjidini s’apprêterait à investir leur élu sous peu, à en croire un des avocats sous vert d’anonymat.  Bien que Me Abdoulwahab ait rassuré qu’il n’a pas un conflit ouvert avec personne, tout laisse croire que le désaccord n’est pas encore résolu. C’est d’ailleurs ce qu’a confié un autre avocat du barreau de Moroni, joint au téléphone par Al-fajr. Selon ce dernier, juridiquement les deux camps ne peuvent pas chacun trancher à lui seul sans la juridiction compétente, selon les normes.

Serions-nous encore, une énième fois, entrain de revivre les mêmes scénarios des politiciens, cette fois avec les hommes de loi ? Que devra-t-on s’attendre si les hommes de lois font fi de lire la loi et l’appliquer ? Quel modèle de citoyen obéissant les règles et lois régissant sa société veut-on nous léguer, nous citoyens lambda ?

« Je souhaite que tout conflit né de ces élections sera dépassé le plus vite que possible dans la nécessité que nous sommes tous des responsables et nous espérons accomplir ces responsabilités au profit des avocats car nous sommes choisi pour les servir », dira Me Abdoulwahab qui campe sur sa position d’être le nouveau bâtonnier, lors de ladite passation. Que doit-on comprendre ? Wait and see.   

Kamal Saïd Abdou

 

Mohamed Ali Soilihi : Une vie sous des contraintes

Mohamed Ali Soilihi : Une vie sous des contraintes

L’ancien vice-président et ministre des finances, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou) est mis en résidence dans l’affaire dite de citoyenneté économique, laquelle affaire, l’ancien président Sambi est sous mandat de dépôt. De cette résidence de Mamadou, s’ajoute un contrôle judiciaire. Un régime attaqué par son avocat. L’ancien argentier du pays vit une nouvelle vie sous contraintes.

« Mon client Mohamed Ali Soilihi alias Mamadou est à la fois mis en résidence et sous contrôle judicaire. Comment est-ce qu’individu mis en résidence, peut être aussi sous contrôle judicaire ? C’est une procédure contradictoire », avait fulminé l’avocat de Mamadou. L’instruction se fait-elle d’une voie  « illégale » ? « Mon client est privé de sortie. Il est défendu de se rendre dans des lieux publics. Et puis, ils l’ont mis sous contrôle judicaire autrement-dit, il doit sortir pour aller pointer au palais de justice. Alors qu’il est privé de sortie. C’est obscur et  inexplicable. Et on ne peut pas expliquer l’inexplicable », regrette son avocat.

D’ailleurs, c’est la chambre d’accusation qu’elle s’est autosaisie sur les procédures et mesures judicaires contre Mamadou. Pour un avocat au barreau de Moroni, « seule la justice doit trancher. La justice n’est crédible que par l’intégrité de ses décisions. Pour l’enquête sur la citoyenneté économique, la vérité est tout autre. Plus de démocratie sans une justice indépendante. La justice comorienne doit se respecter et agir conformément à son pouvoir. La justice est juste s’elle est indépendante et impartiale. Ce n’est pas une affaire juridique, je pense. Son régime judiciaire est hors la loi mais la justice peine à se prononcer sur cette affaire. On dirait que le dossier est trop politique que judiciaire », a-t-on expliqué.

Un régime hybride ? Cet avocat passe en contre-attaque et affirme que la loi parle d’une « résidence surveillée » et non d’une « résidence ». « Je n’ai jamais entendu parler d’une résidence tout court. Il existe une résidence surveillée juridiquement », confie l’avocat couvert d’anonymat. Mamadou est-il en forme ? Il traverse une vie sous des contraintes.

KDBA

Suite à l’assemblée générale élective du barreau de Moroni, le 22 novembre dernier, Me Tadjidine Ben Mohamed et Me Mohamed Abdouloihab se déclarent, chacun, bâtonnier. Lors d’une conférence de presse tenue, hier, à Moroni, Me Mohamed Abdouloihab insiste et persiste qu’ « il n’y a pas deux bâtonniers en un seul siège. Donc, je suis légalement le bâtonnier au barreau de Moroni ».

Les élections du nouveau bâtonnier au barreau de Moroni connaissent des vives tensions puisque les deux candidats se déclarent « élu bâtonnier ». Me Mohamed Abdouloihab insiste qu’il est légalement le bâtonnier de l’ordre des avocats comoriens pour un mandat de trois ans, en précisant  qu’il n’existe pas deux bâtonniers pour un seul fauteuil. « Me Tadjidine a déposé deux candidatures, respectivement le 17 et 19 de ce mois. La première lettre de candidature présentait une liste de 12 membres alors que la dernière présentait une liste de 9 membres. Quant à la liste de Me Mohamed Abdouloihab, elle a été adressée à la commission électorale sous couvert du bâtonnier de l’ordre. Elle présentait une liste de 12 membres. Suite à l’examen des candidatures, la commission électorale a décidé de rejeter la double candidature de Me Tadjidine et de ne retenir que celle de Me Abdouloihab. Au vu de ces éléments, la commission a estimé qu’il n’y avait qu’une seule candidature valide, celle de Me Abdouloihab et a décidé de la soumettre aux voix. C’est alors que Me Tadjidine et ses colistiers ont soulevé une vive protestation allant jusqu’à demander l’annulation de la liste retenue », s’est justifié Me Mohamed Abdouloihab.

Au sujet de l’article 33 de la loi stipulant qu’il fallait trois années d’exercice au barreau de Moroni après prestation de serment, Me Abdouloihab pense que les textes et articles connaissent des interprétations juridiques et non littéraires. « Les textes ou lois ont des significations littéraires. Comment un homme expérimenté en la matière peut être mis en cause alors qu’il a prêté serment en 2018 ? Juridiquement, les textes ne refusent pas ma candidature. Celui qui veut contester ma victoire, a 10 jours de dépôt de requête », a-t-il dit.

Abdoulandhum Ahamada

Le procureur de la République, Mohamed Abdou a, hier, convié la presse pour expliciter  les circonstances de la mort du prisonnier Ibrahim Mhadjou, mardi dernier, à la maison d’arrêt de Moroni. Contrairement à l’opinion publique, le procureur de République est convaincu que « le prisonnier Ibrahim Mhadjou a subi une mort naturelle ». Quant à la mort de Djaza, une enquête est ouverte.

Ibrahim Mhadjou de Domoni Mbadjini est décédé, mardi dernier à la maison d’arrêt de Moroni. Au cours d’une conférence de presse, le procureur de la République, Mohamed Abdou a porté des éclaircissements sur les circonstances et les résultats des premiers éléments retenus de son décès. Selon lui, Ibrahim Mhadjou est mort naturellement. « À 14h37, j’ai reçu la mauvaise nouvelle de la mort d’Ibrahim Mhadjou. J’ai pris les dispositions nécessaires en informant le ministre, la gendarmerie, un médecin accompagné de son infirmier, pour examiner les circonstances de son décès. J’ai demandé la réouverture du corps du défunt (Ibrahim Mhadjou). Ce n’est pas par méfiance mais plutôt par confiance et assurance en vue de connaitre si ce jeune de quarante ans n’a pas subi des blessures physiques. Le défunt avait une maladie de dermatologie. Sur le plan visuel, je n’ai pas constaté des brulures et des signes d’agressions physiques. Donc, sa mort est naturelle », a expliqué le procureur de la République. Et lui d’ajouter « toutefois, la brigade de recherches ont enquêté les témoins pour témoigner la véracité de la mort d’Ibrahim Mhadjou. Sachant que ce dernier est poursuivi de tentative de viol qualifiée d’agression sexuelle. Il avait écopé 5 ans de prison ferme ».

« Certaines cellules ne sont pas bien aérées »

Interrogé sur la question de la situation des prisonniers incarcérés à la maison d’arrêt de Moroni, le procureur reconnait que, certes, la chaleur peut causer des conséquences néfastes à l’égard des prisonniers. « Je suis conscient qu’il y a une concentration des prisonniers. Et cela risque de provoquer des difficultés liées à la chaleur. J’ordonne une enquête depuis ce matin (hier, ndlr) et j’attends les résultats. Le service pénitentiaire doit aménager ça. J’aimerai que les conditions d’incarcération des prisonniers soient saines. Puisque les prisonniers sont à la responsabilité directe du service pénitentiaire », a-t-il interpellé.

Pour Djaza, une enquête est en cours

Concernant les circonstances de la mort du Dr Djaza, le procureur a tout d’abord expliqué brièvement le déroulement des procédures administratives avant d’annoncer qu’une enquête judiciaire a été ouverte. « À l’annonce de la mort du Dr Djaza, les deux services de sécurité, notamment la police et la gendarmerie étaient présents dans le lieu de sa mort. J’ai saisi la police au profit de la brigade de recherches. La réclamation d’une ouverture d’enquête judiciaire sur la mort de Djaza est un droit et un devoir. Toutefois, il faut savoir que j’ai ouvert cette enquête pour connaitre la véracité de la mort de Djaza. C’est une question pertinente, nous devons assumer notre responsabilité », a-t-il confié.

La publication des images de Djaza, une violation de sa dignité

Mais sur le fait de publier des images choquantes du défunt (Djaza), le procureur n’a pas du tout apprécié ce geste des internautes. Selon lui, la publication des images choquantes de cet homme (Djaza) est une violation de la dignité et le respect du défunt. « Les avocats, le procureur, et autres responsables de la mort de Djaza doivent avoir un secret de profession. Puisque je me demande qui a dévoilé ces images détournâtes ou choquantes ? Nous devons respecter le défunt et la valeur de sa famille. Exposer ces images sur les réseaux sociaux est une forme de violation de la dignité et le respect total du défunt. », a-t-il regretté.

 

Abdoulandhum Ahamada

Election du barreau de Moroni : Une cacophonie

Election du barreau de Moroni : Une cacophonie

L’assemblée générale élective du nouveau bâtonnier au barreau de Moroni a eu lieu dimanche 22 novembre dernier. A l’issu de cette dernière, les voix se lèvent entre Me Mohamed Abdoulwahab et Me Tadjidine, les deux candidats présentés à cette assemblée. Sauf que les candidats ? chacun se déclare bâtonnier. La cacophonie.

50 avocats (y compris les procurations) ont pris part à une assemblée générale en vue d’élire le nouveau bâtonnier pour une mandature de 3 ans. Me Mohamed Abdoulwahab et Me Tadjidine, chacun se déclare vainqueur de l’élection du barreau de Moroni. Qui sera le futur bâtonnier du barreau de Moroni ?

Deux listes en lice pour l’élection du nouveau bâtonnier au barreau de Moroni. Me Mohamed Abdoulwahab et Me Tadjidine respectivement, candidats en tête de ces deux listes. Joint au téléphone, Me Attick, secrétaire du barreau de Moroni a fait savoir que sur les deux listes en lice, une liste a été annulée par le président du conseil au motif que cette liste n’a pas répondu les conditions.  

« L’assemblée générale élective des avocats inscrits au barreau de Moroni a eu lieu ce dimanche 22 novembre 2020. Me Mzimba qui a présidé la séance sans la salle d’audience du palais de justice de Moroni. Dès 10 heures, un échange sur les perspectives du barreau et le bilan du conseil sortant a eu lieu. Ainsi une tension est montée entre les avocats conduisant à la confiscation de l’urne. La seule liste retenue a été déclarée vainqueur par acclamation de l’assistance, ainsi Me Mohamed Abdoulwahab, ancien magistrat et ancien président de l’ile de Ngazidja est « élu » pour un mandat de trois ans conformément à la loi régissant la profession d’avocat aux Comores », a déclaré Me Attick, secrétaire général du barreau de Moroni. S’annonçant ferme mais démocrate, Me Atticki a souligné que « celui qui se sent insatisfait a le droit de procéder à un recours ».

 Me Tadjidine candidat aux élections, a contesté la victoire de Me Abdoulwahab et se déclare vainqueur de cette élection. « 50 avocats (y compris les procurations) étaient présents à l’assemblée générale élective de ce dimanche 22 novembre. On avait deux candidatures dont les têtes de listes étaient Me Mohamed Abdoulwahab et  Me Tadjidine. Il y’avait des contestations des avocats sur la candidature de Me Mohamed Abdoulwahab », a-t-il dit. Me Tadjidine s’appuie sur les textes régissant la profession dont l’article 33 qui « stipule qu’un bâtonnier doit prêter serment au plus de trois ans ». Selon lui, Me Abdoulwahab n’a pas atteint ce délai. Aussi, un stagiaire a été inscrit dans la liste pourtant ce n’est pas permis. «  Au lieu que Me Mzimba reporte l’élection à une date ultérieure, il a déclaré Me Mohamed Abdoul-oihab vainqueur de l’élection par acclamation», a critiqué Me Tadjidine.

Me Mzimba a brulé  les procédures normales pour organisation des élections. Puisqu’il a juste nommé Me Abdoulwahab vainqueur au lieu d’être élu par voie légale, selon Me Tadjidine. « L’assemblée générale est mal finie puisque sur 50 avocats, 27 sont resté dans la salle pour procéder à une élection qui répond aux normes et règlement du barreau de Moroni. Une commission d’organisation des élections est mise en place. Sur 27 avocats, 26 ont voté en ma faveur. En effet, je suis le vainqueur de cette élection et je suis légalement le bâtonnier au barreau de Moroni pour un mandat de 3 ans », a insisté Me Tadjidine. Et lui de conclure « quiconque veut contester ma victoire pourrait procédure à un recours, peut-être, à la Cour d’appel ».

Abdoulandhum Ahamada

Issihaka Himidi, ancien commissaire aux finances a été auditionné hier par le procureur de la République. Interrogé sur le fond de l’audition, l’ancien commissaire a souligné que c’est une sorte de conseil entre amis sur le climat politique qui prévaut le pays actuellement.

L’information est relayée sur les réseaux sociaux. « Issihaka Himidi sera auditionné sur l’affaire de Mbeni où le président Azali est hué», a-t-on lu. « Ce n’était pas sur l’affaire de Mbeni. Rien de grave ne m’a été reproché, c’est juste que le procureur avait des informations sur moi et il a souhaité de me voir pour tirer conseil car il lui parvient des informations sur l’actualité politique», a expliqué l’ancien commissaire. « Il nous a fait part aussi de ce qui se passe en Libye et Irak. En tout cas, le procureur appelle la population à préserver la paix dans notre pays. Il nous a confié qu’il n’est pas contre les divergences politiques mais cela ne doit pas nuire le pays », a avancé l’ancien commissaire.

« Nous avons exprimé notre satisfaction de l’exposé. Concernant l’arrivée du président Azali à Mbeni, je lui ai expliqué que cela n’est pas de mon comportement de déshonorer quelqu’un. Je n’ai pas contribué ni de près ni de loin. Je dis cela au cas où il a eu des informations sur ce sujet même s’il n’a pas évoqué le sujet. Nous sommes entretenus calmement en tant que amis », a-t-il ajouté.

Revenant sur l’affaire de Mbeni dont le président de la République est hué, l’ancien commissaire a rappelé qu’ « il a été auditionné sur cette affaire à la gendarmerie où il a été convoqué par le maire de la commune de Nyumamsiru depuis le lundi passé», a conclu l’ancien commissaire.

Kamal Said Abdou

Justice : La Cndh rejette la peine de mort

Justice : La Cndh rejette la peine de mort

Hier jeudi, la commission nationale des droits de l’homme et des libertés a tenu une conférence de presse. La présidente de cette commission soutient l’idée du secrétaire général des Nations Unies selon laquelle, « la peine de mort n’a pas sa place au 21ème siècle. Les dirigeants du monde entier doivent clairement se prononcer en faveur de son abolition. »

La Cndhl devant la presse

Plusieurs personnes sont condamnées à mort par la Cour d’assises les semaines dernières. La Cndhl s’est prononcée hier pour donner son point de vue par rapport aux sentences. La Cndhl soutient la déclaration du secrétaire général des Nations Unies qui fait appel aux pays membres de l’organisation d’abolir la peine de mort. « Il en résulte des audiences spéciales sur la peine de mort dans l’ensemble des iles. Cela n’est pas étrange étant donné que notre pays n’a pas aboli la peine de mort. Toutefois, nous sommes en train de faire en sorte que la clémence et la grâce soient accordées  pour le respect des droits de l’homme », indique la présidente de la Cndhl

Pour elle, la religion respecte  et protège de manière stricte les droits de l’homme. Au sujet de l’application de la peine capitale, les voix se divergent à l’ égard des ulémas, spécialistes en droit comparé. Les uns s’appuient sur la théorie selon laquelle «celui qui a tué doit être exécuté » et d’autres s’appuient sur une jurisprudence religieuse selon laquelle « opter la vie de celui qui a tué n’est pas bonne ». Foundi Hadji, commissaire à la Cndhl et représentant des ulémas au sein de cette commission précise que « l’objectif de l’Islam est de faire en sorte qu’il ait une rigueur ». Selon le prédicateur, il fallait d’abord éduquer la population dans l’Islam avant d’appliquer la peine de mort.

Kamal Saïd Abdou

 

La commission nationale des droits de l’homme et des libertés effectue une visite chaque mercredi à la maison d’arrêt, selon la présidente de cette commission, Sittou Raghadatou à travers un entretien téléphonique avec Al-fajr. Elle indique que la Cndhl a rendu visite l’ancien président Sambi, la semaine dernière et l’ancien gouverneur Salami, il y a cinq mois. Pourtant, l’avocat de ces deux anciens dirigeants détenus dit ne pas être informé de ces visites.

Détenus provisoirement par la justice comorienne, l’ancien président Sambi et l’ancien gouverneur de l’île d’Anjouan ont été rendus visite par la commission nationale des droits de l’homme et des libertés. Ces visites s’inscrivent sur le travail de la Cndhl. L’ancien gouverneur est rendu visite il y a cinq mois et l’ancien président, c’est la semaine dernière, selon la présidente de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés. « Chaque mercredi, nous effectuons une visite à la maison d’arrêt », dit-elle. Cette commission des droits de l’homme visite les prisonniers dans leurs milieux carcéraux.

De son côté, l’avocat de Sambi et Salami affirme ne pas être informé de toute visite de ses clients. « On ne m’a pas informé. Mes clients ne m’ont pas parlé d’une telle visite », a indiqué Me Mahamoudou.

Force est de constater que l’ancien président Sambi est sous mandat de dépôt dans sa résidence et est inculpé sur l’affaire de la citoyenneté économique. Ahmed Abdallah Mohamed Sambi est accusé de faux, usage de faux et forfaiture. Le 20 août 2018, le juge d’instruction chargé du dossier lui a placé en détention provisoire en lui suspectant d’avoir détourné l’argent de la citoyenneté économique. Deux ans et trois mois en détention provisoire. Pour Dr Salami, il est accusé de troubles à l’ordre public. Presque deux ans depuis sa détention. Les visites de la commission nationale des droits de l’homme pousseront à leur jugement ?

Kamal Saïd Abdou

 

Samedi dernier, le ministre de la justice, Mohamed Houssein Djamalillaili a convié la presse pour faire le point sur le déroulement des audiences sur les affaires criminelles dans l’ensemble de l’archipel des Comores. Selon le ministre, toutes les décisions juridiques sont rendues, et les efforts sont déployés pour l’application de la loi.

Dès le 05 octobre dernier, le ministère de la justice a organisé les audiences  pour les criminels. 4 dossiers à Ngazidja, 2 dossiers à Ndzuwani et un dossier à Mohéli. Le ministre de la justice s’est félicité quant au déroulement de toutes ces audiences. « Nous remercions le déroulement des audiences tenues ces derniers temps dans l’ensemble du pays. Tous les efforts sont déployés pour appliquer la loi. Les décisions sont rendues, voire même les opposants ont apprécié. Celui qui n’avait pas eu son avocat, le gouvernement lui a donné un avocat. Les juges n’étaient pas ordonnés  de suivre des telles instructions, en cas de jugement. À Ngazidja, nous avons eu quatre procédures, à Anjouan 2 procédures et à Mohéli, nous possédions une seule instruction. Toutes les procédures sont enfin respectées », a déclaré le ministre de la justice, Mohamed Houssein Djamalillaili.

« L’exécution de décision de justice est réservée au président de la République »

Concernant l’exécution de la peine de mort pour les criminels, le ministre de la justice se justifie que la décision de l’exécution des prisonniers par la peine de mort dépend du décret présidentiel. « Les juges ont prononcé les sentences. L’exécution de décision de justice est réservée au président de la République. C’est comme ça dans le monde. Le chef de l’Etat a le droit de réduire les peines, par la grâce ou la peine capitale. De même, les parlementaires peuvent adopter la loi sur l’amnistie. Le ministre de la justice a le droit d’accorder la liberté conditionnelle. En cas de peine de mort, il faut un décret présidentiel. Nous avons environs 218 prisonniers à Ngazidja, 100 à Anjouan et à peine 20 prisonniers à Mohéli dans les prisons », s’est exprimé le ministre. Et lui d’ajouter « le citoyen a le droit de critiquer et commenter la décision rendue par la justice. Au palais de justice de Moroni, les juges étaient originaires de la Grande-Comores comme à Anjouan et à Mohéli. Nous avons apprécié les audiences faites à Mohéli car c’était la première fois que l’île de Mohéli organise des telles audiences. Les moheliennes ont exprimés leurs maturités et les audiences se sont bien déroulées».

Sako affirme le respect des droits humains en milieu carcéral

L’ancien procureur de la République, Soilihi Mahamoud alias Sako revient  sur les conditions incarcerales des prisonniers, le respect des droits de l’homme ainsi que les conditions d’hygiènes. Selon lui, « tout va bien ». Malgré les capacités d’accueil très limitées dans l’ensemble des maisons d’arrêt du pays, l’ancien parquetier précise que « les conditions sont réunies notamment la nourriture, le logement et autres ». S’agissant du respect des mesures barrières contre la Covid-19, Soilihi Mahamoud certifie que toutes les dispositions sont prises pour respecter les mesures barrières à la maison d’arrêt de Moroni, à Koki et à la prison de Mohéli. « Dans les prisons de l’Union des Comores, tous les droits humains sont respectés », rassure t-il.

Abdoulandhum Ahamada

Vendredi dernier, la diplomate française à Moroni, Mme Jacqueline Bassa Mazzoni a visité la maison d’arrêt de Moroni pour constater les dispositions mises en place pour les détenus. Un geste salué par le directeur général de l’administration pénitentiaire,  Soilihi Ali Saïd.

Alors que la France, à travers son ambassade à Moroni, s’est engagée pour l’ouverture  des dispensaires dans les centres d’isolement dans l’ensemble des îles des Comores, le vendredi dernier, Mme Jacqueline Bassa Mazzoni, ambassadrice française auprès de l’Union des Comores s’est rendue à la maison d’arrêt de Moroni. L’objectif principal est de constater les dispositions mises en place au système de soins des détenus. C’est aussi de savoir de quoi la direction générale de l’administration pénitentiaire a besoin pour le respect des droits humains.

 « La présence de l’ambassadrice française à la maison d’arrêt de Moroni est d’abord un geste humanitaire témoignant son amour envers  les détenus, ainsi que son dévouement au respect des droits de l’homme. Nous devons en être fiers car le soutien qu’apporte la  France pour le développement de notre pays à son sens», a montré Soilihi Ali Saïd, directeur général de l’administration pénitentiaire.

Soilihi Ali Said  rappelle que les efforts de l’ambassadrice française en Union des Comores, précisément, la mise en place d’un système de soins dans les centres d’isolement est une suite logique des actions que mène la France depuis de longues dates. « On est tous conscients que la France est un poids lourd pour le développement de notre pays, si elle est là, aujourd’hui encore pour améliorer les conditions de soins des détenus, ce n’est qu’une suite logique de ses actions  de longue dates avec les Comores » a-t-il rappelé.

Convaincu que la prison n’est pas un centre  de punition mais plutôt de correction, Soilihi Ali Said a mis en place une salle d’étude en vue de soutenir les étudiants et les élèves  emprisonnés. L’objectif est de les permettre de rattraper  leurs scolarités, une fois libérés.   

Nassuf. M. Abdou