ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Dans un entretien accordé, hier lundi, le manager de la gagnante de la deuxième édition de Nyora, K2 Kais dit ne pas être surpris de la victoire de la jeune star Kueena. Ce producteur et éditeur aux compétences reconnues dans l’île sœur de Mayotte espère intégrer sa protégée dans la cour des grands.

Votre artiste a été élue gagnante de la deuxième édition de Nyora, samedi dernier, qu’envisagez-vous pour la suite de sa carrière ?

Kueena s’est justifiée devant le monde qu’elle est une nouvelle étoile montante de la musique comorienne. Et développer sa carrière professionnelle était toujours notre priorité avant qu’elle participe à l’émission Nyora 2. Du coup, on a eu cette opportunité venue non seulement pour évoluer sa carrière, mais aussi, de rencontrer de belles personnes, ce qui a été notamment le cas avec les candidats et toute l’équipe qui s’est mobilisée pour que ce concours ait lieu. Aujourd’hui, je suis très fière car elle a acquis davantage, une expérience, et surtout, un entourage professionnel devant lui permettre de s’intégrer dans la cour des grands. Je profite cette occasion de vous annoncer les projets à venir pour la star des îles à savoir : sa collaboration avec Hairia pour un nouvel album prévu en fin d’année 2022. En effet, j’ai une gratitude envers toutes les parties prenantes qui ont pu surmonter les obstacles pour qu’une telle mission puisse réussir. Cette deuxième édition de Nyora nous a ouvert des portes pour d’autres territoires comme Madagascar, la Réunion pour une collaboration avec les artistes renommés de l’Océan indien. Sa victoire représente toutes les îles. Espérons que la gagnante franchira au fil du temps, des grandes portes à l’échelle internationale.

Comment pouvez-vous expliquer cette réussite ?

Il faut savoir que Kueena exerce le chant comme plaisir, mais aussi son travail. Elle se donne du temps, elle s’est engagée parce qu’elle a une vision que je suis même déterminé à lui apporter mon soutien cordialement. C’est une artiste signée au sein de mon label « K2 Records », et j’ai fort pensé que le concours s’est joué à un détail prêt bien que tous les candidats soient talentueux. Ce détail est le fait que Kueena exerce son métier avec abnégation. Elle est très suivie et travaille rigoureusement sa voix, quasiment, tous les jours avec des jours de repos bien définis. Le fait qu’elle chante depuis en bas-âge et qu’elle continue intensément à travailler sa voix, j’estime qu’elle a beaucoup joué en sa faveur, elle savait ce qu’elle voulait, même Soulaiamana Mzé cheikh un des jurys avait d’ailleurs fait cette remarque, et il n’avait pas tort que la star a une qualité hors du commun. Pour répondre à cela, la victoire de Kueena résume le fruit de la détermination d’une jeune dévouée à atteindre les résultats escomptés. Je suis fier qu’elle soit au meilleur niveau dès le début de sa carrière professionnelle. Maintenant, il y a certainement des choses à faire, mais cela ne devrait pas être compliqué pour moi, car la machine s’est déjà mise elle-même dans les rails, maintenant c’est une question de petites formalités pour elle.

Vous vous attendiez à cette victoire ?

Pour être honnête, quand j’ai vu les premières prestations des uns et des autres, j’ai remarqué le talent d’une jeunesse comorienne à la reconquête de la musique comorienne, mais je n’en doutais pas quant au talent de Kueena à se hisser dans les trois finalistes.

Quel message donnez-vous aux jeunes artistes des îles ?

Je sais qu’un artiste sera plus focus sur le travail vocal et sur l’aspect de la création musicale, alors ce que j’ai comme message aux jeunes artistes des îles,  c’est de les inciter d’aller dans ce sens, mais qu’ils n’oublient pas  que la musique est un métier qu’on peut faire la vie. Encore l’entreprenariat, car qui dit entreprenariat dit le monde des affaires. Raison pour laquelle, j’invite les artistes des îles à se former parallèlement sur le fonctionnement de l’industrie du disque, parce que je peux les garantir que dans ce milieu il y a des requins, mais ceux qui sont bien formés sauront comment réagir.

Propos recueillis par Nassuf.M.Abdou

Les résultats de la deuxième édition de Nyora 2021 sont tombés. Gololo Chams sort 3ème avec 80,7 points. Les fans du jeune artiste expriment une déception et se disent « étonnés et choqués » des résultats déclarés.

Déclaré 3ème à la finale de la deuxième édition de Nyora, Gololo comptabilise 80,7 points dont 64 points du jury, 16,70 du public pour le public et 10.096 de votes. Pourtant, à la demi-finale, il est classé 1er.

A Anjouan, les réactions sont unanimes déclarant que l’enfant de l’île mérite la première place. Les résultats ont donc « émus, déçus, choqués, étonnés ou même tourmentés » plus d’une personne. Une vidéo d’artistes comoriens de la diaspora témoigne le soutien important en faveur de Gololo lors des votes. Les yeux rivés sur les écrans. La pression monte lors de l’annonce des résultats. Les réseaux sociaux inondés de post en lien avec l’événement. Ils attendaient l’annonce du nom de Gololo Chams, lors de la soirée de gala, en première position. «Les résultats sortis ont surpris les fans. Mais l’artiste a gagné l’amour du public et une famille de supers fans », dixit Aboubackar Fakr.

« Les résultats de Nyora sont étonnants. Il devait y avoir un pédagogue parmi le jury, pas seulement des personnes qui ne font pas la différence entre une voix pure et une voix au nez. Le comité de soutien de l’artiste Gololo Chams est étonné tout comme le public qui a assisté à l’événement à travers la télévision et les réseaux sociaux », déplore Ahmed Salim alias Salomo.  « Réaliser un album, créer un label et le lancer dans un avenir de chanteur international », tel est le souhait du comité.

Dans sa page Facebook, l’artiste poste un message de remerciement à son public et félicite la gagnante de la 2ème édition de Nyora. « GRAND MERCI à tous pour votre soutien et vos votes. J’ai remporté le concours parce que j’ai gagné une grande famille. Notre aventure ne fait que commencer ! Félicitations Kueena », lit-on.

Ahmed Zaidou

De son vrai nom, Djania Mohamed, et de son nom de scène, Djani-slam, elle vient de Ouani. Du haut de ses 1 m 59, elle fait exactement 22 ans. Titulaire d’une licence en Lettres Modernes Françaises à l’université de Patsy en 2021. Membre fondatrice du collectif Pomwezi en 2019, elle mène un combat pour les femmes. Timide, elle accepte de répondre à nos questions. Interview.

Parlez-nous de vous. Depuis quand vous êtes membre de Pomwezi ?

Déjà, Pomwezi regroupe et forme des slameurs. J’y fais partie depuis toujours. J’ai toujours été passionnée par le monde littéraire. J’ai fait de l’écriture une passion, un loisir. J’adore créer des fictions. Au collège, j’ai été membre du club Joal de Ouani, là-bas, j’ai approfondi mes connaissances dans la littérature. J’ai appris à écrire plus artistiquement. Alors qu’Ibrahim Mohamed, actuel président du collectif POMWEZI, cherchait des gens pour fonder un groupe de slam, je n’ai pas hésité un seul instant, voulant à tout prix découvrir cet univers du slam qui m’était encore inconnu. Ainsi avec six volontaires, le collectif POMWEZI à vu le jour.

Parmi vos textes, quel est celui dont vous êtes le plus fier ? Et dites-nous pourquoi ?

Cela paraîtra étrange, mais il n’existe pas encore. Parmi tous les textes que j’ai écrits, aucun ne m’a filé encore ce bonheur. Cela part d’un principe qu’en tant que slameuse, je ne me sens pas encore accompli. Je n’ai pas atteint le degré que j’espère avoir. Je considère également que mes textes ne sont pas encore à la hauteur d’une fierté. Toutefois, il y en a un d’entre eux que j’apprécie. Il s’intitule « Âme Inassouvie ». Il me touche particulièrement, car au travers d’un petit garçon de 10 ans, je parle des victimes du kwasa, un sujet extrêmement sensible pour moi. J’ai une colère amère quand je pense que des milliers de gens ont trouvé et trouve la mort au détriment d’une meilleure vie. À chaque fois,  que je slame ce texte, il me permet de libérer la frustration qui m’habite et rien que pour cela, il fait partie de mes appréciés.

D’où vient cette inspiration dans tes textes ?

Mes inspirations, je les définirai comme des vagabonds. Ils me viennent comme ça, à n’importe quel moment et par conséquent, je suis toujours obligée de traîner avec un stylo et un bloc note, pour pouvoir écrire quand l’envie me vient. Sinon, une histoire peut m’inspirer, une situation que je vis ou que j’ai vécu, un mot, un documentaire, mon entourage, mes sentiments, etc. Je ne me suis pas stagné sur un thème précis, ce qui fait que j’ai des idées développées en ce qui concerne mes écrits. Je me souviens de l’année où je passais le brevet, un prof m’avait grondé, car je m’étais mise à écrire de la poésie au lieu de me concentrer sur mon épreuve de mathématiques. C’est drôle, en réalité, attristée de ne pas arriver à remplir ma feuille d’examen, j’ai griffonné mon désespoir dans de la poésie sur ma feuille de brouillon.

Qu’est-ce que vous pensez du combat de lutte contre les VBG ?

Une bonne cause ! À l’heure actuelle, la violence porte le même grade que le virus Corona, elle n’a pas de limite, pire elle déborde. Elle est une énorme plaie presque incurable, et le fait qu’il y ait des personnes qui s’engagent malgré tout ça à y lutter me fait tirer mon chapeau. En tant que slameuse, je me suis engagée dans cette lutte contre la violence, j’écris sur ça. Mais, récemment, j’ai eu la chance de prendre part à une formation sur les VBG. J’ai appris des choses qui ont changé ma vision. Dans cette lutte dont moi-même, j’en garde quelques séquelles, moins grave, ce n’est plus une question d’écriture. Je veux faire plus qu’écrire, j’aimerais agir, et d’ailleurs, j’affirme vouloir être actrice de la lutte contre les VBG.

Quelles sont les réalisations du collectif Pomwezi en 2021 ?

Sincèrement, je dirais peu de chose, la situation sanitaire à quelque chose à avoir dedans. Je dirai par exemple que POMWEZI n’a pas manqué à son devoir de faire la promotion du slam au niveau d’Anjouan. Je parlerai également des différentes sensibilisations de lutte contre la violence et la drogue que POMWEZI a effectuées. Nous ne disposons pas d’une baguette magique qui puisse effacer les cruautés du monde, néanmoins nous ne doutons pas du fait que notre plume aide ne serait-ce que minime à réduire les cas et rien que pour ça, nous en sommes extrêmement fiers.

Propos recueillis par Ahmed Zaidou

Parmi les trois finalistes du concours Nyora, Gololo Chams de l’île d’Anjouan, en première place avec 81,71 points. Koudraine occupe la quatrième place et éliminé avec 46,19 points. Pour des anjouanais rencontrés, La qualification de Gololo est tant espérée et l’élimination de Koudraine est à présager.

Le concours Nyora fait jaser à Ndzuani. Et la qualification de Gololo est tant espérée pendant que l’élimination de Koudraine laisse présager. La victoire de Gololo Chams reste à l’unanimité. La note du jury sur Gololo a surpris plus d’une personne à Anjouan. « C’est une fierté de voir que le petit frère qui a gravi tous les échelons de la musique, nous fait l’honneur par son talent d’aller en finale. Il faut sensibiliser les acteurs pour l’encourager et le motiver dans ce chemin. Cela peut encourager d’autres jeunes qui suivront sa voix », a martelé Ahmed Salim alias Salomo, formateur, chanteur et auteur-compositeur. « Il (Gololo) était sur une chanson avec une chorégraphie qu’il a su maîtriser. C’est très difficile de chanter et de danser. Il a fait bien avec une bonne occupation scénique », ajoute-t-il.

Pour Koudraine, Salomo évoque un problème de fréquence dans son micro. « On n’entendais pas sa voix or qu’il chante bien », dit-il.  « Koudraine chante bien. Il a une bonne qualité musicale. Il a certes fait quelques fautes. Et on entendait sa voix lors de l’émission », défend El-habib Houzame artiste-comédien. Et pour la qualification de Gololo, ce n’était pas une surprise selon lui. « Ça ne m’a pas vraiment surpris vu sa prestation et son talent. Je le savais. Il a bien joué sa musique avec une belle gestion du temps, de la musique et de la chorégraphie », indique-t-il.

Un fan du concours Nyora dit avoir eu doute de l’élimination de Koudraine en demi-finale. « Il n’était pas dans son top pendant les demi-finales. Je ne sais pas ce qui s’est passé pendant les enregistrements, mais je voyais du stress, de la fatigue chez les candidats », a manifesté Nasrat Saindou avant de conclure que « Gololo Chams est dans le meilleur de sa forme pour la finale ». 

Ahmed Zaidou

Dimanche dernier, le jury du concours Nyora a attribué les notes aux sept demi-finalistes du concours musical Nyora. Avec le vote du public, Gololo Chams, Hairia et Kueena sont les trois finalistes et vont se concourir dans les jours prochains pour la finale.

Le concours Nyora touche à sa fin. Le public connait déjà les trois finalistes. Avec leurs belles prestations en chansons étrangères et locales ainsi que le vote du public, Gololo Chams, Hairia et Kueena sont qualifiés pour la finale. Gololo Chams a eu 81,71% des voix (55 pour le jury et 26,71 pour le public), Hairia 80% des voix (50 pour le jury et 30 pour le public) et Kueena, 70 pour le jury et 7,08 pour le public (77,08%).

Les membres du jury ont chacun donné ses critiques, appréciations à tous les candidats. « Nous sommes là pour juger et choisir la personne qui va nous succéder. Puisque demain, nous ne serons pas là. Aucune partialité dans ce concours. Nous attribuons des notes qui méritent le candidat, des critiques et appréciations. Et si on critique cela ne veut pas dire qu’on déteste tel candidat. Au contraire c’est pour l’encourager à améliorer. Tous les candidats ont du talent mais, chacun a des qualités et des défauts tout en sachant que cette année le niveau des candidats est plus élevé que ceux de l’année dernière. Il y a de l’espoir dans la musique comorienne », a fait savoir Soulaimane Mze Cheikh, membre du jury.

Pour Matoir Ibrahim qui soutenait Shiffo Boy Swaga, « mon candidat a fait des très belles prestations malgré qu’il n’a pas qualifié en finale. C’est comme ça dans un concours. Il y a des candidats qui ont tout donné par rapport à lui », a-t-il exprimé. Et d’avancer, « les trois finalistes sont des jeunes talentueux. Mais Kueena a un niveau très élevé que les autres. Et nous l’avons vu. Les notes du jury dans ses chansons interprétées dès le début sont en hausse. » Qui sera l’étoile de la musque comorienne de la deuxième session Nyora ?

KDBA

Culture : Le Clac de Domoni en état piteux

Culture : Le Clac de Domoni en état piteux

Parmi les Clacs de Ndzuani, celui de Domoni est ancien et délabré. Des travaux sont réalisés partiellement, mais la grande partie reste à réhabiliter. La toiture, la peinture, l’électricité, les portes, ne sont entre autres plus en bon état.

Des mésententes entre l’association FAD et le Clac seraient la cause de ce manque d’entretien. Une question de malversation serait à supposer. Un danger permanent pour les enfants qui y vont pour les activités. « Ce sont des centres de l’OIF sur les 52 pays qui parlent français. Là où il y a des Clacs, ce sont des communes où il y avait des petites bibliothèques qui sont améliorées. Il doit y avoir une association qui loge le Clac, et l’OIF installe le reste. Celui de Domoni est dans un ancien bâtiment. Depuis, il y a des mésententes entre l’association qui loge le Clac et le Clac, lui-même. C’est pour cela que celui de Domoni est dans cet état », a fait savoir Fahari Abdérémane, coordinateur des Clacs de Ndzuani.

Le président de la fédération des associations de Domoni, Roimzi-Al-wafay Manloume a fait l’historique de la FAD et du Clac Domoni. « Il est créé pour que les associations de Domoni aillent dans un même foyer, soit ensemble. Au moment de l’arrivée des Clacs aux Comores, la mairie de la commune a autorisé l’installation du Clac dans notre foyer en étroite collaboration des deux structures, le Clac et la FAD », a-t-il rappelé. « À un certain temps, la fédération des associations de Domoni était en veilleuse faute d’assemblée générale. Entre-temps, le Clac a géré le foyer. Le financement du foyer qui n’arrive pas à entretenir le foyer, nous, les jeunes de la commune se sont manifestés et nous avons pris les rênes du FAD après une assemblée générale », a-t-il avancé.

Plusieurs travaux sont toutefois entrepris malgré des faibles moyens. Le réaménagement d’une salle informatique et des toilettes qui sont opérationnelles. « Nous avons lancé des activités à revenu pour mettre à neuf la toiture délabrée. Le montant estimé n’était pas atteint pour cette toiture donc, nous avons fait la salle informatique et les toilettes. Les Clacs de l’île avaient droit à des ordinateurs de la banque mondiale. Le Clac de Domoni ne répondait pas aux critères pour ce don. La FAD a initié les travaux pour la salle en commun accord avec le Clac avec certaines conditions qui sont jusqu’à présent respectées. Nos petits fonds, entre autres, ont pu avancer les travaux de réhabilitation des toilettes. Nous avons eu le soutien des autres partenaires », a-t-il expliqué.

Ahmed Zaidou

Ami : « Je ne compte pas abandonner la musique »

Ami : « Je ne compte pas abandonner la musique »

De son vrai nom, Kiara kwezi Amina, native de Ouani Anjouan et âgée de 20 ans. Cette jeune femme c’est Ami. Elle portait le numéro 10 de la deuxième session du concours Nyora. Éliminée du premier tour avec 38,63%, elle reste à l’avant-dernière place. Cette passionnée de musique et candidate malheureuse dans Nyora dit vouloir continuer sa carrière musicale et ne compte pas abandonner ses rêves. Elle accepte de répondre à nos questions. Interview.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je m’appelle Kwezi Amina, mais tout le monde me connaît sous le nom d’Ami. J’ai 20 ans. Je suis métisse Burundaise et Anjouanaise. J’ai un Bac plus trois en Lettres Modernes Françaises. J’ai étudié à l’université Patsy à Anjouan.

Vous étiez sélectionnées pour la deuxième session du concours Nyora, quelles étaient vos premières impressions ?

J’ai été très contente d’être sélectionnée à ce concours musical national. C’est une fierté pour moi. Et après avoir été sélectionné, je me préparais à sortir gagnante. J’ai tout donné mais je suis éliminée dans la première phase sinon les quarts de finale.

Justement comment avez-vous pris votre élimination ? Et quelle expérience avez-vous tirée de ce concours ?

J’étais déçue forcément parce que je voulais aller jusqu’à la finale. Mais après réflexion, j’ai compris que ce n’était pas un échec bien au contraire, j’ai tout gagné. J’ai gagné une famille parce que Nyora est une famille, j’ai gagné en visibilité, j’ai eu la chance de côtoyer des icônes de la musique comorienne et d’être conseillée par eux. Et juste avec ça pour moi, j’ai tout gagné. Et je n’ai aucun regret. Ce concours m’a ouvert l’esprit et j’ai tiré beaucoup de leçons.

Quels sont vos projets d’après Nyora ? Est-ce que vous continuerez toujours dans la musique ?

Après Nyora, je ne compte pas abandonner la musique bien au contraire. J’ai toujours aimé chanter et ce n’est pas maintenant que je vais flancher, au contraire, je vais persévérer pour réaliser ce rêve qui, grâce à Nyora commence déjà à se réaliser petit à petit.

Votre maman a parlé d’une Amina, petite qui aime la musique. Qu’est-ce que la musique représente dans votre vie ?

La musique pour moi n’est pas une passion, elle fait partie de moi. Elle m’accompagne dans tout, dans la joie, dans la tristesse. Elle est un moyen pour moi de m’exprimer librement. C’est ma fierté.

Propos recueillis par Ahmed Zaidou

Anjouan : Un spectacle clown pour les enfants

Anjouan : Un spectacle clown pour les enfants

L’anniversaire de l’association Uesma est chargé d’événements. Entre la remise d’attestations, le partage du gâteau, et un spectacle clown, samedi dernier dans leur siège, une trentaine d’enfants de 5 ans à 13 ans ont enthousiasmé le public à travers un spectacle clown.

Selon cette association des étudiants Mutsamudiens à Madagascar, un spectacle clown est proposé tous les dimanches aux enfants. Une activité appréciée par un bon nombre de parents que nous avons rencontrés. Le spectacle est assuré par le comédien et acteur de théâtre, Inrfane Ahmed.

Chamsia Abdallah, parent, a fait savoir que « organiser ce spectacle clown est une idée qui est arrivée tardivement. C’est une bonne chose d’avoir cette activité pour nos enfants. C’est une idée que l’association Uesma doit chérir. Les enfants se retrouvent et s’amusent ensemble à chaque fois. Je suis contente d’envoyer mon enfant. Ça lui fournit une autre éducation que celle de la maison ou de l’école. Et j’encourage fortement cette activité », exprime-t-elle.

« Une activité qui fait partie de la célébration de notre 5ème anniversaire. Elle est faite pour clôturer l’anniversaire de l’association Uesma, le 11 décembre dernier. Nous avions dans l’activité du clown l’animateur Inrfane Ahmed Assane, comédien et acteur. Ce dernier a proposé comme conte, le petit empereur de Chine (livre de Michel Amelin et de Ulises Wesell) », a dit Moundhir Massoundi, chargé événementiel de l’association. Selon Mouayad Ahmed, Trésorier, « aux yeux de tous, c’est une bonne chose. À la maison, à l’école, ils n’ont pas ce genre d’activités. Ils viennent s’amuser, se rencontrer. Ça leur fait chaud au cœur à leurs expressions du visage », dit-il et de préciser que « c’est une activité qui rentre dans la clôture de notre anniversaire. Ce n’est pas la première fois. Nous le faisons souvent les dimanches. Ça reste une animation phare pour les enfants. »

L’activité reste gratuite et ouverte aux enfants des îles. Elle est organisée au siège de l’association tous les dimanches matins.

Ahmed Zaidou

Patrimoine : La caravane de sensibilisation se poursuit

Patrimoine : La caravane de sensibilisation se poursuit

Après le lycée de Mutsamudu, de Bambao M’tsanga, c’est autour du lycée de Ouani. Hier, plusieurs élèves sont initiés au patrimoine. 

« C’est un nouveau concept aux Comores. À l’étranger, le patrimoine est éduqué aux élèves. Nous sommes venus sensibiliser pour avoir des notions sur le patrimoine. Aux Comores, nous avons plusieurs types de patrimoine à savoir aussi les patrimoines subaquatiques qui se trouvent à Chiroroni dans le Nyoumakelé qui restent l’épave d’un bateau arabe qui s’est échoué, au temps des sultans. Nous avons les 5 patrimoines aux Comores. C’est important de savoir notre histoire et en tête fière », a indiqué Musbahuddine Ben Ahmed, directeur régional du Cndrs et chef d’antenne du CPC. Selon lui, le patrimoine reste l’occasion de faire ramener des touristes et remonter l’économie du pays. 

« C’est important de préserver le patrimoine. Nous avons des opportunités à les préserver. Ce sont des biens matériels qui peuvent rapporter des revenus », dixit un enseignant en Svt, Abdoulwahab Ali Sidi avant de rappeler qu’il avait pris part à l’atelier d’élaboration et actualisation de la liste indicative culturelle et naturelle des Comores, du 26 novembre au 03 décembre 2021 à Kigali dans le but de soumettre un dossier sur le patrimoine pour accepter nos parcs marins au patrimoine mondial.

Pour le professeur d’histoire géographie, Abdel Kader Zoubert, « nous avons eu des bonnes réactions des élèves. Ils ont appris beaucoup de choses qu’ils ignoraient. Ils ont eu diverses notions du patrimoine. Cette sensibilisation va dans le sens de l’avenir du pays. Nous voyons l’impact de destruction du patrimoine que certains le détruisent inconsciemment », dit-il. 

Ahmed Zaidou

Ce mardi, les élèves du lycée mixte de Mutsamudu sont initiés au patrimoine. Une séance de questions et réponses a eu lieu après la présentation de l’équipe du Cpc.

Des notions sur les types de patrimoine. L’initiation au patrimoine des élèves du lycée de Mutsamudu ne s’arrête pas là. D’autres écoles sont au programme. Des histoires riches pour les élèves. Ils se sont vu expliquer des notions de la loi sur le patrimoine. « On nous a raconté les histoires du palais citadelle. Nous avons appris beaucoup de choses sur la construction. Nous avons vu des détails et des poutres et des écritures arabesques. Nos enfants pourront voir nos traces et notre histoire si on les protège. Il est important de connaître ces histoires et de les préserver. L’histoire nous apprend l’histoire de ce pays où l’on vit. Ça nous donne des leçons de vie. Il est inadmissible de détruire des anciennes maisons et de construire de nouvelles maisons », expliquent les élèves. « Dans les écoles, l’histoire des Comores n’est pas dans le programme éducatif », ont-ils déploré.

Pour  Musbahuddine Ben Ahmed, « les élèves ont bien réagi. Certains ont des notions sur le patrimoine. Cette campagne rentre dans le cadre de la sensibilisation et de la promotion du patrimoine. A la suite du lycée Mutsamudu, nous irons à Bambao M’tsanga puis à Ouani », annonce-t-il.

Interrogé par un élève sur la question de la mosquée Chirazienne de Domoni, Musbahuddine Ben Ahmed répond que « l’histoire de la mosquée a son sens. Aujourd’hui, la mosquée sert plus qu’à faire le plus souvent de prière. Il y a eu une loi en 1994 au temps de Djohar pour la protection du patrimoine. Il y a une nouvelle loi en décembre 2020 abrogeant la loi de la protection du patrimoine ».

Ahmed Zaidou