ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Le parti « Naridjidjusé » de l’opposition constructive a, hier lundi, à Moroni, rencontré la coordination du dialogue national inter-comorien. Le but de cette rencontre est de montrer sa volonté et son envie de participer au dialogue national. Selon les aveux des représentants du parti, le changement du pays vient à partir de discussions et d’échanges communicatifs.

À peine 35 jours de la tenue du dialogue national inter-comorien, le parti « Naridjidjusé » issue de l’ « opposition positive » se dit prêt à participer à cette rencontre capitale. La raison est que pour changer le pays, il faut passer par des échanges constructifs et des discussions pour un avenir meilleur du pays. Le président du parti, Saïd Youssouf Ibrahim a montré ses envies et ses objectifs à prendre part à un tel événement. « Nous avons constaté que l’autre opposition vise seulement la chute du régime en place et le combat contre Azali. Nous devons participer à ce dialogue national en vue de proposer nos idées et montrer la voie à suivre pour les Comores, meilleures. Nous soutenons les actions gouvernementales si elles sont positives», a déclaré le président du parti Naridjidjusé, Saïd Youssouf Ibrahim.

L’opposition constructive propose des idées positives pour un changement radical dans la paix et la stabilité, selon Said Youssouf Ibrahim. C’est une manière de critiquer l’autre opposition qu’il la juge comme des « hommes pessimistes » et « défenseurs de leurs propres intérêts ». « Il existe deux oppositions : l’une positive, et l’autre pessimiste. Lors des assises nationales de 2018, l’autre opposition a été contrainte d’y participer, pourtant, ils étaient massivement présents aux échéances électorales. Nous sommes optimistes. Le dialogue est une forme de discussion et d’échanges pour le devenir du pays », a-t-il critiqué.

De son côté, le coordinateur du dialogue national, Mohamed Toihiri a montré que son rôle à jouer dans ce dialogue. « Le dialogue est une confrontation idéologique de tous les participants. Le dialogue est une rectification de nos erreurs commises. Nous allons recueillir les propositions posées », a-t-il confirmé.

Abdoulandhum Ahamada

Le parti politique de l’ancien directeur des aéroports Yasser Ali Assoumani, a tenu un point de presse hier dimanche à Bimbini pour exprimer un soutien indéfectible. La Jeunesse Force de la République s’interroge sur le traitement de cette affaire.

C’était un rassemblement qui a mobilisé les bimbiniens, amis, famille et partisans Yasser Ali Assoumani. Tous se posent autant de questions sur cette affaire des lingots d’or. « La Jeunesse Force de la République exprime sa désolation quant à la tournure que prend le dossier de la justice impliquant son président d’honneur. La récente extradition des personnes clés du dossier ne présage pas un règlement équitable de cette situation. Mais dans tous les cas, elle (JFR) revient lancer un message fort de soutien à son président d’honneur Yasser Ali Assoumani. Comme l’adage dit que  » les meilleurs amis ne sont connus que devant un obstacle », JFR réitère son soutien et sa confiance à son leader et président d’honneur du mouvement», lit-on dans un communiqué signé JFR. Et de poursuivre : « Nous sommes derrière notre président, nous avons la même conviction envers lui et formellement, nous restons et nous resterons des défenseurs fervents de la politique du président de la République son excellence Imam Azali Assoumani. En guise de conclusion, pour la réponse de la question selon laquelle, Où est Jeunesse Force de la République ? Nous disons qu’on est Yasser ALI Assoumani et inconditionnellement, nous restons derrière avec conviction et sincérité derrière notre leader Yasser Ali Assoumani avec ou sans poste. Nous sommes confiants en la justice comorienne et nous exigeons une évolution de ce dossier entre ses mains».

« Que justice soit faite. Peut-être que des innocents sont en prison», réclame Mohamed Combo. « Il est important de le soutenir. C’est l’enfant de notre village. Il est connu pour ses bonnes actions. Il est aimable avec tout le monde. Et le plan Comores Émergent est un des domaines de travail de Yasser Ali Assoumani, à Anjouan», dit-il.

Ahmed Zaidou

Wang Yi à Moroni : Une visite prometteuse

Wang Yi à Moroni : Une visite prometteuse

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi est arrivé hier jeudi à Moroni. C’est dans le cadre de la coopération sino-comorienne. Une rencontre avec son homologue comorien, Dhoihir Dhoulkamal a eu lieu dans l’enceinte du ministère des affaires étrangères. La Chine promet d’accompagner les Comores en matière de santé et de développement d’infrastructure selon le plan Comores émergentes.

Après l’Erythrée et le Kenya, le ministre chinois, Wang Yi, accompagné d’une délégation chinoise, a atterri, hier, sur le sol comorien. Le ministre comorien des affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal l’a reçu dans son ministère pour discuter sur des questions relatives à la coopération sino-comorienne. Le ministre comorien des affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal a précisé que la Chine est prête à soutenir les Comores en matière de lutte contre la covid-19, du paludisme et d’accompagner les Comores sur le plan Comores émergences. « La Chine est un pays ami des Comores depuis longtemps. La Chine a annoncé son accompagnement des Comores dans le cadre de lutte contre le Coronavirus. Des matériels de lutte et de vaccins ont été offerts par la Chine. La Chine a annoncé son soutien des Comores dans la lutte contre le paludisme d’ici 2025. La Chine accompagnera les Comores dans le plan Comores émergences d’ici 203 », a déclaré le ministre Dhoihir Dhoulkamal.

De son côté, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi a fait savoir que la Chine fixe trois objectifs fondamentaux. Il s’agit, entre autres, l’accompagnement des Comores dans la santé, les infrastructures du développement. « La Chine accompagne les Comores dès l’accession des Comores à l’indépendance. La Chine va octroyer 160 000 tests pour la lutte contre la Covid-19, éliminer le paludisme et le développement des infrastructures », a promis Wang Yi.

Abdoulandhum Ahamada

Dans son discours de vœux pour le nouvel an 2022, le président du Cnt Mouigni Baraka Said Soilihi a évoqué l’affaire de lingots d’or saisis à l’aéroport de Moroni. Et selon cet ancien gouverneur de l’île de Ngazidja, « à chaque fois que ce régime arrive au pouvoir, des grosses affaires de banditisme viennent ternir l’image de notre pays. »

Le président du conseil national de transition (créé suite aux présidentielles de 2019) a présenté ses meilleurs vœux pour 2022 au peuple comorien. Une occasion de dresser le bilan des années passées. Mouigni Braka Said Soilihi regrette le bilan négatif du pays sur le plan social et sécuritaire durant ces cinq dernières années. « … je suis très préoccupé de la montée de la délinquance sexuelle et criminelle, alimentée à ciel ouvert par les réseaux sociaux. C’est un phénomène nouveau qui menace dangereusement nos mœurs sans que cela préoccupe les dirigeants de fait », a déclaré le président du Cnt.

Pour l’affaire qui fait écho ces derniers jours, notamment le trafic des lingots d’or, Mouigni Baraka Said Soilihi a rappelé que : « à chaque fois que ce régime arrive au pouvoir, des grosses affaires de banditisme viennent ternir l’image de notre pays. Blanchiment d’argent avec des faux billets sous le premier régime du colonel Azali Assoumani et aujourd’hui l’on assisterait à ciel ouvert à un trafic de 49 kg de lingots d’or par les proches du régime et une interception de deux armes automatiques entre les mains du fils du conseiller juridique du colonel Azali Assoumani, qui serait impliqué dans cette grosse affaire sale. » L’ancien gouverneur de Ngazidja demande à la justice de faire toute la lumière de cette mafia qui vient alimenter les doutes sur les assassinats politiques sans suite.

KDBA

Le conseiller d’État et ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi est en tournée en Afrique de l’Est du 04 au 07 janvier. Ce jeudi, Wang Yi est attendu à Moroni et sera accueilli par le ministère comorien des affaires étrangères et des personnalités du pays. Une occasion de renforcer les liens d’amitié entre l’Union des Comores et la République populaire de Chine.

Cette visite du conseiller d’État et ministre des affaires étrangères Wang Yi aux Comores s’inscrit dans la tradition des ministres chinois des affaires étrangères consistant à choisir chaque année l’Afrique pour leur première visite à l’étranger depuis 32 années consécutives. Elle démontre la grande importance que la Chine attache à son amitié traditionnelle avec l’Afrique plus particulièrement les Comores et au développement des relations sino-comorienne. Lors de la 8e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) qui s’est tenue au Sénégal, le président Xi Jinping a appelé à des efforts conjoints pour promouvoir l’esprit d’amitié et de coopération Chine-Afrique et construire une communauté de destin Chine-Afrique dans la nouvelle ère, et a annoncé d’importantes initiatives de coopération.

La visite de Wang Yi aux Comores vise à promouvoir la mise en œuvre des résultats de la 8e Conférence ministérielle du FOCAC, à mettre en place de nouvelles mesures de coopération pragmatique entre la Chine et les Comores et à soutenir les pays africains pour vaincre la pandémie et parvenir à une reprise économique à une date rapprochée. Cela démontre que la Chine poursuit toujours une coopération pragmatique avec une grande efficacité et tient ses promesses.

Un tête à tête

Le vol du conseiller d’Etat et ministre chinois des affaires étrangères atterrira à 14 heures 50 à l’aéroport de Hahaya et sera accueilli par l’ambassadeur de la Chine à Moroni et le ministre comorien des affaires étrangères. Wang Yi aura un tête à tête avec Dhoihir Dhoulkamal avant qu’il soit reçu au palais présidentiel par le président Azali Assoumani. Il quittera le pays le vendredi 07 janvier et se dirigera vers les Maldives.

A noter que Wang Yi est en tournée dans trois pays de l’Afrique, notamment l’Erythrée, le Kenya et les Comores du 04 au 07 janvier. Ce sera la 32e fois consécutive que les ministres chinois des affaires étrangères commenceront leurs visites à l’étranger de l’année par un voyage en Afrique. Depuis 1991, les ministres chinois des affaires étrangères ont choisi l’Afrique comme destination de leur première visite de l’année à l’étranger, inaugurant ainsi les échanges avec l’étranger de toute l’année. Cette belle tradition de la diplomatie chinoise perdure depuis 31 ans, quoi qu’il arrive. Cela démontre pleinement la grande importance que la Chine attache aux relations sino-africaines, la profonde amitié qui s’inscrit dans la durée entre la Chine et l’Afrique et le ferme soutien de la Chine aux efforts de l’Afrique visant à s’unir pour accroître sa puissance et à poursuivre le développement et la revitalisation. Cela a été hautement applaudi par nos amis africains et le reste de la communauté internationale. 

En Afrique, la Chine tisse sa toile

« La Chine est le plus grand pays en développement du monde et l’Afrique est le continent qui compte le plus grand nombre de pays en développement. En tant que pays en développement, la Chine et les pays africains sont confrontés à la tâche commune de sauvegarder la souveraineté, de s’opposer à l’hégémonie et de parvenir au développement. Nous ne sommes pas seulement des compagnons d’armes dans la lutte contre l’hégémonisme, mais aussi des partenaires dans la poursuite du développement et de la revitalisation, et des forces importantes défendant l’équité et la justice internationales. Ni l’évolution de la situation internationale ni la COVID-19 qui fait rage ne peuvent affaiblir la volonté et la détermination de la Chine et de l’Afrique de maintenir des échanges amicaux, de renforcer la communication stratégique et de se soutenir fermement, ou diminuer l’attention et le soutien de la Chine à l’Afrique. Cela s’inscrit dans le cadre des efforts visant à construire une communauté de destin Chine-Afrique dans la nouvelle ère », a expliqué le ministère chinois des affaires étrangères. 

Wang Yi en Asie

Il visitera également les Maldives et le Sri Lanka. La visite du conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères Wang dans les deux pays d’Asie du Sud coïncide avec le 50e anniversaire des relations diplomatiques Chine-Maldives, le 65e anniversaire des relations diplomatiques Chine-Sri Lanka, et le 70e anniversaire du Pacte caoutchouc-riz. La Chine et les deux pays sont des voisins amis traditionnels et des partenaires importants avec des échanges étroits de haut niveau, une coopération pragmatique approfondie, de larges intérêts communs et des positions identiques ou similaires sur de nombreuses questions régionales et internationales.

KDBA

Une nouvelle page s’ouvre aux Comores, notamment l’émergence à l’horizon 2030. Plusieurs chantiers sont réalisés et d’autres en cours de réalisation. En effet, Fakihi Mradabi, défenseur de la politique d’Azali en France n’a pas manqué à apprécier le discours prononcé par le chef de l’Etat comorien la semaine dernière sur l’État de la nation. Un discours, qui, selon l’actuel président du Rddc, résume les actions entreprises en 2020-2021.

C’était un discours axé sur différents secteurs de développement. « Tout a été dit », déclare Fakihi Mradabi. Ce défenseur de la politique du président Azali en France a décortiqué le discours de ce dernier et salué son patriotisme. « Avant toute chose, je présente mes meilleurs vœux 2022 au président de la République, à son gouvernement et au peuple comorien dans son ensemble. Je leur souhaite une année de paix, de concorde, de réussite et de prospérité », a-t-il présenté.

Fakihi Mradabi a manifesté sa joie après que le chef de l’Etat a cité les projets réalisés et ceux en cours de réalisation. Selon lui, c’est un pari gagné pour tous les comoriens. « Il n’est secret pour personne que l’ambition du chef de l’Etat est de développer le pays. Le président Azali se soucie de la croissance économique de notre cher pays, de l’énergie, du salaire des agents et fonctionnaires de l’Etat, de la santé, de l’éducation, entre autres. Il est temps de nous unir et accompagner le président Azali pour le développement des Comores. Laisser nos divergences politiques de côté et développer le pays », a indiqué Fakihi Mradabi.

« Durant l’année 2021, les salaires ont été payés sans aucun retard et les échéances de l’Etat auprès des banques ont été toutes respectées voire payées en avance », a-t-il défendu. Selon le président du Rddc, le président Azali et son gouvernement ont annoncé une garantie financière sous forme d’un prêt aux commerçants pour l’importation des produits de première nécessité et des produits carnés pour une suffisance alimentaire. « C’est un geste salutaire car le chef de l’Etat lutte contre la famine », dit-il. Et de poursuivre « un accord de près de 15 millions de francs comoriens a été signé avec la banque mondiale pour la construction de trois ports de liaison dans les trois îles. Dans la pêche, une augmentation de la production de 25 000 tonnes en 2019 à 33 000 tonnes en 2021 a été enregistrée. »

Toutes ces actions, dit-il, c’est pour le développement du pays. « D’ailleurs, au niveau de l’énergie, le secteur a connu une progression avec un taux d’accès à l’électricité qui avoisine les 70%. Et plusieurs emplois ont été créés surtout en 2020 avec 3000 emplois dans le secteur privé et les sociétés d’État. Au niveau économique, le gouvernement prévoit une croissance de 2,4% en 2022 », se réjouit-il.

Avec ces actions réalisées, Fakihi Mradabi lance un vibrant appel aux forces vives de la nation à soutenir la politique du chef de l’Etat afin que les objectifs fixés (l’émergence 2030) soient atteints. « J’appelle l’opposition à adhérer au dialogue national pour l’unité du pays et travailler ensemble pour le bien-être de notre pays et la vie du peuple. J’en profite ainsi pour saluer et encourager notre équipe nationale pour sa toute première qualification à la Can. Nous sommes derrière eux et nous croyons à la victoire. Bonne chance aux Cœlacanthes », a conclu Fakihi Mradabi.

KDBA

L’année 2021 est finie. Le parti au pouvoir (CRC) a pris l’occasion de dresser le bilan général du pays pour l’année dernière. Dans le plan économique, social et politique, il s’agit d’un « bilan positif » selon, le secrétaire général du parti CRC, Youssoufa Mohamed Ali alias Belou.

Lors d’une conférence de presse tenue, hier lundi, à Moroni, le secrétaire général du parti Crc et délégué à la présidence, Youssoufa Mohamed Ali, alias Belou s’est félicité du bilan de l’Union des Comores pour l’année 2021. Dans le plan économique, social et politique, il s’agit, selon lui, d’un « succès » et « un triomphe » en matière de développement de tous les secteurs. « En 2021, le gouvernement comorien a déployé beaucoup d’efforts pour maintenir un plan économique, social et politique appréciable et salutaire. Sur le plan économique, le gouvernement s’est intéressé aux avancements des fonctionnaires. La diminution du prix d’un kilo de riz a été constatée. L’Union des Comores est le pays africain qui a indemnisé à 50% ses agents de santé et a offert des primes dans la cadre de lutte contre le Coronavirus. Durant la période de la Covid-19 en 2021, il n’existait pas une pénurie de produits consommables qui a impacté la vie quotidienne des citoyens. Le gouvernement a fait une bonne gestion en matière du carburant (essence et gasoil). Une stabilisation des frais d’inscription à l’université des Comores. Le développement agricole, notamment la banane, le manioc, le fruit à pain, entre autres, a été  constaté. En 2021, l’augmentation des légumes a été enregistrée. C’est une performance agricole. 26 chambres froides ont été installées en 2021. Et la régularisation des problèmes liés au transport sera une bouffée d’oxygène dans le domaine de la pêche. On doit créer des actions liées à l’investissement dans le monde du travail. Le Comorien ne s’intéresse pas vraiment à la création d’emploi et de l’entreprenariat. C’est un problème de culture. Les projets facilité emploi, PDCI offriront des emplois des jeunes. Nous sommes dans la bonne voie », a indiqué le secrétaire général du parti CRC.

Des routes construites

Dans le plan social, Belou a noté l’arrêt des grèves des enseignants, la construction et réhabilitation des routes et voiries nationales, la participation des Cœlacanthes à la prochaine Can  au Cameroun, entre autres. « En 2021, les grèves des enseignants sont cessées. L’année est terminée sans grève. Le syndicat des chauffeurs ont été régularisés de leurs situations. Des routes et voiries à Ndzuani, Mwali et Ngazidja ont été aménagées. À Ngazidja, la route Moroni-Mitsoudjé est achevée et des voiries à Moroni. Des tronçons à Mdjoiezi et Bangoi Hambou en cours de terminaison. En termes d’infrastructures, le gouvernement a fait de son mieux. Dans le domaine de la santé, l’Union des Comores a été classée en zone « vert ». On était classé 6e au rang mondial. Dans le côté sportif, l’équipe nationale participera à la Can 2021 pour la première fois. Et juridiquement, l’Assemblée nationale a accompagné le gouvernement pour l’adoption des lois. 6 lois votées pour le redressement de la justice comorienne », a mentionné le délégué à la présidence.

Réfléchir pour le devenir du pays

Sur le plan politique, le secrétaire de la Crc a abordé la question du dialogue national prôné par le chef de l’Etat. Pour lui, c’est un moyen de se mettre à table pour l’avenir du pays. « Le chef de l’Etat a préconisé la tenue du dialogue inter-comorien pour que les partis politiques s’assoient dans une même table ronde pour discuter les sujets politiques qui freinent le développement du pays et les échéances électorales. Ce sont des reformes légales liées à la démocratie. Les syndicalistes, les agriculteurs, les opérateurs économiques, entre autres, ont montré leur accord pour participer au dialogue. Si l’opposition refuse,…on sera là, présent », a-t-il conclu.

Abdoulandhum Ahamada

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani a fait appel à tous les partis politiques et la société civile à un dialogue inter-comorien. Une initiative saluée par certains citoyens et remise en cause par d’autres. Les avis se divergent.

Plusieurs citoyens ont, hier lundi, exprimé leurs avis par rapport à la tenue du dialogue inter-comorien prôné par le chef de l’Etat. Certains ont affirmé que le gouvernement ne veut que détourner les esprits de l’opinion publique en se référant à la tenue des assises nationales de 2018. Djibaba Ali, jeune comorien n’a pas caché son mécontentement face à cette tenue du dialogue national. Des stratégies de manigances, de tromperies et une manière de s’éterniser au pouvoir, ce sont les mots employés par ce jeune rencontré. « Nous sommes conscients de la stratégie menée par le président Azali et ses partisans pour la tenue de ce dialogue inter-comorien. C’est une manière de détourner les esprits afin qu’il (le président Azali) reste au pouvoir jusqu’à plusieurs années. Ce sont des stratégies de manigances, de tromperies et une façon de s’éterniser au pouvoir à longue durée. Nous nous rappelons aux assises nationales de 2018 et la suspension de la Cour constitutionnelle. Les élections anticipées de 2019 étaient un symbole de la honte pour le pays. Si le chef de l’Etat appelle les partis politiques et la société civile au dialogue national, c’est une manière de faire ce qu’il veut en 2024. Mais, rien ne changera dans le pays tant que l’on ne respecte pas les lois et les droits humains dans le pays. Azali ne court que pour ses intérêts personnels », a critiqué farouchement, le jeune Djibaba Ali.

Un dialogue sans l’opposition ?

Fatima Mbalia, vendeuse au petit marché de Moroni s’est interrogé sur l’organisation d’un dialogue national sans tenir compte de l’opposition. C’est en se référant à la déclaration du porte-parole du gouvernement, Houmedi Msaidié faite, les semaines dernières lors d’un conseil de ministres. « J’ai entendu la déclaration faite par le porte-parole du gouvernement en conseil des ministres, les semaines dernières. Il a dit, je cite : le dialogue inter-comorien aura lieu avec ou sans l’opposition. Comment un gouvernement qui entre en conflit avec l’opposition pour des raisons politiques ne considère pas le clan de l’opposition ?  Comment peut-on dialoguer sans son adversaire ? Dans le sens propre du mot dialogue inter-comorien, il s’agit de se mettre à table entre la société civile, le clan de l’opposition et le gouvernement pour discuter des problématiques liées à la vie sociopolitique. Sans l’opposition le gouvernement aura donc un moyen de discuter ? L’Union africaine ne doit pas exiger le président à organiser des telles initiatives à la con », a martelé madame Fatima Mbalia.

Pour Halifa Himidi, un père de deux enfants, pense que le chef de l’Etat a plusieurs chantiers à mettre en œuvre au lieu de la tenue d’un dialogue national. Selon lui, les citoyens comoriens ont des difficultés liées à la vie quotidienne, à la scolarisation des enfants, au commerce, entre autres. « Je ne refuse pas la tenue d’un dialogue entre deux ou trois parties en conflits. Mais, il faut savoir que le chef de l’Etat doit prioriser tout ce qui est lié à la vie quotidienne, à l’éducation, au commerce, à la création d’emploi au lieu d’organiser un dialogue qui ne nous apportera rien. Le pays est dans le calvaire. Ce n’est pas le moment opportun pour la tenue de ce putain dialogue national », a-t-il dit.

Un dialogue pour mettre fin à la crise politique

Tout le monde n’exprime pas le même avis. Abdallah Hassane alias Madou  croit aux résultats escomptés du dialogue inter-comorien. Selon lui, la tenue de ce dialogue permettra aux partis politiques de résoudre les problèmes liés à la politique et aux échéances électorales de 2024 et 2025. « Cette initiative vise à résoudre tous les problèmes liés aux échéances électorales », a-t-il défendu.

Abdoulandhum Ahamada

 

Le parti Ulezi n’est pas d’accord sur la façon dont le chef de l’Etat a mis en œuvre le processus du dialogue. A travers une lettre adressée au chef de l’Etat, le 21 décembre dernier, le parti Ulezi s’attendait à ce que les Comoriens de toutes sensibilités se rencontrent, débattent et ensemble feront la synthèse de leur convergence pour les intérêts supérieurs de la nation, particulièrement dans le sens de préserver l’unité, la paix et stabilité ainsi que la cohésion sociale.

Il ne s’agit pas des assises bis, mais un sursaut national pour les acteurs politiques du pays afin de mettre fin la crise sociopolitique et économique qui frappe le pays, selon le coordinateur national du parti Ulezi, Natuk Mohamed Mouzaoir rappelant que le parti Ulezi est le premier à solliciter ce dialogue. Le format a changé, le parti Ulezi à travers une lettre adressée au chef de l’Etat consterne et exprime son inquiétude. « Notre parti, Ulezi exprimait son scepticisme quant à la façon de concevoir cette rencontre. Effectivement, en sortant un décret de nomination d’un Coordonnateur et un autre pour la création de la Coordination, la dynamique recherchée a été biaisée et c’est la mort fœtale in utero du dialogue inter comorien. Votre Coordination nationale pour le dialogue inter comorien ressemble à tout sauf à une structure neutre qui voudrait rassembler des acteurs politiques, civils et de la diaspora », lit-on dans la lettre.

Le parti Ulezi ajoute que si une bonne partie des acteurs politiques, de la société civile et de la diaspora appréciait le principe du dialogue inter comorien inclusif, il n’en restait pas moins que des conditions préalables ont été largement exprimées pour s’y faire, ce qui est normal dans toutes les démocraties du monde. « En proposant cette idée de dialogue, le parti Ulezi s’attendait à ce que les Comoriens de toutes sensibilités se rencontrent, débattent et ensemble feront la synthèse de leur convergence pour les intérêts supérieurs de la nation, particulièrement dans le sens de préserver l’unité nationale, la paix et la cohésion sociale, ainsi que la stabilité politique », poursuit le parti Ulezi dans sa lettre.

Rien n’est tard pour modifier le cours de l’histoire

Le parti Ulezi affirme leur principale préoccupation rejoignant celle de concitoyens notamment voir les Comores unies, solidaires et émergentes. « Ulezi continue de croire que notre jeune nation ne connaîtra jamais de développement sans ses valeurs et demande l’abrogation des décrets de nomination du Coordinateur et de la mise en place de la coordination. Il propose de convoquer la rencontre de tous les acteurs politiques, de la mouvance présidentielle et des partis d’opposition, ainsi que les organisations de la société civile et de la diaspora. C’est aux parties prenantes de désigner les personnes qui dirigeront la structure, laquelle conduira leurs travaux », indique le parti Ulezi. Selon cette formation politique, rien n’est tard pour modifier le cours de l’histoire.

Le parti Ulezi fait sien le dernier communiqué de l’Union Africaine dans lequel elle dit encourager tous les dirigeants politiques, de l’opposition comme du gouvernement et les parties prenantes, en particulier les femmes, les jeunes et les comoriens de la diaspora à participer activement au dialogue inter comorien afin de contribuer à la consolidation de la paix, à la stabilité politique et à la cohésion sociale, qui sont les résultats attendus du dialogue national.

Kamal Said Abdou

Le conseil hebdomadaire des ministres a eu lieu, hier mercredi, à Beit-Salam, en présence du président, Azali Assoumani. Plusieurs sujets ont été à l’ordre du jour, notamment la coopération Comores-Sénégal, le dialogue national, entre autres.

Dans son compte rendu du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Houmedi Msaidié a annoncé que les Comores entament une coopération avec le Sénégal en matière du développement. « L’Union des Comores entre en discussion de coopération avec le Sénégal sur le plan du développement », a déclaré le porte-parole du gouvernement avant d’avancer que « les préparatifs de l’équipe les Cœlacanthes pour la CAN 2021 au Cameroun sont déjà évoqués ».

En ce qui concerne le dialogue inter-comorien, Houmedi Msaidié a précisé que le gouvernement se prépare pour le maintien de cette initiative en 2022 avec ou sans l’opposition. « Le gouvernement priorise le dialogue inter-comorien comme un moyen de réflexion des prochaines échéances électorales. Si l’opposition refuse de participer au dialogue, alors, il existe des moyens de dialoguer sans l’opposition. La société civile, les différentes organisations, voire les journalistes, pourront participer au dialogue », a-t-il dit.

Par comparaison entre les assises nationales de 2018 et ce dialogue inter-comorien, le porte-parole du gouvernement a indiqué que les assises nationales sont des concepts fondamentaux et des visions liées au développement du pays. « Il existe une différence entre les assises de 2018 et ce dialogue, proprement dit. Les assises nationales sont des thématiques développées, des nouvelles visions pour le changement et le développement du pays. Ce sont des idées et des réflexions proposées. Mais, le dialogue inter-comorien consiste à réfléchir sur les échéances électorales et les partis politiques. Même les partisans du régime actuel peuvent participer au dialogue car ils ont des mots à dire et des solutions à proposer », a-t-il conclu.

Abdoulandhum Ahamada