ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani et son gouvernement en visite à Anjouan depuis la semaine dernière pendant qu’une foule manifeste à Mutsamudu. Quelques mois avant 2021, les Anjouanais s’activent, une grande marche a eu lieu à Mutsamudu, dimanche dernier. On peut lire à travers les banderoles « Ne touche pas à ma tournante ». Une sorte de guet-apens ou un défi contre des fervents défenseurs de la tournante ?

Les leaders Anjouanais du régime en place jouent-ils le clown, pendant qu’une marche a eu lieu à Mutsamudu pour la tournante de 2021 ? Les tensions des anjouanais montent. Ils défient le gouvernement. Même si le président de la République, Azali Assoumani ne cesse de rappeler aux anjouanais que les élections sont prévues en 2024, la marche du dimanche dernier pourrait écrire une nouvelle histoire à Anjouan. Néanmoins, le gouvernement essaie de se rassurer à travers les différentes visites, inaugurations et promesses de développement des jeunes de cette ile. Les anjouanais montent au créneau et les voix commencent à se lever avant 2021. La tourmente. Le tour en 2021 est au cœur de contestation. Pendant que le chef de l’Etat et son gouvernement en visite à Anjouan, une marche a eu lieu et on peut lire à travers les banderoles le slogan « Ne touche pas à ma tournante ». Une sorte « d’avertissement ».

 C’est la première fois que les anjouanais se lancent publiquement pour contester le régime en place en réclamant leur tour. « Nous réclamons notre tour de 2021. Jusqu’à lors nous sommes devant un président élu démocratiquement en 2016 », souligne un des manifestants. Selon les contestataires, les accords de Fomboni ne doivent pas être violés, ils doivent être respectés. « Des accords qui ont assuré une alternative démocratique apaisée garantissant l’unité et la stabilité de notre pays », soulignent les manifestants.  La marche de Mustamudu constitue le premier épisode. A retenir qu’une île morte est déclarée demain mercredi 21 octobre en signe de révolte.  

Kamal Saïd Abdou

Accueilli en grande pompe le lundi 12 octobre à Dembeni, sa ville natale, Abdallah Mansour a félicité les membres du gouvernement comorien et la région de Nguwenge. Ce membre de la diaspora pro Azali et secrétaire national du Rassemblement de la Diaspora pour le Développement des Comores (Rddc) à l’étranger s’en prend à l’opposition et dénonce sa démarche « destructive ».

Comment expliquez-vous votre accueille aux Comores la semaine dernière depuis l’aéroport jusqu’à Dembeni ?

Tout d’abord, je tiens à exprimer ma reconnaissance envers les autorités gouvernementales, les députés, les directeurs généraux et tous ceux qui ont fait le déplacement pour m’accueillir. Je remercie aussi la région de Mbadjini dans son ensemble, le Nguwengue et la ville de Demebeni. En suite, si j’ai été accueilli en grande pompe, c’est parce que ces autorités là ont compris mon combat de soutien à la politique du régime en place. Certes, je réside en France mais avec mon équipe, on arrive à sensibiliser la diaspora comorienne de France afin d’accompagner le chef de l’Etat pour un développement meilleur. Lors de mon accueil, j’ai remarqué la présence du secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, du vice-président de l’Assemblée nationale, du député de Nguwengue et d’autres autorités ainsi que des enfants de Mbadjini. Tous ces gens là me connaissent. Dans ma région, ma ville et le pays, je suis connu pour les actons en faveur de tout le monde. Je suis derrière Azali Assoumani depuis 1999. Je lui défends et je défendrai sa politique constructive. Je souhaite hériter sa vision, sa politique. En fin, je vous annonce que le président Azali a soutenu mon arrivée car il a compris que nos actions en France ne sont pas vaines. Notre mouvement Rddc a réussi à mobiliser la communauté comorienne de l’étranger et à expliquer la politique du chef de l’Etat. J’appelle toutes les forces vives du pays à s’unir pour construire le pays dans un intérêt général.

Justement, pouvez-vous citer quelques actions concrètes de votre mouvement Rddc ?

Notre mouvement est un rassemblement de la diaspora pour le développement des Comores. Il est créé pour lutter contre les rassemblements de l’opposition qui n’ont rien d’autre que de ruiner l’image de notre pays au niveau mondial. Nous avons compris qu’ils sont les ennemis de notre pays. Nous avons réussi à mettre fin aux manifestations de la diaspora comorienne de France. Notre mouvement ne se limite pas à la diaspora de France mais c’est un mouvement de toute la diaspora comorienne de l’étranger avec comme objectif, le soutien de la politique du président de la République comorienne en accompagnant l’émergence à l’horizon 2030, notamment la création d’entreprises. Nous sommes convaincus que le peuple a besoin d’être informé et on s’est engagé à sensibiliser le peuple. Et je rends hommage le président national du Rddc, Fakihi Mradabi pour ses efforts inlassables au service de la diaspora et du pays. Nous avons un site internet devant permettre à suivre en temps réel les actions du gouvernement aux Comores.

Comment réagissez-vous sur la dernière sortie médiatique du Cnt, qui lance un message au président Azali de convoquer le collège électoral ?

Ils sont tous perdus. Larifou, Tocha, Ali Mhadji, Hassani Hamadi, Archimet et autres, n’ont pas de leçons à donner à la population comorienne. Ils ont pris part aux assises nationales et ont été candidats aux présidentielles. Je ne vois pas sur quelles bases juridiques, le chef de l’Etat va s’appuyer pour convoquer le collège électoral. La nouvelle constitution prévoit des élections en 2024. Ces gens là ont voulu déstabiliser notre pays. C’est une opposition destructive. En France, l’opposition joue de l’hypocrisie politique. Ils sont les ennemis de notre pays. S’ils sont exilés en France, c’est parce qu’ils ne veulent pas être jugés de leurs actes « criminels ». Ils ont soutenu le pouvoir et maintenant, ils passent en contre-attaque. Ce sont des « hypocrites » politiques.

2021 s’approche et l’opposition appelle Azali à plier ses bagages. Croyez-vous qu’ils ne réussiront pas à mobiliser le peuple à descendre dans les rues ?

Je vous rassure que le peuple ne descendra pas dans les rues. Le peuple est mature. Les actions engagées par le président et son gouvernement sont rassurantes. Les comoriens sont derrière Azali et ils n’accepteront jamais à déstabiliser le pays. Le gouvernement s’est mobilisé à créer de l’emploi en faveur des jeunes et lutter contre la pauvreté. Mille milliards de francs comoriens sont mobilisés pour le quinquennat d’Azali. Cette somme s’investit sur la création d’entreprises. 80.000 emplois vont être créés. Je ne pense pas que le comorien sera ingrat et acceptera d’être manipulé par l’opposition qui n’a aucune direction. Le président s’est engagé à aménager et construire les routes, à construire l’hôpital El-Maarouf et d’autres chantiers pour le développement. Le peuple comorien adhère à la politique du président Azali.

Recueillis par Touma Maoulida

Quelques mois avant 2021, l’opposition en France se muscle. Elle  revient sur son mot d’ordre, la tenue des élections présidentielles de 2021. Au cours d’une conférence de presse tenue la semaine dernière en France, l’opposition appelle le chef de l’Etat à convoquer le collège électoral pour les élections de 2021.

Même si le chef de l’Etat, Azali Assoumani ne cesse de répéter dans les discours qu’une nouvelle constitution est déjà adoptée et que les élections présidentielles se tiendront en 2024, l’opposition en France ne croit pas. Elle se mobilise et prêche contre le régime en appelant à la démission du chef de l’Etat. Avant l’arrivé de 2021, l’opposition s’active et multiplie les alertes au gouvernement. Fidèle aux accords de Fomboni de 2001, l’opposition appelle à la tenue des élections en 2021. Selon l’opposition, les élections présidentielles en 2021 sont prioritaires. « Nous appelons le président Azali Assoumani à convoquer le collège électoral », insistent les conférenciers.

L’opposition est en bras de fer avec le pouvoir depuis les assises nationales et le referendum qui a instauré une nouvelle architecture institutionnelle mettant fin les accords de Fomboni. L’opposition  s’attache à ces accords. Selon les conférenciers, la tenue des élections de 2021 est obligatoire pour le respect des  accords-cadres de Fomboni et dans l’intérêt de préserver et garantir la paix et l’unité du pays. L’opposition met en garde au gouvernement et appelle les institutions en charge du processus électoral à se mettre au travail pour le bien du pays. « Nous devons respecter le tour des anjouanais en 2021 et celui de Mohéli en 2024 », disent-ils. « Les accords de Fomboni ont permis une alternative démocratique apaisée dans notre pays durant 15 ans », concluent-ils.

Kamal Saïd Abdou

Le climat politique que traverse l’alliance de la mouvance présidentielle ne rassure pas. Le mouvement risque de s’éclater en éclat. Dix partis politiques de cette même dynamique se regroupent et forment un G10. Leur ambition est de structurer la mouvance présidentielle et finir par la mise en place d’un nouveau bureau.

Le torchon brûle au sein de la mouvance présidentielle. La crise que fait face l’alliance de la mouvance présidentielle risque de lui porter un coup fatal. La situation est déjà critique. Le secrétaire général de la mouvance présidentielle est pointé du doigt. Après les élections législatives et communales, l’alliance de la mouvance présidentielle navigue à vue. « Nous voulons structurer notre mouvement, notre dynamique pour accompagner le développement de notre pays. Nous souhaitons atteindre nos objectifs pour une mouvance présidentielle solide. Nous remarquons ainsi que la mouvance ne défend pas la politique du président de la République et de son gouvernement comme on l’aurait souhaité. La création du G10 est la conséquence d’un bureau ou secrétariat fragile. Ces dix partis ne s’opposent pas à la politique du chef de l’Etat ni aux principes de la mouvance présidentielle. Nous luttons pour une bonne cause », avait expliqué le président du parti Undc.

Les partis Pcdp-Dudja, Apsi, Soma, Undc, Comores Alternatives, Fnj, Mlingo, Comores yalewo na meso, Updc apaisé et Mwashiwa sont les 10 partis politiques du G10. Ces partis politiques appellent à la réorganisation de la mouvance présidentielle. « Nous n’avons pas réussi à garder la force de l’alliance de la mouvance présidentielle. J’appelle donc la mouvance présidentielle à une réorganisation pour atteindre notre objectif commun. Nous ne pouvons pas former un parti unique. Donc je pense que nous devons nous structurer et cette structuration doit se baser sur les compétences », avait indiqué le président du parti Comores Alternatives.

Joint au téléphone, le secrétaire général de l’alliance de la mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf refuse de tout commentaire. Pour un cadre de la mouvance, la situation est sous contrôle mais le G10, « ce sont des gens qui veulent faire pressions au président Azali pour qu’ils soient nommés ». La mouvance présidentielle est au bout de ses peines.

KDBA

 

Dans un entretien exclusif à Al-fajr, le président du parti Undc, Karim Taki reproche l’opposition de leurs discours à la « haine » et appelle à une opposition constructive et non destructive. Il revient sur la mouvance présidentielle et leur démarche qui tend à renforcer leur dynamique et mouvement par la création du G 10.

L’opposition durcit le ton et est vent debout contre le pouvoir. Sa dernière sortie médiatique en est l’illustration. Comment réagissez-vous face à cela ?

Ce que je peux te dire, on ne peut pas répondre à des gens qui n’ont pas de direction. L’opposition a accepté la nouvelle constitution et elle s’est présentée aux présidentielles et aux élections des gouverneurs. Qu’ils se préparent aux prochaines élections de 2024 et qu’ils viennent pour bâtir le pays car nous voulons une opposition constructive et non une opposition destructive. Nous condamnons les propos de l’opposition. Des propos appelant à la « haine », qui portent atteintes à l’ordre public et à la stabilité du pays. J’appelle l’opposition à se conformer à la nouvelle constitution mettant en œuvre des nouveaux chantiers pour le développement et qui facilite un double mandat pour une île. L’opposition doit oublier l’année 2021 et commencer à se préparer pour 2024 s’ils pourront. Nous sommes dans un pays où chacun est appelé à apporter sa pierre à l’édifice dans tous les secteurs. Je réitère que l’opposition doit être constructive. Ils peuvent s’opposer au régime mais avec une idéologie politique. Ils étaient des ministres, des secrétaires et directeurs généraux, alors ils doivent avoir des directives. Mais je pense que demain, ils reconnaîtront les actions du président Azali.

Vous n’êtes pas sans savoir que le président Azali est hué à Mbeni les semaines dernières. Quelle lecture faites-vous ?

Je condamne et je présente les excuses à la nation comorienne au nom d’un enfant de Mbeni car nous n’avons jamais vécu une situation pareille. Nous n’étions pas dans un événement politique, mais dans un enterrement d’un ancien ministre. Hué le président de la République ne rime pas avec notre tradition, notre culture. Nous avons manifesté notre mécontentement et nous espérons que cela ne se reproduira plus. Si nous nous retrouvons dans ces cas pareils c’est parce que nous mélangeons les cultures. On ne reconnait pas le religieux, le politique… Chacun a ses compétences et chacun peut contribuer pour construire le pays. Nous sommes tous des comoriens, c’est notre pays et nous sommes appelés à préserver la paix et la stabilité. Entant que président du parti Undc et enfant de la ville de Mbeni, je condamne fermement l’acte de huer le chef de l’Etat. Ce n’est pas un acte religieux ni politique ni traditionnel. Certes des autorités se réjouissent. On peut citer l’ancien ministre Soimadou. Mais je crois qu’il n’a pas mesuré ses paroles. En effet, nous présentons les excuses au peuple.

Votre parti politique Undc fait partie de la dynamique de la mouvance présidentielle. Cette dynamique existe-elle toujours ?

Personne n’est sans savoir que nous étions une vingtaine de partis politiques construits pour défendre et accompagner la politique du chef de l’Etat. Il y avait une dynamique au sein de notre mouvement dirigé par son secrétaire général, Mliva. Mais certains parmi nous ont constaté que le secrétaire général de la mouvance présidentielle n’assure pas les fonctions  qui lui sont confiées. Il est dépassé. Par conséquent, nous sommes dans une démarche pour renforcer notre dynamique. Nous nous sommes réunis pour un changement au sein de la mouvance et du bureau. Nous sommes dix partis politiques de la mouvance appelés G 10. Et nous voulons structurer notre mouvement, notre dynamique pour accompagner le développement de notre pays. Nous souhaitons atteindre nos objectifs pour une mouvance présidentielle solide. Nous remarquons ainsi que la mouvance ne défend pas la politique du président de la République et de son gouvernement comme on l’aurait souhaité. La création du G 10 est la conséquence d’un bureau ou secrétariat fragile. Ces dix partis ne s’opposent pas à la politique du chef de l’Etat ni aux principes de la mouvance présidentielle. Nous luttons pour une bonne cause.

Depuis la création de la mouvance présidentielle, pouvez-vous rassurer qu’elle a réussi son pari ?

Nous avons réussi pour nos missions. Puisque nous avons défendu les assises nationales, le référendum constitutionnel, les présidentielles et nous soutenons l’émergence à l’horizon 2030. Nous avions des processus et nous avons réussi à remporter haut la main. Donc, la mouvance a réussi son pari jusqu’aux élections législatives. Comme j’ai évoqué ci-dessus, la mouvance a été derrière les assises nationales, le référendum, les élections présidentielles et gubernatoriales jusqu’aux législative et communales où le secrétaire général de la mouvance présidentielle ne nous a pas annoncé le programme de l’Amp. Le secrétaire général n’a pas joué son rôle.

Comme le président a prôné l’émergence, des projets de création d’emplois des jeunes sont annoncés et lancés par le président Azali. Quelles sont donc vos émotions ?

Je suis tellement ému de ces projets devant réduire la pauvreté, le chômage des jeunes. C’est une initiative encourageante et je salue le président de la République. C’est un grand pas. Créer d’emplois s’inscrit sur le plan de l’émergence de notre pays. Nous espérons que les résultats escomptés vont aboutir. L’ambition des jeunes et la création d’entreprises devant développer le pays. Je demande au gouvernement d’accompagner et à mettre en place des mesures de suivi aux jeunes bénéficiaires de ces projets. Car l’émergence est un programme, une vision. Je suis convaincu que les jeunes sont dynamiques et ils ont compris l’utilité de ces projets.

Recueillis par KDBA

Le système des Nations-Unies en Union des Comores a clôturé vendredi dernier, l’atelier national pour la consultation des divers acteurs de développement sur le cadre de coopération 2022-2026.  Le Snu et les Comores s’unissent donc pour bâtir  des Comores émergeants et un monde meilleur.

Après quatre jours de réflexion pour le nouveau cadre de coopération 2022-2026, l’Etat comorien et les Nations-Unies n’unissent  pour bâtir un monde meilleur. «  Cet atelier a réuni les Nations-Unies et les Comores, l’administration dans son ensemble pour ce qu’on appelle un cadre de coopération. Actuellement,  tout semble nouveau dans la mesure où nous avons ce qu’on appelle un plan  Comores émergentes. Ce nouveau cadre de coopération s’y aligne  et cet alignement nécessite une priorisation. Et la priorisation est très importante à faire avec toutes les parties prenantes, c’est-à-dire, les partenaires locaux et internationaux : la société civile, le secteur privé, les Nations-Unies, l’Union Européenne. Donc  c’est un travail qui a duré longtemps pour sa vérification. Maintenant il reste à faire le suivi de ce que nous venons de traiter », a expliqué Fouady Goulam, commissaire général au plan.

L’objectif de ce document est de soutenir, d’une part, les progrès multidimensionnels vers la réalisation des objectifs de développement durable et, d’autre part, à appuyer les stratégies nationales de développement élaborées par le gouvernement comorien. Chaque quatre ans, le Snu réunit les différentes directions ministérielles pour réfléchir aux besoins pour le développement. Les avis des parties prenantes sont étudiés pour qu’ils contribuent à l’émergence de notre pays. 

Pour le commissaire au plan, il y a beaucoup à faire parce que « ce nouveau cadre couvre la période 2022 à 2026 et nous avons notre plan Comores émergentes  qui couvre la période 2019-2030 mais ce PCE est décliné au PDI pour la période 2020 à 2024. C’est tout un ensemble de cycle qui doit être articulé, donc ce travail et aussi un travail d’articulation de tous les cycles de planification. La planification de nos partenaires et la planification nationale ».

Fouady Goulam a lancé un message au peuple comorien pour le développement du pays. «Le peuple comorien, je dois lui dire que  nous avons un long chemin à faire ensemble mais un chemin qui est maintenant suffisamment tracé parce que nous avons un plan bien élaboré, bien claire. Rien ne sera fait sans l’implication de toute la population, de tout le monde, de toutes les parties prenantes surtout les bénéficiaires de ce changement qu’on préconise », rassure-t-il. Il lança, lors de son discours de fermeture « le grand défi est la peur du changement ».

De son côté, la directrice générale de l’agence comorienne de coopération internationale, Fatoumia Ali Bazi a exprimé sa satisfaction que « c’était un atelier très riche qui a abordé beaucoup de domaine et les cinq domaines prioritaires pour les Nations-Unies. Les cinq P comme ils les appellent donc la planète, la prospérité, la paix, la population. Moi j’ai travaillé sur la partie paix et gouvernance  pendant trois jours intenses et on a proposé les solutions pour le pays en matière de paix et de gouvernance. Ça nous amène à aborder beaucoup de volet comme la cohésion sociale, l’état de droit, la bonne gouvernance économique et financière et aussi les questions de l’administration. D’autres ont travaillé sur la prospérité, la planète, la paix et la population. C’est vers la fin que tout le monde a pu trouver les solutions qui vont permettre aux Nations-Unies à finaliser le document cadre de coopération pour le pays de cette période 2022 à 2026. »,

Touma Maoulida

Investi consul général à Lâayoune au Maroc bientôt un an, Dr Said Omar Said Hassane n’affaiblit pas pour rencontrer la communauté comorienne dans les provinces du royaume chérifien. Les semaines dernières, le consul s’est rendu dans la ville d’Agadir à la rencontre des étudiants comoriens.

Après Kenitra, Tanger, Fès, Meknès, c’était le tour d’Agadir. Le consul général des Comores à Lâayoune au Maroc, Dr Said Omar Said Hassane a rencontré dans cette ville, les étudiants comoriens et a expliqué ses missions au Maroc. Le consul a misé sur la formation professionnelle, l’entreprenariat, le montage et l’incubation des projets. « Mon rôle est de m’occuper des comoriens et de l’état civil mais surtout, de développer une diplomatie scientifique, technique et économique avec un transfert de compétences entre les Comores et le Maroc », a annoncé Dr Said Said Omar Said Hassane. Et le consul d’ajouter, « nous sommes entrain de mettre en place un partenariat entre le Maroc et de la diaspora comorienne de France, un projet de formation en entreprenariat, montage, incubation des projets jusqu’au business plan afin de créer des start-ups qui pourront s’installer et se développer aux Comores en s’inspirant du model marocain. »

Le consul s’est rendu aussi dans certaines universités marocaines et a proposé des partenariats avec des institutions aux Comores. Il a encore visité le centre des études doctorales ainsi que la Cité de l’innovation. « Les installations de laboratoires de chimie me rappellent que nous avons besoin de ce genre de technologie aux Comores pour sauver et étudier les plantes qu’on n’en retrouve qu’aux Comores », a-t-il expliqué. 

Touma Maoulida

Les conseillers du président ont tenu, samedi dernier, un point de presse à Beit-Salam sur l’actualité du pays. Le respect de la liberté individuelle et la démocratie sources de paix et de tranquillité d’un pays, selon le secrétaire général à la présidence, Sounhadji Attoumani. Les conférenciers sont revenus sur la question de la mairie de Moroni et appellent au respect de la loi.

Le secrétariat général du président et les conseillers à la présidence ont relayé, samedi dernier, l’actualité politique et sociale qui prévaut le pays, à l’heure actuelle. À Batsa Itsandra, vendredi dernier, le président Azali a fait appel aux citoyens au respect de la liberté individuelle et la démocratie. Les conseillers du président  Azali ont invité la presse, samedi dernier, pour réaffirmer leur soutien à la déclaration faite par le président Azali pour la paix sociale et individuelle ainsi que le respect de la démocratie. « Les conseillers du président Azali et son cabinet viennent expliquer clairement  la déclaration du président Azali, faite à Batsa Itsandra, vendredi dernier, faisant appel à tous les citoyens à respecter des libertés individuelles et collectives. Pour le président Azali la liberté de chacun s’arrête là où celle de l’autre commence. Nous sommes réunis pour annoncer notre soutien à la déclaration faite par le président Azali », a déclaré le secrétaire général à la présidence, Sounhadji Attoumani.

Et la saga à la mairie de Moroni 

Concernant la question de la mairie de Moroni, le secrétaire général à la présidence a indiqué que la Cour suprême a rendu publique sa décision. Alors, maintenant, la décision revient aux instances de la juridiction, la Cour suprême et le chef de l’Etat, selon lui. « Un courrier a été envoyé par le ministère de l’intérieur indiquant qu’il refuse la décision rendue par la Cour suprême, quant aux élections municipales du 04 septembre dernier. Logiquement, le pays possède une constitution. Il existe des instances de juridiction qui sanctionnent et qui jugent. La décision finale revient à la justice, à la Cour suprême et au chef de l’Etat, garants de la constitution », a précisé le secrétaire général à la présidence. Et lui de poursuivre : « à la mairie de Moroni, les recours ont été envoyés à la Cour suprême. Je ne pense pas qu’on aura droit à faire recours à la décision rendue par la cour suprême. Cette dernière a tranché. Ça, c’est la liberté politique. Il y a certains pays qui changent régulièrement leur constitution. Ici, on n’a pas ce système. Donc nous devons respecter la loi. Personne n’est au dessus de la loi ».

« Pour les prisonniers politiques, le processus est encours »

Pour les prisonniers politiques, le secrétaire général à la présidence appelle les comoriens à attendre les processus juridiques engagés par la justice afin d’atteindre une justice équitable. « Certes, il y a des personnes qui sont détenues depuis longtemps. Mais nous devons respecter la justice. Le processus juridique est en cours. Nous devons nous soumettre à la décision qui sera rendue par la justice. Chacun veut être bien jugé. L’essentiel est de juger les gens en toute équité et égalité », a interpellé Dr Sounhadji Attoumani.

 

Appel à l’opposition à respecter l’image du pays

Les réactions des membres de l’opposition ne donnent pas des meilleures solutions au niveau du pays, selon le secrétaire général, Sounhadji. « En parlant de la liberté et de la démocratie, les opposants doivent  respecter l’image du pays et l’Etat en question. En termes de revendication de droits, pourquoi les opposants n’imposent pas des lois à l’Assemblée nationale pour le bien du pays ? Oui, c’est faisable. Puisque, je n’ai jamais entendu quelqu’un qui réclame qu’une telle loi doit être introduite à l’Assemblée nationale », a regretté Sounhadji.

Abdoulandhum Ahamada

 

Alors que le ministre de l’intérieur a confirmé l’élection de l’actuel maire de Moroni et de ses adjoints, Ibrahim Mohamed Soulé s’est exprimé. Selon lui, « le pouvoir est dans l’embarras. » Car deux ou plusieurs tendances politiques aux mêmes affinités qui se réclament de la mouvance présidentielle se prétendant tous du pouvoir actuel,  sont par conséquent entrain de s’affronter.

« Ce qui se passe à Moroni ne fait que refléter ce qui se passe dans notre pays en général en matière d’élection », regrette l’ancien parlementaire Ibrahim Mohamed Soulé. La situation actuelle, avance le parlementaire, démontre qu’il y a des personnes qui sont à la fois juge et partie. « On voit aujourd’hui que le ministre en charge des élections et président du parti Orange comprend les enjeux. On ne comprend pas, les chefs des quartiers qui sont nommés par arrêté du ministre peuvent facilement influencer et faire pencher la balance d’un coté pour que ses candidats soient les responsables de la mairie », indique le parlementaire.

 La Cour suprême a annulé les élections de Moroni mais le ministre de l’intérieur vient de confirmer l’exercice des fonctions de l’actuel maire à travers une lettre. « Tout cela décrédibilise non seulement la Ceni mais aussi la chambre administrative et constitutionnelle de la Cour suprême. Cette dernière a sorti un arrêt invalidant les élections mais, de son coté, le ministre de l’intérieur impose son candidat comme étant le maire », déplore Ibrahim Mohamed Soulé.

Pour l’ancien député, le perdant dans tout ça, c’est la ville de Moroni, image de notre pays. Malgré que les candidats qui se sont présentés dans les élections communales soient de la mouvance présidentielle, mais la guerre continue, poursuit le parlementaire. « Les faucons sont en train de s’entretuer  eux-mêmes. Déjà, il y a une tendance politique», précise Ibrahim Mohamed Soulé.

Le pouvoir est dans l’embarras, selon l’ancien député du parti Juwa. Car deux ou plusieurs tendances politiques aux mêmes affinités qui se réclament de la mouvance présidentielle se prétendant tous du pouvoir actuel, sont par conséquent en train de s’affronter.

Kamal Saïd Abdou

Politique : Le « grand » Sarkozy de retour

Politique : Le « grand » Sarkozy  de retour

Djaffar Salim Alaoui  alias Sarkozy  s’est  visiblement décidé  à jouer   sa carte politique à Ndzuani. Devenu très proche du président  Azali depuis 2016,  avec son grand  travail  de terrain, Sarkozy a su  s’imposer désormais  comme l’un des hommes politiques  incontournables   de l’île.  Et son  duo avec le grand baobab politique, Nourdine  Midiladji, domine pleinement la politique insulaire.

Il  est  de tous les terrains, sur tous les fronts.  Dans toutes les situations, il est toujours là  pour  marquer  son empreinte.  Une politique de  contact avec le petit peuple qu’il excelle parfaitement. Depuis son passé de ministre de l’intérieur de Mohamed Bakar,  durant lequel il a su montrer sa capacité d’homme de poigne,  Sarkozy est devenu  un politicien habile et énergique. Il a appris à  bien manier  avec finesse la stratégie de terrain et l’engagement  de proximité. Une stratégie qui se résume, selon ses proches,  en trois actes : plus d’implications, moins de discours et beaucoup d’actions concrètes.

Au fort  moment de l’épidémie du coronavirus dans notre pays, Djaffar Salim et Nourdine Midiladji, avec leur mouvement politique GNEC-Rénové, avaient sillonné  les hôpitaux,  les  centres de santé de Ndzuani, et autres  lieux de rassemblement de masses, comme les marchés et les  mosquées des grandes localités de l’île et à la maison d’arrêt  de Koki  pour distribuer des kits d’hygiène, des masques et d’autres matériels pour se protéger et de lutter  contre la pandémie de Covid-19.  Une opération qui avait marqué alors que les services de l’Etat brillaient par  leur absence.

Sarkozy avec son compère Midiladji, le  bulldozer  de la politique anjouanaise, et que, les amis appellent affectueusement  « M.  Longue vie »,  se sont aussi engagés à apporter des  aides à des localités pour la réhabilitation et aménagement des sentiers villageois  par des dons de ciments, de sable et de gravillon. A côté,  d’autres actions  sont menées régulièrement auprès de la jeunesse sportive, notamment  des localités les plus reculées par l’octroi d’équipements sportifs (ballons, maillots et chaussures).

Il s’est mis aussi dans les actions de l’hygiène pour  des villes et villages propres  à Mutsamudu et dans les périphériques.  Aussi, il finance des opérations de nettoyage des bâtiments des centres hospitaliers de l’île.  Et ces  derniers temps, le fameux Sarkozy et  son équipe du GNEC-Rénové  ont lancé l’opération ville lumière à Mutsamudu et dans  certains villages de l’île. Une opération qui consiste à éclairer  les différents quartiers, rues et ruelles de la capitale de l’île et des autres localités  par des ampoules et lumières  solaires. Des actions en amont qu’il dit intégrer à « la politique d’émergence prônée par le président  Azali Assoumani. »

 Partout, il ne passe pas inaperçu.  Toujours en mouvement, en action.  Un engagement acharné qui ne laisse personne indifférent.  Et  qui   ne semble décidément  pas plaire à ces politiciens de l’île de même camp du pouvoir, surtout   dans cette  bataille  pour le leadership politique de la mouvance à Ndzuani. Certains le fustigent d’être  un  « activiste »,  d’autres l’assènent  de « populisme effréné ».  Mais au-delà des observations incisives, Sarkozy semble bien  avoir  pris l’ascendant  sur ses adversaires et ses concurrents politiques.

Si les  autres  cherchent à téléguider la politique locale à partir de leur bureau  de  Moroni, Djaffar Salim est sur le terrain, en contact direct  avec la population, vit et partage au quotidien leurs difficultés et préoccupations. Un atout indéniable intelligemment manié par Sarkozy  pour incarner la politique dans l’île et s’imposer ainsi comme l’homme fort d’Anjouan.

 Son engagement pour l’excellence, comme son action de rénovation de la cité  administrative de Hombo qu’il a baptisé  « Cité de l’émergence », ses réalisations dans les villages et  ses actions envers les plus démunis le rendent de plus en plus populaire. Il devient ainsi incontournable, visiblement un des hommes clés du président Azali à Anjouan.

Avant le dernier remaniement, des rumeurs persistantes le plaçaient  au gouvernement comme ministre de l’intérieur. C’est dire la forte personnalité qu’incarne désormais Djaffar Salim dans la politique nationale, particulièrement  de l’île. L’homme est jugé par beaucoup  à même de maitriser l’île et de verrouiller les velléités de déstabilisation qui s’y pointent.  Avec une énergie intarissable, une  persévérance et une  endurance politique qui le distinguent  des autres, il est redevenu la bête politique qu’il était.

 « L’homme politique, c’est avant tout une idée, un engagement pour une politique. Et ma politique est celle prônée par le président  Azali  Assoumani pour l’émergence du  pays, pour une République  juste et  solidaire », lançait-il devant un journaliste.    

« On peut l’admirer ou le détester, mais Sarkozy  a marqué la vie politique nationale, particulièrement  d’Anjouan par ses positions tranchées dès lors qu’il s’agit de défendre ses idées ou la patrie. C’est un homme sans complexe, qui ose les défis, qui a une culture de pouvoir et qui s’est toujours assumé », montrait  un observateur de la politique nationale.   

KDBA