ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Du 24 au 25 janvier, les Comores ont abrité le séminaire d’appui à la redynamisation de la plateforme des femmes en politique de l’océan indien (PFPOI). Une occasion devant permettre aux femmes d’identifier les besoins des membres du réseau, d’élaborer une stratégie de fonctionnement et un plan d’action et de renforcement des partenariats avec les autres réseaux de femmes existantes.

Créée en 2011 sous l’impulsion de la COI, dans l’objectif de soutenir les femmes à participer dans la vie publique et être représentée dans les instances de décisions, la plateforme des femmes en politique de l’océan indien (PFPOI) regroupe les branches nationales des femmes en politique, non partisanes et but non lucratif. Le séminaire de la redynamisation de la PFPOI a eu lieu, à Moroni, du 24 au 25 janvier 2023.

Plusieurs décisions ont été prises, notamment la création d’un environnement propice à la participation de la femme dans la vie politique de leur pays, incitation des partis politiques à faciliter l’accès de leurs militants aux postes de décisions de leurs partis politiques et de favoriser les candidatures des femmes aux élections politiques, entre autres.

« Considérant la nécessité de redynamiser la plateforme des femmes en politique de l’océan indien et d’appuyer leurs actions au niveau national ainsi que la mise en réseau afin d’en constituer un organe de promotion de la participation politique des femmes dans l’océan indien. Selon les résolutions préconisées, un rapport annuel des activités de la PFPOI sera présenté pour faire une évaluation », a annoncé la présidente de la PFPOI des Comores, Moinecha Mroudjaé.

Le chargé de mission de la COI, Marc Maniaina a précisé les défis à relever. « Nous devons s’aligner à la promotion de la femme pour qu’elle puisse participer à la prise de décisions. Nous sollicitons les échanges pour faciliter les activités requises par la PFPOI », appelle-t-il. La COI joue son rôle, mais, il faut un engagement pour atteindre les objectifs fixés. 

Abdoulandhum Ahamada

Le porte-parole de l’opposition dit n’être pas étonné par la déclaration faite par le secrétaire national de la Crc annonçant avant l’heure la candidature du  président Azali aux présidentielles de 2024. Pour Ibrahim Abdourazak, cette déclaration confirme qu’aucun dictateur au monde n’est prêt à être remplacé.

L’annonce faite par le secrétaire national de la Crc, principal parti au pouvoir, sur la candidature quasi certaine du président Azali Assoumani aux prochaines présidentielles n’ont pas surpris grand monde. À commencer par l’opposition qui considère cette annonce comme un non événement. Une déclaration avant l’heure faite par le patron de la Crc comme pour couper court aux rimeurs prêtant à un des fils du chef de l’Etat des ambitions présidentielles.

Pour Ibrahim Abdourazak alias Razida, porte-parole de l’opposition,  l’annonce ne surprend personne, surtout que les dictateurs dans le monde n’ont jamais accepté d’être remplacés par un autre, selon ses propres mots. « Avec tous les actes criminels qu’ils (dictateurs: ndlr) commettent  et leur incapacité à gouverner, ils ont toujours  tendance à vouloir s’accrocher au pouvoir jusqu’à leur fin de vie. Donc pour Azali Assoumani c’est le même cas », souligne-t-il.

Selon lui, son incapacité  à  gouverner le pays n’est plus une énigme pour le peuple comorien. Si l’opposition n’a pas jusqu’à présent annoncé sa position face à ces prochaines échéances électorales aux enjeux multiples, le parti Orange de l’ancien ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou alias KIKI n’envisage pas de  faire la politique de la chaise vide.

Cette formation politique se relance en renforçant ses structures à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le leader historique du parti  Orange Mohamed Daoud enchaîne les rencontres avec les militants à l’extérieur du pays. Ce qui laisse entendre qu’un véritable duel entre Crc et Orange se profile à l’horizon 2024. 

Kamal Said Abdou

Au cours de son traditionnel discours de présentation des vœux du nouvel an, Guo Zhijun, nouvel ambassadeur de la Chine est revenu sur les relations entre les deux pays. Des relations exemplaires, gagnant-gagnant, du traitement d’égal à égal et du bénéfice mutuel, selon l’ambassadeur.

Les relations entre les Comores et la Chine ne cessent d’accroître de façon exponentielle. Malgré, la différence de langues, de cultures et les milliers de kilomètres séparant géographiquement les deux pays, l’amitié traditionnelle sino-comorienne reste solide comme un acier et s’approfondit avec le temps, selon le diplomate Chinois.

« Les Comores sont en train d’accélérer la mise en place du plan Comores émergent 2030. Il y a peu de temps, une rencontre a été tenue entre les deux présidents durant le sommet sino-arabe qui a orienté le développement des relations et les coopérations pragmatiques de tous les domaines de deux pays », a indiqué le nouvel ambassadeur.

Son ambition est d’après-lui d’établir des  contacts étroites avec les amis de tous les secteurs aux Comores durant son mandat pour garantir la mise en œuvre des consensus des deux chefs d’État, de promouvoir les relations bilatérales et de contribuer à une communauté de destin commun.

A en croire Guo Zhijun, une bonne relation entre deux pays se définit lorsque les cœurs entre les deux peuples sont liés.

Dhoihir Dhoulkamal, ministre comorien des affaires étrangères, a félicité le nouvel ambassadeur chinois à cette occasion. C’était une belle opportunité pour le ministre de rebondir sur les relations d’amitié et de coopération nées au lendemain de l’accession des Comores à leur souveraineté internationale.

A entendre le chef de la diplomatie comorienne, ces relations entre Moroni et Pékin sont fructueuses et il souhaite avec l’arrivée du nouvel ambassadeur aux Comores approfondir davantage les relations afin de solidifier cette coopération au profit des intérêts des deux peuples. 

Kamal Said Abdou

 

 

Dans une conférence de presse, hier, à Moroni, le parti CRC est revenu sur la revalorisation du point indiciaire des fonctionnaires, la présidence du président Azali à l’UA et la mise en place du conseil national de la presse et de l’audiovisuel.

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani a signé le décret augmentant  le point indiciaire des fonctionnaires, passant de 1 600 à 1 800 kmf. Le parti CRC a salué cette décision qui va aider les fonctionnaires à faire face plus au moins à la cherté de la vie. Une sorte de mesure d’accompagnement après  la crise économique qui secoue le monde entier y compris notre pays, selon le secrétaire national du parti CRC.

« Sur la base des négociations entre le syndicat des enseignants et le gouvernement, la valeur indiciaire passe de 1 600 à 1 800 kmf, au profit des fonctionnaires. C’est une fierté pour le gouvernement et pour tous les fonctionnaires de l’Etat. Les Comoriens ont vécu des périodes difficiles  où les fonctionnaires passaient 6 à 7 mois sans salaire. Ce gouvernement déploie tous les efforts pour payer chaque mois les 14 000 fonctionnaires. 2,7 milliards de francs sont rajoutés dans la loi des finances 2023 pour permettre de hausser les salaires des agents de l’Etat », a indiqué le secrétaire national de la CRC, Youssoufa Mohamed Ali.

En ce qui concerne la présidence d’Azali à l’Union Africaine, M. Mohamed Ali affirme qu’il était temps que le pays assume des responsabilités au niveau du continent. « Le président Azali est respecté par ses paires africains. Ce qu’il fait aux Comores reste un modèle pour tous les autres pays. Azali préconise la paix, la tranquillité et la démocratie. Des démarches démocratiques ont été poursuivies », a-t-il noté. Et la mise en place du CNPA est pour lui, « une opportunité pour réglementer le métier du journalisme aux Comores ». 

Abdoulandhum Ahamada

Lors de la présentation des vœux du nouvel an aux coordinations de son parti, mardi dernier, à son domicile à Voidju, Mouigni Baraka a fait savoir que la division de l’opposition ne donnera pas un résultat au combat contre le régime en place. Il fait un vœu d’unité.

Dans son discours des vœux, Mouigni Baraka Saïd Soilih est revenu sur l’actualité politique et son entretien avec le locataire de Beit Salam, résultat d’une certaine mesure d’allégement. Le climat politique qui règne ces derniers temps concerne tout le monde. En effet, il fait appel à l’unité de l’opposition dans son combat contre le régime en place. « Ceux qui veulent nous aider ne peuvent pas le faire si nous sommes divisés », a-t-il déclaré.

Notons que plusieurs tendances sont formées au sein de l’opposition au fil du temps. Mouigni Baraka a cité le Cnt, l’Union de l’opposition et le Front commun. « On ne peut pas rester à proférer des insultes, des mépris entre nous et la division. Ça ne peut pas marcher comme ça car cela donnera un avantage à celui que l’on combat », dit-il.

A l’approche des élections présidentielles de 2024, le président du parti Rdc préconise une assemblée générale de toutes les tendances de l’opposition afin d’établir une feuille de route commune au risque de ne pas revenir sur l’erreur commise lors des dernières échéances présidentielles.

S’agissant de la condamnation de l’ancien président Sambi, en l’en croire cela  lui tient à cœur. Selon lui, les négociations de l’opposition et le gouvernement pourraient dégager une piste de solution. « Il y a parmi nous des ténors condamnés à 20 ans et à la perpétuité. Or, ils n’ont pas purgé leurs peines, c’est le résultat de notre entretien avec le locataire de Beit Salam. Il faut négocier pour leur libération», conclut-il. 

Kamal Said Abdou

Samedi dernier, Oiliya Mze Mbaba a annoncé son divorce avec le parti Juwa devant la presse. C’est suite aux critiques acerbes de la part de ses anciens amis  de son parti politique concernant sa prise  des photos au côté du chef de l’Etat Azali Assoumani, lors de la célébration de la nouvelle année 2023, au Golden Tulip.

Les faits se sont déroulés le 1er janvier 2023 à minuit, à l’hôtel Golden Tulip quand le jeune Oiliya Mzé Mbaba a pris une photo au côté du chef de l’Etat, à l’occasion de la nouvelle année 2023.Un geste perçu par sa formation politique comme une sorte de ralliement au régime. « Les commentaires que font les membres du parti Juwa relatifs à la photo que j’ai pris avec le président Azali et qui fait l’objet de ma lettre de démission, constituent des reproches à mon égard. Certains laissent comprendre que je suis corrompu et d’autres me qualifient d’une marionnette », se plaint Oiliya Mzé Mbaba.

Et lui de poursuivre que « le personnel de la société AGK dont je fais partie, était présent au Golden la nuit du 31 décembre 2022. D’où la question, est-il un délit de présenter ses vœux au chef de l’Etat ou être pris en photo avec lui ? Si j’ai vous inviter aujourd’hui, c’est pour manifester  mon indignation face aux attaques virulents dont je suis la cible ».

Agé de 36 ans, l’ancien chargé de communication du parti Juwa dans Moroni nord, a décidé de rendre son tablier malgré son dévouement au service du parti politique de l’ancien président sambi. « En tant que jeune actif du parti Juwa, ancien chargé de communication du mouvement des jeunes du parti à Moroni-Nord sous le numéro de la carte d’adhésion 073000345, je vous annonce  désormais, mon divorce d’avec le parti Juwa à partir de ce 14 janvier 2023 », a-t-il annoncé. 

Nassuf. M. Abdou

Dhoihir Dhoulkamal et Dr Vincent Biruta, respectivement ministres comorien et rwandais des affaires étrangères, ont signé hier lundi, à Moroni, un accord-cadre de coopération bilatérale entre les deux pays. Cet accord vise à promouvoir le tourisme, l’agriculture, l’énergie, l’éducation et la sécurité. Une occasion pour le chef de la diplomatie rwandaise de manifester la disponibilité de son pays à soutenir la candidature du président Azali Assoumani à la présidence de l’Union africaine.

C’était au ministère des affaires étrangères qu’a eu lieu la cérémonie de signature de l’accord-cadre de coopération bilatérale entre l’Union des Comores et le Rwanda. Un accord signé par le ministre comorien des affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal et son homologue rwandais Dr Vincent Biruta. Les deux ministres ont exprimé leurs volontés d’accompagner les initiatives régionales et continentales visant à la prévention et à la résolution des conflits sous l’égide de l’Union africaine.

Le ministre comorien des affaires étrangères, Dhoilhir Dhoulkamal se dit confiant quant aux résultats attendus à travers cette nouvelle page de coopération qui se dessine entre les Comores et le Rwanda.

« C’est un nouveau palier de coopération que notre pays vient de franchir. Cet accord traduit le début d’un élan des liens fraternels entre nos deux pays. Nous espérons bénéficier de l’expérience de la République de Rwanda pour la concrétisation de la vision du chef de l’Etat de faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030 », a déclaré le chef de la diplomatie comorienne.

De son côté, le ministre rwandais des affaires étrangères, Dr Vincent Biruta a indiqué les priorités que vise cet accord avant de promettre la mise en place bientôt du comité mixte Comores-Rwanda qui servira à explorer tous les différents secteurs de la coopération.

« A partir de cet accord, nous allons explorer des secteurs particuliers pour la coopération de Rwanda et l’Union des Comores. Les secteurs sont nombreux, il y a le tourisme, l’énergie, l’agriculture, l’éducation, la sécurité », a-t-il précisé.

Il rassure par ailleurs sur le soutien de son pays pour la réussite du chef de l’Etat Azali Assoumani face aux grands défis qui l’attendent à la tête de l’Union Africaine.  

Nassuf. M. Abdou                                                                         

Le 19 décembre dernier, Beit Salam a rendu public un communiqué au ton triomphaliste, annonçant «  le retrait fraternel de la course du Kenya à la présidence de l’Union Africaine ».  Le front commun des forces vives comoriennes ne tardera pas à monter au créneau en adressant le 9 janvier dernier un courrier à Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA, démolissant les ambitions du locataire du palais de Beit-Salam. 

Le front commun n’est pas allé en douceur pour démolir la candidature du président Azali Assoumani à la prochaine présidence de l’UA. Dans une lettre sous forme d’un réquisitoire, cette plateforme réunissant les principaux partis de l’opposition a tiré sans sommation contre l’ambition d’Azali Assoumani de présider l’UA.   

Dans son réquisitoire, le front commun estime que  ce n’est certainement pas sur  Azali Assoumani « que l’Afrique peut compter pour obtenir en cette année 2023 des avancées dans son combat pour la place qu’elle mérite dans la tendance actuelle de rééquilibrage des forces au niveau international vers un monde multipolaire », lit-on dans cette lettre qu’Alfajr a pu consulter, ajoutant que 2023 risque fort d’être une année blanche pour l’Afrique.

Le front commun craint que le président Azali à la tête de l’UA, c’est un boulevard qui s’ouvre devant son projet de prolonger son mandat qu’il envisage en 2024.

Dans ce courrier  en date du 9 janvier dernier adressé à Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA, cette plateforme regroupant la société civile et les partis de l’opposition précise que «  si l’Union Africaine devait, en février prochain, finalement installer l’actuel président de fait des Comores sur le fauteuil de sa présidence pour un an, cela constituerait un regrettable double message qu’elle enverrait au peuple comorien et à l’Afrique ».

C’est à cette raison que « le front commun des forces vives contre la dictature souhaite exposer ici son point de vue sur cette question. Ce point de vue tire ses fondements dans sa foi au principe de la souveraineté du peuple comorien dans la gestion de ses affaires, dans sa confiance totale en la capacité de notre peuple à prendre son destin en main et dans sa profonde conviction que la dictature n’est ni un choix ni une alternative et qu’elle n’a pas d’avenir », lit-on dans le courrier des forces vives comoriennes contre la dictature.

Selon les leaders du front, le colonel Azali Assoumani s’est depuis longtemps fait une raison de son divorce avec le peuple comorien. Ayant ainsi définitivement perdu la confiance du peuple. «  Il croit pouvoir gagner la légitimité et la légalité que les comoriens lui refusent depuis sept ans, en passant le clair de son temps à sauter d’une conférence internationale à une autre et en s’installant comme une sorte de consécration à la présidence de l’Union Africaine », ajoute le courrier.

Cependant, les protagonistes continuent à faire croire que la présidence du président Azali à l’UA n’est pas un fruit au hasard.  Il est le résultat de la confiance qu’accorde l’Union Africaine au président comorien et le climat de paix qui règne depuis déjà des années au pays. «  Nous qui connaissons mieux l’homme, nous l’estimons incapable de s’élever à la hauteur des enjeux qui sont, maintenant, et en ce siècle, ceux de l’Afrique et des peuples africains, en particulier de sa jeunesse. Frappé d’une incapacité à offrir le moindre début de solution aux problèmes de sa population estimée à 800000, ce n’est pas de lui qu’il faudra attendre des propositions de solutions aux guerres qui déchirent l’Afrique, aux menaces de toutes sortes qui pèsent sur le quotidien des Africains, aux défis majeurs que le changement climatique et les bouleversements inédits auxquels fait face la planète posent à l’humanité », réplique le front commun avant de conclure que « ce n’est certainement pas sur lui que l’Afrique peut compter pour obtenir en cette année 2023 des avancées dans son combat pour la place qu’elle mérite dans la tendance actuelle de rééquilibrage des forces au niveau international vers un monde multipolaire. En sorte que 2023 risque fort d’être une année blanche pour l’Afrique.

Kamal Said Abdou

Dans cet entretien, le leader du parti Ulezi, Natuk Mohamed Mouzaoir, membre de la diaspora comorienne de France, est revenu sur l’adoption du code électoral, un sujet qui fait remous ces derniers jours. Il a évoqué entre autre les prochaines présidentielles ainsi que la situation économique actuelle. Interview.

Les élus ont adopté le code électoral excluant la diaspora à la course des présidentielles. Quelle est votre réaction ?

Malgré les batailles des forces vives comoriennes expatriées, aucun gouvernement n’a jamais octroyé à la diaspora le droit de participer aux grandes décisions politiques du pays notamment les élections présidentielles et le droit de se faire  représenter à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui les députés viennent entériner la volonté du président Azali d’exclure une grande majorité des comoriens aux élections présidentielles. Une décision dangereuse pour la cohésion nationale et surtout la dénégation de toutes les actions socio-économiques menées par ces femmes et hommes en direction des Comores. Ce refus de reconnaissance par l’Etat comorien risque de décourager et d’éloigner celles et ceux qui aspirent à s’investir pour le développement politico-économique et social du pays. A travers cette interview j’appelle le président Azali à faire machine arrière et ne pas promulguer cette loi. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.

Que voyez-vous pour les élections de 2024 ?

Quand il y a flou il y a loup ! Azali et son gouvernement entretiennent un flou artistique et antidémocratique. Ce pouvoir n’a pas tiré les enseignements du coup d’Etat électoral de 2019. Un putsch qui a provoqué une crise politique sans précédent. Les bonnes déclarations ne suffisent pas encore faut-il mettre de la volonté et donner à toutes les opinions la possibilité de concourir. Jusqu’à présent aucune garantie n’est apparue pour des élections libres, transparentes et inclusives.

Quelle lecture faites-vous du discours du président Azali sur l’état de la nation ?

Un discours hors sol, un déni de réalité du quotidien difficile des citoyens. A un moment où la jeunesse comorienne a perdu tout espoir, une année où la corruption est généralisée, les pénuries se succèdent, le président Azali continue à jouer au triomphalisme.

Le pays traverse une crise sans précédent, pénurie et inflation atteignant les 18% en 2022. Quelles solutions proposeriez-vous ?

2022 reste une année noire pour le citoyen comorien. La succession des crises socioéconomiques, les pénuries de tous genres, la cherté de la vie suivie d’un taux de chômage des jeunes sont les résultats des choix économiques de ce gouvernement. Il n’y a pas de solution miracle et je fais mienne la déclaration de nos partenaires. La lutte contre la corruption et l’instauration d’un Etat de droit demeurent les véritables leviers du développement de notre pays.

Quel bilan dressez-vous du régime actuel et que souhaiteriez-vous pour 2023?

Le bilan du pouvoir Azali se résume par plus de voyages et dilapidation des deniers publics. En 2022 les dirigeants du monde ont opté la sobriété économique et budgétaire alors qu’Azali préfère se pavaner dans le monde pour zéro résultat. 7 ans après son arrivée au pouvoir, le taux de chômage des jeunes devient explosif, le portefeuille du citoyen est vidé par sa politique de matraquage fiscal. J’ai le regret de constater que le pays est fracturé et divisé, un peuple qui vivait dans la paix et la cohésion voit ses enfants se regarder aujourd’hui face à face. La mascarade de procès relative à la citoyenneté économique vient clôturer le tableau noir du bilan de celui qui avait vendu le rêve d’un jeune égal un emploi! En 2021 le parti Ulezi a initié l’idée du dialogue inter-comorien pour la réconciliation nationale comme unique remède mais le régime Azali a contourné la philosophie et les résolutions dégagées de cette rencontre. À travers cette interview je formule mes vœux de bonheur et prospérité au peuple comorien et j’appelle la jeunesse comorienne à faire de cette année celle du rassemblement pour la victoire…

Propos recueillis par KDBA

 

Guo Zhijun est le nouvel ambassadeur de la République Populaire de Chine auprès de l’Union des Comores. Il succède He Yanjun. Ce nouveau diplomate Chinois a présenté hier mercredi ses lettres de créances au président de la République en présence du chef de la diplomatie comorienne, Dhoihir Dhoulkamal.

Quelques semaines après le départ de He Yanjun, ancien ambassadeur de la République Populaire de Chine en Union des Comores, un nouvel ambassadeur vient de présenter ses lettres de créances au président de la République Azali Assoumani.

Les Comores et la Chine entretiennent des relations étroites depuis l’accession des Comores à l’indépendance dont plusieurs actions en faveur des Comores ont été réalisées par la Chine. Avant, la réception par  le président de la République pour présenter ses lettres de créance, le diplomate chinois a été reçu par le ministre comorien des affaires étrangères Dhoihir Dhoulkamal.

Une occasion pour le chef de la diplomatie comorienne de souhaiter la bienvenue au nouvel ambassadeur aux îles de la lune et renouveler ses meilleurs vœux du nouvel an au peuple chinois. Au cours de leurs rencontres, les échanges entre les deux personnalités ont porté sur les relations d’amitié et de coopération entre Pékin et Moroni.

Rappelons qu’en marge du sommet Chine-Arabe tenu le 9 décembre dernier à Riyad, la Chine  a apprécié le soutien ferme de longue date des Comores sur les questions liées aux intérêts fondamentaux et aux préoccupations majeures de la Chine, et continuera à soutenir les Comores dans leurs efforts pour sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, réaliser le développement économique et social et améliorer le bien-être de la population.  

Les  importants projets d’infrastructure construits avec l’aide de la Chine ainsi que les matériaux et les vaccins anti-pandémiques fournis par la Chine ont grandement bénéficié au peuple comorien. Quels que soient les défis auxquels la Chine sera confrontée à l’avenir, les Comores continueront à se tenir résolument aux côtés de la Chine.

Kamal Said Abdou