ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Politique : Azali exhorte le dialogue national

Politique : Azali exhorte le dialogue national

Alors que le pays traverse une crise sans précédent dans différents secteurs, le chef de l’Etat appelle au respect des valeurs sociales, culturelles. Dans son allocution à l’occasion des vœux de l’Aid El-Kabir, le président de la République a appelé la mouvance présidentielle, l’opposition  et la société civile au dialogue inter-comorien.

A l’occasion de la célébration de l’Aid, le chef de l’Etat a rappelé que ce jour de fête est, dans nos traditions, une occasion de réconciliation, conformément au Coran et à la Sunna qui prônent pour la modération, la médiation et l’arbitrage pour régler les différends et les conflits. Pendant que les accords de Fomboni révisés par les assises nationales ont été le fruit du dialogue inter-comorien, selon le président de la République, ils ont permis la réconciliation nationale alors que le pays était au bord de l’implosion. « Ils ont mis notre pays sur la voie de la stabilité et de l’alternance pacifique. C’est dans ce même esprit que nous devons travailler aujourd’hui, pour renouer avec la confiance, la sagesse, la sérénité et la maturité dont nous avons besoin, pour construire notre pays émergent et prospère, dans la paix, la sécurité et la concorde », a lancé le chef de l’Etat.

Les dernières échéances électorales

Le locataire de Beit salam a évoqué que le référendum constitutionnel du 30 juillet 2018, les élections du président de la République et des gouverneurs des iles autonomes de 2019 et les élections législatives et des maires de janvier 2020 ont consolidé le dynamisme de notre démocratie. « J’appelle tous les acteurs politique de notre pays, de la mouvance présidentielle et de l’opposition ainsi que la société civile, à s’assoir autour de la table dès maintenant, pour préparer dans les meilleurs conditions, les prochaines échéances des élections des présidentielles et des gouverneurs de 2024 et les législatives de 2025 », a fait appel Azali Assoumani.

« J’apprécie les déclarations des uns et des autres et les propos positifs qui vont dans le sens de l’apaisement et qui permettront au dialogue de se ternir dans la sérénité et dans les meilleures conditions », a-t-il avancé. Le chef de l’Etat souhaite que le dialogue et le débat républicain entamés, conduit le pays vers un consensus national.

La crise sanitaire

Au moment où la variante Delta fait ravage dans certains pays voisins des Comores, le chef de l’Etat a préconisé de maintenir la vigilance. « Les différents variantes du Covid-19 font des ravages dans de nombreux pays avec qui nous avons des échanges fréquents. Cela nous impose encore plus le devoir de maintenir la vigilance et le respect strict des mesures de prévention collectives et individuelles et des consignes sanitaires, notamment l’hygiène, le port obligatoire du masque et la distanciation physique », a-t-il conseillé. « La première campagne de vaccination contre la Covid-19 a été une réussite », a déclaré le président de la République.  Et lui de poursuivre, « je souhaite que la deuxième phase qui a commencé mercredi dernier, soit couronnée de succès. Notre souhait est de vacciner, au total, 552.677 personnes, soit 60% de la population, pour atteindre l’immunité collective, comme le préconisent les scientifiques et les professionnels de santé. Allez donc vous faire vacciner », a appelé le chef de l’Etat.

De cette foulée, le président Azali a salué les efforts du président chinois et le peuple chinois de la fourniture de 100 000 doses de vaccins et les Emirats Arabes Unis pour leurs 300 000 doses de vaccins.

Le président Azali Assoumani reconnait que la covid-19 a ralenti les activités pour le développement. Toutefois, le gouvernement maintient le cap pour relancer l’économie nationale en misant sur les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’industrie, du tourisme et de l’artisanat. « Nous gardons les mêmes objectifs pour favoriser la croissance et améliorer les conditions et le cadre de vie des populations en accordant à l’agriculture, à la pêche et à l’environnement, tout l’intérêt nécessaire », a-t-dit.

Et le président Azali de conclure, « la préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité, dans l’unité et la concorde qui constituent ma première mission, restent les ressources les plus précieuses de notre pays ».

Kamal Saïd Abdou

 

 

 

Fakihi Mradabi : « Farid Soilihi risque gros »

Fakihi Mradabi : « Farid Soilihi risque gros »

Aussitôt que Farid Soilihi, leader du mouvement « Osons » a annoncé son retour sur la scène politique pour faire front contre Azali Assoumani, le vice-président du Rddc a réagi. Une contre-attaque et un défi.

Farid Soilihi est prévenu. Son « come-back » peut lui porter des lourdes conséquences. Sa sortie médiatique, la semaine dernière fait jaser. Le vice-président du Rddc, Fakihi Mradabi n’a pas tardé à passer en offensif. Ce ténor de la diaspora pro-Azali menace Farid Soilihi de le renvoyer en prison. « Je préviens que Farid Soilihi risque gros », a-t-il prévenu. « Il ne peut rien contre nous et s’il essaie de mettre du désordre et de troubles, je l’enfermerai dans une prison à Marseille avant de rentrer à Paris », a avancé Fakihi Mradabi.

Selon le vice-président du Rddc, si Farid Soilihi annonce son retour dans les manifestations, « c’est parce qu’il est manipulé et il n’agit pas seul. Il défend ses intérêts personnels. Il a reçu une somme colossale avant de faire son come-back. Nous allons continuer notre combat comme il est de notre droit. Récemment, nous nous sommes réunis à Marseille pour échanger et réfléchir sur les droits de la communauté comorienne de France auprès du gouvernement comorien et nous espérons que nous atteindrons à nos objectifs fixés », dit-il. « Farid Soilihi et ses consorts n’ont gagné ni la bataille ni la guerre. Il est détesté par les comoriens de Marseille de son imposture », a-t-il poursuivi.

Fakihi Mradabi a rappelé que le Rddc a débuté sa campagne de lutte contre les manifestations contre le pouvoir en place avec un nombre restreint de franco-comoriens. « Aujourd’hui, nous sommes nombreux. C’est un pari gagné », confie-t-il. Celui-ci croit à la politique du président de la République, notamment l’émergence à l’horizon 2030.

KDBA

A l’occasion du 14 juillet, fête nationale de la France, Jacqueline Bassa-Mazzoni, ambassadrice de France auprès de l’Union des Comores est revenue sur la relation entre les Comores et la France. La culture, la langue que ces deux pays partagent sont entre autres les liens solides de ces deux pays, selon l’ambassadrice.

C’est sa toute dernière célébration de la fête nationale de la France aux Comores. Jacqueline Bassa-Mazzoni n’a cessé de rappeler la relation bilatérale entre la France et les Comores. Une relation définie par des valeurs partagées. « Nous sommes unis dans nos différences, nos populations, nos cultures, la langue que nous avons en partage et les projets ambitieux que nous souhaitons voir réaliser, notamment à travers le plan de développement France-Comores coordonné par l’ambassade et mis en œuvre par l’agence française de développement et expertise France », a-t-elle déclaré.

Un adieu

« La relation entre la France et les Comores, elle est à nul autre pareil. C’est une relation exceptionnelle et indéfectible. Il y a, par ailleurs, une raison personnelle toute particulière qui explique l’émotion que j’ai ce soir à m’exprimer devant vous : vous le savez sûrement, je quitterai mes fonctions d’ambassadrice, dans quelques jours afin de profiter après presque 4 ans d’engagement sans faille au service de la relation franco-comorienne. Pour reprendre les mots d’un auteur français qui nous est cher, Charles Péguy : Dans mon cœur, les Comores seront toujours présentes. Dans mon cœur raisonnera la puissance et la beauté de votre archipel. Dans mon cœur, je ne vous oublierai jamais », a-t-elle laissé entendre.

S’agissant de l’appui de la France dans la lutte contre la Covid-19, Jacqueline Bassa-Mazzoni a rappelé la mobilisation de la France dès le premier trimestre 2020 avec plusieurs vols sanitaires apportant de l’aide des îles de la Réunion et de Mayotte ainsi que de la Métropole. Ces actions ont été menées sous la coordination de l’ambassade avec l’appui du centre de crise et de soutien du ministère français des affaires étrangères, les FASZOI associés au soutien des conseils régional et départemental de la Réunion, des agences régionales de santé de la Réunion et de Mayotte, avec un financement de l’Union européenne. « J’ai souhaité l’attribution immédiate de budgets afin de soutenir la mobilisation de la Croix Rouge française et du Croissant Rouge comorien et une réorientation de crédits afin de soutenir le ministère de la santé », a-t-elle indiqué. « Notre relation bilatérale est marquée, par ailleurs, par la mise en œuvre du document cadre de partenariat dont le plan de de développement France-Comores, ainsi que par les programmes du service de coopération et d’action culturelle et de ses partenaires », précise Jacqueline Bassa-Mazzoni.

Des accords-cadres

Selon l’ambassadrice, Plusieurs accords importants ont été signés afin de convenir d’un cadre de coopération pour le PDFC. L’accord faîtier a abouti après une année de travail, accompagné par l’accord d’établissement relatif à l’installation d’un nouvel opérateur français aux Comores « expertise France ». C’est ainsi que l’ambassade est engagée sur plusieurs projets d’ampleur dans les domaines de l’éducation, de la société civile, de l’agriculture, de l’emploi, de la culture, du patrimoine et de la gouvernance. « Je voudrais en particulier saluer le projet de lutte contre les violences faites aux femmes et aux mineurs ainsi que les actions en faveur de la formation des professionnels de la justice aux Comores avec la réalisation du 1er concours des auditeurs de justice. Nous espérons que le projet « appui à l’Etat civil » pourra être opérationnel dès que possible en association avec l’UNICEF », dixit-elle.

Une chambre de commerce franco-comorienne

D’autres projets devront voir le jour rapidement, notamment  le transport maritime inter iles, le service civil d’aide à l’insertion, la dialyse, selon Jacqueline Bassa-Mazzoni. Cette derniere a tenu de souligner que si le plan de développement France-Comores a pris quelques retards, c’est à cause de la crise sanitaire. Toutefois, plusieurs projets importants sont maintenant lancés ou sur le point de l’être avec l’agence française de développement et expertise France, en partenariat étroit avec les autorités comoriennes. 

La diplomate française n’a pas manqué de rappeler l’effort exceptionnel que recouvre ce plan de 150 millions d’euros au bénéfice des populations, de la satisfaction de leurs besoins essentiels et du développement des opportunités socio-économiques. A entendre l’ambassadrice, cette politique au long court en faveur de la croissance et du développement est ambitieuse, et engage tous les acteurs institutionnels, le secteur privé et la société civile, y compris bien sûr la diaspora. Cette politique doit contribuer à une amélioration de la qualité de vie des populations. «  Avec la relance annoncée de la chambre de commerce franco-comorienne, nous sommes très optimistes pour le développement de ce secteur », a-t-elle conclu.

Kamal Saïd Abdou

La République française a célébré mercredi dernier sa fête nationale. A Moroni, l’ambassadrice accréditée n’a pas manqué ce rendez-vous. Plusieurs personnalités politiques, gouvernementales, de la société civile aux Comores ont répondu présent à ce 14 juillet à Voidjuu plus particulièrement à la résidence de l’ambassadrice.

« Etre tous ensemble à la résidence de France, c’est aussi l’occasion de célébrer l’amitié très particulière et j’oserais dire fraternelle qui lie la France aux Comores », a déclaré Jacqueline Bassa-Mazzoni, ambassadrice de France auprès de l’Union des Comores. « Le 14 juillet, avance-t-elle, est pour la France et tous les français ainsi que pour tous les peuples attachés aux valeurs universelles des droits de l’homme. »

La France est le symbole de la démocratie et la liberté à travers le monde. Un des pays qui défendent avec beaucoup de force les acquis universels en dénonçant tout acte à l’encontre de la déclaration universelle des droits de l’homme. Dans son allocution de la fête nationale du 14 juillet, l’ambassadrice de France  en Union des Comores a plaidé pour le respect des droits fondamentaux qui constituent le socle de l’humanité. « Il s’agit de la valeur que tout individu ou peuple aspire », a-t-elle défendu. « Ces valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous les portons avec fierté. Ces valeurs sont l’essence de ce qui nous unit, de ce qui forme l’humanité réconciliée. Nous pensons que chaque individu, chaque peuple, quel qu’il soit et quelques que soient sa singularité, aspire à ces mêmes valeurs et que celles-ci doivent être respectées en tout lieu », a conclu Jacqueline Bassa-Mazzoni.

Kamal Saïd Abdou

En vacances aux Comores les mois derniers, Natuk Mohamed Mouzaoir, secrétaire national du parti Ulezi a, avec le président d’honneur du parti, remis un courrier au chef de l’Etat pour le dialogue national devant aboutir à une stabilité politique dans le pays. Un appel attendu par Azali Assoumani qui dernièrement, il a appelé les forces vives pour un dialogue national. Interview.

Le 06 juillet dernier, le chef de l’Etat a appelé au dialogue national. Un processus que votre parti Ulezi avait demandé avant le 26 mai. Quelle lecture faites-vous de la disposition du président Azali et certains opposants pour ce dialogue national ?

Pour une énième fois, le 6 juillet 2021 le président Azali a réitéré son appel au dialogue national. Si nous reconnaissons tous que le parti Ulezi est le précurseur de l’idée de dialogue inter comorien, néanmoins il en reste modeste pour dire que l’essentiel c’est d’aller de l’avant sans chercher à revendiquer la paternité du sujet. Voici près de 4 mois que nous avons lancé l’idée et elle est embrassée aujourd’hui par beaucoup d’acteurs y compris ou surtout par le chef de l’Etat. Le parti Ulezi appelle solennellement le président de la République à convoquer cette impérieuse rencontre inter comorienne pour la réconciliation nationale afin de gagner ensemble l’avenir.

Cet appel du président est-il un pari gagné pour Ulezi ?

En lançant un appel, le 29 mars 2021, au président de convoquer de manière inclusive tous les acteurs politiques et de la société civile incluant la diaspora comorienne, le parti Ulezi avait essuyé de sévères critiques de ses partenaires politiques et autres. C’est tout à fait dans les normes de fonctionnement des grandes sociétés animées de démocratie, mais ce n’était pas un pari. Nous l’avons toujours précisé dans nos expressions écrites que dans cette dynamique d’idée il n’y aura pas de vainqueur ni de vaincu, seul le peuple comorien en sortira la tête haute. Si nous sommes ravis aujourd’hui de l’aboutissement de notre suggestion, nous le dédierons en premier lieu au peuple comorien qui a bien voulu accepter de nous écouter et de nous soutenir.

Si le dialogue national se tient, Ulezi participera-t-il ?

Dans le cas où se tiendra ce dialogue, le parti Ulezi répondra présent. La position de notre mouvement est de condamner toute politique de chaise vide surtout quand il s’agit des questions relevant des intérêts supérieurs de la nation. Jamais le parti Ulezi ne refuserait d’écouter, mais il dédaignerait plutôt de s’engager si les attentes du peuple ne sont pas satisfaites, à savoir : l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la paix sociale, la stabilité politique, les institutions fortes, le développement économique.

Que dire de la vie chère en Union des Comores ?

Tout d’abord je tiens à souligner qu’aucun citoyen du monde ne peut ignorer la crise sanitaire qui frappe de plein fouet la planète et particulièrement les états vulnérables. Mais notre gouvernement ne peut pas continuer à se cacher derrière des excuses et abandonner son peuple à son triste sort. Si gouverner c’est prévoir, force est de constater qu’aujourd’hui : la flambée des prix des produits de première nécessité est à son summum.  Les pénuries de tous genres sont graves et inquiétantes, l’explosion du taux de chômage des jeunes interpelle plus d’un et inquiète beaucoup de familles, les migrations sanitaires sont des phénomènes grandissant et qui appauvrissent encore plus davantage le pays. Encore une fois le choix de la politique sociale du régime actuel est hors sol et l’option de sa politique économique est à côté des normes acceptables. Pour comprendre ce phénomène, il faut regarder le matraquage fiscal contre les opérateurs économiques de la place qui se répercute directement sur le portefeuille du citoyen. Comme toute chose étant égale, la loi de finances 2021 n’est pas innocent. En effet le gouvernement a fait le choix d’augmenter ses recettes fiscales en période de crise sanitaire, le résultat d’une telle décision se ressent directement dans l’assiette du citoyen. Au moment où les autres pays pour faire face à cette crise pandémique ont choisi le « quoi qu’il en coûte » pour accompagner leurs concitoyens, le gouvernement Azali préfère asphyxier son économie. Dans un pays qui produit moins et qui importe tout, le gouvernement aurait beaucoup à gagner en choisissant l’investissement, en subventionnant la consommation et accompagnant les opérateurs économiques, surtout les micro-entreprises qui sont de véritables poumons de notre économie.

Propos recueillis par Kamaldine B. A

 

A la veille du 14 juillet, date de la célébration de la fête nationale de la France, l’ambassadrice de ce pays en Union des Comores, Jacqueline Bassa-Mazzoni a rencontré la presse dans son domicile, à Voidjuu. C’était une occasion de dresser son bilan de quatre ans avant de revenir sur la sauvegarde des vies humaines en mer, notamment la lutte contre l’immigration clandestine entre Mayotte et les autres îles sœurs.

Le renforcement des relations bilatérales entre la France et les Comores, le mieux-être du peuple comorien, la lutte contre les drames humains sur la traversée de Mayotte… ont été prioritaires pendant son mandat d’ambassadrice de la France auprès des Comores. Alors que l’immigration des comoriens est une question sensible à Mayotte, Jacqueline Bassa-Mazzoni a misé sur la sauvegarde des vies humaines en mer tout en luttant contre cette immigration dite « clandestine ». Pendant qu’en 2013, la France et les Comores ont instauré un haut conseil paritaire pour refonder les relations bilatérales, la cinquième réunion de cette instance a évoqué la libre circulation des personnes entre Mayotte et les autres îles sœurs de l’archipel, malgré les manifestations de mécontentement des mahorais.

« Les Comores sont quatre îles géographiquement »

« Notre rôle est d’accompagner les Comores à en finir avec les drames humains. Il y a des naufrages tous les jours. La sauvegarde des vies humaines en mer est primordiale. Et je crois que pour mettre à termes ces drames humains, il faut accompagner les Comores dans son développement, offrir les populations une vie meilleure. Développer le secteur sanitaire pour que des comoriens n’aillent pas pourrir dans les eaux de Mayotte pour se faire soigner de façon clandestine. J’ai toujours dit que, penser que Mayotte est un eldorado, c’est faux. Mayotte ne fait pas figure d’eldorado », a expliqué Jacqueline Bassa-Mazzoni.

La diplomate française reconnait que Mayotte est un territoire français mais géographiquement, Mayotte est Comorienne. « Géographiquement, les Comores sont quatre îles, mais l’île de Mayotte est sous administration française. Mayotte ne peut pas donc être dans l’immigration clandestine. Il faut renforcer le partenariat pour combattre ce fléau car Mayotte ne peut pas être asphyxiée par une immigration incontrôlée par des trafiquants, d’une violence inouïe et sauvage qui peut affecter les autres îles vue qu’elle n’a pas de frontières », a-t-elle avancé.

Le visa Balladur

Pendant que des comoriens meurent dans le bras de mer entre Ndzuani et Maoré, l’ambassadrice de France à Moroni insiste sur la sauvegarde des vies humaines en mer. Et le visa Balladur ? Selon la diplomate, « le visa Balladur me taraude depuis un bon moment. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’une réflexion sur le maintien du visa Balladur. Je vais laisser des recommandations et orientations à mon successeur, qui devront être exploitées pour l’assouplissement du visa Balladur », a-t-elle fait savoir. Jacqueline Bassa-Mazzoni estime que cette question doit être traitée ensemble avec les élus de Mayotte. Libérer les échanges entre les quatre îles, c’est du succès, indique-t-elle, des échanges économiques, commerciaux, familiaux, entre autres. « Toutefois, avant de penser éventuellement d’assouplir le visa Balladur, il faut travailler sur les écarts de développement sur l’ensemble des îles. Par-delà, on peut mener des réflexions sur le visa Balladur », préconise-t-elle.

La perte d’influence de la France aux Comores

Alors que la Chine, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et d’autres pays du monde occupent une place au niveau de la diplomatie, l’on voit la perte d’influence de la France aux Comores. Certes la France ne cherche pas à occuper la première place devant la Chine, les Emirats Arabes Unis…, mais elle veut plonger les relations entre la France et les Comores et privilégier les accords signés. « Depuis 1975, on a souhaité poursuivre cette relation malgré qu’il y a eu une période d’absence dans des secteurs dont l’éducation. Par conséquent, d’autres partenaires ont pris la place. Dès mon arrivée, j’ai essayé de remettre à l’ordre certaines structures plus particulièrement l’éducation pour marquer à nouveau notre présence. Il y a une somme conséquente destinée à l’éducation et c’est considérable. On peut ainsi reprendre notre place par le soft. Nous allons renforcer notre influence et ce ne sera plus une influence de pouvoir », répliquera-t-elle.

De cette foulée, la diplomatie française a évoqué dans le cadre de l’éducation, l’enseignement du français, la rénovation des lycées d’excellence sur les trois îles. « Nous pouvons reprendre notre influence. Je vous rappelle que nous avons organisé le concours de la magistrature et c’est inédit aux Comores, et c’est pour notre influence. Notre influence est d’aider les populations parce que nous partageons des valeurs communes et nous sommes légitimes auprès de la population comorienne. Nous allons monter en puissance  pour couvrir les secteurs où malheureusement nous étions absents », dixit Jacqueline Bassa-Mazzoni. La diplomatie française veut soigner les relations avec les Comores et la France s’apprête à accompagner les populations pour leurs mieux-être.

Kamaldine B. A

Plus d’une année de silence et d’absence dans les rassemblements de la diaspora comorienne de France, Farid Soilihi brise le silence et déclare son retour sur le terrain pour redorer l’image de la diaspora. Dans sa sortie médiatique du lundi dernier, le conférencier appelle à l’unité de l’opposition pour une sortie de crise.

Connu par sa force de rassembler la communauté comorienne de France, Farid Soilihi est de retour dans les rassemblements de la diaspora avec son mouvement « Osons ». Si ce natif de Fumbuni au Sud de la Grande Comore fait son « come-back », « c’est pour préserver, estime-t-il, les valeurs de la diaspora, notamment l’honneur, l’espoir et la crainte qui viennent de se perdre. » « Quand j’ai été sur le terrain, nous avons lutté pour la réduction des billets d’avion, la baisse des taxes douanières pour la diaspora, entre autres. Si aujourd’hui certains membres de la diaspora réclament ces droits, c’est parce que je les ai défendus malgré que notre objectif n’est pas atteint », a-t-il avancé.

Après 17 mois de manifestations sans résultats, Farid Soilihi est conscient qu’ils peuvent aboutir à des résultats concrets s’ils sont solidaires. « «L’élan de solidarité et d’espérance né de la résistance populaire qu’incarnât la société civile s’éteint au jour le jour. L’opposition politique peine à exister et à être audible. La diaspora, seule bouée de sauvetage, se déchire et s’accuse mutuellement dont la dernière preuve en date est la cacophonie qui règne au sein des Appels de Paris et de Marseille », indique Farid Soilihi.

Face à cela, le mouvement « Osons » reste convaincu face à une situation délétère que désespérée. « Créer des gouvernements d’exil ici et là n’est pas la pensée, affaiblir la diaspora, cœur de la lutte, est aussi dangereux que la désunion de l’opposition comorienne », déclare-t-il. Farid Soilihi et son mouvement appellent les comoriens de l’extérieur de jouer le rôle qui est le sien pour la construction du pays.

Concernant le dialogue national, le mouvement « Osons » exige la libération de Agwa et au jugement et libération de Sambi et Salami avant de se mettre à table.

KDBA

Depuis les élections de mars 2019, le gouvernement et l’opposition ne croisent pas le fer. Chaque partie tire la corde. Au cours d’une conférence de presse tenue la semaine dernière dans son bureau, Youssoufa Mohamed Ali, directeur de cabinet chargé de la défense a rappelé qu’au-delà des divergences politiques, il faut préserver  et consolider la paix et la stabilité du pays.

Dès lors que l’opposition continue sur sa politique de la chaise vide, Youssoufa Mohamed Ali, directeur de cabinet chargé de la défense a tiré la sonnette d’alarme. « Il est du devoir de tout un chacun de conserver et préserver la paix et la stabilité de notre pays tel que la constitution a prévu. Attention, ce qui se passe dans les autres pays peut arriver ici », a-t-il prévenu.

 Il reste convaincu que la paix et la stabilité sont gage du développement d’un pays. Youssouf Mohamed Ali a tenu à rappeler les 10 années d’opposition pour le président Azali. « On n’est jamais descendu dans les rues pour troubler l’ordre public. Au contraire, pendant ces dix années, nous étions en préparation pour les élections », a rappelé le directeur de cabinet qui s’est moqué de ceux qui donnent des leçons sur la démocratie pendant qu’un troisième tour des élections a eu lieu. Quelque chose qui n’a jamais existé dans le monde, selon lui.

Belou s’en prend au gouvernement de transition en exil et au conseil national de transition, dirigés respectivement par Moustoifa Said Cheick et Mouigni Baraka Said Soilih. « Il y a eu deux gouvernements dans 3 ans, qu’est ce qui a changé pendant ces années ? », s’interroge-t-il. Le directeur de cabinet pense que les divergences doivent exister mais la paix et la stabilité de notre pays passent avant toute chose.

Kamal Saïd Abdou

Alors que le chef de l’Etat  a appelé à un dialogue politique, lors de son discours du 46ème anniversaire de l’indépendance des Comores, mardi 6 juillet dernier, Mouigni Baraka Saïd Soilihi, haut cadre de l’opposition, dénonce des paroles incohérentes à l’action et affirme que le dialogue politique ne se tiendra pas.

Le dialogue politique prôné par le chef de l’Etat lors de son discours, à l’occasion du 46ème anniversaire de l’indépendance ne se tiendra pas avec les partis de l’opposition, selon l’ancien gouverneur de l’ile de Ngazidja Mouigni Baraka Saïd Soilihi. Ce dernier  accuse le président de la République d’une personne qui ne respecte pas sa parole et dont le peuple ne fait pas confiance. « Il y’a une méfiance totale qui  s’installe entre le peuple et le président. Je n’ai aucune confiance en lui. Comment peut-on parler d’un dialogue politique alors que toutes les personnes influentes sur la scène politique sont réduites au silence ? » s’est-il interrogé. 

« L’ancien secrétaire général de la COI, Hamada Mmadi Boléro tente de jouer la médiation afin de ramener le pouvoir et l’opposition à la table de négociations malgré que les opposants du régime maintiennent   leur décision », dit-il.

Le président du conseil national de transition  insiste que « si le pays est embourbé dans une crise générale sans précédent, c’est à cause du régime du colonel Azali  qui exige certains leaders comoriens à prendre la poudre d’escampette pour se réfugier en France », a-t-il dit avant de conclure que « le discours du chef de l’Etat n’a rien donné aux attentes du peuple, plus particulièrement à  la crise économique qui sévit le pays actuellement. »

Mouigni Baraka Said Soilihi affiche la position de la politique de la chaise vide, si l’on fait appel à un dialogue politique.

Nassuf. M. Abdou

La question de l’ile de Mayotte au cœur du discours du président de la République lors du 46eme anniversaire de l’indépendance des Comores. Dans son discours, le président de la République a promis de mettre en avant  tous les moyens légaux et légitimes,  à travers le dialogue avec la France, pays ami,  afin de parvenir au respect du droit international.

Une indépendance sans l’ile sœur de Mayotte qui reste, jusqu’à nos jours, sous l’administration française. Malgré les voies et moyens mis en œuvre par les deux pays respectifs mais le président Azali Assoumani a promis de poursuivre le combat. « Nous allons, utiliser tous les moyens légaux et légitimes,  à travers le dialogue avec la France, pays ami,  afin de parvenir au respect du droit international,  conformément à toutes les résolutions pertinentes des Nations Unies et des autres Organisations internationales et régionales, et ce  pour l’intérêt de nos deux pays », a déclaré le chef de l’Etat.

Ce dernier est convaincu que la solution appropriée à cette revendication légitime  nous permettra de mettre fin à la tragédie  qui fait du bras de mer entre Mayotte et ses îles sœurs,  le plus grand cimetière marin du monde  avec ses milliers de morts comoriens. « Cela impose des obligations de résultats pour les deux pays,  liés par un partenariat incontournable,  de par la présence de centaines de milliers de Comoriennes et de Comoriens, de Français et de Franco-comoriens,  sur les territoires français et comorien », a-t-il indiqué. Selon le président de la République, la fête nationale n’est rien d’autre qu’une occasion annuelle,  de réaffirmer notre droit et notre souveraineté sur l’ensemble de notre territoire national,  y compris l’Ile comorienne de Mayotte. « En ce jour d’affirmation de la souveraineté nationale,  nous devons alors,  en tant que peuple qui avons décidé de prendre notre destin en mains,  réaffirmer notre capacité à construire un pays prospère et nous rappeler,  que personne d’autre, aussi bienveillant qu’il soit,  n’agira et ne le fera mieux que nous,   ou à notre place », a-t-il rappelé.

 

Le chef de l’Etat a rassuré  ainsi qu’à travers l’implication de toutes les forces vives de la Nation  et la préservation des acquis de l’Indépendance, « nous pourrons renforcer la démocratie, la paix, la sécurité,  la quiétude et la stabilité  qui sont les meilleurs gages du développement socio-économique de notre pays  et de son émergence ». « 46 ans après la proclamation unilatérale de l’Indépendance du 06 juillet 1975,  nous devons ainsi consolider l’unité nationale,  préserver les acquis de la réconciliation nationale,  et prendre en compte les recommandations des Assises nationales,  pour mieux rentabiliser les potentialités que recèle notre pays,  mobiliser et gérer au mieux nos ressources propres,  et consolider les partenariats tissés avec les pays et les institutions internationales », a persisté le locataire de Beit Salam qui a évoqué les acquis indéniables de l’indépendance notamment les avancées sociaux économiques que nous devons consolider,  aussi bien dans le domaine de la Santé, de l’Education et des Infrastructures économiques  que dans le domaine politique, en interne et sur le plan régional et international,  avec l’instauration de la démocratie et du multipartisme,  la participation et la place de notre pays  dans les principales organisations régionales et internationales. « En ce jour de communion, pour toutes les Comoriennes et tous les Comoriens,  j’ose espérer que toutes les forces vives de la nation et les acteurs et actrices de la classe politique de notre pays,  aussi bien de la mouvance présidentielle que de l’opposition,   malgré la diversité des opinions, œuvreront pour qu’un climat d’apaisement s’instaure dans notre pays,  pour son développement économique », a-t-il mentionné.

 Le président de la république est conscient que « c’est dans le dialogue et la concertation  que nous réussirons à transcender nos différences  et à relever les défis auxquels notre pays fait face. »

Kamal Said Abdou