ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Elections 2024 : Quel sort pour l’opposition ?

Elections 2024 : Quel sort pour l’opposition ?

Alors qu’à quelques heures de la proclamation des résultats définitifs du double scrutin du 14 janvier, l’opposition a fait une sortie médiatique. C’était pour prévenir la Cour suprême de faire de la lumière sur les résultats et faire le point sur leur rencontre avec la communauté internationale. Mais, tout a été bâclé, la Cour suprême confirme l’élection d’Azali Assoumani et ses gouverneurs des îles.

L’opposition avait demandé l’annulation du scrutin pour organiser des nouvelles élections qui seraient transparentes, crédibles et démocratiques.

En vain. Malgré l’annulation de certains bureaux de vote par la Cour suprême, Azali Assoumani est déclaré élu président ainsi que ses gouverneurs des îles, dès le premier tour. Aucun candidat de l’opposition à la présidentielle n’a atteint 15% des suffrages.

Pourtant, avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour suprême, les candidats de l’opposition (présidentielle et gubernatoriales) se sont réunis devant la presse pour prévenir la Cour suprême de tout résultat qui ne refléterait pas à la réalité des procès-verbaux en leur possession.

« Nous sommes unis avec les candidats aux gubernatoriales pour une même cause. Nous avons rencontré la communauté internationale pour leur faire part de nos doléances en demandant l’annulation des élections. Nous leur avons rappelé de ne pas être menti par la Cour suprême comme la Ceni a menti l’Union Africaine. Nous avons prévenu la communauté internationale que si la Cour suprême s’est déclaré favorable au pouvoir, le pays risque d’être sombré par une crise sans précédent », a fait savoir le candidat du parti Juwa, Dar Salim Issa.

L’avenir politique des candidats de l’opposition est incertain en se conformant à la nouvelle Constitution de 2018. Il faudra attendre 20 ans pour le retour du pouvoir dans l’île de Ngazidja.

Pour rappel, au lendemain des résultats provisoires par la Ceni, un mouvement d’insurrection s’est soulevé. On a vécu un théâtre d’échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants faisant plusieurs blessés, un mort et des centaines d’arrestations. 

KDBA

Mardi 23 janvier, le candidat au poste de gouverneur de Ngazidja, Moussa Ibrahim, a dans un point de presse, contesté les résultats provisoires de la CENI, et a dénoncé des fraudes massives avec preuves à l’appui. Ainsi, il a fait appel à la Cour suprême à jouer son rôle. Une Cour dont il a entièrement confiance en sa juridiction. Toutefois, le juge du contentieux électoral a déclaré  les candidats du pouvoir, vainqueurs dès les premiers tours.

Après les recours déposés par les 5 candidats de l’opposition aux élections présidentielles, suivis par des candidats au poste de gouverneur de Mohéli excepté Mme Chamina, candidate de l’alliance de la mouvance présidentielle (AMP), c’est au tour de Moussa Ibrahim d’apporter sa touche de recours à la Cour Suprême.

En effet,  après vérifications des  procès-verbaux dans l’ensemble de l’île, le candidat Moussa Ibrahim dit être surpris de ne pas passer au second tour.

À l’appui, ce dernier  dit disposer des preuves des délits majeurs qui appuient sur le vol du scrutin du 14 janvier et les a exposés au public avant d’aller déposer son recours à la Cour suprême.

« Dans la région de Bambao ya mboini, plus de 300 cartes ont été octroyées pour aller voter dans des bureaux fantômes. On a retrouvé aussi des procurations dont certaines  étaient signées par le procureur d’autres étaient vierges, des listes électorales cochées à l’avance. Tous des actes se sont déroulés entre Serehini et Ndrouani », a-t-il témoigné.

À Tsinimoipanga, si les électeurs n’ont pas voté c’est parce qu’ils étaient contraints d’émarger en avance pour soit disant pouvoir récupérer les cartes d’électeurs », a précisé Moussa Ibrahim.

Face à cette situation, le candidat a décidé de faire recours à la Cour suprême et il dit faire entièrement confiance en cette dernière car « elle est dirigée par un homme sage qui ne laisserait pas la paix de ce pays partir en vrille. »

« J’ai décidé de déposer un recours à la Cour suprême, une Cour dont la paix de ce pays repose entre leurs mains. J’ai confiance en cette instance car le juge qui est à sa tête non seulement qu’il est un homme très religieux, il est aussi un descendant direct du ligné du prophète Mohammad (saw) », confie-t-il. Hélas, c’est Ibrahim Mzé du parti Crc qui est déclaré élu gouverneur.

Le candidat a aussi remercié ses électeurs et tous ceux qui l’ont soutenu pendant la campagne électorale. « J’appelle à tous les cadres de Bambao, de la ville d’Ikoni de me rejoindre pour remercier ensemble la ville de Moroni pour leur soutien massif et surtout je lance un appel à un homme de droit, qui n’a jamais manqué de courage de cette région de Bambao, à savoir Youssouf Mohamed Boina de venir militer et  combattre à mes côtés. Ainsi, Je ne pourrai pas finir ma déclaration sans avoir eu à présenter mes condoléances à la famille et au proches du défunt Mouslim et sachez aussi que  justice sévère sera faite pour le  coupable de ce meurtre que je sois élu ou non », a-t-il conclu.

Inmadoudine Bacar

Les candidats aux élections du 14 janvier  dernier et la mouvance présidentielle sont respectivement reçus par les Nations unies au sujet des résultats provisoires proclamés par la Ceni et dont l’enjeu issu de ces élections est de grande taille. Dans un souci  de garantir  la paix et la stabilité du pays, l’annulation de ce scrutin était au menu des discussions.

Depuis le début de la campagne électorale aux Comores, les candidats  rivaux ont dénoncé un processus taillé  sur mesure. Mais la proclamation des résultats provisoires  par  la  Ceni est la goutte d’eau qui a fait déborder la vase.

Le pays est sous le feu des projecteurs au lendemain des résultats avec des évènements  tragiques qui ont secoué le pays. Les résultats provisoires de la Ceni sont contestés non seulement par les candidats opposants mais encore par la mouvance présidentielle.

Depuis, l’Union européenne, l’ambassade des États-Unis, la République Sud-africaine et le haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies ont demandé des explications auprès des autorités comoriennes.

Chaque camp a introduit des recours devant la Cour suprême. Les deux camps notamment  la mouvance  présidentielle et  les candidats aux élections ont chacun été reçus séparément par les Nations unies pour discuter les voies et moyens pour maintenir la paix et la stabilité aux Comores.

« Notre pays est un pays de stabilité et de développement. Et nous espérons que chacun de nous acceptera la décision de la Cour suprême », a précisé Ali Mlipva Youssouf, secrétaire général de la mouvance présidentielle.

Cette plateforme n’est pas contraire de l’annulation du scrutin si cela permettra de ramener la paix, la stabilité et la cohésion  sociale aux Comores.

Selon l’opposition, l’annulation du scrutin permettra d’apaiser les tensions, de ramener le pays vers une paix et stabilité durable en évitant un bain de sang mais aussi redorer le blason à la démocratie et l’état de droit aux Comores. « Personne ne souhaiterait un bain de sang dans notre pays », a rassuré le secrétaire général de la mouvance présidentielle insistant que « nous sommes tous de même sang et de même nation. Il est impératif que nous soyons unis », a-t-il ajouté.

Pour le collectif des candidats, la seule chose qui pourrait faire revenir la paix et la stabilité au pays, c’est des élections transparentes, apaisées et crédibles. « Il est temps que la Cour suprême, haute juridiction du pays prenne ses responsabilités », a lancé de sa part le candidat  Bourhane Hamidou.

Autant que ces résultats provisoires sont loin de maintenir la stabilité entre le gouvernement,  les candidats opposants et l’opinion publique « la conclusion qui a été retenue est l’annulation pure et simple de ces élections.  Aussi avoir une autre manière de procéder quant à la mise en place de la nouvelle  structure  qui va organiser éventuellement les élections  futures », a précisé le candidat Dr Salim Issa Abdallah du parti Juwa.

Dans cet ordre de bataille, la Cour suprême qui tient en main le destin de ce pays en cette période très spéciale aura son dernier mot à dire.

Kamal Said Abdou

La première requête émane du candidat Mohamed  Daoudou alias  Kiki qui conteste l’élection d’Azali Assoumani pour nombreuses irrégularités, s’ajoute aussi un élément complémentaire renforçant la thèse de la fraude électorale. Hier dans la matinée, le leader du parti Orange, Mohamed  Daoudou a rassuré avoir toutes les preuves en main.

La coalition des candidats réclament l’annulation des résultats provisoires annoncés par la Ceni pour irrégularités, fraudes massives et à grande échelle. Samedi dernier, une bataille judiciaire est engagée devant la Cour suprême, la haute juridiction qui doit statuer en dernier ressort sur les résultats entre les candidats opposant du régime et ceux de la mouvance présidentielle.

Mohamed Daoudou alias Kiki, après avoir déposé son recours dit avoir des éléments nouveaux renforçant sa thèse.

« Tout ce qui s’est passé dans ce processus électoral, la responsabilité revient au président de la Ceni », a déclaré le candidat du parti Orange. Ce dernier est ému du fait que la mouvance présidentielle ait introduit un recours contestant ces résultats notamment le pourcentage.

« Nous aussi, avons réuni les preuves. D’abord, il y a un communiqué de la Ceni confirmant les résultats avec un taux de participation dépassant 60% et l’autre qui a affirmé le taux de participation de 16% », a souligné Mohamed Daoudou.

La fraude électorale n’est pas seulement caractérisée par le bourrage d’urnes, il y a aussi l’usage massif des procurations dont le candidat du parti Orange a mis la main « sur plusieurs procurations vierges mais signées. Voilà les procurations qui étaient au mains de Fatahou, maire de Moroni qui donnaient aux gens pour aller voter », a-t-il précisé.

Pour Mohamed Daoudou, c’est une façon de montrer à l’opinion que « nous ne sommes pas dans un combat théorique mais nous avons des preuves de tout ce qu’on dit », a conclu le leader du parti Orange

Kamal Said Abdou

Bourhane Hamidou, a introduit une requête auprès de la chambre électorale pour demander l’annulation des résultats du scrutin du 14 janvier dernier. Le candidat du mouvement Woneha espère  que le  juge du contentieux électoral sera impartial dans son verdict.

L’incohérence dans les résultats provisoires de la Ceni. Les candidats opposants le régime, sont tous contre ces résultats qu’ils estiment frauduleux.

A l’instar des autres candidats, Bourhane Hamidou a déposé un recours demandant l’annulation dudit scrutin. « J’estime que la cour sera impartiale sur l’annonce du verdict », a déclaré le candidat quelques minutes après le dépôt du recours.

Revenant sur les résultats provisoires de la Ceni, Bourhane Hamidou « tient comme responsable la Ceni. J’appelle à la libération de tous ceux qui sont arrêtés pour avoir réclamé leur droit. Cela permettra le retour de la stabilité et la paix dans notre pays », a-t-il déclaré.

De son côté, Natuk  Mohamed  Mouzaoir, appelle l’application de la loi, « pour que les 5 années à venir soient dans la paix ». Selon lui, les résultats provisoires de la Ceni ne correspondent pas au choix fait par les comoriens.

« C’est la raison pour laquelle nous sommes venus auprès de la Cour suprême pour demander l’annulation du scrutin », persiste-t-il.

A l’en croire, les comoriens ont voté pour le changement et ce n’est pas possible que leurs voix soient piétinées de cette façon. « Il faut être ensemble et solidaire dans ce combat et nous espérons que la victoire triomphera », a-t-il déclaré ajoutant que « le destin de ce pays est entre les mains de la cour suprême. »

Dès lors que des jeunes manifestants sont en détention, Natuk Mohamed Mouzaoir a dénoncé les conditions de leur incarcération.

Kamal Said Abdou

À deux jours de l’élection du président de l’Union des Comores et les gouverneurs  des îles, Azali Assoumani, candidat à sa propre  succession, a tenu son dernier meeting à Ajao. Ce stade était plein à craquer. Après avoir dressé son bilan de bâtisseur, il a promis de poursuivre ses projets, demandant à la population de voter pour lui ce dimanche.

Ses partisans, tous vêtus en bleu, l’attendaient depuis plusieurs heures en musique. Azali  Assoumani, accompagné de son candidat  au poste du gouverneur  de Ngazidja s’est alors adressé à eux, confiant dans sa victoire.

Son discours, comme une réponse à ses opposants semble simple. Les routes réhabilités, la construction de l’hôpital El-Maarouf, l’Université ou encore la stabilité énergétique sont entre autres les actions entreprises durant son mandat.

« L’histoire est le seul juge », rappelle le candidat de la Crc qui précisera qu’il n’a fait que poursuivre ce qui a été commencé par ses prédécesseurs.

« L’émergence en cours c’est l’éducation, la santé, l’énergie, l’entreprenariat, le développement et l’emploi », déclare-t-il.

Azali Assoumani est revenu sur l’alternance démocratique qui s’opère chaque 5ème année qui, selon lui, est source d’une stabilité après des années de coup d’État et d’instabilité politique.

« Nous avons connu une période où Bob Denard assassinait nos présidents. Ce chapitre est fermé. Dieu merci, depuis presque 20 ans, les comoriens choisissent leurs présidents. Il est temps de tirer les leçons de ce qui se passe ailleurs où les pouvoirs sont pris par la force. Que Dieu  épargne notre pays de cela », a-t-il rappelé.

En fin de campagne électorale où les tensions font craindre, Azali Assoumani plaide pour un climat apaisé et une stabilité le jour des élections demandant ses militants de lui redonner encore la confiance en espérant de ne pas les décevoir.

Kamal Said Abdou

Alors que les cinq candidats à la présidentielle contre Azali Assoumani ont demandé, à travers une requête déposée à la Cour suprême, la disqualification du candidat Azali, la décision a été rendue hier jeudi. Bien que le président de la Cour suprême ait été absent lors du délibéré, la requête est rejetée par cette dernière.

La transgression des textes fondamentaux notamment, la constitution en son article 118 évoquant le congé du chef de l’État ne laisse pas indifférent la coalition des cinq candidats à la magistrature suprême. Ayant déposé une requête contre la candidature d’Azali Assoumani, l’opposition dénonce une décision illégale et non-respect de la constitution du pays. Selon les avocats de l’opposition, l’article 118, n’est pas une disposition transitoire.

« L’UA est une organisation intergouvernementale.  Elle n’a pas un caractère supranational. Alors les règles de cette organisation ne peuvent pas dissoudre des textes internes.  Seuls les traités internationaux peuvent l’être. Il faut rappeler que l’article 16 du règlement intérieur de l’UA dispose que le président en exercice de cette institution ne remplit pas ses fonctions, le premier vice-président en occupe », dit-on.

En effet, après le délibéré, Me Mzimba s’en est pris à la décision rendue. Il dit être surpris de l’absence du président de la Cour suprême fraîchement nommé dans l’audience du délibéré. « Tout candidat à la présidentielle ou à l’élection du gouverneur, occupant une fonction doit prendre congé 72 heures après selon la publication des listes définitives des candidats, par la cour suprême. Il est écrit noir sur blanc dans notre constitution et est répétée dans la loi organique », a indiqué Me Mzimba.

« Les dispositions évoquées par la Cour suprême sont surprenantes. Nous ne les avons jamais vues quelque part. La Cour a évoqué les articles 52 et 53. Ils n’ont pas évoqué les dispositions du congé du président, notamment l’article 118 de la constitution et l’article 13 de la loi organique », a-t-il ajouté. 

KDBA

Conformément aux dispositions de l’article 158 du code électoral, la Ceni a procédé, la semaine dernière au tirage au sort des numéros d’ordre des candidats sur le bulletin unique de vote. L’événement s’est déroulé en présence des candidats ou représentants des candidats à l’élection présidentielle sous la supervision d’un huissier de justice. 

Une étape cruciale franchie par la Ceni à quelques jours du lancement de campagne pour l’élection présidentielle et des gouverneurs des îles. Il s’agit du tirage au sort des numéros d’ordre des candidats sur le bulletin unique de vote.

Mouigni Baraka Said Soilihi, héritier du numéro 1 sur le bulletin et Bourhane Hamidou le dernier. Tous les candidats ou leurs représentants étaient présents lors du déroulement du processus.

« Une étape prévue par les dispositions de l’article 158 du code électoral », a souligné Me Gérard Youssouf, membre du département communication de la Ceni. Le tirage au sort a eu lieu en présence d’un huissier de justice.

« Nous avons aussi notre huissier de justice qui était là pour constater le déroulement du tirage au sort », a indiqué Mohamed Daoudou.

Aussi au niveau des CEII, ces institutions ont procédé au tirage au sort de l’emplacement des candidats aux gouverneurs des îles. Le candidat sous la couleur Orange s’est interrogé sur l’absence du président de la Ceni qui, selon les membres de cette institution, avait d’autres occupations.

« Sa présence n’est pas une obligation mais c’est une question d’élégance et du respect », a expliqué le candidat à la couleur Orange. « Bizarrement, quelques minutes après le tirage au sort, on a vu le président de la Ceni sortir de son bureau », a-t-il ajouté.

Le licenciement de la présidente de la cour suprême au cours du processus électoral inquiète les candidats, notamment Mohamed Daoudou alias Kiki. Un licenciement qui intervient au cours du processus.

« Nous allons demander pourquoi. En tout cas, on ne change pas un arbitre en cours de jeu », a-t-il rassuré. Néanmoins, Mohamed Daoudou se dit confiant.

Kamal Said Abdou

Le leader du parti Ulezi, Natuk Mohamed Mouzaoir, dont sa candidature à la présidentielle a été invalidée par la section électorale de la cour suprême, n’a pas été tendre avec cette dernière.  Devant la presse samedi dernier, il s’en est pris à la haute cour.  Natuk Mohamed a par ailleurs   annoncé que sa formation politique s’aligne derrière la candidature de Bourhane Hamidou à la présidentielle.

Recalé par la cour suprême, Natuk Mohamed s’est indigné contre cette haute juridiction l’accusant de « corruption ».  Selon lui, la disqualification de sa candidature, prive la voix de la jeunesse comorienne.

« La date du 2 décembre 2023 est historique car, cela signifie que ni la jeunesse ni la diaspora n’aura à gouverner ce pays », a déclaré Natuk Mohamed. « La requête déposée contre nos candidatures est illégale sur la forme et sur le fond. Après la promulgation de la loi organique du mars 2023, je me trouve aux Comores et j’y réside depuis le 24 mars. Selon la cour suprême, je suis aux Comores depuis le 9 novembre 2023. C’est archifaux. Comment la haute cour juridique de notre pays peut mentir ainsi ? », crie-t-il.

Après le rejet de sa candidature, Natuk Mohamed et le parti Ulezi, ont engagé des discussions avec tous les candidats. Mais un seul candidat leur a convaincu. Il s’agit de Bourhani Hamidou, l’ancien président de l’Assemblée nationale. « Nous avons présenté notre programme aux candidats et ils nous ont présenté les leurs. Mais c’est Bourhane Hamidou qui, son programme ressemble au nôtre.  Donc, le parti Ulezi est derrière ce candidat et nous appelons les comoriens à voter pour lui », a-t- il annoncé.

« Nous luttons pour la jeunesse, la diaspora, une justice juste, contre le chômage, et pour l’autonomie des îles », a-t-il précisé. Revenant sur le congé de l’actuel président et candidat à sa propre succession Azali Assoumani, le jeune leader affirme que, « Azali est disqualifié. J’appelle tous les candidats à user de toutes leurs forces à dénoncer l’injustice et à appeler à la disqualification d’Azali Assoumani. Les candidats doivent se mobiliser pour barrer la route à Azali Assoumani. Les comoriens ne doivent pas tomber sur le piège. Il faut sanctionner ce gouvernement dans les urnes ». 

Zena Nailane (stagiaire)

Yasser Ali Assoumani, Chayhane, Abdallah Said Sarouma (Chabhane) et Oumara Mgodri, quatre ténors du parti Crc, ont été mis à la porte, par le bureau national. Ils sont accusés d’indiscipline et de dissidence.  Devant la presse hier au Retaj, Youssoufa Mohamed Ali, secrétaire national de la Crc a indiqué que la réaction de ces personnalités, est de nature à saper l’unité du parti et à défier le président de la république.

En forte mobilisation, les militants du parti Crc ont savouré l’échec de leurs membres exclus et radiés du parti. Une manière de montrer ô combien le parti se met debout malgré le divorce à l’intérieur de ses membres.

Loin de l’obéissance des autres membres du parti, Yasser Ali Assoumani, Said Ali Chayhane, Abdallah Said Sarouma alias Chabhane, et Oumara Mgomdri, tous de la Crc ont tenté de briser les chaînes, décidant de se porter candidat après que le parti ait désigné les leurs.

Un acte qualifié « d’indiscipline et de dissidence » qui a conduit à leurs exclusions dans le parti, selon le communiqué distribué à l’issue du point de presse. Youssoufa Mohamed Ali, secrétaire national a rappelé que cette décision est prise à l’unanimité en assemblée extraordinaire réunissant toutes les structures du parti.

Leur désistement sur le parti n’est pas un fait d’aujourd’hui. Et la médiation menée par le parti à travers leurs proches, des responsables et personnalités du parti n’a pas abouti à une solution.

« Le secrétaire national et le conseil des sages, réunis en session extraordinaire, ont décidé en application des dispositions des articles 6,7 et 19 des statuts de la Crc, l’exclusion de Cheyhane, Yasser Ali Assoumani, Mgomdri et Chabhane du parti Crc », précise le communiqué qui a ajouté que « les personnes sus-citées ne sauraient plus représentées sous quelques formes que ce soit, le parti Crc. Ils sont ainsi, à compter de ce jour, instamment radiés des listes des membres du parti. » Pour le secrétaire national de la Crc, la loyauté et l’efficacité pour un militant d’un parti est importante.

« Le choix des candidats aux élections des gouverneurs des îles ainsi que celui à la présidentielle est décidé ensemble entre les membres du parti. Nous les avons investis ensemble à Anjouan », a-t-il rappelé. Au moment où la décision est prise contre ces quatre membres du parti, le cas de Fazul, lui aussi candidat à Mohéli, interroge l’opinion publique.

A noter, Oumara Mgomdri et Said Ali Chayhane sont limogés de leurs fonctions respectives du directeur de cabinet à la présidence et du directeur général de Comores télécom. 

Kamal Said Abdou