ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Alors que l’agence de Comores télécom sise à Zilimadju est la 2ème agence du premier opérateur en télécommunications  en matière de recette, Antoissi Ezidine, chargé de communication  dans cette société publique dit avoir subi  de ce qu’il qualifie « de vol de mobiliers et de vandalisme pure et simple» causant le dysfonctionnement de l’agence. Devant la presse hier à Comores Télécom, il a déclaré qu’une plainte contre X est déjà déposée auprès du procureur de la République.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé mais d’un acte programmé par des inconnus. L’agence de Comores Télécom de Zilimadju a subi des dégâts conséquents.  Vol des mobiliers notamment ordinateurs et  téléphones portables et vandalisme causant le dysfonctionnement de cette agence.

« Fin 2023, nos infrastructures ont  subies de sabotage. Coupure des câbles fibres optiques dans certaines régions entraînant un ralentissement de la connexion », a rappelé Antoissi Ezidine, chargé de communication de la société Comores télécom, appelant à la population d’accompagner la société afin d’appréhender ces individus.

Au lendemain des manifestations  post-électorales, Comores Telecom a été à nouveau attaquée par des inconnus. Lassée par cette situation, l’entreprise publique a saisi son huissier de justice qui, par la suite, une plainte contre X est d’ores et déjà déposée auprès du procureur de la République. « Nous laissons le soin à la justice de faire son travail », confie-t-il.

Selon le chargé de communication, cet acte de vandalisme n’a seulement pas causé une perte financière conséquente vis-à-vis de la société mais encore l’agence elle-même qui est « la deuxième agence de Comores Télécom en matière de recette ».

« Actuellement cette agence ne fonctionne pas. 26 de nos agents de cette agence sont au chômage technique », précise-t-il. Comores Télécom appelle seulement les citoyens à dénoncer les auteurs de ces actes car il s’agit de l’investissement des comoriens qui est saboté de cette façon.

Kamal Saïd Abdou

 

Plusieurs jeunes sont arrêtés par les forces de l’ordre après les événements du 17 et 18 janvier dernier. Certains sont libérés tandis que d’autres sont encore maintenus en garde à vue. Housseine Abdou ayant un frère arrêté rappelle que le délai de garde à vue est expiré alors qu’aucun jugement ne soit prononcé.

Des jeunes manifestants sont arrêtés par les forces de l’ordre au lendemain du mouvement contre les résultats provisoires de la Ceni. A l’issu de ce mouvement, des maisons, magasins et bâtiments publics ainsi que des mobiliers des sociétés d’Etat sont incendiés par ces jeunes manifestants. Depuis, des arrestations sont lancées dans l’ensemble des quartiers de Moroni.

Plusieurs jeunes arrêtés sont libérés tandis d’autres sont encore aux mains des enquêteurs. Le délai de la garde à vue est expiré, selon Housseine Abdou. « Ils sont toujours aux mains des enquêteurs. C’est encore une violation de la loi étant donné qu’après le délai de la garde à vue, soit il relâche la personne soit il le met en détention provisoire en attendant la suite de l’enquête », a-t-il précisé.

Outre la violation de la loi constatée par Housseine Abdou, s’ajoute les conditions déplorables de leurs incarcérations. « J’appelle le garde de sceaux à respecter le droit des détenus et leurs conditions. Certes, certains droits et libertés sont restreints pour un détenu mais cela ne lui enlève pas sa personnalité », rappelle-t-il.

Selon Housseine Abdou, les autorités ont l’obligation de veiller au respect de la loi, la protéger et la préserver. « Ces personnes en détention souffrent depuis déjà une semaine. Elles ne connaissent pas leurs sorts », déplore-t-il.

Il faut rappeler que parmi les personnes arrêtées, il y avait des femmes, des mineurs et des personnes âgées. Une grande majorité est libérée quelques jours après leurs arrestations.

Kamal Said Abdou

Après les résultats de la Ceni contestés par les opposants du pouvoir et les heurtes des forces de l’ordre contre les jeunes manifestants, la notabilité s’est réunie hier à Moroni pour prêcher la paix et la stabilité du pays. Mais quelques heures plus tard, les forces de l’ordre s’y sont rendus et ont interrompu la réunion. Les notables, agités, ont quitté la salle.

La notabilité s’est donné rendez-vous ce mercredi dans un lieu privé à Moroni pour la paix et la stabilité du pays. Un rassemblement visiblement non déclaré, qui n’a pas manqué de se faire remarquer, selon les hommes en treillis.

Alertées, les forces de l’ordre se sont rendues sur les lieux et ont constaté la présence des centaines de notables. Par conséquent, la réunion est interrompue.

Très en colère, les notables ont tiré à boulets rouges sur la politique « destructrice » et de « d’assassinat » du président Azali et son gouvernement. 

« Nous nous sommes réunis pour la paix dans notre pays. Mais les forces de l’ordre sont venues nous interrompre. Nous sommes contraints de quitter la salle. Ce sont nos enfants et nos neveux qui nous empêchent de s’exprimer », se plaint un notable.

Convaincus que cette crise est née après la contestation des résultats provisoires des élections de 2024, la notabilité veut se le jouer un rôle d’apaisement en appelant le juge électoral et le gouvernement à préserver la paix et la stabilité des Comores.

Dans une déclaration commune, la notabilité reste ferme et appelle à la paix. Puisque disent-ils, « les jeunes ont descendu dans les rues par leur propre volonté. Et si la vérité ne s’éclaire pas, nous serons les premiers à barrer les routes dans nos villes et villages ».

KDBA

Le procureur  de la  République a parlé d’une légitime défense pour le militaire qui a tiré à balle réelle sur le jeune Mouslim. Devant les médias hier, le parquetier a précisé que le militaire avait l’obligation de protéger le ministre de télécommunications et sa famille alors que ces jeunes manifestants étaient sur le point de débarquer dans son domicile.

Après les événements tragiques qui ont secoué le pays le 17 et 18 janvier dernier suite à la proclamation des résultats provisoires par la Ceni, le procureur de la République s’est prononcé pour faire l’état des choses, hier.

Devant les médias, le parquetier a d’abord fait le bilan des dégâts enregistrés durant deux jours. « Des bâtiments publics, des magasins et des habitations privées ont été vandalisés, pillés et incendiés », a-t-il déploré.

Dès lors que la vie commence à reprendre, le procureur de la République a fait savoir que les dégâts sont en cours d’évaluation. Mais les investigations de la police judiciaire ont permis d’identifier clairement les individus manipulant, instrumentalisant et finançant ces opérations de déstabilisation. « J’appelle ces personnes à se conformer aux dispositions de la loi électorale en soumettant leurs réclamations à la Cour suprême. J’exhorte à tous les acteurs impliqués dans le processus à la retenue  », a-t-il précisé rassurant qu’en cas de troubles, le parquet appliquera la loi sévère.

A noter que vendredi dernier une opération d’arrestation a été menée dans les quartiers  de  Moroni. Plusieurs jeunes mineurs, femmes et personnes  âgées ont été interpellés. Et le procureur de la République a rassuré qu’ils sont mis en liberté.

S’agissant de l’attaque présumé au domicile du ministre des télécommunications ayant causé la mort d’un jeune de 21 ans, alors que ces jeunes avaient en leur possession des armes blanches, le procureur de la République a parlé d’une légitime défense. «  Je reste attentif sur ce dossier », précise le parquetier soulignant que le militaire ayant tiré à balle réelle sur le jeune Mouslim avait « l’obligation de protéger le ministre et sa famille ».

Parmi les éléments de cette enquête, le procureur de la République a fait savoir que ces jeunes manifestants étaient armés à des bâtons, couteaux et arrache-clous.

Kamal Said Abdou

L’Union des Comores est soucieuse d’atteindre les objectifs de développement social, mais les progrès sont minimes. Le coût considérable de la réalisation des objectifs de développement social, soit 18,8 % du PIB de 2030, tient au point de départ très bas du pays et aux difficultés inhérentes liées à sa petite taille qui limite les économies d’échelle en matière de prestation des services publics.

L’insuffisance persistante des ressources intérieures est une autre cause du coût important de la réalisation des objectifs de développement durable. Les engagements en cours des autorités dans le programme de la FEC, dont la priorité est d’améliorer le recouvrement des recettes intérieures, sont essentiels à l’obtention de meilleurs résultats dans ce domaine. L’espace budgétaire dégagé par le programme pourrait servir à restaurer la viabilité de la dette et à accélérer la réalisation des ODD aux Comores.

Dans son rapport annuel, le Fmi indique que l’Union des Comores est soucieuse d’atteindre les objectifs de développement durable, mais les progrès sont minimes. « Dans l’évaluation des ODD de 2023, l’Union des Comores est 154ème sur 166 pays et elle est la moins bien classée parmi les petits pays en développement. L’évaluation révèle des progrès modestes dans 60 % des ODD et une régression dans 26,7 % d’entre eux. L’espérance de vie, qui s’élève à 67,4 ans, est en deçà du seuil rouge des ODD2 (qui est de 70 ans), positionnant les Comores parmi les pays où l’espérance de vie est la plus basse du monde », explique le Fmi dans son rapport.

« L’accès à des ressources en eau améliorées est limité, 25 % de la population n’en bénéficiant pas, et ce chiffre n’a pas progressé depuis 2007. Les Comores éprouvent de grandes difficultés à établir un système efficace de gestion des déchets solides, menaçant la viabilité écologique et la santé publique », ajoute le rapport. 

Selon le Fmi, le coût d’atteindre le niveau des ODD des pays pairs très performants est d’environ 18,8 % du PIB de 2030. Si les autorités tentaient d’atteindre les ODD avant 2040, on estime que le coût annuel additionnel oscillerait entre 5,7 et 7,6 % du PIB par an, selon le scénario retenu.

La méthode de calcul des coûts consiste à comparer les Comores à des pays pairs. Les coûts par habitant des biens publics ont tendance à être plus élevés dans les petits pays, où un nombre réduit de contribuables doivent couvrir ces dépenses. Ainsi, les petits États en développement consacrent en moyenne une part plus élevée de leur PIB à l’éducation et la santé, soit respectivement 9,8 % et 7,2 %, contre une moyenne mondiale de 6,5 % et 6,9 %. Devant ce constat, la présente étude considère comme pays pair des Comores, les petits États en développement (PED) les plus performants, pour produire une évaluation plus rigoureuse des coûts de réalisation des ODD4.   

Les progrès en matière d’éducation restent limités. L’évaluation des ODD de 2023 n’inclut pas l’évaluation de l’ODD4 (éducation de qualité) en raison du manque de données. Il ressort des données les plus récentes, qui vont jusqu’en 2018, que parmi les PED les Comores sont avant-derniers pour ce qui concerne l’accès à la maternelle et le taux net de scolarisation primaire. « Ces données ne tiennent pas compte des incidences du cyclone Kenneth en 2019 (qui a totalement ou partiellement détruit 38 % des salles de classe du pays) et des fermetures des établissements scolaires durant la pandémie de la Covid-19. De fait, après la pandémie, le ministère de l’éducation nationale a fait état d’une chute des taux de scolarisation aux niveaux de l’enseignement préélémentaire et primaire, en phase avec les mises en garde de l’UNICEF concernant les fermetures prolongées des écoles », rappelle le Fmi.

Pour la santé, les indicateurs se sont améliorés mais restent bien en deçà de leurs seuils respectifs. L’espérance de vie a augmenté de cinq ans entre 2000 et 2019, mais à 67 ans, elle reste bien inférieure au seuil vert de 80 ans et, malgré une amélioration, tous les indicateurs de santé maternelle et infantile dépassent toujours le seuil vert. Si la pandémie de la Covid-19 a fait relativement peu de victimes aux Comores, il reste à voir s’il y aura des conséquences à long terme liés au faible taux de vaccination.

« Pour atteindre les objectifs de l’ODD 3 (bonne santé et bien-être), il faudrait multiplier le nombre de médecins par dix. Il faudrait aussi que les autres membres du personnel médical, actuellement en nombre bien inférieur aux pays très performants, passe du simple au triple », a-t-on préconisé.

Le seul facteur qui réduira les coûts est le salaire des médecins qui pourrait être limité à 7,3 % au lieu de 9,6 % du PIB par habitant, comme dans les pays très performants. Cela dit, « le dernier rapport de la Banque mondiale sur les dépenses publiques fait état d’une très faible productivité comme en atteste l’utilisation on ne peut plus faible des services.  La résolution de cette question pourrait être le facteur le plus important qui réduira les coûts », lit-on dans le rapport.

Zena Nailane

Dimanche dernier, dans la place de l’indépendance, des jeunes de la ville de Moroni ont fait appel  devant la presse à un cessez-le-feu et un  retour de la paix dans la capitale des Comores après  les émeutes survenue dès le lendemain des proclamations des résultats du double scrutin du 14 janvier dernier. Ils se sont montrés contre les manifestations organisées dans la capitale qui pourraient déboucher à des troubles.

Au le lendemain de la  proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 14 janvier dernier par la CENI, À Ngazidja, plus précisément dans la capitale, la sécurité des biens publics et de ses habitants est menacée. Routes barricadées, des biens incendiés, affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, usage de gaz lacrymogènes.

Suite à ses incidents majeurs, la jeunesse de Moroni, appelle à un cessez-le-feu et un retour définitif des activités quotidiennes dans la capitale des Comores.

« Nous présentons nos sincères condoléances à la famille de Mouslim et la population comorienne, c’est une tragédie et nul ne peut dire le contraire. Si nous sommes là aujourd’hui c’est pour éviter qu’un acte pareil ne se reproduise. Sachez que nous ne présentons aucune étiquette politique. Nous sommes là en tant que jeunes de cette ville qui nous appartient à tous et ceux qui le veulent. Nous ne voulons pas de cette guerre, on ne veut pas de problèmes », a déclaré Abdoulkarim Mohamed Taki.

Pour ces jeunes, à cause de ces manifestations la vie des citoyens est menacée, tous sans exception. Mais surtout celle des personnes âgées. Sur ce, ils conseillent à ceux qui contestent les résultats de ce scrutin à faire recours par les  moyens légaux et légitimes à la cours suprême pour demander justice car seule la démocratie est le seuil de paix de ce pays.

Pour Saîd  Lovey Saïd Ali, un autre jeune de la capitale, « l’image de Moroni étant capitale et symbole des Comores doit être à son image ». Il met en garde toute activité voulant déstabiliser encore la paix car, dit-il, « Moroni ne devrait pas être  un champ de bataille ni un dépôt sauvage ».

Inmadoudine Bacar

Samedi dernier aux environs de 17h, les forces de l’ordre ont procédé à des arrestations arbitraires dans les quartiers du Nord de Moroni plus précisément dans les quartiers Mbuzini et Cambodge. Ces arrestations sans mobile sont dues aux émeutes survenues au lendemain des proclamations des résultats provisoires de l’élection présidentielle.

Depuis le 16 janvier, les Comores sont confrontées à un climat de contestations sans précédent suite aux résultats provisoires proclamés par la CENI.

Suite à cela, des violations des droits de l’homme  sont orchestrées par les forces de l’ordre dans le pays. Samedi dernier, vers 17h l’armée a débarqué dans le  quartier de Mbuzini procédant à des arrestations musclées des jeunes.

Certains même ont été contraints de sortir de leurs maisons pour aller se faire humilier et battus ensuite.

« Nous étions tranquille en train de discuter et jouer à la pétanque, c’est là qu’ils sont venus et commencés à nous arrêter un à un, ceux qui ont pu s’échapper n’ont pas pu le rester trop longtemps puisqu’ils entraient dans les maisons en cassant des portes et rentraient même dans les chambres pour les faire sortir de force », a témoigné un jeune du quartier.

Dans la même soirée, deux journalistes ont vu leurs droits bafoués. L’un en exécutant son métier s’est vu confisqué son téléphone pendant que l’autre est forcé de ramasser les cailloux et autres débris dans la rue.

Le porte-parole du gouvernement a déclaré qu’il s’agit d’un complot préparé et planifié par l’opposition pour déstabiliser le pays en cas d’échec aux élections. « Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, on les a vu se réunir dans le domicile de Barwane tous, sans exception. Ceux qui voulaient les élections et l’autre partie, en plus vous l’avez entendu par vous-même, quand le directeur de campagne de Hamidou Bourhane a dit qu’ils ont un plan soigneusement planifié. Ensuite après les arrestations nous détenons des preuves qui montrent que ces jeunes sont corrompus par l’opposition pour semer la terreur et déstabiliser le pays », a-t-il laissé entendre. 

Des propos qui d’après nos informations sont fausses car nombreux parmi les manifestants affirment se battre pour la démocratie et n’attendent rien en retour.

Inmadoudine Bacar

Alors que les résultats provisoires de l’élection présidentielle sont proclamés le 16 janvier dernier, l’opposition les conteste. Un mouvement d’insurrection est né au lendemain pour signe d’indignation. Sur ce, les Etats-Unis appelle la Ceni et les autorités comoriennes à assurer une totale transparence et à clarifier les résultats qu’elle a annoncés le 16 janvier avant la certification des résultats par la Cour suprême. La représentation diplomatique américaine de féliciter le peuple et le gouvernement comorien sur le calme qui a régné le jour même du scrutin. 

Les États-Unis félicitent le peuple et le gouvernement des Comores pour avoir maintenu l’ordre et le calme le jour des élections du président et des gouverneurs du pays, malgré quelques irrégularités enregistrées. Cependant, l’annonce ultérieure des résultats provisoires par la Ceni a soulevé des préoccupations sérieuses qui doivent être abordées pour maintenir la paix et le bien-être de la nation.

Selon l’ambassade des Etats-Unis aux Comores, le peuple comorien s’attend à des élections libres et justes. Toutefois, la violence n’est pas la réponse à toutes les préoccupations concernant le processus. « Nous appelons la Ceni et les autorités comoriennes à assurer une totale transparence et à clarifier les résultats qu’elle a annoncés le 16 janvier avant la certification des résultats par la Cour suprême », lance les USA. 

« En particulier, nous apprécierons de la clarté sur les résultats initiaux annoncés, qui indiquaient une disparité dans la participation pour ceux qui votaient pour le président et les gouverneurs, ce qui n’était pas apparent aux observateurs électoraux nationaux et internationaux », ajoutent-ils.

Les États-Unis appellent toutes les parties aux Comores à respecter le processus démocratique, sa constitution et l’état de droit pour éviter toute perte supplémentaire de vie et de biens. « Nous dénonçons toute violence, appelons au calme de toutes les parties, y compris les partis d’opposition, et exhortons à ce que toutes les plaintes liées aux élections soient résolues par voie légale selon le système juridique établi », ont-ils insisté.

A noter que le Japon, l’Afrique du Sud et l’Union européenne haussent le ton et appellent au dialogue des parties prenantes pour le bien-être du pays.

Zena Nailane

Samedi dernier, la localité de Mdjihari Hamahame s’était mobilisée pour  manifester leur mécontentement suite au décès du jeune Mouslim tué par balles dans les heurts entre les forces de sécurité et les manifestants protestant contre les résultats provisoires de la Ceni. La population de la région a rallié le mouvement d’humeur des habitants de cette bourgade pour demander justice à leur fils tué.

Des centaines de personnes ont descendu dans la rue dans la région de Hamahame, samedi dernier. C’est suite à la mort par balles du jeune de 21 ans natif de Mdjihari, jeudi dernier. Des femmes et hommes pancartes sur les mains, scandaient, « justice pour Mouslim ».

La manifestation a eu lieu sans débordement. Les manifestants de la région plus particulièrement de Mdjihari ont exprimé leurs griefs.

Cet événement rappelle de nombreux incidents similaires qui ont eu lieu ces dernières années, des meurtres à caractère criminels contre la population. Selon un notable de la région, il est temps de se mobiliser contre le pouvoir « sanguinaire » et de déclarer les autorités sur place, des personnes non grata dans nos localités.

« Mouslim est mort et il ne reviendra plus. Le pouvoir sanguinaire cherche les autres. On doit manifester contre cette oppression. Et nous dénonçons l’acte criminel des forces de l’ordre de tirer à balles réelles contre les manifestants faisant un mort et des blessés. Nous demandons justice pour Mouslim », a-t-il exprimé. Les manifestants ont défilé depuis Mdjihari jusqu’à Mbeni, chef-lieu de la région.

Pour rappel, le jeune Mouslim a été tué par balles dans des émeutes entre les forces de l’ordre et des manifestants après la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle par la Ceni. Malgré les gaz lacrymogènes, les manifestants ont résisté.

KDBA

Après deux jours marqués par les échauffourées entre les forces de l’ordre et les jeunes manifestants, depuis samedi dernier, un calme apparent règne à Moroni, où l’on observe une timide reprise des activités, après les violentes manifestations. Les citoyens tentent de vaquer à leur activité, où le commerce informel fonctionne au ralenti. Le transport en commun également.

La peur est au ventre. Surtout que les arrestations massives se poursuivent, dans les quartiers et localités. En effet, la vie a timidement repris depuis samedi dernier, à Moroni, après les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants laissant un mort et cinq blessés par balles. Un témoin affirme que les activités commerciales ne connaissent pas une affluence habituelle.

Quant au transport en commun, certains taxis ont assuré la circulation dans la ville. « Les activités commerciales ont repris mais la peur est là. Ce n’est pas toutes les boutiques ou tous les magasins qui ont ouvert. A volo volo, des vendeurs ne sont pas venus. Réellement, il y a un climat de psychose dans le pays », a fait savoir Halidi Aboudou, un vendeur à volo volo. Et d’ajouter, « même les taxis ne sont pas tous repris. La circulation n’est pas fluide à Moroni et dans les régions. » Il affirme avec un brin d’ironie qu’il est « momentanément au chômage ».

La journée du samedi a été marquée par un retour timide des travailleurs dans les bureaux et une reprise en demi-teinte des activités dans les commerces et autres structures de services. Les agences de transfert d’argent et des stations-services n’ont pas été ouvertes. La vie reprend peu à peu. Les établissements scolaires fermés depuis mercredi dernier, attendent aujourd’hui pour reprendre les cours.

La morosité des activités, au dire d’Ali Mmadi, boutiquier à Moroni volo volo, cause un manque à gagner substantiel aux commerçants. « Depuis mercredi dernier, je ne travaille pratiquement pas. Je croyais que tout allait bien reprendre aujourd’hui. Mais je constate que cette journée de samedi est pareille à celle d’hier », note-t-il avec amertume. Il souhaite que les activités reprennent normalement pour le bonheur de tous. « Pour nous qui cherchons l’argent au jour le jour, cette situation est très difficile », dixit-il.

Mme Faouzia Dahalani, a constaté une faible affluence. « Depuis mercredi, je n’arrive pas à m’approvisionner. Vendredi,  je suis allée voir au marché de volo volo, mais je n’ai rien eu. A cette allure-là, je risque de toucher mon fonds de commerce, car il me faut nourrir la famille », confie-t-elle.

De l’avis de cette dame, il est temps de tourner la page des tensions électorales afin que chacun mène ses activités pour subvenir aux besoins des siens. « Je souhaite que les leaders politiques dialoguent pour s’entendre sur la préservation de la paix et qu’on nous permette de vendre dans la quiétude », conclut-elle.

Des pères et mères de famille expriment leur inquiétude par rapport à la situation chaotique que connait le pays ces derniers jours. Selon eux, ce sont les plus vulnérables de la société qui en subissent  les conséquences.

KDBA