ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

A Anjouan, le port de Mutsamudu, les usines et les supermarchés représentent plus de 60 % de déchets de la ville. L’ANGD et la mairie de Mutsamudu ignorent où passent ces tonnes de déchets. C’est lors d’une conférence de presse que la mairie expose les difficultés liées à la gestion des déchets. Sûrement dans les sites d’apport volontaires, le site et les points de collectes débordent.

Le problème de déchets comme celui de l’administration, de l’énergie et autres étouffent l’économie et la société comorienne. Partout, dans Mutsamudu, il y a un débordement des ordures. Pour le directeur de l’agence nationale de gestion des déchets, « c’est un problème technique au sein de l’agence. Cependant, une solution serait en cours d’être envisagée. Le prestataire demande beaucoup d’argent. Il doit déjà plusieurs millions à l’agence. Nous avons mis en place l’écotaxe pour en finir avec cette situation », dit-il.

Interrogé sur le cas des dizaines de tonnes de déchets que produisent les grands pollueurs à savoir le port de Mutsamudu, les usines et les supermarchés, il suppose qu’« ils sont jetés en vrac dans les points d’apport volontaires et sans aucune compensation financière. Le port est le grand pollueur. Il ne cotise pas. Les textes sont là. Ils doivent être imposés avec les sanctions en cas de refus de coopération ». Un membre de l’association AFAM confie que « l’association est épuisé sur les idées de cotisations, et même ses financements et que les ordures de Mutsamudu coûtaient moins de 1 million par mois, or que le prestataire, sans appel d’offre veut plus de 5 millions à chaque fois ».

Manque de moyens financiers

Dans le site de décharge de Dindrihari, il y a un incinérateur. Les ordures étaient triées à la main par 6 personnes. Avec la pluie et ces 6 personnes qui ne travaillent plus, c’est devenu une décharge sauvage puisqu’il n’y a pas de suivi. De sa part, le directeur souligne qu’« il y a des énormes mouches. Une odeur nauséabonde. Et les riverains à moins de 100 mètres se plaignent ». C’est lors d’une rencontre avec les médias que le maire de Mutsamudu, expose les problèmes des ordures dans la ville. Il fait un petit rappel des activités jusqu’à la création de L’ANGD. « Tout allait bien jusqu’en décembre 2021. Les difficultés ont commencé et nous avons 6 mois d’impayés pour le prestataire et 4 mois pour le personnel de la mairie. Il nous faut seulement 6 millions 300 milles de nos francs. Dans la commune de Moroni, ils perçoivent 14 millions et nous rien du tout», indique-t-il avant de regretter que : « la ville est sous les ordures à la veille de la fête nationale ».

Des ambitions

Sur l’écotaxe mis en place, le maire, Zarouki Bouchrane a annoncé que « particulièrement, ce sont les banques qui payent. Nous allons mettre en place une écotaxe que nous devions imposer aux gros industriels. Il y a aussi les mariages plus loin qui produisent des déchets. Cette taxe sera officialisée avec le Conseil municipal ». À l’en croire, ni la SCP, ni les grands supermarchés et industriels, ne payent rien. Pour le site de décharge de Dindrihari, des projets de valorisation sont à mettre en place comme « pour le carton, des supports d’œufs ou du charbon, des pavés pour le plastique, des composts pour les agriculteurs et enfin du gaz », puisque « ce des matières premières ».

Ahmed Zaidou

Lors de la journée mondiale de l’océan, l’ONG Dahari, en collaboration avec son partenaire Blue Ventures, a organisé une action de nettoyage du littoral à Dzindri. Les autorités communales, les associations et les pêcheurs ont pris part à l’activité qui s’inscrit dans l’objectif « revitaliser les océans par l’action collective ». Ce sont 2652 kilos de déchets récoltés.

« Les océans sont soumis à de nombreuses pressions qui menacent leur santé, et les Comores n’échappent pas à la règle. La population qui grandit, et le manque de mesure de gestion durable, sont des facteurs qui nuisent à la préservation des ressources marines. Par exemple, la surpêche et l’utilisation de techniques destructives, ainsi que l’extraction de sable, impactent négativement les écosystèmes marins. De même, certaines pratiques sur terre ont des impacts sur le littoral, comme l’utilisation de pesticides en agriculture, et l’absence de systèmes de gestion des déchets », nous apprend l’ONG dans son communiqué de presse du 8 juin 2022. Le communiqué poursuit en expliquant la durée de décomposition de certains produits qui ont comme dernière destination le fond des mers. « Les déchets jetés à la mer, ou dans les rivières ou autres endroits, pour généralement finir dans la mer, polluent l’environnement marin.

En plus des impacts d’hygiène, quand ils sont accumulés dans les plages, les déchets peuvent s’accrocher aux coraux et les étouffer, ou bien être avalés par certains poissons et autres organismes », lit-on. Il poursuit en rappelant que « Certains déchets comme les couches jetables prennent 450 ans avant de se décomposer, alors que des sacs en plastique durent 10 à 20 ans dans l’environnement. Les déchets en plastique se décomposent, mais jamais totalement. Ils deviennent simplement des particules microscopiques qui peuvent être ingérées par les organismes, et donc toujours avoir un impact négatif sur la santé », indique-t-il. Il explique également que « L’action organisée par Dahari pour cette Journée des Océans cherche donc à sensibiliser les communautés sur la gestion des déchets, au travers d’une action collective de nettoyage du littoral ». Au total, ce sont 68 membres des associations et 2652 kg de déchets récoltés lors de ce ramassage. Et si nous faisions pareille dans nos villes et villages ?

 Ahmed Zaidou

L’agence parcs nationaux des Comores en partenariat avec le PNUD et les organisations de la société civile ont célébré, dimanche dernier, la journée mondiale de l’environnement. Une occasion de procéder à une opération de nettoyage du littoral du parc lac-salé Mitsamiouli Nroudé. Les zones littorales sont un patrimoine à préserver pour un changement positif sur l’économie, selon Fabrizio Andreuzzi, représentant résident adjoint du PNUD aux Comores.

Le 5 juin, date à laquelle on lutte contre les maux qui fâchent le monde sur l’action climatique. Les Comores à l’instar du monde, ont célébré dimanche 5 juin dernier, au parc lac-salé Mitsamiouli Nroudé, le cinquantième anniversaire après l’adoption de la politique environnementale par le programme des Nations-Unies. Plusieurs organisations de la société civile ont pris part aux différentes activités  tenues au programme, notamment le ramassage des déchets dans les zones côtières, la sensibilisation des jeunes sur l’action climatique, la protection et l’observation de la mangrove.  Muni d’un sac poubelle  à la main, Fabrizio Andreuzzi représentant résidant adjoint du PNUD aux Comores, a pris les devants pour lancer les opérations de nettoyage  tout au long d’un vaste littoral de plus de 700 m. « Cette action présente une opportunité unique afin de sensibiliser les décideurs des secteurs publics et privés, le gouvernement comorien, les institutions internationales sur la contribution du tourisme durable au développement et mobiliser toutes les communautés proches des zones zone côtière sur une synergie d’ensemble pour faire le tourisme un catalyseur du changement positif sur l’économie », a-t-il déclaré.

Selon lui,  l’archipel des Comores rassemble un grand nombre de sites naturels, côtiers, balnéaires et montagneux, un patrimoine culturel, matériel et immatériel reconnu, une histoire insulaire riche et des traditions authentiques. « Cette diversité de richesse reste néanmoins inexploitée, et je crois qu’il est temps de sensibiliser les communautés à s’engager dans ces actions sociales pour accompagner le pays pour son économie», précise le représentant résident adjoint du PNUD. Il mise également  sur la nécessité de mettre en place une  politique de recyclage des déchets pour l’employabilité des jeunes. « Imagines à l’espace de 40 minutes, on a pu ramasser une trainante des sacs poubelles  remplis de déchets plastiques », dit-il.

Si la journée mondiale de l’environnement a été célébrée à Bnagoi-kouni, les raisons sont multiples, entre autres son patrimoine historique, touristique et culturel,  des critères  qui répondent aux  besoins des  parcs nationaux et  internationaux. « Aujourd’hui,  nous sommes venus pour nettoyer le littorale et ce site de mangrove. Cela répond au programme  éducatif auto-école dont le but est de sensibiliser les jeunes  pour l’observation, la découverte  de la mangrove et comment pouvons-nous nous servir d’elle  pour relancer notre économie », a expliqué Nassuf Hemblot, conservateur du parc national MitsamiouliNroudé.

Le conservateur  du parc de MitsamiouliNroudé estime que, dans une grande partie de la majorité de la grande Comore ne fait pas de la propreté dans les littorales une priorité publique, pourtant, dit-il, c’est une richesse à exploiter pour un changement positif de l’économie.

« J’ai l’impression que cette opération offre  une prise de conscience aux communautés si proches à veiller les littorales, car depuis le matin, les jeunes se sont mobilisés pour des opérations de ramassage des déchets partout dans les zones habitées et littorales afin de lutter contre l’insalubrité », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que « j’ai l’espoir de croire que chacun de nous comprenne enfin que ni l’espace public ni les zones de  littorales ne doivent  plus être le récipient de toutes sortes d’ordures que l’on peut salir en toute quiétude ».

Représentant de la société civile, Abdou Mouslim affirme la disponibilité des  sociétés civiles à appuyer cette politique de l’assainissement des zones littorales. « La sensibilisation sur le tri sélectif dans les écoles, des associations  ne sera pas négligée pour que toutes les zones littorales du pays  retrouvent  leurs splendeurs  pour une meilleur attractivité des touristes », dit-il.

Nassuf. M. Abdou

Le ministre  de l’énergie et de l’eau, Ali Ibouroi a réuni hier lundi, le bureau géologique et les partenaires au développement pour une réunion de concertation et validation technique sur le nouveau code de l’énergie renouvelable aux Comores. Ceci  permettra au pays de disposer un cadre juridique sur les énergies renouvelables et géothermiques.

Les Comores retiendront-elles leur souffle d’ici deux ans pour une autosuffisance énergétique sur les énergies renouvelables en géothermique ? C’est ce qui  rassure Ali Ibouroi, le ministre de l’énergie lors d’une réunion de validation technique du nouveau code de l’énergie, tenue hier lundi, à l’hôtel Golden Tulip. Ce nouveau code des énergies en voie d’être validé est un programme de développement de la géothermie mis en œuvre par le bureau géologique. Il  permettra  au pays de se former sur la base d’un cadre juridique sur les projets énergétiques. « Il s’agit d’un projet initié par le bureau géologique, et  soutenu sur sa validation  par le PNUD. Il permettra à notre  pays de se rassurer d’une  indépendance des énergies renouvelables et géothermiques », a expliqué le ministre de l’énergie et de l’eau.

Conscient quant aux conséquences présentes et lointaines  sur la flambée du prix de  pétrole sur le marché mondial, Ali Ibouroi indique que, le pays ayant  un soleil quasi inépuisable et un volcan actif est en mesure de s’adapter avec  la politique mondiale sur  la transition énergétique. 

Selon le ministre, le bureau géologique national garde dans sa ligne de mire du programme une ambition capitale : porter la part des énergies renouvelables  et géothermiques à travers les 45 mw du Kartala. « Nous avons fini la première phase exploratoire. Maintenant, on est à la recherche du financement de 29.000.000 de dollars  à travers nos partenaires pour la construction des forages car il y a même une société de Kenya, prête à gagner le marché », a conclu le ministre de l’énergie. 

Nassuf. M. Abdou

Les ordures à Mutsamudu. Plus dans la rue, mais entassées depuis des années dans des dépôts sauvages dans les coins de Mutsamudu et sûrement encore, sans d’autres villes. À Mutsamudu, il y a des heures de ramassage, de dépôt.

À la suite de l’incendie qui a eu lieu sur le site de la décharge sauvage le 10 novembre 2021, des montagnes de déchets sont encore présentes sur le dépôt. Aucun enlèvement des déchets dans ce dépôt qui est le deuxième de Chiwé et l’énième de Mutsamudu. Il s’en dégage des odeurs et sans doute toxiques, dans toute la zone des dépôts sauvages, qui sont insupportables. « Nous ne pouvons pas laisser les fenêtres ouvertes trop longtemps. Je ne comprends pas que l’on laisse cette pollution intoxiquer les riverains. Il est temps d’intervenir pour régler ce problème qui n’a que trop duré », a indiqué Fatima Said, résidente à Chiwé. « Ce sont les populations avoisinantes ces dépôts qui jettent les ordures depuis des générations », ajoute-t-elle. Suite à cela, nous avons contacté l’association AFAM. Dans leur bureau, on apprend qu’ « aucune initiative ou projet de ramassage n’est prévu. Nous sommes prêts à donner du matériel, si une personne en a besoin ». Et qu’après l’arrivée des pluies récentes, « la principale mission est de rendre opérationnel le site de Dindrihari ».

Pour Bayard Ismaila, chef d’antenne de l’agence nationale de gestion de déchets, c’est un problème qui touche le monde entier. « L’agence est une structure nouvelle qui rencontre des problèmes techniques. Nous cherchons des solutions avec les parties prenantes. Toutefois, l’ANGD n’est pas pour régler les problèmes des ordures, mais d’épauler les communes à la gestion des ordures. Et il ne peut pas y avoir d’assises internationales du tourisme aux Comores, donc du tourisme, si nos communes ne sont pas propres », dit-il. Pour les dépôts sauvages de Mutsamudu, l’agence qui se structure financièrement, « réfléchit sur le problème en mettant des bacs à ordures dans ces zones pour limiter la progression des décharges. Également certains citoyens sont réticents à l’installation de bacs à ordures dans leurs quartiers », a-t-il souligné.

Ahmed Zaidou

Intempéries : Anjouan sous l’eau 

Intempéries : Anjouan sous l’eau 

Des rafales de vents et des pluies diluviennes, depuis jeudi soir, ont fait plusieurs dégâts et des blessés dans l’île d’Anjouan. Les banques, les écoles, le commerce, le transport en commun ont été à  l’arrêt. L’île d’Anjouan est inondée.

Les intempéries frappent l’archipel des Comores. Inondations, coulées de boue entraînant des interruptions sur les axes routiers, coupures d’électricité affectant plusieurs bâtiments administratifs à Ndzuani. Anjouan sous l’eau après les pluies. Les fortes pluies ont provoqué des inondations. Plusieurs maisons, quartiers et localités sont envahis par les eaux. Une situation qui devient de plus en plus inquiétante. Certains chefs de familles voient les eaux envahir leurs domiciles et causer d’énormes dégâts.

Des dégâts matériels

Des conteneurs sont tombés au port, des maisons inondées et des poteaux électriques tombés dans la région de Nyumakelé. On apprend de nos vaillants sapeurs-pompiers que personne n’est gravement blessé sur la zone de Mutsamudu. Toujours avec le sourire, ils nous apprennent à être à l’œuvre depuis 6 heures du matin de ce jeudi dans les différents quartiers de Mutsamudu et ses environs. Encore une fois, ils travaillent avec les moyens du bord, au péril de la vie, pour sauver des vies. La sécurité civile est aperçue dans plusieurs zones de la ville. Selon ZamaneMcolo, correspondant d’Ortc à KoniDjodjo, « la tempête n’a pas fait des dégâts à KoniDjodjo malgré quelques cultures vivrières arrachées par les forts vents ».

Pour la région de Nyumakelé, les rafales de vent font tomber des poteaux électriques d’une grande partie de Nyumakelé. « C’est dans le carrefour entre Dziani et Mramani. Ce ne sont pas moins de 5 poteaux. Nous sommes privés de courant depuis. Nous ne savons pas quand-est ce que tout cela pourra être réparé », a fait savoir Soulouhou Soundi. À Mutsamudu, les rafales de vent font tomber des conteneurs au port international de Mutsamudu. Un conteneur tombé à côté de la mer et l’autre, dans l’espace Dodin, dans le toit d’un magasin de flipper faisant deux blessés. Le courant remporte une personne de Mirontsy, mais sauvé de justesse. De la terre, des arbres, mais aussi des pierres ont barré la route de Mutsamudu vers Pagé. Les fortes pluies ont inondé encore une fois le bâtiment de l’Alliance française de Mutsamudu, et des maisons autour et ont ramené plusieurs tonnes de sable. Aboubackar El-back a annoncé que « ce sable amené par les eaux de pluies est récolté par des citoyens ».

L’impact socio-économique

La récolte du sable au port de Mutsamudu et dans le quartier Mjadzema (Alliance française) est une potentielle création d’emplois, mais toutefois, elle ralentit l’activité économique dans la zone. Des hommes et des femmes récoltent du sable pour la construction des maisons ou pour revendre. Mais, les dégâts dans ces zones sont inestimables. L’activité économique du port risque de s’asphyxier et d’impacter la vie sociale et économique de plusieurs personnes. Le port de Mutsamudu est fortement inondé. Plusieurs dégâts matériels sont à déplorer. Les banques, les écoles, le commerce, le transport en commun ont été à  l’arrêt.

Ahmed Zaidou

Samedi dernier, une opération de reboisement au lac Dzialandzé a été effectuée. Au total, 120 arbres sont plantés. Selon les agents du parc, le lac aurait 280 mètres de longueur et 150 mètres de largeur. Des agents des parcs nationaux, des élèves de la région, des gendarmes ont pris part à cette opération de reboisement.

Al Hayi et Tasnym, deux sociétés productrices d’eau dans l’île, par leurs rôles sociaux d’entreprises ont aidé à la réussite du reboisement. Une entreprise chargée des travaux des bungalows est en attente par la mairie de la commune. Pour y aller, il faut emprunter un chemin caillouteux où les amateurs de framboises vont se régaler. 6 minutes de montée et 2 minutes de descente pour s’y rendre au départ de la route principale.

Des espaces disparus et un lieu de culte

Des oiseaux et des espaces d’arbres ont disparu par cause, un concasseur à quelques mètres à côté. Un lieu aussi connu pour ses mythes et légendes où de nombreuses offrandes, à savoir des parfums, du sucre, des bouteilles d’alcool entourent le lac. Le lieu est connu pour être le berceau de l’eau qui alimente l’île. La légende raconte que c’est un lieu de prière où invoquent les esprits des Djinns et des Dieux.

Un reboisement sous tension

« Nous sommes au noyau dur du parc. C’est une zone de biodiversité qui demande à être entretenue. La forêt n’est plus. Le lac rétréci. Ce reboisement, c’est pour permettre le développement de la forêt et donc le cours d’eau. Avec les élèves, la gendarmerie, nous avons planté 120 arbres », explique Abdou Mohamed, agent du parc Mont Tringui et évoque des difficultés avec les agriculteurs. « Nous avons des difficultés avec les agriculteurs, propriétaires des terrains. Ces terrains sont occupés. Certains arbres peuvent être arrachés par ces derniers. Pour eux, un manioc ou un bananier est important que ces arbres qui protègent l’érosion ou qui permettent la garde de l’eau », dit-il.

Des bungalows au parc Mont Tringui

Le maire de la commune, Houmadi Ahmed, évoque des constructions hôtelières dans les abords du parc Mont Tringui. « Ça doit être un projet au bénéfice de la population comorienne. Ce sont 3 projets au niveau national. Seulement, c’est à Anjouan qui bloque. C’est un souci de terrain dont les propriétaires n’acceptent pas de laisser les terrains pour les travaux. Ces projets ne doivent pas être arrêtés à cause de ce genre de choses. Nous sommes en attente de la venue des entrepreneurs qui doivent débuter les travaux », a-t-il indiqué. « À l’époque, avec le ministre de la production et la directrice du tourisme, nous nous sommes mis d’accord avec les propriétaires qu’ils seront actionnaires de l’exploitation des bungalows. Ces mêmes propriétaires ont refusé la construction. Le choix de ces terrains est choisi avec des critères spécifiques », précise-il.

Ahmed Zaidou

Quelques jours après la journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars dernier, le commissariat national à la solidarité, la promotion de  genre et de la protection sociale, a réuni hier jeudi, les femmes rurales activistes pour une table ronde, à Moroni. L’idée est d’échanger et de mettre les actions en place pour s’adapter aux  conséquences du changement climatique.

Plus de 60 femmes issues des différentes régions des trois îles ont répondu présentes, hier jeudi, à Moroni, pour une  réunion de table ronde avec les femmes rurales sous l’égide du Mme Mariama Ahamada M’sa, commissaire nationale à la solidarité, la promotion du genre et de la protection sociale. Cette réunion  s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la journée internationale de droites de la femme pour justement sensibiliser la population particulièrement les groupe vulnérables tels que les femmes, les filles, les personnes âgées, les personnes vivant avec handicap qui sont sans doute les premières victimes en cas des catastrophes naturelles dues au changement climatique.

L’accès à l’énergie et à l’eau

« La femme joue un rôle de premier plan pour le développement durable  de notre pays. Elle mérite  un accompagnement en permanence pour mieux faire face avec des solutions adaptées contre le  phénomène du changement climatique et ses conséquences pour tenir compte de ses activités qui contribuent à l’économie du pays mais durement  impactée par le changement climatique », a déclaré Mme Mariama Ahamada M’sa. Et elle d’ajouter que « les agricultrices, les couturières ainsi que les éleveuses  sont en ligne de mire face aux effets du changement climatique, elles  doivent  se sentir soutenues, nous devons mieux se préparer ».

Selon Fabrizio Andreuzi, représentant résident adjoint du Pnud, les  femmes  subissent les effets du changement climatique liés au manque de proximité des ressources comme l’eau ou pour adopter des pratiques plus résilientes dans l’agriculture afin de s’inscrire  dans l’adaptation et la mitigation au changement climatique. « L’accès à l’énergie et à l’eau est crucial dans la prise en compte du genre dans le changement climatique. Les risques  et les impacts du changement climatique aggravent encore la pauvreté  relative des femmes et des jeunes », a-t-il souligné.  Les études, poursuit-il,  montrent que l’autonomisation  et l’égalité des femmes sont importantes pour assurer un développement durable en termes d’augmentation de la productivité, de la résilience climatique et de l’amélioration de la santé et du bien-être.  

Le Pnud et son soutien de taille

Le représentant résident adjoint du Pnud s’est exprimé sur  le soutien indéfectible qu’apporte le Pnud  pour ce projet eau résiliente pour le changement climatique. « Le Pnud en collaboration avec le ministre de l’eau apporte une réponse à cette problématique à travers le projet d’approvisionnement en eau résilient au changement climatique, au total 1.05.000 ménages répartis dans 27 communes sont bénéficiaires, 4 361 ménages dirigés par des femmes ont pris part à la consultation et 4360 parcelles agricoles sont irriguées », a-t-il fait savoir.  Sur place,  des matériels de tous genres ont été distribués  aux différentes associations des femmes présentes.

Très connue dans le monde des affaires, plus particulièrement sur l’élevage Mkaya Msa connue sous le nom « Mzungu wa Nkuhu », s’est dit très touchée par les effets du changement climatique. Elle affirme qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’elle perde une dizaine des poules dans ses poulaillers où des générations en génération  universitaires y passent pour faire du stage en agronomie. Cette femme espère qu’avec l’appui du Pnud, elle pourra s’adapter selon les conditions pour qu’elle soit en mesure de faire face aux  conséquences présentes et lointaines liées au réchauffement climatique.

Nassuf. M. Abdou

 

 

 

Une réunion entre la mairie de Moroni et les responsables de l’Ong des scientifiques et ingénieurs comoriens s’est tenue hier, à la mairie de Moroni. C’est présenter  un projet de valorisation des déchets aux Comores (Provad) ciblant 7 communes  de Ngazidja. La salubrité est une priorité.

« D’ici la fin de l’année 2022, le projet verra le jour », a annoncé Saïd Omar Saïd Hassane, secrétaire général de l’Ong des scientifiques et ingénieurs comoriens. Convaincu de l’importance du projet, le secrétaire général a expliqué quelques avantages, notamment la transformation des déchets en biogaz et engrais chimique nécessaires aux plantations, de l’eau et autres matières. Cela permettra également, selon lui, de renforcer la propreté dans les rues. Autres avantages, Saïd Omar Saïd Hassane a cité, entre autres, la commercialisation des déchets après le processus de transformation. « Les déchets transformés en produit fini seront vendus à l’étranger. C’est pour cela que nous sommes dans un processus de valorisation de nos déchets », a indiqué le secrétaire général.

A l’en croire, la valorisation ne concerne pas seulement la transformation ou la commercialisation, elle peut aussi créer des emplois depuis la chaîne de collecte jusqu’à la transformation et à la commercialisation. Pour le secrétaire général, le projet ne présente pas aucun impact environnemental. Saïd Omar Saïd Hassane s’est félicité car  Provad figure parmi les 18 projets retenus dans l’appel d’offre de la trésorerie française qui visait 60 candidatures. « Notre projet de valorisation des déchets concerne les nouvelles technologies,  l’environnement et contribue à l’économie de l’île de Ngazidja », a-t-il expliqué.

7 communes de Ngazidja sont les bénéficiaires du projet et un site est déjà disponible. « Nous remercions la commune de Oichili Yadju d’avoir accepté de nous donner le site. C’est quand même un pas déjà franchi », a conclu le secrétaire général de l’Ong des scientifiques et ingénieurs comoriens.

Abdouloihab Papa (stagiaire)

 

Mutsamudu, capitale de l’île d’Anjouan, retrouve sa beauté, ce mardi. Plus de déchets ni d’odeurs nauséabondes. Le prestataire privé a repris du service après deux semaines d’arrêt.

Après la visite des ministres des finances et de l’aménagement dans la commune, la mairie de Mutsamudu annonce que « des sommes conséquentes ont été arrêtées pour engager des travaux rapidement sur plusieurs fronts » et que les frais du prestataire vont dépendre désormais des recettes de la mairie. En cas de bonne foi, le service Urahafu de la mairie percevait les taxes et selon eux, c’est pour pérenniser l’activité de ramassage.

« La crise des déchets à Mutsamudu a atteint son dénouement avec de bonnes perspectives de reprise de l’activité assurée par le prestataire du ramassage. La visite des deux ministres des finances et de l’aménagement dépêchés par le président de la République ce week-end s’est avérée très fructueuse à plus d’un titre. Des sommes conséquentes ont été arrêtées pour engager des travaux rapidement sur plusieurs fronts : le caniveau de Missiri, la digue de Lazare et le quartier de l’alliance constamment menacé par les ravages des pluies », a-t-on souligné.

« La situation des déchets de la commune a également fait l’objet d’une profonde réflexion avec le maire Zarouki Bouchrane pour trouver des solutions pérennes. Le prestataire sera payé pour les 2 mois de service non honorés par l’agence. Et il dépendra désormais de la Mairie avec laquelle il signera un contrat de service », a ajouté la mairie. « La Mairie, quant à elle, signera directement un contrat avec les services de l’Etat pour payer le prestataire et les travailleurs de la propreté. Ainsi, le système sera pérennisé en attendant que la perception de la taxe d’ordures se généralise et se substitue progressivement au système mis en place », dit-on.

Interrogée sur le fait que les ordures seront ramassées par le prestataire et les recettes de la mairie, les citoyens s’étonnent, la mairie a réagi que « la mairie ne peut pas, seule, prendre en charge la gestion des ordures d’une ville où il y a une mixité massive de la population ». Certains, à l’instar de Mohamed El-bacry, font savoir qu’une taxe d’ordures ou une cotisation serait nécessaire et selon lui, un acte citoyen.

Ahmed Zaidou