La cinquième édition du forum de Paris sur la paix s’est tenue du 11 au 12 novembre dernier. Ce forum est créé en 2018 pour relancer le multilatéralisme dans les relations internationales. Pour cette cinquième édition, le forum sur la paix est consacré aux crises multidimensionnelles, de la pandémie au réchauffement climatique en passant par la guerre en Ukraine.

Fondée sur l’idée que la coopération internationale est essentielle pour relever les défis mondiaux et assurer une paix durable, le forum de Paris sur la paix a vocation à rassembler et faire interagir, chaque année, sous un même toit, tous les acteurs de la gouvernance mondiale. Chaque année depuis 2018, le forum sur la paix met en lumière des projets ou initiatives de gouvernance en proposant des solutions et des actions concrètes face aux défis mondiaux. Ces solutions se distinguent par leur dimension internationale et multi-acteurs, et par leur capacité à créer un changement durable au sein de la gouvernance mondiale.
« Depuis 2018, réunis au forum de Paris sur la paix, nous mettons en lumière des projets ou des initiatives de gouvernance en proposant des solutions et des actions concrètes face aux défis mondiaux. Les grands défis d’aujourd’hui se résument à la lutte contre le réchauffement climatique, les efforts pour atteindre les objectifs de développement durable et renforcer nos systèmes de santé, la coopération économique renforcée, ainsi que la gestion commune des biens publics mondiaux. Comme vous le savez, la pandémie de la Covid-19 a mis à mal bien des projets et a réduit bien d’espérance », a déclaré le chef de l’Etat comorien, Azali Assoumani.
Selon lui, les guerres multiples partout dans le monde engendrent entre autres : une crise humanitaire, une hausse de l’inflation et des prix de l’énergie, une insécurité alimentaire et des perturbations économiques et d’approvisionnement. « Ce n’est pas sans raison que cette édition du forum de Paris sur la paix se concentre sur le thème « Surmonter la multi-crise » et sur la prévention d’une polarisation mondiale. « Catalyser les solutions climatiques et environnementales, puisque tel est le thème qui nous est assigné, est un défi ambitieux qui demande un engagement sans faille de notre part », a-t-il indiqué.
Volet climat
« L’urgence climatique et environnementale est manifeste et je me permets de le dire devant un auditoire ami, cette urgence n’est pas de notre fait à nous, les pays du Sud. Elle est d’abord la conséquence du développement industriel, depuis le 19ème siècle, sur le fondement d’économies carbonées et d’énergies fossiles. Cela dit, je ne chercherai pas ici à préciser les responsabilités des uns et des autres. Nous sommes tous embarqués dans le même bateau. Un bateau qui prend l’eau avec la menace, à peine voilée, de rendre à court terme la vie humaine de plus en plus difficile sur cette planète.
Selon le président Azali, beaucoup d’efforts incontestables sont déployés par la communauté internationale et notamment des pays du Nord pour mettre en place des fonds multilatéraux au service d’une croissance verte. « Certes, l’intention est louable, et l’ambition est élevée. Toutefois, il faut reconnaître, hélas, que les avancées ne sont pas à la hauteur des attentes légitimes des pays concernés. Et cela, mesdames et messieurs, parce que nos pays du Sud, et je pense en particulier aux plus petits d’entre eux, ont énormément de mal à faire face à la lourde bureaucratie liée à ces nouveaux instruments financiers. De ce fait, nos pays n’ont pas les ressources humaines et administratives pour bénéficier, comme ils le devraient, de cette manne financière qui demeure donc largement théorique. Ce goulot d’étranglement est insupportable et constitue, je le dis très simplement, une des causes de ce scepticisme ambiant. Cela étant dit, nous ne récusons pas l’intérêt d’une approche mondialisée des problèmes environnementaux », ajoute-t-il.
Le président Azali a insisté sur la vision stratégique que les Etats insulaires devraient avoir de la mer et de ses ressources, en tant qu’élément majeur de régulation de l’environnement et du climat. « En le disant, j’ai surtout conscience que nos espaces maritimes ne conditionnent pas seulement la vie des populations insulaires et côtières mais de tous les peuples du monde. En effet, par leur puissance, leur impact majeur sur les écosystèmes, sur le climat et sur les précipitations, c’est-à-dire sur l’agriculture et les ressources en eau, les océans sont la clé de la régulation du futur de toute notre planète. En plaçant les océans au cœur de nos préoccupations, nous prendrons en compte 71% de la surface du globe qui régule à plus de 80% le climat de la Terre. Nous devons passer des promesses à l’action car nous n’avons plus le temps de parler, mais seulement le devoir d’agir et comme le disait Pascal Lamy le temps de trouver des solutions », a-t-il conclu.
KDBA








