Quelques jours après leur déplacement à Anjouan, Ahmed Mohamed, alias Ben, Coordinateur Général du ROC, se dit satisfait du déroulement des activités. Selon lui, malgré les menaces et les intimidations, ces rencontres représentent une étape cruciale dans le combat pour libérer la parole et redonner confiance au peuple. Interview.
Al-fajr : Monsieur le Coordinateur Général, le ROC vient de conclure trois jours de rencontres citoyennes à Ouani, dans un climat parfois tendu. Quel bilan tirez-vous de ces travaux ?
Coordinateur Général du ROC : Sur invitation de la coordination de Ndzuani du ROC, les coordinations de Ngazidja et de Mwali se sont retrouvées à Ouani pour trois jours de débats enrichissants, du 18 au 20 septembre 2025. Les Anjouanais ont pu s’exprimer librement et sans crainte sur la situation de notre pays.
Plusieurs thématiques ont été abordées. Nous avons recueilli des témoignages forts, des propositions concrètes, et surtout une volonté commune de construire une alternative démocratique au régime actuel.
Ces rencontres marquent une étape essentielle dans notre lutte pour libérer la parole et restaurer la confiance du peuple. En dépit des menaces et des tentatives d’intimidation, la population anjouanaise a montré qu’elle ne cédera plus ni au silence ni à la peur. C’est un bilan résolument positif : celui d’un peuple debout, déterminé à reconquérir sa liberté.
Al-fajr : Certains partisans du parti au pouvoir (CRC) ont exprimé leur hostilité à votre initiative, notamment à Domoni et à Ouani. Quelle est votre réaction face à ces agissements ?
Coordinateur Général du ROC : Cela ne nous surprend pas. Le comportement de la CRC illustre parfaitement le contenu de notre déclaration finale : le régime est aux abois. Quand un pouvoir est illégitime, il redoute toute voix dissidente. Toute initiative citoyenne indépendante est perçue comme une menace, car elle révèle l’isolement du pouvoir et son échec patent.
Notre démarche est pacifique, inclusive, et axée sur l’intérêt général. Leur hostilité reflète leur panique. Un comité de coordination de la CRC s’est même installé à Ouani pour superviser les opérations de perturbation, avec à sa tête le ministre de la Jeunesse et des Sports ainsi que le maire de la ville.
Nous ne craignons ni leurs milices, ni leurs menaces. Nous sommes dans notre droit. Ce que nous déplorons, c’est l’inaction des forces de l’ordre pourtant présentes sur place. Nous leur rappelons que le temps de la résignation est révolu : c’est désormais le peuple qui fixe l’agenda, et non plus le CRC.
Al-fajr : Quelles sont les principales préoccupations exprimées lors de ces rencontres citoyennes ?
Coordinateur Général du ROC : L’ensemble des participants a dénoncé la misère, l’oppression et l’injustice qui règnent dans le pays. Les Comoriens sont épuisés par le chômage, la vie chère, l’arbitraire, et le pillage organisé des ressources nationales.
Le régime du colonel Azali Assoumani a détruit les institutions, bafoué la Constitution et accaparé le pouvoir au profit de ses proches.
Mais à Ouani, au-delà des dénonciations, nous avons travaillé sur des propositions concrètes. Ces idées seront intégrées dans un plan d’action citoyen et politique, qui sera présenté prochainement lors d’une conférence de presse.
Al-fajr : Une déclaration finale a été publiée à l’issue de vos travaux. Que faut-il en retenir ?
Coordinateur Général du ROC : Cette déclaration exprime clairement la volonté du peuple de reprendre en main son destin. Elle appelle à une résistance populaire, pacifique mais déterminée.
Plus personne ne doit rester silencieux face à l’injustice. La Coordination Générale assurera le suivi de ces actions et poursuivra la mobilisation dans toutes les îles.
Ce régime ne tombera pas de lui-même : seule l’unité, le courage et l’engagement collectif du peuple permettront le changement. L’Histoire nous enseigne que les dictatures ne s’effondrent que face à la détermination d’un peuple uni.
Al-fajr : Quelle est la prochaine étape pour le ROC après les rencontres de Ouani ?
Coordinateur Général du ROC : Nous allons organiser d’autres espaces de dialogue dans les autres îles. Nous préparons également des actions de sensibilisation, de mobilisation et de plaidoyer, à la fois sur le plan national et international. Le ROC n’est pas une opposition de façade. Nous voulons être un véritable outil de libération nationale, pour le peuple et avec le peuple.
Al-fajr : Un dernier mot pour les Comoriens, de l’intérieur comme de la diaspora ?
Coordinateur Général du ROC : Peuple comorien, n’ayez plus peur de ce régime illégitime. L’avenir est entre nos mains. Si nous restons unis et debout, ce pouvoir tombera. Le moment est venu de choisir : la soumission éternelle ou la liberté. Le ROC a choisi son camp : celui du peuple, celui de la libération. L’Histoire est en marche et elle ne s’arrêtera pas à Ouani.
Propos recueillis par KSA









