L’Assemblée nationale a franchi un pas décisif en faveur de la liberté de la presse et de la démocratie en adoptant, vendredi 26 décembre 2025, le nouveau Code de l’information. Par 31 voix sur 33, les députés ont rejeté toute disposition portant atteinte à la protection des sources journalistiques, consacrant ainsi un principe fondamental de l’exercice du métier de journaliste. Pour le syndicat national des journalistes comorien, il s’agit d’une victoire pour la liberté de la presse
Au cœur des débats figurait l’article 169 du projet initial, qui prévoyait que, sur décision judiciaire motivée et dans des cas exceptionnels, un journaliste puisse être contraint de divulguer ses sources. Une disposition vivement contestée par la profession. À l’issue des discussions parlementaires, cet article a été purement et simplement écarté. Il est désormais remplacé par l’article 153, dont la formulation est sans équivoque :
« Le journaliste n’est pas tenu de divulguer ses sources. À cet effet, il ne peut être inquiété par l’autorité publique. »
Une victoire saluée par les professionnels
Le Syndicat national des journalistes comoriens (SNJC), farouchement opposé à l’article 169, a salué une décision historique. Dans une déclaration officielle, le syndicat a exprimé sa profonde reconnaissance à l’Assemblée nationale pour avoir pris en compte les inquiétudes légitimes des professionnels des médias, ainsi que les risques majeurs qu’aurait fait peser une telle disposition sur l’indépendance de la presse.
Le SNJC a particulièrement tenu à remercier la commission de production, dont la fermeté, le sens des responsabilités et l’attachement à l’intérêt général ont permis le rejet de cet article controversé, dans l’intérêt supérieur de la Nation et pour la sauvegarde de l’éthique journalistique.
Une reconnaissance institutionnelle et sociale
Autre avancée notable : l’approbation par les députés de la représentation du Syndicat national des journalistes comoriens au sein du Conseil du CNPA, une décision qui renforce la place de la profession dans les instances de régulation et de gouvernance des médias. Par ailleurs, les parlementaires se sont montrés attentifs à une revendication majeure des journalistes, celle des conditions salariales jugées précaires et insuffisantes. Conscients de la fragilité économique du secteur, ils ont recommandé l’élaboration d’un texte d’application visant à encadrer et améliorer la rémunération des professionnels des médias.
Le défi de la mise en œuvre
Si cette adoption marque une victoire indéniable pour la liberté d’expression, le SNJC rappelle que l’essentiel reste à faire. Il revient désormais au gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, de traduire ces engagements en actes concrets. L’adoption rapide des textes d’application et la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses seront déterminantes pour lutter efficacement contre la précarité des journalistes comoriens et garantir l’indépendance durable de la presse. Avec ce vote, l’Assemblée nationale envoie un signal fort : la protection des sources journalistiques n’est pas négociable et constitue un pilier essentiel de la démocratie aux Comores.
Kamal Saïd Abdou









