Réformes législatives, investissements sur le terrain et relance des filières agricoles, d’élevage et de pêche, en 2025, le secteur agricole comorien amorce un tournant décisif vers une production durable et mieux structurée. En 2025, l’agriculture comorienne entre dans une phase charnière.
Longtemps confronté aux défis de la productivité, de l’accès aux intrants et de la structuration des filières, le secteur bénéficie désormais d’un cadre politique et opérationnel plus solide, avec pour objectif affiché la souveraineté alimentaire et le développement rural durable. Trois textes majeurs ont été adoptés au cours de l’année : le Code de l’Artisanat, le Code de l’Élevage et la Loi sur la gestion des terres agricoles. Ces réformes posent les bases d’une meilleure organisation des activités rurales, de la sécurisation foncière et de la valorisation des savoir-faire locaux. Une nouvelle étape est attendue en avril 2026, avec une session parlementaire dédiée à l’encadrement et à la régularisation de l’utilisation des semences, un enjeu clé pour la qualité et la traçabilité des productions.
Des résultats concrets sur le terrain
Au-delà des textes, les actions menées sur le terrain traduisent une volonté de transformation réelle. Dix-neuf Centres Ruraux de Développement Économique (CRDE) ont été soutenus afin d’accompagner les producteurs locaux. Quatorze chambres froides ont été financées, renforçant les capacités de conservation des produits agricoles et halieutiques, tandis que vingt nouveaux poulaillers sont programmés pour stimuler la filière avicole. La distribution d’intrants agricoles s’est également intensifiée. Pas moins de 500 000 plants de manioc, 300 000 plants de patates douces et 58 tonnes de semences de gingembre ont été mis à la disposition des agriculteurs, contribuant à diversifier et à sécuriser la production vivrière.
Un élevage mieux structuré et plus productif
Le secteur de l’élevage n’est pas en reste. Les campagnes de vaccination ont permis de protéger 1 700 bovins et 1 700 cabris, réduisant les risques sanitaires. Par ailleurs, 120 bœufs ont été distribués dans le cadre du développement de la production laitière, un levier important pour améliorer les revenus des éleveurs et réduire la dépendance aux importations.
Infrastructures rurales et recherche en appui
Pour désenclaver les zones agricoles, 19 kilomètres de pistes rurales ont été réhabilités, facilitant l’accès aux marchés et le transport des produits. La recherche agricole progresse également avec la création de cinq laboratoires spécialisés et la formation d’agents techniques à l’étranger, renforçant ainsi les capacités nationales en matière d’innovation et de suivi scientifique. La pêche, un potentiel mieux valorisé. Enfin, la pêche bénéficie d’un intérêt renouvelé, notamment à travers une meilleure connaissance des ressources marines. Les travaux menés sur les langoustes et les espèces locales visent une exploitation plus durable, au service des pêcheurs et de la préservation des écosystèmes. L’année 2025 apparaît ainsi comme un jalon important pour l’agriculture comorienne. Entre réformes, investissements et résultats visibles, le pays pose progressivement les fondations d’un secteur agricole plus résilient, capable de répondre aux besoins alimentaires de la population tout en soutenant l’économie rurale.
Hidaya









