En l’espace de deux ans, plus de 640 cas d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ont été enregistrés à l’échelle nationale. Les dernières données issues du système DHIS2 mettent en lumière de fortes disparités régionales et soulèvent de sérieuses interrogations sur les facteurs de risque, notamment à Ngazidja, l’île la plus touchée.
La Directrice de l’Information et des Statistiques Sanitaires a rendu publique, le 5 février 2026, une note d’information portant sur la situation des patients déclarés victimes d’AVC, tous types confondus, au cours des deux dernières années. Selon les données du système national DHIS2, 322 cas ont été recensés en 2024 contre 324 en 2025. Une stabilité apparente qui ne doit toutefois pas occulter la gravité du phénomène.
L’analyse régionale révèle de fortes disparités entre les îles. Ngazidja concentre à elle seule la majorité des cas, avec 259 AVC enregistrés en 2024 et 233 en 2025. Ces chiffres placent l’île largement en tête des régions les plus affectées.
« Cette situation soulève une question centrale : s’agit-il principalement de ressortissants de la Grande Comore ou de l’ensemble de la population vivant sur l’île, y compris les personnes venues d’autres régions ? Cette interrogation mérite des études plus approfondies afin de mieux comprendre les déterminants démographiques et sanitaires », explique la Direction en charge du DHIS2.
À l’inverse, Ndzuwani apparaît comme l’île la moins touchée, avec 16 cas en 2024 et 18 en 2025, des chiffres relativement faibles au regard de la tendance nationale. La situation est toutefois différente à Mohéli, où les autorités sanitaires observent une évolution préoccupante. Le nombre de cas y est passé de 47 en 2024 à 73 en 2025, traduisant une augmentation significative qui appelle à une vigilance accrue et à des actions de prévention ciblées.
Au-delà des statistiques, la Directrice de l’Information et des Statistiques Sanitaires alerte sur la gravité des AVC, dont le pronostic vital est souvent engagé. Cette pathologie, fortement associée à des facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle, le diabète, le stress ou encore les mauvaises habitudes de vie, représente un défi majeur pour le système de santé comorien.
Hidaya









