ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Analyse : Le président Sambi, un damné ?

Dans le collimateur de la justice, l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, dans la tourmente. Assigné en résidence surveillée puis placé en détention provisoire suite à l’enquête sur la citoyenneté économique, une procédure jugée hors la loi, Sambi est accusé également par le mufti de la République « ennemi numéro 1 de la Nation. »

Sambi a été placé en résidence surveillée par le secrétaire général du ministère de l’intérieur. Cet emprisonnement, affirme-t-il, n’était ni justifié ni légal, car ne s’appuyant sur aucune décision officielle de justice, les nombreuses saisines de la justice comorienne par mes trois avocats ne m’ont jamais permises de retrouver ma liberté. Accusé sur l’enquête de la citoyenneté économique, il est placé en mandat de dépôt dans sa résidence. Son avocat a lutté pour une justice impartiale, démocratique et indépendante et un régime judiciaire juste. En vain. Des demandes rejetées. Le juge d’instruction chargé du dossier sur l’enquête de la citoyenneté économique a fini ses enquêtes.

L’ancien président Sambi est inculpé pour détournements des biens publics, faux, usage de faux et forfaitures. Les faits que l’homme au turban est reproché sont « prévus et réprimés par les articles 151 et suivent, 136, 137, 224, 427, 158 et suivent, 44, 45 et 117 et 148 du code pénal et l’ordonnance n°92-002/PR du 04/07/1992, et la loi n°13-015/AU du 26/12/2013, complétant certaines dispositions de la loi n°08-018/AU du 25/07/2008 relative à la transparence des activités publiques, financières et sociales. » Alors qu’une maladie a été déclarée, Sambi n’a bénéficié aucune évacuation sanitaire.

Sambi  n’est ni voleur ni malfaiteur ?  

L’ancien chef de l’Etat avait adressé une lettre au chef de l’Etat actuel pour plaider son innocence, le président Azali n’donné aucune suite. « Pour permettre une meilleure visibilité de la gestion des fonds issus de ce programme de citoyenneté économique, mon avocat et moi-même durant les premières auditions avions formulé trois requêtes au juge d’instruction pour demande des détails du compte bancaire de la citoyenneté économique, des informations sur le nombre des passeports économiques octroyés aux bédouins entre le mois de mars 2009 et le 26 mai 2011, puis du 27 mai 2011 au 26 mai 2016 et du 27 mai 2016 jusqu’au jour de notre requête couvrant ainsi votre présidence, des moyens financiers lui permettant de se rendre aux EAU pour enquêter sur les allégations de versement d’un pot-de-vin par des autorités émiraties. Le juge n’a répondu qu’à une seule de ces trois requêtes. Il ne nous a fourni qu’un document de la banque centrale des Comores, portant sur l’historique du compte bancaire de la citoyenneté économique entre la date de son premier versement le 03 mars 2009 et le 01 septembre 2015 », a expliqué Sambi. Et de se défendre : « je ne suis pas voleur ni un malfrat et que je n’ai rien détourné car je n’ai jamais été corrompu. »

Sambi est-il un dealer ?

Les propos du grand mufti de la République laissent présager. « Sambi est l’ennemi numéro 1 de la République. Par le biais de Sambi, Bashar transportait de la drogue vers les Comores », a déclaré le mufti Aboubacar Said Abdillah. Sambi, un maudit ? Des propos condamnés par les uns et soutenus par les autres. La guerre de salive. Le président Sambi vit les moments difficiles de sa vie. Des calomnies ? Seul le mufti, révélateur, peut en justifier. S’en prendre à une personnalité en public est horrible. Bien que nombreux inculquent cette culture à toute une génération. Cependant, les propos du grand mufti sont trop critiqués. Le gouvernement tire sur Sambi. Le mufti tire sur Sambi. L’homme au turban est-il damné ?

KDBA

 

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