Le 12 septembre dernier, l’office de radio et télévision des Comores (ORTC) a inauguré officiellement, un nouveau plateau Journal Télévisé (JT), financé par le chef de l’Etat, Azali Assoumani. À cette occasion, hier, le chef de l’Etat a visité les travaux réalisés et a profité de l’occasion d’entretenir avec les journalistes de l’institution. L’entretien s’est axé donc, sur des questions relatives à la crise économique que traverse le pays, son récent voyage à l’étranger, la rencontre avec Mouigni Baraka. Interview.

Monsieur le président, du 12 au 30 septembre dernier, vous avez effectué un voyage à l’étranger, en passant à Dar-es-Salam, Addis-Abeba, Londres,… jusqu’à Tokyo, quels sont les résultats attendus par les comoriens ?
Effectivement, mon voyage entre dans un cadre politique et technique. Politique, pour tisser des relations bilatérales et un renforcement des liens fraternels. Lors de l’investiture du nouveau président du Kenya, c’était l’occasion de parler de la question de la présidence de l’Union africaine en 2023. À Londres, lors des funérailles de la reine Elisabeth 2, j’ai rencontré l’ambassadrice de l’Union Européenne pour des questions de relations diplomatiques et de coopérations. Au 77e sommet de l’Onu, les présidents ont exprimé leurs doléances et ont annoncé le bilan de l’année écoulée. Des résultats attendus. Technique pour des projets de construction et de développement. Au Japon, il était question d’un projet géothermique, de réhabilitation des ports et des projets d’appui de l’Université des Comores.
Dans votre discours au 77ème sommet des Nations-Unies, vous avez abordé la question du retour de l’île de Mayotte, où en est-on exactement ?
Oui, j’ai abordé cette question, mais, vous devez savoir que la France est un pays de droit de veto, puissant par rapport à notre archipel des Comores. Il faut donc procéder aux théorèmes de négociation pour mieux parvenir à nos objectifs. La France occupe Mayotte pour des intérêts géostratégiques. Il faut avoir une priorité : la nécessité vitale. J’ai donc entamé des discussions avec plusieurs présidents français, notamment Emmanuel Macron. Mais, je pense que le mieux est de passer par la négociation et Mayotte retournera sur le territoire comorien.
Le pays fait face à une crise économique marquée par le manque des produits alimentaires et pétroliers, quelles sont les stratégies envisagées pour sortir le pays de cette crise ?
Écoutez, le pays a été frappé par une pénurie de riz ordinaire, mais, actuellement, 12 000 tonnes de riz sont en déchargement aux ports et cette quantité va couvrir la période de ces trois mois. Il faut tenir compte que le pays importe 80% des produits à l’étranger. Le gouvernement a subventionné les opérateurs économiques, les boulangers,… et maintenant, nous devons bien gérer ce que l’on a eu. À travers l’UCCIA, nous pensons qu’il est temps de donner le marché de la commande du riz aux opérateurs économiques comme on l’a fait, jadis. En 2016, les recettes ont été élevées jusqu’à 40%, et maintenant, ces recettes sont chutées mais, nous avons essayé de stabiliser la situation. Nous sommes convaincus que les résultats ne sont pas encore atteints mais, nous sommes dans la bonne voie. Le riz ordinaire est là, l’électricité est en marche, même s’il y a des délestages et les produits pétroliers sont là aussi. Il existe une volonté du gouvernement et de nos partenaires, il faut donc restructurer les sociétés. On subventionne les produits importés pour garder une stabilité de prix et les produits locaux sont à la hausse. La conférence de Paris a été une ambition pour développer le pays, mais, la Covid-19 et la crise russo-ukrainienne ont changé les données. Le 03 décembre prochain, nous organiserons un séminaire pour évaluer toutes les instances et les projets. Et en janvier 2023, la relance du plan Comores émergents.
Monsieur le président, avant de participer au sommet des Nations-Unies, vous avez accueilli Mouigni Baraka, à la présidence, quel était l’objectif de cette rencontre ?
La politique est le vecteur qui relance l’économie. Il faut un dialogue politique d’apaisement pour instaurer la stabilité politique et l’alternance. Mouigni Baraka a répondu à mon invitation et je pense que les autres opposants accepteront aussi ma demande. Le pays demande la paix pour atteindre nos objectifs.
Propos recueillis par Abdoulandhum Ahamada








