Des jeunes diplômés âgés de 25 à 38 ans sont des chômeurs et oisifs. Ils n’attendent que la mort selon des jeunes interrogés. Cette jeunesse n’est pas toujours satisfaite de son environnement qu’elle critique d’une manière ou d’une autre. Une jeunesse pessimiste. Aux Comores, le chômage est un éternel problème.

Le chômage des jeunes va crescendo. Plus de jeunes de moins de 38 ans sont sans emploi. Un record. Des soucis préoccupants subsistent tels que l’abandon scolaire, la délinquance, l’échec scolaire, la criminalité et surtout le taux du chômage. La jeunesse est délaissée. Sachant qu’une population jeune est synonyme de disponibilité de bras valides et de main d’œuvre. Mais chose paradoxale aux Comores. Cette jeunesse est confrontée depuis toujours au phénomène du chômage. « Ce n’est pas un phénomène nouveau. Aucun gouvernement comorien n’a ouvert ses portes aux jeunes. Dans notre pays, le chômage des jeunes est au plus haut. Bien qu’on nous chante des entreprises créées. C’est du pipeau, du scénario. Où sont ces entreprises ? Combien de jeunes y travaillent ? Un dirigeant ne doit pas mentir à son peuple », a déclaré Ibrahim Mohamed, un diplômé en gestion à l’université des Comores.
Le marché d’emploi des jeunes est-il bouché ?
Deux ans après avoir obtenu son diplôme, il a travaillé en tant que stagiaire dans différentes institutions publiques. Mais, il est toujours à la recherche de son premier travail. « J’ai été embauché au ministère des finances et du budget, mais j’ai été licencié en 2016 par le gouvernement actuel. Je n’ai pas pu toucher mon premier salaire. Après mon licenciement, je n’ai pas croisé les bras, je me bats vainement pour un emploi. Après des stages, je ne suis pas embauché. J’ai déposé mon CV dans plusieurs sociétés d’Etat et banques du pays, je n’ai eu aucune réponse. C’est frustrant », se plaint Ibrahim Mohamed. Un signe que le marché d’emploi des jeunes est bouché ?
Malgré les projets lancés par les autorités en faveur des jeunes, ces derniers sont pessimistes. Et surtout les jeunes diplômés qui déposent des dossiers de recrutement dans des sociétés publiques et privées. « Les politiques, qui ont tourné le dos aux jeunes, vont sur des cérémonies et se chamaillent sur les médias. En fait, nous vivons dans un environnement hostile et une vie misérable. On se sent marginalisé par rapport aux jeunes proches du pouvoir. Certains parmi nous n’ont pas les moyens de s’épanouir et de s’émanciper », a-t-il souligné. Des années se sont passées sans aller nulle part.
« J’accepterai de risquer ma vie pour rejoindre la France »
Découragé ? Le jeune s’est résolu à prendre son destin en main. Il a décidé de vendre des bouteilles d’eau dans son village pour survivre. Toutefois, il n’a pas pu avancer dans cet élan. Puisqu’il ne gagnait rien. « Je me donne encore de l’espoir. Et si je ne trouve pas d’emploi, j’accepterai de risquer ma vie pour rejoindre la France. Tous les jeunes qui périssent dans les eaux n’ont d’autres choix que de sortir de cet enfer. Nous n’attendons que la mort », dit-il.
Se lamentant, Anoir Mouhtar, un jeune de 36 ans diplômé en droit à l’université des Comores, pointe du doigt les autorités de son village. Après six ans de stage dans un ministère sans qu’il soit recruté, Anoir Mouhtar a préféré abandonner et être oisif. Selon lui, il a tenté de convaincre les cadres dudit ministère qu’il exerçait son stage, en vain. « J’ai tout essayé pour me sauver mais… Je ne remettrai jamais les pieds dans ce ministère pour un stage. J’en ai assez. Six ans de stage, c’est absurde. Et le pire, c’est un stage non rémunéré », a raconté Anoir Mouhtar. « Si des jeunes diplômés n’ont pas réussi à décrocher un emploi, c’est le pays qui a échoué. Imaginez-vous ! Des jeunes ont commis des délits et des vols pour survivre. C’est désolant », a-t-il ajouté. Cette jeunesse n’est pas toujours satisfaite de son environnement qu’elle critique d’une manière ou d’une autre. Une jeunesse pessimiste. La situation reste inquiétante face à l’augmentation du nombre des jeunes diplômés chaque année. Aux Comores, le chômage est un éternel problème.
KDBA








