Qualité de service défaillante, internet mobile hors de prix, inégalités d’accès criantes. L’Association Comorienne des Technologies de l’Information et de la Communication (ACTIC) dresse un réquisitoire sévère contre l’état du secteur numérique national. Réunie en conférence de presse à Moroni le 27 février 2026, l’organisation appelle à des mesures urgentes pour éviter un décrochage technologique du pays.
Selon les résultats du dernier rapport de contrôle de la qualité de service publiés par l’ANRTIC, aucun des deux opérateurs nationaux n’a atteint la moyenne sur les 22 indicateurs de performance évalués. Pour l’ACTIC, il s’agit d’un « échec alarmant ». Appels difficiles en intérieur, connexions instables, disparités flagrantes entre les îles : pour de nombreux usagers, accéder à un service fiable relève encore du parcours du combattant.
L’association estime que cette dégradation continue pénalise directement les citoyens, les entreprises et l’administration publique, dans un contexte où le numérique est devenu un levier central de développement. Face à cette situation, l’ACTIC exige du régulateur des délais stricts de mise en conformité et des sanctions claires en cas de manquement.
Internet mobile : des prix jugés « inacceptables »
L’association dénonce une politique tarifaire « incohérente et déconnectée des réalités ». Elle pointe un écart de prix qu’elle juge injustifiable. Le gigaoctet coûterait environ 100 francs comoriens en FTTH, contre 500 francs comoriens pour l’internet mobile. Un différentiel qui, selon l’ACTIC, freine l’inclusion numérique et accentue les inégalités sociales. « La cherté de la data reste un frein majeur », martèle Hamidou Mhoma, président de l’ACTIC, qui appelle à une harmonisation des tarifs, à une augmentation des volumes inclus dans les forfaits et au retour du forfait illimité.
Starlink : opportunité ou risque pour la souveraineté ?
L’ACTIC annonce également qu’elle précisera sa position sur l’autorisation du service Starlink aux Comores. Si la technologie satellitaire peut contribuer à couvrir les zones blanches et désenclaver certaines régions, l’association insiste sur la nécessité d’un encadrement réglementaire strict. « L’ouverture du marché ne doit pas se faire au détriment des intérêts nationaux ni de la souveraineté numérique », a-t-il indiqué.
Au-delà des critiques, l’ACTIC entend ouvrir un débat de fond sur l’avenir du numérique aux Comores. La présentation prochaine du bilan annuel du secteur devra mettre en lumière les indicateurs de connectivité, les avancées de la transformation digitale et les perspectives pour 2026. L’association appelle les médias, les institutions et la société civile à se mobiliser. Car, prévient-elle, le pays ne peut se permettre de rester à la traîne dans un monde où la compétitivité se joue désormais sur le terrain du numérique.
KDBA









