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1er jour du Ramadan : Ferveur dans les marchés, inquiétude sur les prix

À Moroni, le Ramadan s’installe avec son lot de traditions, de ferveur et de solidarité. Dans les allées animées du marché de Volo Volo et des marchés de quartier, les étals débordent de produits alimentaires, les voix des vendeurs se mêlent aux discussions des clients, et les paniers se remplissent en prévision de la rupture du jeûne. Mais derrière cette effervescence typique du mois sacré, une préoccupation domine, le niveau des prix.

Des dépenses sous tension dès le début du mois. Riz, sucre, huile, farine, viande, légumes. Les produits de première nécessité constituent l’essentiel des achats. Pour de nombreuses familles, ces dépenses représentent une part importante du budget mensuel, déjà fragilisé par un contexte économique difficile. Plusieurs consommateurs interrogés sur place affirment ne pas constater de baisse des prix malgré la forte demande liée au Ramadan. Certains évoquent même des hausses sur certains articles de base, rendant l’équilibre financier plus précaire.

« On essaie de prévoir pour tout le mois, mais avec ces prix, c’est compliqué », confie une mère de famille rencontrée dans les allées du marché. « On doit parfois réduire les quantités ou renoncer à certains produits », a-t-elle dit. Cette tension sur les dépenses alimentaires pèse d’autant plus que le Ramadan est traditionnellement synonyme de partage et de générosité. Les familles souhaitent maintenir des repas dignes, accueillir des proches et respecter les habitudes culturelles liées à cette période spirituelle.

Les commerçants entre contraintes et responsabilités

Du côté des commerçants, le discours se veut nuancé. Beaucoup expliquent faire face à des coûts d’approvisionnement élevés, notamment pour les produits importés. Les frais de transport, les fluctuations des prix à l’international et les charges locales influencent directement les tarifs pratiqués sur les étals. « Nous aussi, nous subissons les hausses chez les fournisseurs », assure un vendeur de denrées alimentaires. « On essaie de limiter les marges pour ne pas pénaliser les clients, mais nous devons aussi faire vivre nos familles », a-t-il ajouté. Certains commerçants disent néanmoins comprendre l’attente des consommateurs, surtout durant le mois sacré. Plusieurs appellent à un effort collectif afin d’éviter toute spéculation et de préserver l’esprit de solidarité associé au Ramadan.

Un enjeu social et économique majeur

La question des prix dépasse le simple cadre commercial. Elle touche directement au pouvoir d’achat des ménages et à la stabilité sociale. Dans un pays où une grande partie des produits alimentaires est importée, la moindre variation sur les marchés internationaux peut se répercuter rapidement sur les prix locaux. Pour de nombreux citoyens, l’État a un rôle clé à jouer. Les attentes portent sur un renforcement des contrôles, un encadrement plus strict des prix ou des mesures temporaires destinées à soulager les ménages les plus vulnérables durant cette période. Le Ramadan constitue en effet un moment sensible, où la pression économique peut accentuer les frustrations si elle n’est pas maîtrisée.

Malgré ces inquiétudes, l’ambiance dans les marchés de Moroni reste marquée par la ferveur et l’animation propres au mois sacré. Les sourires, les salutations et les échanges témoignent d’un attachement profond aux traditions. Pour les familles comoriennes, l’essentiel demeure : vivre un Ramadan apaisé, dans la dignité et le partage. Mais dans les allées bondées des marchés de la capitale, une certitude s’impose. Cette année encore, la vigilance sur les prix sera au cœur des préoccupations quotidiennes.

Hidaya                              

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