Après un moment de silence, Ali Milva Youssouf a répondu à nos questions sur différents sujets socio-économiques. Le chef du bureau de la mouvance présidentielle appelle les autorités comoriennes et malgaches à un consensus sur le climat délétère de ces derniers jours.

Les Comores et Madagascar, deux pays amis, se bouleversent après la suspension des vols vers Moroni et les diverses interprétations liées aux lingots d’or. Que dira-t-on face à ce bruit ?
Pour répondre à la question relative à la situation Comores-malgache, sans connaître le fond de la situation, je me permets de dire que les Comores et Madagascar ont des relations qui datent de très longtemps. Ils ont une histoire, ils vivent une histoire et ils vivront aussi une histoire. Tout ceci concourt à dire que laisser la place à des interprétations qui tenteront de crisper nos relations ne sert à rien. Effectivement, j’ai suivi avec une attention particulière l’intervention du porte-parole du gouvernement comorien relative à la situation de suspension des vols ainsi que la question évoquée de la restitution de 50 kg d’or. Donc, Houmedi Msaidié a bien dit que ceci n’a jamais fait une demande de la part des autorités malgaches et que jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas été question de rendre ou de ne pas rendre puisque la demande n’a jamais été faite. Mais il a bien précisé également que si davantage les malgaches ont une revendication à faire dans ce sens, le gouvernement comorien allait examiner avec toute la rigueur de la loi en vigueur dans notre pays. Je trouve que l’intervention du porte-parole du gouvernement n’était pas en dehors d’un cadre diplomatique. Il est resté dans la classique et n’y a pas lieu à d’autres interprétations venant d’autres canaux. Je voudrais dire que ce sont des questions qui se gèrent entre deux pays et que les autorités des deux pays puissent s’asseoir pour réfléchir sur la manière de mettre fin à cette crise et la question relative à la restitution de l’or ou pas car certains disent que c’est la cause de la suspension des vols vers Moroni.
Vous n’êtes pas sans savoir que la situation économique et l’inflation auxquelles les Comores font face est préoccupante. Quelle lecture faites-vous face à cette situation ?
Le monde entier avait connu une crise sanitaire liée au covid-19 qui s’est soldé par un dérèglement de l’économie mondiale. Et quelques temps après, nous sommes en train de vivre la guerre entre la Russie et l’Ukraine en termes alimentaire. Ces deux pays qui ont un rôle prépondérant à jouer sur l’approvisionnement des produits alimentaires mondiaux sont en guerre et les conséquences sont énormes, notamment la flambée des prix des produits agricoles et pétroliers. Ces deux situations jumelées ont amené les nations à des niveaux déraisonnables et ont plongé les pays dans une situation inimaginable. Les Comores ne sont pas épargnées et nous subissons les conséquences de ce phénomène directement ou indirectement. Ceci nous oblige aujourd’hui à réfléchir et à imaginer pour ne pas tomber dans un cycle d’inflation généralisée et par ricochet risque de durer, maintenir le cap de tirer notre économie vers le haut. Je salue les efforts déployés par le gouvernement comorien d’essayer de sortir le pays de toutes ces problématiques. Ce sont des efforts que le gouvernement ne cessent de fournir, notamment d’appuyer les opérateurs économiques pour pouvoir maîtriser les prix. Mais chacun doit jouer sa partition. Puisque des gens mal intentionnés profitent de jouer leur épingle du jeu avec des prix exorbitants non réglementés.
Étant ancien directeur de la société Onicor, quel regard portez-vous sur la gestion de cette société ?
Tout ce que je peux retenir, c’est la communication officielle que nous avons en possession. Je n’ai pas accès aux livres comptables de l’Onicor. Cependant, l’Onicor vendait à perte depuis deux à trois ans, je pense. Et que ceci ne peut pas durer. Est-ce que c’est une structure sociale ou une structure commerciale ? Je pense que les réserves de l’Onicor ont pu maintenir le prix aux consommateurs locaux. Mais si ces réserves-là sont épuisées, à un moment donné l’Onicor ne peut pas faire face sur le plan d’approvisionnement, de l’importation, de gestion. Mais cette société traverse une crise liée à la guerre en Ukraine. Toutefois, une décision de revoir le prix du riz est prise et je pense qu’elle a été prise à temps. Tout le monde s’accorde à dire que si des mesures n’étaient pas prises, l’Onicor allait fermer. Donc, en tant qu’ancien directeur général, je dis, bravo suite à la dernière décision prise de revoir le prix à la hausse et bravo au gouvernement de mettre en place une politique de subvention afin que le riz puisse être accessible à toute la population.
Au niveau politique, que dire de la mouvance présidentielle et de ses perspectives ?
L’Amp soutient le chef de l’Etat. Mais après les dernières élections, la mouvance connaît une situation un peu délicate avec la naissance du G10. J’ose croire qu’il a une politique de rassemblement. Je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons apporter beaucoup plus. La mouvance projette à l’organisation d’un congrès. Le débat est lancé pour un grand mouvement. Des cadres de la mouvance réfléchissent sur comment mettre en place un grand parti politique.
Propos recueillis par KDBA








