Accueil / ÉCONOMIE / Menuiserie : Une aventure qui se poursuit difficilement

Menuiserie : Une aventure qui se poursuit difficilement

Le métier de la menuiserie réponde aux attentes de la population. A travers de nouvelles façons d’organiser les moyens de production, la menuiserie se développe. De nombreux menuisiers imitent les étrangers dans la fabrication des portes en bois. Aux Comores, la menuiserie est une aventure qui se poursuit malgré les difficultés que les artisans rencontrent. Al-fajr est allé à la rencontre des menuisiers pour nous parler de leurs activités.

Les menuisiers s’inspirent à la fois des méthodes et des réalisations traditionnelles qu’ils allient aux matériaux et aux techniques les plus modernes. Des grandes tables de salle à manger, des portes en bois sculpté purement traditionnelles, des chaises, des sculptures en bois qui servent des escaliers en bois. Youssouf Abdou, menuisier installé à Chamlé Mbudé, a imité et copié sur internet. Il suffit de voir une œuvre d’art quelque part. « Il n’y a pas de miracle dans ces genres de métiers, même si cela révèle de la pure technicité pour les travaux, mais avec ce monde des nouvelles technologies, j’ai pu apprendre tant des connaissances utiles sur internet. Soit des nouveaux modèles ou bien des objets que je n’ai pas eu la chance de voir quand j’étais apprenti », dit-il. Youssouf Abdou, 24 ans de profession dans la menuiserie, a toujours voulu préserver son honnêteté envers ses clients. « J’ai toujours voulu respecter la date à laquelle on s’est accordé avec mon client, cela fait partie des raisons qui me poussent à travailler sans repos. Peut-être c’est pour ça que beaucoup des gens me préfèrent », pense-t-il. « Toutefois, poursuit-il, ce n’est pas du tout facile psychologiquement à ne pas savoir à quelle heure commenceras-tu à travailler ou arrêter ». Bien qu’il se dise satisfait quant à l’engagement des jeunes d’aujourd’hui dans les formations professionnelles malgré la crise énergétique frappant le pays.

S’agissant de la conjoncture, les prix des produits alimentaires, énergétiques entre autres ne sont pas les seuls à connaître une hausse, le bois passe de 1500 kmf à 2000 kmf. Une situation qui oblige les ateliers à faire grimper les prix en espérant pouvoir s’adapter avec le contexte actuel. « Tous les matériels à base de bois connaissent une hausse des prix, à savoir contre-plaques, planches, poignets des portes, entre autres. Cela retient notre attention à augmenter les prix des objets pour pouvoir s’adapter avec le contexte actuel », souligne-t-il. Le prix de grandes portes conçues en bois passe de 700.000 à 750.000 kmf.

La crise énergétique, un véritable obstacle

Le délestage du courant électrique, un véritable obstacle pour les activités du secteur de menuiserie dans la région Mboudé, l’une des régions les plus touchées par les délestages. Une situation qui constitue un frein aux activités du secteur, dépourvu des moyens pour se procurer d’un groupe électrogène. A Chamlé, dans la commune Nyoumamro kiblani, Youssouf Abdou passe son temps à attendre le courant pendant que ses clients font la queue dans son atelier en attendant que leurs matériels soient remis au temps voulu. Youssouf Abdou se contente d’un petit groupe électrogène pour effectuer des petits travaux de bois, car il n’est pas en mesure de supporter la charge électrique.

« Ici, dans cette partie de la région Mbudé, le courant ne vient que la nuit tardivement et je suis obligé de m’adapter avec le temps qu’il faut pour me réveiller quand le courant est revenu. Même parfois je me lève à 00h pour prendre la route jusqu’à mon atelier dans l’espoir de répondre aux attentes de mes clients », dit-t. « C’est une situation assez complexe, surtout quand je suis obligé de laisser ma femme et mes enfants pour aller travailler dans des heures inhabituelles. Dieu merci que j’ai eu une femme qui me comprenne », ajoute le menuisier. Selon lui, le délestage menace les menuisiers qui n’ont pas les moyens d’acheter un groupe électrogène devant répondre à leurs besoins. « Même si on est équipé d’un groupe électrogène à coté, il nous faut du gasoil et là aussi ce n’est pas une partie de plaisir pour remplir un moteur de 50 litres avec la flambée des prix », a-t-il souligné.

Pour Djoumoi Ali, menuisier à Moroni, il témoigne les pressions de ses clients. « Parfois je reçois des menaces mais ce n’est pas de ma faute. Ce sont des problèmes liés à l’électricité si je n’ai pas livré les travaux d’un client à temps. Je fais de mon mieux. J’essaie de leur expliquer. Je travaille dans des conditions difficiles mais je suis optimiste que tous les défis seront relevés », a-t-il expliqué. 

Nassuf. M. Abdou

 

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!