Une réunion d’échange entre les importateurs et la Chambre de commerce de Ngazidja s’est tenue hier, dans un contexte tendu marqué par des inquiétudes croissantes autour d’une hausse soudaine des taxes douanières. Les importateurs ont tiré la sonnette d’alarme : une majoration de 10 % sur tous les produits importés aurait été appliquée par la Douane, une décision jugée « inique » et aux conséquences potentiellement graves pour l’économie nationale.

Selon les importateurs présents, cette hausse intervient dans un climat mondial déjà instable, notamment en raison du conflit en cours entre l’Iran et Israël. Une guerre dont les répercussions se font sentir jusqu’aux Comores, affectant les chaînes d’approvisionnement et faisant flamber les prix des produits de première nécessité sur le marché international.
Une décision contestée, un impact redouté
Les acteurs du secteur de l’importation redoutent un effet domino : hausse des prix à la douane, augmentation des coûts pour les commerçants, et in fine, une répercussion directe sur le portefeuille du consommateur final. « La population, déjà confrontée à une inflation constante, risque de subir davantage de pressions économiques », ont souligné plusieurs intervenants.
Interrogée sur cette annonce, la Chambre de commerce de Ngazidja est restée prudente. « Nous ne sommes pas au courant de cette information. Nous allons la vérifier auprès des autorités compétentes », a déclaré Hamidou Mhoma, conseiller au sein de l’institution.
Bilan des stocks et prévisions
Profitant de cette réunion, la Chambre a également fait le point sur l’état des stocks disponibles dans le pays, notamment à l’approche des festivités. Selon le responsable des magasins Nardassi, la quantité de riz ordinaire et de riz de luxe actuellement disponible permettrait de couvrir les besoins de la population jusqu’au mois de septembre.
En revanche, la situation est plus préoccupante pour d’autres produits de grande consommation. La Chambre a noté une baisse significative des stocks de sardines et de sucre, due à l’augmentation de leurs prix sur le marché international. Quant aux produits carnés, les importateurs ont confirmé une pénurie d’ailes de poulet, très demandées en cette période. Une cargaison serait toutefois attendue dans les prochains jours pour répondre à la demande croissante.
Dans un contexte économique déjà fragile, les importateurs appellent à une meilleure concertation avec les autorités douanières afin d’éviter des mesures susceptibles d’aggraver la situation. La Chambre de commerce, de son côté, s’est engagée à faire la lumière sur cette hausse présumée des taxes et à œuvrer pour un meilleur encadrement des importations.
Kamal Saïd Abdou






