Le directeur général de la Caisse nationale de solidarité et de prévoyance sociale (CNSPS), Ali Mlipva Youssouf, a lancé hier un appel pressant à l’endroit des structures affiliées. Lors d’une conférence de presse tenue dans son bureau, il a exprimé son inquiétude face à la recrudescence des impayés qui menacent la stabilité du système de sécurité sociale aux Comores.
Selon le directeur, de nombreuses entreprises, aussi bien publiques que privées, accusent de lourds retards dans le paiement de leurs cotisations sociales. « Cette négligence compromet non seulement les droits des travailleurs, mais elle met aussi en péril la viabilité même de la caisse », a-t-il déclaré.
Le constat est sans appel : le taux d’affiliation ne dépasse pas 8 %, un chiffre que M. Youssouf qualifie de « menace réelle pour l’existence de la caisse ». Résultat : les travailleurs sont privés de prestations essentielles comme les allocations maladie, les pensions de retraite ou encore les prestations familiales. Du côté de la CNSPS, ce sont des déficits chroniques qui s’accumulent, notamment dans les régimes de maternité et de viduité.
Vers une politique de fermeté
Face à cette situation jugée critique, la CNSPS a décidé de durcir sa politique de recouvrement. « Nous avons déjà mis en demeure 52 entreprises. Le recouvrement forcé est désormais envisagé », a averti le directeur général. Il a également rappelé que la caisse est légalement habilitée à procéder à la saisie directe des comptes bancaires des débiteurs : « J’espère ne pas en arriver à ce stade, mais nous y sommes prêts », a-t-il précisé.
Les créances cumulées atteignent déjà plus de 600 millions de francs comoriens, un montant susceptible d’augmenter si aucune mesure urgente n’est prise.
Un appel à la responsabilité
Ali Mlipva Youssouf a profité de cette tribune pour exhorter toutes les structures non affiliées à régulariser leur situation, rappelant que l’adhésion à la CNSPS est une obligation légale, et non un choix. Il a également appelé à une meilleure collaboration entre les employeurs et la caisse afin de restaurer la confiance et d’assurer la protection sociale des travailleurs.
Dans un contexte économique tendu, la question des arriérés de cotisations apparaît plus que jamais comme un défi majeur pour le pays. La CNSPS, fragilisée, tente de redresser la barre, mais l’avenir du système dépend désormais de la volonté collective de toutes les parties prenantes.
NMA









