Rien ne va plus dans le football comorien. Les arbitres de la ligue de Ngazidja ont décidé d’entrer en grève, boycottant la troisième journée du championnat national. À travers ce mouvement, ils entendent dénoncer l’inaction persistante des autorités sportives face à leurs revendications, tant sur le plan sécuritaire que financier.
Depuis le début de la saison, les incidents violents sur les terrains se multiplient. Des agressions verbales et physiques contre les arbitres ont été signalées, sans réaction significative des instances dirigeantes. « Nous risquons nos vies à chaque match pour rien », s’indignent les arbitres dans un communiqué. Ils exigent des mesures urgentes, notamment la présence systématique des forces de l’ordre lors des rencontres, ainsi que des sanctions judiciaires strictes contre les auteurs de violences.
Outre la sécurité, la rémunération insuffisante alimente également la colère. Actuellement, les arbitres perçoivent entre 1 500 et 3 000 francs comoriens en indemnités de transport, selon la distance parcourue, et une prime moyenne de 4 500 francs, versée uniquement à la fin de chaque phase. Une somme jugée dérisoire, compte tenu des responsabilités et des dangers encourus. Cette précarité, selon eux, favorise les tentatives de corruption.
La crise semble s’enliser. Selon une source interne à la ligue, le responsable chargé de la désignation des arbitres a récemment démissionné, aggravant le désordre au sein de l’organisation. En conséquence, la suspension de la troisième journée du championnat reflète l’ampleur du malaise qui secoue actuellement le football à Ngazidja.
Les regards sont désormais tournés vers les autorités sportives, appelées à réagir rapidement pour éviter une paralysie durable du championnat.
KSA









