Accueil / SOCIÉTÉ / Prière empêchée pour Sambi : Une atteinte aux libertés fondamentales dénoncée

Prière empêchée pour Sambi : Une atteinte aux libertés fondamentales dénoncée

L’interdiction d’une prière organisée en soutien à l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, samedi dernier à la mosquée de Moroni Badjanani, suscite une vive controverse et est perçue par l’opposition comme une atteinte aux libertés fondamentales. Cette dernière y voit une remise en cause de la liberté de culte, pourtant consacrée par la Constitution comorienne, et un signe supplémentaire du recul des droits et libertés dans le pays.

Les forces de l’ordre, notamment la police nationale et la gendarmerie, ont empêché la tenue de cette prière collective dédiée à l’ancien chef de l’État, dont l’état de santé est jugé préoccupant par ses proches. Selon ses partisans, il ne s’agissait ni d’un acte politique ni d’une mobilisation revendicative, mais simplement d’un moment de recueillement.

« Nous regrettons l’intervention des forces de l’ordre. Notre présence n’avait aucun caractère politique : nous étions venus prier pour l’ancien président Sambi, dont la santé se détériore », a déclaré une participante.

Cette intervention a rapidement suscité l’indignation de l’opposition, qui dénonce une dérive autoritaire ainsi qu’une violation manifeste des libertés publiques. Elle rappelle que la liberté de culte est un droit fondamental garanti par la Constitution et que les pratiques religieuses doivent être protégées.

Pour les opposants, interdire une prière dans une mosquée apparaît difficilement compatible avec les principes de l’État de droit et les valeurs universelles de liberté religieuse. « Il est préoccupant de voir notre pays évoluer dans ce sens. Dans de nombreux pays musulmans, les lieux de culte sont préservés et respectés. Une prière ne devrait être empêchée que si elle constitue une menace réelle pour l’ordre public », a souligné un responsable politique.

Cet épisode ravive le débat sur le respect des libertés fondamentales aux Comores et sur l’application effective des dispositions constitutionnelles. Les critiques se multiplient, notamment face à ce qui est perçu comme un traitement différencié, certaines manifestations officielles se tenant sans les autorisations habituellement requises.

Les soutiens de l’ancien président, condamné il y a huit ans, dénoncent pour leur part un acharnement à son encontre ainsi qu’un manque d’assistance envers une personne qu’ils jugent en situation de vulnérabilité.

Kamal Said Abdou

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!