Pénurie de carburant, chômage persistant, économie en difficulté et crises récurrentes au sein des sociétés d’État. À deux ans de la fin de son mandat, les promesses d’émergence portées par le président Azali Assoumani paraissent, pour une partie de l’opinion, de plus en plus éloignées de la réalité. Le discours prononcé à l’occasion du 51ᵉ anniversaire de l’indépendance contraste avec les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les Comoriens.
Alors que le gouvernement assure que le pays est engagé sur la bonne voie vers l’émergence à l’horizon 2030, de nombreux citoyens restent sceptiques. La hausse du chômage, le ralentissement de l’activité économique, les pénuries de carburant et les dysfonctionnements des entreprises publiques alimentent les doutes sur la capacité du pays à atteindre les objectifs annoncés.
Dans son allocution, le chef de l’État a toutefois mis en avant plusieurs indicateurs économiques qu’il juge encourageants. Il a notamment affirmé que les investissements agréés sont passés de 82 à 331 milliards de francs comoriens, permettant la création de 2 811 emplois. Il a également évoqué une croissance du PIB estimée à 4 % et une progression du revenu par habitant depuis 2016.
Ces chiffres, bien qu’ils traduisent une dynamique selon l’exécutif, sont contestés par certains observateurs qui estiment qu’ils ne reflètent pas les conditions de vie d’une grande partie de la population. Pour eux, le pouvoir d’achat demeure faible et les retombées de cette croissance restent peu perceptibles au quotidien.
Le président Azali Assoumani a également souligné que 1 235 entreprises ont été créées durant la période 2025-2026, signe, selon lui, d’un environnement économique plus favorable. « Sur le plan économique, notre pays est sur la bonne trajectoire tracée depuis 2016 pour faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030 », a déclaré le chef de l’État.
Le compte à rebours est désormais lancé. À deux ans de la fin de son mandat et à quatre ans de l’échéance fixée pour l’émergence, le défi apparaît considérable. Si l’exécutif affiche sa détermination, les attentes de la population restent immenses, dans un contexte marqué par des difficultés économiques et sociales persistantes.
Kamal Saïd Abdou









