Trois mois après le meurtre de Naïcha Mmadi, l’émotion reste vive et la douleur de sa famille demeure intacte. Malgré l’ouverture d’une enquête par les autorités judiciaires, aucune évolution majeure n’a été rendue publique. Ce silence alimente les interrogations de l’opinion et ravive le débat sur la lenteur de la justice comorienne.
L’affaire de cette jeune fille, assassinée puis brûlée, avait profondément choqué le pays. Dès les premiers jours, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer que toute la lumière soit faite sur ce crime et que les responsables soient traduits devant la justice. Certains avaient même demandé l’application de la peine capitale afin de lutter contre la recrudescence des crimes les plus graves.
Depuis le transfert du dossier au parquet de la République, aucune communication officielle n’est venue informer le public de l’état d’avancement de la procédure. Cette absence d’informations nourrit un sentiment de frustration et renforce la perception d’une justice lente, voire silencieuse.
Pour la famille de Naïcha Mmadi, l’attente est douloureuse. Elle espère l’organisation d’un procès qui permettra d’établir les responsabilités et de rendre justice à la victime. En l’absence d’avancées visibles, le deuil reste difficile à faire.
« Il est normal que les actes criminels continuent de se multiplier lorsque les auteurs ne sont pas rapidement jugés. Ce crime mérite une réponse ferme de la justice », estime Attoumane Saïd, un citoyen interrogé sur cette affaire. Selon lui, ce dossier risque de connaître le même sort que d’autres affaires criminelles restées sans issue apparente.
Des oulémas, des organisations de la société civile et plusieurs associations ont également appelé les autorités à accélérer la procédure judiciaire. Certains plaident pour l’application de la peine de mort, en conformité avec les dispositions prévues par la législation nationale lorsqu’elles sont applicables, tandis que d’autres insistent avant tout sur la nécessité d’un procès équitable et transparent.
Le président de la République, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, est également attendu sur ce dossier par une partie de l’opinion publique. Lors de son discours à l’occasion du Nouvel An musulman, il avait évoqué la nécessité de lutter contre l’impunité, suscitant des attentes au sein de la population. Toutefois, à ce jour, aucune évolution concrète de cette affaire n’a été officiellement annoncée.
En l’absence de nouvelles informations judiciaires, l’affaire Naïcha Mmadi continue de symboliser, pour de nombreux Comoriens, les attentes d’une justice plus rapide, plus transparente et plus efficace face aux crimes les plus graves.
Kamal Said Abdou








