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Affaire du riz ONICOR non livrés : Les commerçants prennent d’assaut l’ONICOR

Devant les locaux de l’ONICOR, la tension est montée d’un cran hier matin. Des commerçants dénoncent une situation « inacceptable » après avoir payé pour du riz destiné à la vente, ils n’ont reçu ni marchandise ni remboursement. La totalité de l’argent est estimée à plus de deux milliards de francs comoriens. Cette affaire date depuis la période de Midoiri, selon les commerçants.

Dès les premières heures de ce lundi, le ton est donné. Regroupés devant l’entrée de l’ONICOR, ces opérateurs économiques affichent leur ras-le-bol. Pour eux, il ne s’agit plus d’un simple retard, mais d’un blocage qui menace directement leurs activités. « On a payé, mais jusqu’à aujourd’hui, rien. Ni riz, ni argent. C’est du jamais-vu », lance un commerçant. Pris à la gorge, derrière la colère, une réalité plus dure pour les commerçants. D’aucuns affirment avoir investi à crédit. L’opération, censée être rentable, s’est transformée en piège financier. « J’ai contracté un prêt pour cette affaire. Aujourd’hui, je dois rembourser sans avoir rien gagné. On est en train de couler », déplore un autre.

« L’ONICOR me doit de l’argent depuis mars 2024 jusqu’à aujourd’hui. J’ai contracté un prêt bancaire à l’époque où Miroidi était directeur. À ce jour, je n’ai reçu ni le riz ni le remboursement de mon argent. Je demande simplement ce qui m’est dû : mon argent ou le riz, rien de plus », a manifesté un commerçant.

Entre échéances bancaires et absence de revenus, la situation devient critique pour nombre d’entre eux. Les responsables de l’ONICOR restent silencieux, laissant les commerçants dans l’incertitude totale. Malgré plusieurs rencontres vaines avec certaines autorités gouvernementales. Certains ont contracté des prêts de plus de 10 millions, 20 millions espérant avoir la céréale blanche. La somme totale des commerçants est estimée à plus de deux milliards de francs comoriens. « On veut des réponses claires. Où est passé notre argent ? Pourquoi ce silence ? », S’interroge une commerçante. Faute de réaction rapide, les commerçants haussent le ton. Certains évoquent déjà des actions plus radicales pour se faire entendre. « Si rien ne bouge, on va passer à une autre étape. On ne peut pas continuer comme ça », préviennent-ils.

« Il est inadmissible de reconnaître qu’un commerçant a versé une somme conséquente et de le laisser attendre pendant plus d’un an, entre patience et promesses non tenues. Nous demander encore deux mois supplémentaires revient, pour nous, à ajouter deux années de souffrance, alors que nous avons déjà traversé plus d’une année sans solution concrète », indique un autre commerçant. « Imaginez la situation de quelqu’un ayant contracté un prêt de 500 francs comoriens. Que dire alors de ceux qui ont emprunté entre 20 et 30 millions de francs comoriens ? La pression financière et morale est insoutenable », laisse-t-il entendre.

La crise est désormais ouverte. Et sans réponse immédiate des autorités, elle pourrait rapidement dégénérer en véritable bras de fer.

Hidaya

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