Accueil / ÉCONOMIE / Anjouan : Un tourisme démesuré et abandonné

Anjouan : Un tourisme démesuré et abandonné

Les assises internationales du tourisme, aux Comores, qui ont eu lieu du 10 au 11 mai dernier, devraient propulser le tourisme. Le secteur du tourisme peine toujours bien que l’État, des associations dont le Cpc dépensent des millions pour son développement.

Les assises avaient eu lieu et ont regroupé près de 150 professionnels du secteur du tourisme pour parler du potentiel touristique que possède le pays et particulièrement l’île d’Anjouan. Bien que le gouvernement n’ait pas alloué un budget et que tout se passe à Moroni, la direction régionale du tourisme qui abrite en même temps l’Office du tourisme, survit. Hanima Abdallah, directrice du tourisme, dans un entretien, parle du budget de la direction, de la politique mise en place pour développer le secteur à Anjouan, mais aussi sur l’impact des assises internationales du tourisme. Elle confie que « la direction est morte littéralement. Ça existe dans les papiers. Nous n’avons rien comme budget. Nous n’avons pas de budget pour développer le secteur. C’est par nos efforts. Nous nous concentrons avec des professionnels du métier pour mettre en place un programme de tourisme local. »

Selon la directrice régionale du tourisme, c’est un mode de tourisme qui permet à tous de se dépayser, de découvrir autrement sa propre ville et les alentours. Au lieu de partir en vacances dans un pays, on découvre ce qui est aux alentours. « Nous voulons que des Mohéliens ou Grands-Comoriens viennent découvrir l’île d’Anjouan dès l’année 2023», dit-elle. Interrogée sur l’impact des assises internationales du tourisme qui ont eu lieu à Moroni, elle répond que « les assises ont eu lieu. Nous ne voyons pas encore les résultats. Je suis confiante que dans quelques mois, nous verrons les fruits ». Bien que la direction n’ait pas de moyens, ils ont un bureau à l’aéroport, mais pas au port. « Nous n’arrivons pas à mettre en place un bureau là-bas parce que de nombreux touristes passent de Mayotte par bateau vers l’île d’Anjouan. J’ai toujours sollicité l’autonomie des directions régionales de proposer et de mettre en place des activités de développement. À chaque trimestre, nous pourrons voir les résultats. Nous sommes des îles avec des spécificités qu’ils peuvent promouvoir tel qu’à Anjouan, le tourisme gastronomique », a ajouté Hanima Abdallah.

Quant à Samira Salim, directrice régionale de l’Office du tourisme, elle souligne que « les idées sont là. Il ne manque que les moyens financiers ». S’agissant des assises du tourisme, elle se veut confiante. « On nous dit que les résultats sont là. Ici, nous ne voyons rien. Rien ne marche. Nous espérons que tout ira pour le mieux », dit-elle. « Sans tourisme durable et résiliente dans le pays, les infrastructures et autres ne seraient que du vent. L’émergence à l’horizon 2030 n’aura pas lieu si le tourisme n’est pas soutenu, développé. Le bâtiment qui devrait être la vitrine de l’île, pourri entre les déchets des arbres, la pluie et dans tout ça, sans Internet ni matériel de travail. Pour imprimer ou envoyer des documents, nous allons encore dans des cybers. Pour le courant et la femme de ménage, nous cotisons », confie-t-on. 

Ahmed Zaidou

 

 

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!