ALFAJR QUOTIDIEN – Journal d'information quotidien comorien

Dans un entretien accordé, hier mardi 20 mai, Abdoulfatah Saïd Mohemaed, président de la commission nationale du Hedj reste convaincu que cette année, les conditions pour les pèlerins seront un peu compliquées vue la pandémie covid-19. Toutefois, il se dit confiant aux dispositions prises par le royaume Saoudien pour mieux rassurer les pèlerins. Il appelle tous les comoriens à faire preuve de vigilance et à comprendre l’ampleur de cette menace sanitaire.

Les dispositions de cette année ne seront plus pareilles, quelle politique envisagez-vous pour assurer les pèlerins depuis l’Union des Comores vers les terres saintes ?

Je tiens à rassurer, en préambule, aux comoriens que le Hedj est maintenu pour cette année 2020. Le Hedj est un des piliers de la religion musulmane. Il sera donc maintenu. Je tiens à rappeler, en tant que président de la commission de Hedj aux Comores, que la commission internationale en charge pour  le hadj s’est réunie en Angleterre à Londres dans le but de mieux connaitre toutes  les dispositions nécessaires prises par toutes les nations afin de protéger leurs pèlerins contre la propagation du coronavirus. Cette commission a exigé que tous les pays doivent procéder  en évidence une  quarantaine avant de quitter leur sol. Et comme il est de coutume d’en avoir 850 pèlerins chaque année, c’est une situation très critique pour notre pays puisqu’on n’est pas en mesure de prendre en charge cette effective. Ça pourrait nous pousser dans une situation financière incertaine. Mais la faisabilité est là dans la mesure où nous aurons deux mois pour l’engagement des hôtels. Et avec cette opportunité, nous allons plaider auprès du royaume saoudien pour que nous procédions la mise en quarantaine dans les terres saintes à condition que nous y ayons 15 jours avant le commencement du pèlerinage.

Comment comptez-vous aménager les pèlerins dans les hôtels alors que la distanciation sociale fait partie des mesures barrières déjà mise en vigueur en Arabie Saoudite ? Et quel risque craignez-vous ?

C’est tout à fait très diffèrent et critique pour cette année. Bien avant, on peut toujours compter plus de 5 personnes dans une chambre, mais la pandémie de coronavirus nous oblige à appliquer des mesures de restrictions pour que deux personnes puissent partager la même pièce. Cela exige que les responsabilités et les engagements de 5 personnes doivent être assumés par deux personnes. Certainement, ça va être très difficile à s’adapter sur le plan financier. Mais, les circonstances ne nous laissent malheureusement aucun choix et nous devons assumer

Encore une fois tout le monde est conscient pour la hausse des billets d’avions, les compagnies aériennes en vue de relancer l’économie face aux trois mois de fermeture des frontières aériennes Certaines compagnies vont certainement en profiter de faire grimper les prix des billets. Ça va être encore une fois une double crise économique lesquelles les pèlerins doivent faire face. Faut-il annuler le Hedj cette année ? Non. L’année dernier le package était fixé à 2,45000fc. Mais le gouvernement, dans le souci d’accompagner ses pèlerins,   avait subventionné 300,000fc. Tout le monde sait que dans les deux places Mina et Arafat l’environnement n’a jamais été un cadeau pour les pèlerins. C’est là que toute personne n’aura besoin d’un soutien. Et nous envisageons ensemble avec les agences de voyages de renforcer les mesures sanitaires à tous les comoriens.

Vous vous êtes mis d’accord avec  les responsables des agences de voyages pour soutenir les pèlerins dans des conditions assez compliquées et des mesures mises en vigueures ?

Effectivement, nous nous sommes mis d’accord avec les agences de voyages dans une politique commune devant faciliter et accompagner les pèlerins dans les terres saintes. Nous allons coordonner pour mieux veiller à tout moment nos pèlerins sur place, car la santé est une priorité pour tous les hommes  

Quel message adressez-vous aux comoriens en cette période de crise sanitaire ?

J’appelle donc à tous les comoriens à comprendre le réel danger qui pèse dans le monde face au coronavirus. Il est important que chacun prenne au sérieux les mesures de protections pour se protéger et protéger la santé de tous. J’en profite cette occasion pour souhaiter  aux comoriens de passer un bon Ide El-fitre, dans la cohésion sociale, d’une paix concordante et pérenne.

Propos recueillis par Nassuf. M. Abdou

Les Comores sont parmi les pays qui respectent la religion musulmane. Le 27ème jour du mois de Radjab pour les musulmans, est une journée sacrée. Jour à laquelle le prophète Mohammad a rencontré Dieu. Cette journée a été célébrée hier aux Comores.

La 27ème journée du mois de Radjab représente une date majeure pour les musulmans y compris les comoriens. Il s’agit de la journée où le prophète Mohammad (saw) a rencontré Dieu. Les comoriens partout où ils sont, célèbrent cette journée avec beaucoup d’enthousiasme. Une journée introduite dans la coutume comorienne. Youssouf Ali, un jeune comorien souligne l’importance de cette date pour les musulmans. « C’est le jour où notre prophète bienaimé allait rencontrer Dieu. Le jour où le prophète a reçu plusieurs choses notamment la prière, l’aumône, le Hej et autres »

 A l’occasion de cette journée sacrée, des activités religieuses se tiennent dans l’ensemble des villes et villages du territoire national. Youssouf Ali a mentionné entre autres les darsa, moussabakat et autres activités qui se tiennent dans les mosquées et places publiques. Selon Youssouf Ali, ce sont des darsa qui soulignent la biographie du prophète (saw) depuis son enfance jusqu’à sa révélation puis sa conquête jusqu’à sa mort en 622. « Nous les comoriens, sommes très attachés de cette journée qui fait partie déjà de nos coutumes et nos traditions. J’estime qu’il est important que chacun de nous connaisse la vie du prophète » a-t-il fait savoir. Et lui d’ajouter, « le peuple comorien respecte les valeurs islamiques entant que pays musulman. D’ailleurs notre constitution protège la religion musulmane et ses valeurs. » Bien que cette journée ait célébrée avec enthousiasme, Youssouf Ali a souligné que « par rapport aux années précédentes, cette année, la fête n’a pas eu son ampleur. »

Kamal Saïd Abdou