Le 11 novembre est le jour d’anniversaire de l’armistice signé en 1918 marquant la fin de la première guerre mondiale. Une cérémonie de commémoration de l’armistice a été organisée vendredi dernier, à la résidence de l’ambassadeur de la France à Moroni, pour un hommage aux valeureux combattants qui ont donné leur vie plus particulièrement aux tirailleurs comoriens.

La cérémonie s’est déroulée à Voidju. L’ambassadeur de la France à Moroni, Sylvain Riquier a passé les troupes en revue, déposé une gerbe avec la gouverneure de Ngazidja et le chargé de la défense. Il y a 104 ans, le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin, c’était l’armistice entre la France et l’Allemagne. Après les autres armistices entre les différents belligérants, prenait ainsi fin un long conflit de plus de quatre ans, en tout cas sur le front de l’ouest car la situation de guerre s’est prolongée à l’Est pendant encore plusieurs années. « La première chose à faire, c’est bien sûr de rendre hommage aux valeureux combattants qui ont donné leur vie. Et je voudrais aujourd’hui, comme l’an dernier, exprimer un hommage particulier aux tirailleurs comoriens », a déclaré Sylvain Riquier, ambassadeur de la France à Moroni.
« On estime que 1 300 soldats comoriens ont été recrutés lors de la première guerre mondiale. 129 d’entre eux sont officiellement « morts pour la France ».Les uns ont servi dans le 1er bataillon de tirailleurs somalis. Ils se sont particulièrement illustrés dans la bataille de Verdun, en contribuant à la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916. D’autres ont servi dans le 12e bataillon de tirailleurs malgaches ou dans d’autres bataillons de tirailleurs malgaches ou sénégalais. Ils ont été au premier rang en 1917 lors de l’offensive du Chemin des Dames, ils ont participé à plusieurs batailles dans l’Aisne jusqu’en juin 1918 », a rétorqué le diplomate.
Selon lui, la figure singulière du prince Saïd Houssein ben sultan Saïd Ali, fils du dernier des sultans des Comores, votre grand-père maternel, madame la gouverneure, illustre par son parcours individuel cet engagement et ce courage, de son engagement volontaire en 1916 à sa blessure dans la Somme et à son engagement volontaire à nouveau, 23 ans plus tard, en octobre 1939. Il persuadera alors le commandement militaire français de mettre sur pied un bataillon comorien de volontaires.
Hommage aux braves
« Tous ces braves, avec l’encouragement moral du grand cadi des Comores, sont tombés loin de chez eux. Nous leur exprimons un profond respect pour leur sacrifice. Hommage aux braves des Comores engagés dans la grande guerre ! C’est sans doute une histoire qui est restée en partie méconnue, notamment parce ces soldats étaient intégrés dans des unités qui n’étaient pas que comoriennes », a indiqué Sylvain Riquier. Le diplomate français appelle à garder en mémoire cette guerre, et s’il faut la commémorer, « c’est d’abord bien sûr pour rendre hommage aux combattants, et aux combattants de de tous temps. »
11 novembre, un souvenir pour tous
Le 11 novembre, c’est aussi l’occasion d’un moment de réflexion et de tirer des leçons valables pour notre temps. « Il y a bien longtemps que l’on ne célèbre plus en France une victoire, ce que nous avions fait pendant de longues décennies. Car le 11 novembre 1918 marque une bien amère victoire : tant de destructions, tant de morts pour en outre recommencer 21 ans après. Le 11 novembre 1918 prenait fin ce qui, à l’origine, était et aurait dû rester, en juillet 1914, une crise balkanique de plus. Mais cette crise, sortie de tout contrôle, par le jeu des alliances, par la défiance mutuelle, par la surestimation par les acteurs de leur capacité à forcer une issue rapide, a abouti à la mobilisation de 65 millions d’hommes, à la mort de 18 millions et demi de combattants et de civils, à 21 millions de blessés, à 4 millions de veuves, à 8 millions d’orphelins », a-t-il souligné.
Retour de la guerre en Europe
Malgré qu’en Europe, une amitié s’est forgée entre les ennemis d’hier, l’Allemagne et la France qui a nourri un socle d’ambitions communes, devenue l’Union européenne, une union librement consentie qui nous a délivrés de nos guerres fratricides, mais cette année, il y a malheureusement une raison particulière de plus de commémorer cet épisode tragique. Cette raison était inimaginable l’an dernier. C’est le retour de la guerre sur le territoire européen, du fait de l’agression militaire de l’Ukraine par la Russie, depuis le 24 février 2022.
« Ici, je veux rendre hommage à la clairvoyance, à la constance et à l’engagement très clair de l’Union des Comores et de leur chef d’Etat, Azali Assoumani. Les Comores en effet dès le début se sont associées, aux côtés de la communauté internationale, aux résolutions des Nations-Unies condamnant à plusieurs reprises l’agression militaire par la Russie d’un Etat souverain », a salué Sylvain Riquier. « La guerre ne peut pas être une solution. Elle ne devrait pas, elle ne devrait plus jamais être un mécanisme de résolution des conflits. Elle peut être une tentation mais cette tentation doit être combattue », a conclu le diplomate.
KDBA








