Les Comores font face à un phénomène migratoire en provenance principalement de l’Afrique de l’Ouest. Au cours d’une interview, Mohamed El-Had Abbas, conseiller technique du ministre de l’Intérieur et chef de la délégation comorienne chargée de la gouvernance migratoire et de la coopération bilatérale, rappelle la volonté des deux pays de mettre fin à cette crise avant qu’elle ne se transforme en drames humains dans nos eaux.
Pourquoi cette rencontre avec les autorités tanzaniennes est-elle jugée capitale et urgente par le gouvernement comorien ?
Cette réunion est une réponse directe à une crise humanitaire sans précédent. Depuis août 2025, nous observons une explosion des interceptions sur l’île de Ngazidja (notamment à Bangoi-Hambu, Salimani et Mitsamiouli), impliquant des centaines de migrants en provenance des pays des Grands Lacs via la Tanzanie. Les tragédies successives, culminant avec le drame du 18 mars 2026 ayant coûté la vie à plus de 20 personnes au large de nos côtes, confirment que le gouvernement avait raison d’anticiper ce dialogue. Il est impératif de synchroniser nos réponses avec Dar es Salaam Il est impératif de synchroniser nos réponses avec Dar es Salaam afin de tarir ces Il est impératif de synchroniser nos réponses avec Dar es Salaam afin de tarir ces flux à la source avant qu’ils ne se transforment en drames humains dans nos eaux.
Quelle est la position du ministère de l’Intérieur face à la recrudescence de ces réseaux de passeurs ?
Le gouvernement, sous l’impulsion et la détermination du chef de l’État, Azali Assoumani, a fait de la lutte contre les réseaux de passeurs une priorité nationale absolue. Il a exprimé sa profonde douleur et présenté ses condoléances les plus émues aux familles des migrants décédés les 18 et 19 mars 2026. La volonté du gouvernement est claire : protéger l’intégrité de notre territoire et la vie humaine en démantelant les structures criminelles qui exploitent la détresse. Cette mission en Tanzanie est la traduction concrète de sa vision d’une « responsabilité partagée » pour mettre fin à l’impunité des trafiquants.
Ce mécanisme vise-t-il uniquement à bloquer les migrants ou à les protéger ?
Les deux objectifs sont indissociables. Une gestion efficace des frontières permet de lutter contre les réseaux criminels. En identifiant mieux les routes et les points de départ en Tanzanie, nous pouvons orienter les personnes vulnérables vers une assistance humanitaire adéquate et éviter que des embarcations de fortune ne prennent la mer.
Quel est le rôle exact de l’OIM dans cet échange bilatéral ?
L’OIM agit en tant que facilitateur technique et partenaire de confiance. Elle apporte son expertise sur les routes migratoires, fournit un appui logistique au dialogue et renforce les capacités techniques de nos services d’immigration respectifs pour une surveillance accrue du corridor.
Ce mécanisme va-t-il ralentir le commerce ou les voyages légitimes entre les deux pays ?
Au contraire. En sécurisant les contrôles et en ciblant les réseaux illégaux, nous rendons le passage des frontières plus fluide et plus sûr pour les citoyens comoriens et tanzaniens respectant les procédures légales. Cette réunion bilatérale s’achève sur une note de satisfaction mutuelle, empreinte de fraternité régionale. Ce climat de confiance a permis de placer la sécurité et la dignité humaine au cœur de la coopération. En unissant leurs forces, l’Union des Comores et la République unie de Tanzanie réaffirment leur solidarité historique face aux enjeux migratoires du corridor de l’océan Indien.
C’est sur cette base solide que s’engage, dès aujourd’hui, la mise en œuvre d’un mécanisme de coordination visant à ce qu’aucune autre vie ne soit perdue en mer. La coordination logistique prévoit désormais un échange systématique de renseignements dès l’identification de groupes suspects dans les districts de Ngazidja ou sur le littoral tanzanien.
Propos recueillis par Kamal Said Abdou









