À Mayotte, la perspective des Jeux des Îles de l’océan Indien Comores 2027 met déjà en lumière une fracture politique profonde. Alors que cet événement sportif devrait incarner un espace de rassemblement, de dialogue et de fraternité régionale, il semble, sur l’île aux parfums, exacerber un malaise politique ancien, toujours non résolu : celui du statut de Mayotte et de sa représentation internationale. La députée Estelle Youssouffa, figure de l’extrême droite, semble chercher la division, au détriment des intérêts de l’île.
À Maurice, Madagascar ou aux Seychelles, les règles sont claires : Mayotte n’est pas une entité à part entière, mais fait partie du territoire comorien. Cette réalité reste douloureuse pour les séparatistes mahorais, qui cherchent à effacer l’histoire. En première ligne, la députée Estelle Youssouffa semble ignorer ses origines et les liens fraternels qui unissent les quatre îles. Aujourd’hui, elle est déterminée à enfoncer le clou, dans une île déjà au bord du chaos. Elle oublie que Mayotte, selon le droit international, n’a jamais été pleinement française. Ce discours véhément semble en réalité un jeu politique qui prend en otage toute l’île, au détriment de ses intérêts réels. Les consultations lancées à Mayotte révèlent une confusion politique et juridique profonde, entretenue depuis des années par les responsables locaux.
Au cœur du débat : sous quelle bannière les athlètes mahorais doivent-ils concourir ? Une question loin d’être anodine. Les élus mahorais doivent comprendre que les Jeux des Îles obéissent à un règlement précis, qui ne reconnaît que les entités membres, dont fait partie l’Union des Comores. L’exigence de certains élus de voir les athlètes mahorais porter le drapeau tricolore français et afficher Marianne sur leurs t-shirts entrerait en contradiction avec ce règlement.
Le silence sur le statut de Mayotte : un choix lourd de conséquences
Plus troublant encore, certains élus mahorais semblent ignorer, ou feindre d’ignorer, une option pourtant prévue dans l’esprit des Jeux : celle de la participation des athlètes mahorais sous une identité sportive propre, distincte du drapeau français. Cette solution permettrait de respecter le règlement tout en évitant une provocation politique inutile.
En refusant d’aborder cette alternative de manière claire, les responsables politiques mahorais exposent leurs athlètes à une exclusion pure et simple, tout en politisant de manière excessive un événement qui devrait avant tout être sportif. Cette attitude alimente le sentiment que les élus sacrifient l’intérêt des sportifs sur l’autel de considérations politiques étroites. Le port du drapeau des Jeux, tel que prévu par le règlement, doit être un choix assumé et non un prétexte pour se retirer de la compétition.
La perspective de voir des athlètes mahorais défiler sous le drapeau tricolore aux Comores serait perçue comme une violation manifeste du règlement, mais aussi comme un acte politique délibéré. Un tel scénario reviendrait à nier les aspirations légitimes des Comores, qui continuent de revendiquer Mayotte comme une île comorienne, conformément aux résolutions internationales. En persistant dans cette logique de confrontation symbolique, les élus mahorais risquent d’aggraver les tensions régionales, transformant les Jeux de 2027 en un champ de bataille diplomatique plutôt qu’en une fête sportive.
Les athlètes pris en otage
Les premières victimes de cette cacophonie politique sont les sportifs mahorais eux-mêmes. Prêts à représenter leur île, ils se retrouvent aujourd’hui pris en otage dans un débat qui les dépasse, sans certitude de participation et sans visibilité sur leur avenir sportif. À deux ans de l’échéance, l’irresponsabilité politique semble guetter. En l’absence d’une position claire, respectueuse du règlement des Jeux et du contexte régional, Mayotte pourrait se retrouver marginalisée une fois de plus, par ceux-là mêmes qui prétendent parler en son nom.
Un rendez-vous manqué pour la raison politique ?
Les Jeux des Îles de l’océan Indien auraient pu être une occasion de dialogue apaisé et de reconnaissance mutuelle. À Mayotte, ils risquent de devenir le symbole d’un aveuglement politique persistant. En refusant d’assumer les réalités juridiques et sportives, les élus mahorais prennent le risque d’un isolement inutile, au détriment des athlètes et de la crédibilité régionale de l’île. L’histoire retiendra peut-être que, face à une opportunité de rassemblement, certains responsables auront choisi la fuite en avant et la provocation plutôt que la lucidité et le respect des règles.
Dalia Abdou









