Le projet d’appui à la modernisation de l’état civil a été lancé hier au Golden Tulip. Une occasion pour le chef de l’Etat, Azali Assoumani de rappeler que grâce à l’efficience de notre État Civil, le pays sera en mesure d’évaluer les besoins du pays, et d’améliorer ainsi le système de gouvernance, afin de mieux répondre aux aspirations du peuple, à travers une meilleure planification économique et sociale.

Le phénomène des enfants sans identité présente en particulier, une difficulté majeure pour le développement de nombreux Etats. L’Union des Comores n’est pas épargnée à cette situation qui met en cause le développement socio-économique du pays. L’absence d’enregistrement des naissances dans certains cas, empêche en effet d’établir et de protéger les droits sociaux, économiques, politiques et civiques des individus et rend les enfants plus vulnérables à toutes les formes d’exploitation et de violence.
Pour y remédier, le conseil des ministres du 20 octobre 2021 a donné son accord pour la mise en œuvre d’un projet de modernisation de l’état civil d’un montant d’un million d’euros financé par la France et mis en œuvre par l’Unicef pour une période de 24 mois. « Bien que l’efficacité de l’élaboration de nos politiques socio-économiques repose essentiellement sur l’état civil, ce service demeure malheureusement déficient », a déclaré le chef de l’Etat, Azali Assoumani. A l’en croire, doter d’un état civil fiable et mieux organisé, le pays parviendra à prévenir les contentieux devant le système judiciaire, à déterminer avec précision, la situation démographique, sanitaire et éducative de notre pays et à lutter efficacement contre la précarité. « Grâce à l’efficience de notre état civil, nous serons en mesure d’évaluer les besoins de notre pays, et d’améliorer ainsi notre système de gouvernance, afin de mieux répondre aux aspirations de notre peuple, à travers une meilleure planification économique et sociale », a-t-il souligné.
Un état civil conforme aux standards internationaux
L’Unicef et l’Ambassade de France auprès de l’Union des Comores ont signé le 27 août 2021 l’accord de financement de ce projet. Pour Mariame Sylla, représentante de l’Unicef aux Comores, ce projet consiste à accompagner la réforme législative, à favoriser l’inter-connectivité du registre de l’état civil avec d’autres registres publics et appuyer la réalisation de l’évaluation normalisée du système d’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques vitales. Il accompagnera ainsi la normalisation des procédures et des formulaires de déclaration des faits d’état civil et la sensibilisation de la population aux bénéfices apportés par l’état civil. « Au terme de la mise en œuvre du projet de modernisation, l’année prochaine, et sous le leadership du gouvernement, nous espérons que le pays disposera du cadre juridique portant sur l’état civil conforme aux standards internationaux grâce à la modernisation de la loi du 15 mai 1984 », a-t-elle dit. Mariame Sylla a rappelé la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant de 1989 qui a souligné le rôle des États de veiller à ce que tout enfant qui naît, dispose d’un acte d’état civil.
De son côté, Mahamoudou Fakridine Mradabi, ministre de l’intérieur a avancé que le projet d’appui à la modernisation de l’état civil aux Comores est d’une certaine manière, un marqueur d’une évolution significative des perceptions en la matière. « Un statut quo, dans un tel cadre, est tout simplement insupportable », a souligné le ministre de l’intérieur. Revenant sur la pertinence du projet, le chef de l’Etat a précisé que les actions que nous comptons mettre en œuvre, dans le cadre de ce projet doivent être pérennisées, dans l’intérêt de notre peuple du faite que dans le monde globalisé dans lequel nous évoluons, cette informatisation s’avère nécessaire pour faciliter les démarches administratives mais aussi pour crédibiliser davantage nos documents et mettre fin définitivement aux abus et aux risques liés à la récurrence des faux documents.
Kamal Saïd Abdou








