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Politique : La tournante, un rempart contre les divisions insulaires

Alors que la prochaine élection présidentielle s’annonce déterminante pour l’avenir du pays, la question de la tournante revient avec insistance dans le débat politique. Considérée comme un pilier de stabilité et de cohésion nationale, cette règle garantit l’accès de chaque île de l’Union des Comores à la magistrature suprême, selon un principe de rotation géographique.

Anjouan, après avoir exercé un premier mandat présidentiel, est désormais en attente de son second passage, une échéance jugée cruciale par ses partisans. Instaurée après les crises séparatistes des années 1990 et 2000, la tournante présidentielle a été conçue pour préserver l’unité nationale. Elle a permis à Ngazidja, Anjouan et Mohéli d’exercer chacune un premier mandat à la tête de l’État.

Mais alors que Ngazidja a déjà entamé un second cycle, Anjouan et Mohéli attendent toujours leur tour. “Ce n’est pas qu’une règle politique. C’est le ciment qui maintient notre unité et notre stabilité”, affirme Yasser Ali Assoumani, ancien candidat aux élections gubernatoriales.

Pour lui, la tournante permet de désamorcer les tensions interinsulaires, de garantir un partage équitable du pouvoir et des ressources, et de renforcer le sentiment d’appartenance à une même nation.

Un impact au-delà de la politique

Au-delà de sa fonction institutionnelle, la tournante est également perçue comme un levier de développement économique. La présidence d’une île attire en général des projets, des financements et des investissements publics, qui contribuent à réduire les déséquilibres régionaux.

“Chaque île sait qu’elle aura son tour. Cela apaise les esprits et réduit les conflits”, rappelle cet ancien directeur des Aéroports des Comores.

Une responsabilité historique pour Anjouan

Selon la Constitution comorienne, la présidence devrait revenir à Anjouan lors du prochain scrutin. Un principe confirmé publiquement par le Chef de l’État ainsi que par le Secrétaire Général du Gouvernement.

“Ne pas respecter cette rotation serait une injustice grave envers Anjouan et Mohéli”, avertissent plusieurs figures politiques. Mais les partisans de la tournante appellent à la vigilance et à la retenue : “Nous devons prendre cette relève sans haine, sans vengeance, et sans esprit de revanche.”

L’enjeu dépasse de loin la seule alternance insulaire. Les défenseurs de la tournante souhaitent qu’Anjouan, si elle accède à la présidence, incarne un mandat tourné vers le développement, l’inclusion et la modernisation du pays.

“Nous devons bâtir un mandat qui fera des Comores une référence dans l’océan Indien, au-delà de Maurice, des Seychelles et de La Réunion”, affirment-ils. Et de conclure : “la tournante doit tourner… pour la paix, la justice et l’avenir des Comores !”

Dalia Abdou

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