Après de nombreuses alertes lancées par la population, le pays a enregistré mardi dernier trois cas suspects de Mpox. Le gouvernement a annoncé ces cas ce mercredi. Cette épidémie rappelle la précédente crise sanitaire de la Covid-19, durant laquelle une gestion jugée chaotique avait été pointée du doigt.
La psychose gagne du terrain depuis l’annonce de ces quatre cas suspects de Mpox sur le territoire national. L’inquiétude s’installe au sein de la population comorienne, consciente de la fragilité du système de santé et du lourd tribut payé lors des précédentes urgences sanitaires. Face à cette menace potentielle, l’État semble absent, et sa responsabilité en matière de protection de la population est vivement critiquée.
Dès les premières déclarations de la maladie par les autorités sanitaires malgaches, de nombreux Comoriens ont vu la nécessité de suspendre, par mesure de précaution, les liaisons entre les deux pays. Ces appels, pourtant lancés pour alerter les autorités, semblent être restés sans réponse de la part du gouvernement. « Il ne s’agit pas de céder à la panique, mais d’anticiper. Attendre, c’est prendre le risque de perdre le contrôle », affirme Ibrahim Said sur les réseaux sociaux.
Le silence officiel n’est pas anodin. Selon lui, il traduit la volonté manifeste des autorités compétentes de ne pas prendre au sérieux les conséquences que pourrait avoir cette maladie dans un pays où le système sanitaire est déjà défaillant. « Il faut rappeler que Madagascar avait suspendu la liaison avec les Comores lorsqu’un cas de choléra avait été déclaré », rappelle-t-il.
Dans les marchés et les transports, la peur se traduit déjà par des rumeurs. Faute d’une parole publique forte, l’angoisse comble le vide laissé par l’État. « C’est ce que les autorités comoriennes ont voulu. Maintenant que le pays enregistre déjà des cas, les réunions et les conférences de presse vont s’enchaîner, non pas pour mettre en place des actions concrètes, mais pour désigner qui doit diriger la coordination », regrette de son côté Maman Hadidja, vendeuse à Volo-Volo. La responsabilité des pouvoirs publics est aujourd’hui clairement engagée. « Gouverner, c’est prévoir », prévient-elle.
Kamal Said Abdou









