À l’occasion du mois sacré de Ramadwani, période de recueillement mais aussi d’intense activité commerciale et de forte mobilité, la gendarmerie nationale a décidé de renforcer son dispositif de sécurité sur l’ensemble du territoire. Lutte contre l’insécurité routière, prévention des vols dans les marchés et intensification des patrouilles : les autorités entendent garantir un climat de sérénité durant ce mois particulier.
Chaque année, le mois de Ramadwani transforme le rythme de vie dans les îles de l’Union des Comores. Les journées sont marquées par le jeûne, tandis que les fins d’après-midi voient une affluence accrue dans les rues et les marchés. Les familles se pressent pour les derniers achats avant la rupture du jeûne, les commerçants prolongent leurs horaires, et la circulation s’intensifie, notamment à l’approche de l’iftar. Dans ce contexte, les risques d’accidents de la route et d’actes de délinquance augmentent sensiblement. Consciente de ces enjeux, la gendarmerie nationale a mis en place un plan d’action spécifique couvrant l’ensemble du territoire, avec une attention particulière sur l’île de Ngazidja.
La priorité affichée par les autorités reste la lutte contre l’insécurité routière. La fatigue liée au jeûne, combinée à la précipitation pour rejoindre le domicile à temps, constitue un facteur aggravant. Des contrôles routiers ont ainsi été renforcés aux principaux carrefours et axes stratégiques. Les gendarmes veillent au respect du code de la route : port de la ceinture de sécurité, limitation de vitesse, contrôle des deux-roues et vérification des documents administratifs.
Le commandant de compagnie de Ngazidja, capitaine Toilib Said précise que « nous avons constaté que les accidents surviennent majoritairement en fin de journée. Notre objectif n’est pas seulement de sanctionner, mais surtout de prévenir. Nous appelons les conducteurs à faire preuve de patience et de responsabilité, notamment à l’approche de l’iftar. » Le capitaine insiste également sur la nécessité d’éviter les surcharges de passagers, pratique encore observée dans certaines localités.
Marchés sous surveillance accrue
En parallèle, la gendarmerie a intensifié sa présence dans les principaux marchés, lieux névralgiques de l’activité économique durant le mois sacré. Fruits, légumes, viandes, poissons et produits de première nécessité s’y écoulent en grande quantité, attirant une foule importante.
Cette affluence peut favoriser les vols à la tire, les pickpockets et d’autres actes malveillants. Pour y faire face, des patrouilles pédestres ont été mises en place, complétées par des équipes en civil chargées de surveiller discrètement les mouvements suspects. « Les marchés sont des espaces de vie et d’échange. Notre rôle est d’y maintenir un climat de confiance. Nous invitons les commerçants à sécuriser leurs recettes et les clients à rester vigilants », ajoute le capitaine Toilib Said. Les autorités encouragent également la population à signaler tout comportement suspect afin de faciliter l’intervention rapide des forces de l’ordre.
Un dispositif de proximité et de dissuasion
Au-delà des contrôles, la gendarmerie mise sur la proximité avec les citoyens. Des campagnes de sensibilisation sont menées dans plusieurs localités pour rappeler les consignes de sécurité. L’objectif est d’associer la population à l’effort collectif de prévention. Les patrouilles nocturnes ont également été renforcées afin de prévenir les cambriolages et d’assurer la tranquillité des quartiers, particulièrement après les prières du soir et les rassemblements communautaires. Selon la gendarmerie, cette stratégie repose sur trois axes : prévention, dissuasion et réactivité. Les autorités affirment vouloir adapter le dispositif en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.
En ce mois de spiritualité, de solidarité et de partage, les forces de sécurité rappellent que la sécurité est l’affaire de tous. Le respect des règles de circulation, la vigilance dans les lieux publics et la collaboration avec les autorités sont autant de facteurs essentiels pour garantir un Ramadwani apaisé. « La sécurité ne peut être assurée uniquement par les forces de l’ordre. Elle repose aussi sur le civisme de chacun. Nous comptons sur la responsabilité collective pour que ce mois se déroule dans la paix et la sérénité », conclut le commandant de compagnie de Ngazidja. À travers ce dispositif renforcé, la gendarmerie nationale entend accompagner les fidèles tout au long du mois sacré, afin que les moments de recueillement et de partage se vivent dans un climat de confiance et de sécurité.
Djanamali Said Abdou








