Le Conseil des sages et la présidence de la notabilité de Ngazidja se sont réunis hier, lundi, à Ntsudjini, dans un appel solennel en faveur de la cohésion sociale et de la paix nationale. Ce rassemblement a réuni les figures notables des grandes lignées Inya Foimbaya, Inya Matsoi Pirusa et Inya Mdombozi, témoignant de l’unité rare de cette classe sociale.

Les notables ont exprimé leur inquiétude face aux tensions croissantes et aux dérives sociales, appelant l’ensemble de la population et les autorités à s’unir pour préserver les valeurs fondamentales de la société comorienne.
« Le titre de grand notable ne devrait pas être accordé à toute personne ayant simplement accédé à ce rang. Il doit répondre aux exigences du Mila Nantsi, socle de notre tradition », a souligné Damir Ben Ali, rappelant l’importance de préserver l’authenticité et la légitimité de la notabilité.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le grand notable Sultan Abdoulaziz a insisté sur l’urgence de renforcer l’unité nationale.
« Nous sommes unis et nous devons préserver cette unité. Il est temps de dépasser nos égos pour l’intérêt collectif et pour l’avenir de notre pays », a-t-il déclaré devant une assistance attentive.
La notabilité comorienne, pilier de la société, se veut aujourd’hui actrice de paix et de médiation. Elle propose une collaboration étroite avec les ulémas, les autorités publiques, l’opposition et les institutions étatiques, afin de faire face aux défis sociaux, politiques et culturels.
Mbae Charif, autre voix écoutée du rassemblement, a lancé un appel direct aux pouvoirs publics : « Il est de la responsabilité des autorités de créer les conditions favorables à l’unité. Sans cela, aucune prospérité n’est possible. »
Enfin, les notables ont mis en avant le rôle fédérateur des traditions comoriennes – mariages, fêtes, coutumes – pour retisser les liens d’une société parfois fragmentée.
« Il est urgent de prendre conscience des enjeux actuels avant qu’il ne soit trop tard », ont-ils averti, en appelant à une prise de conscience collective.
Djanamali Saïd Abdou







