Les touristes sont bel et bien venus à Anjouan. Une partie est accueillie jeudi et une autre, vendredi dernier par une foule de dames en Ghauni, tari à la main, chantant une musique de bienvenue. Selon l’association JPC, aucun touriste depuis 2016 n’est accueilli dans l’île.

Le dynamisme et la joie de Fatima Boyer qui, avec le sourire, danse au rythme des chansons essayant de montrer le rythme aux touristes. Malgré la fatigue, avec le sourire, elle accepte de répondre à nos questions. « Ces Assises et l’Eductour sont la consécration d’un projet qui a démarré en 2015 où j’ai sollicité TSF à venir aux Comores. Au départ, ils étaient réticents. C’est une joie pour moi. En même temps, je suis un peu inquiète parce que je voudrais bien voir les jeunes s’engager dans le tourisme. Le manque de structures, le bénévolat, fait que je me défonce comme ça pour montrer aux jeunes, aux femmes qu’on ne peut rien avoir si nous faisons rien », dit-elle avant de confier à ne pas être seule dans ce combat : « je crois que je ne suis pas seule. Il y en a d’autres qui me soutiennent. Comme à la citadelle, mais chacun, comme ils peuvent. Peut-être que les jeunes en prendront conscience. Tout le monde nous a dit que nous avons un beau pays, alors maintenant nous devons travailler tous les jours ».
Colliers de couleur au cou et téléphone à la main, les touristes ont mémorisé cet instant nouveau pour ces dizaines de touristes venus découvrir le patrimoine culturel, matériel et immatériel de l’île. Jeudi dernier, en présence du chef de l’État, Azali Assoumani et d’autres touristes, une visite a eu lieu à la Médina puis à la Citadelle de Mutsamudu. Ils se sont vu raconter l’histoire de « Bweni Fatima Sinéjou », une femme qui, selon le guide, s’habillait, se parfumait pour envoûter les hommes. Elle vivait dans les escaliers de la Citadelle. Toutefois, personne ne sait sa fin ni même si c’était un esprit ou un humain. La légende reste ainsi. La même tournée est faite, vendredi dernier. Atterris à l’aéroport d’Ouani, les touristes sont allés à Bambao Mtsanga visiter le palais Mawana. Ce dernier est dans un état de dégradation depuis plusieurs années. Les dîners prévus à la Citadelle, palais du Sultan Abdallah 1er, se sont faits à l’hôtel « Le Bléché ».
Un potentiel touristique
Le programme prédéfini n’est pas réalisé. Le président de TSF explique que « il y a tellement de choses à voir, du potentiel dans cette île que de toute façon ça n’a pas du tout appâte cette journée. Nous sommes très heureux de découvrir ce patrimoine. Cela fait déjà 7 ans que nous collaborons avec le CPC justement sur cette opération particulière », dit-il. Pour lui, les assises sont un peu un début de développement touristique même si déjà, des choses sont faites. « C’est aux Comoriens de créer la dynamique. Nous sommes là pour accompagner ses projets. Cela fait déjà 4 ans qu’on accompagne des projets de Comoriens. Ce ne sont pas les nôtres. Nous devons faire des suggestions et des pistes de développements », indique-t-il. La direction et l’Office du tourisme sont inquiets du manquement au programme préétabli. Toutefois, ils sont rassurés par la présence de journalistes étrangers et nationaux.
Au moins 5 chaînes de médias différents sont présentes lors de l’Eductour. La visite se transforme en tournage de reportage. « Vous avez là toute une partie de l’équipe de TSF. Nous ne sommes pas venus avec des tour-opérateurs, mais des investisseurs, des institutionnels et surtout des journalistes. L’idée est de communiquer une image de ce que sont les Comores aujourd’hui et ce qu’ils peuvent devenir demain. Nous ne sommes pas du tout là pour amener des touristes », affirme le président du TSF, Marc DUMOULIN. Pour la directrice de l’Office du tourisme à Anjouan, « ces touristes vendront et nous espérons une image positive de notre patrimoine culturel, matériel et immatériel, du moins de ce qu’ils ont pu visiter », conclut-elle.
Ahmed Zaidou








