La sélection nationale est en perte de vitesse. Après une première liste dévoilée la semaine dernière par le nouveau sélectionneur, sans les cadres emblématiques, une deuxième liste vient d’être publiée. Celle-ci ne comporte que deux gardiens au lieu de trois et se distingue par une absence totale de joueurs expérimentés. Sans explication claire, tous les joueurs qui figuraient sur la première liste ont été déclarés forfait à la dernière minute.
La Fédération comorienne de football souffle le chaud et le froid. Au sein de l’institution, les voix critiques semblent réduites au silence. Joueurs et staff technique paraissent sous l’influence directe de la présidence de cette instance dirigeante. Après une première liste fortement critiquée, Hubert Velud, nouveau sélectionneur des Cœlacanthes, vient de publier une seconde liste réduite. Au lieu des 23 joueurs habituels, elle n’en compte que 22, avec seulement deux gardiens. La polémique enfle notamment en raison du silence persistant pour les joueurs initialement convoqués et déclarés forfaits à quelques jours de la double confrontation. Sur les réseaux sociaux, les réactions des supporters se multiplient. « Rafiki Saïd n’est pas blessé. Il ne figurait pas sur la liste et a joué en championnat ce week-end. Les supporters vont forcément se poser des questions. Pareil pour Omari, qui a joué avec Hambourg contre Dortmund et n’apparaît pas non plus dans la liste. C’est troublant », a réagi un supporter en colère.
La colère monte d’un écran et la Fédération tente de se justifier. Ahmed Aymeric (Châteauroux) et Youssouf Zaydou (Al Fateh SC) ont été déclarés forfaits pour blessure en vue du déplacement au Kazakhstan. Ils seront remplacés par Mohafidh Ahamada, jeune défenseur de 22 ans évoluant en deuxième division française (Red Star), appelé pour la deuxième fois en sélection après juin 2025 contre le Kosovo, ainsi que par Abdelmajid Djae, attaquant de Limonest (National 1). Une justification peu convaincante. La fédération ajoute que ce nouveau joueur avait déjà été convoqué par Ahamada Djambay lors de la Coupe arabe, mais il s’agit de sa première apparition chez les A. En revanche, les cas de Yacine Bourhane et I. Boura ne sont pas évoqués. De plus, Yannick Pandor, gardien de but ayant fait la fierté nationale, ne figure pas dans cette liste.
Une dynamique brisée et un projet fragilisé sous Hubert Velud
À son arrivée à la tête de la sélection, Stefano Cusin avait poursuivi la dynamique et poursuivi le projet initiée par son prédécesseur, Amir Abdou. Héritant d’une crise profonde entre anciens joueurs et Fédération, il avait choisi la médiation plutôt que la rupture.
Selon lui, écarter les joueurs emblématiques aurait brisé la dynamique et compromis le projet sportif en cours. Un pari réussi à l’époque, mais aujourd’hui, sous la direction de Hubert Velud, la sélection nationale semble en danger de régression et fragilisé par la division au sein de la fédération. Une défaite face au Kazakhstan compromettrait non seulement la progression de l’équipe, mais pourrait également avoir un impact significatif sur le classement FIFA.
Un bilan positif sous Stefano Cusin
Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sous sa direction, la sélection a gagné 34 places au classement FIFA, passant de la 119e au 106 e rang mondial. Il a su intégrer de nouveaux talents, comme I. Boura qui avait décliné une première convocation sous Y. Zerdouk, sans pour autant écarter les joueurs historiques et expérimentés. La sélection est notamment sortie première de son groupe lors des qualifications pour la dernière CAN au Maroc, une performance rendue possible grâce à des joueurs clés tels que Y. Mchangama, Yacine Bourhane, Ben El-Fardou, Ben Djamoud et Ben Boina. Lors des qualifications pour la Coupe du monde, les Cœlacanthes occupaient également la première place devant des équipes compétitives comme le Ghana, le Mali et Madagascar avant de reléguer en 4eme position.
Malgré les résultats décevants lors de la CAN au Maroc, la sélection comorienne a acquis une réelle notoriété sur la scène continentale et internationale grâce à son exploit. Tous les regards se tournent désormais vers cet archipel de l’océan Indien, dont l’avenir footballistique attire l’intérêt croissant des observateurs et anciens sélectionneurs internationaux.
Ali Said Soilih









