À Moroni, la crise qui secoue l’hôpital El-Maarouf depuis mars s’enlise. La société civile, engagée dans une tentative de médiation, constate un échec du dialogue et met en cause la position de la direction. Elle appelle à une réaction rapide des autorités et annonce des actions citoyennes dans les prochains jours. Engagée depuis fin mars pour faciliter le dialogue entre les grévistes et la direction de l’hôpital El-Maarouf, la société civile comorienne dresse un constat d’échec. Dans un communiqué rendu public le 20 avril, les organisations impliquées regrettent l’impasse actuelle malgré plusieurs initiatives entreprises ces dernières semaines.
Après une première rencontre avec la direction le 9 avril, suivie d’échanges avec les grévistes le 10 avril, les médiateurs avaient choisi de privilégier la voie du dialogue, allant jusqu’à reporter une marche pacifique initialement prévue.
Au centre des revendications figurent l’alignement des salaires des agents contractuels et des préoccupations liées à la gestion financière de l’établissement. Pour tenter de rapprocher les positions, la société civile a élaboré un projet de protocole d’accord.
Présenté aux grévistes le 14 avril, ce document a reçu un accord de principe, assorti d’une condition : la levée des sanctions disciplinaires prises pendant la grève.
La rencontre tenue le 16 avril avec la direction n’a pas permis de débloquer la situation. Cette dernière maintient son refus de lever les suspensions, un point jugé essentiel par les grévistes pour reprendre les discussions. « La direction maintient sa position, ce qui constitue un obstacle majeur à l’ouverture de discussions directes », souligne la société civile. Elle déplore également une fermeture du dialogue et s’inquiète d’éventuelles décisions visant à écarter des agents expérimentés.
Face à l’impasse, la société civile appelle les autorités à prendre leurs responsabilités. Elle exhorte notamment le gouvernement et le ministère de la Santé à intervenir rapidement pour trouver une issue à la crise. « Il est urgent d’agir pour préserver l’intérêt général et garantir la continuité des services de santé », insistent les organisations de la société civile.
À défaut d’une solution d’ici le 26 avril, la société civile annonce une série d’actions, notamment sit-in devant l’hôpital, rassemblement à la place de l’Indépendance, marche pacifique le 1er mai et, à terme, une journée ville morte. Au-delà du conflit social, la situation à El-Maarouf met en évidence les fragilités du système de santé comorien. L’absence de solution rapide pourrait affecter durablement l’accès aux soins pour la population.
NMA








