Porté par un étudiant comorien installé en France, un projet numérique innovant vise à rendre le Coran accessible en langue locale. Entre foi, technologie et identité culturelle, cette initiative pourrait marquer un tournant dans la transmission du savoir religieux aux Comores.
Le Coran occupe une place centrale dans la vie quotidienne des Comoriens. Appris dès le plus jeune âge, récité dans les foyers comme dans les mosquées, il constitue un pilier fondamental de la société. Pourtant, pour une grande partie de la population, sa compréhension reste limitée, freinant ainsi un accès plus profond à son message.
C’est de ce constat qu’est née l’initiative de Noufeine Ahmed, un jeune originaire de Mitsoudjé, aujourd’hui étudiant en France. Entre études supérieures, adaptation à un nouvel environnement et ouverture au monde, il n’a jamais rompu le lien avec ses racines. Bien au contraire, c’est loin de son pays natal qu’il a imaginé une solution concrète : une application permettant de lire et de comprendre le Coran en shikomori, la langue maternelle de milliers de Comoriens.
Baptisée Kurän-Shikomori, cette application offre désormais aux utilisateurs la possibilité d’accéder au texte sacré directement depuis leur téléphone portable, dans une langue qu’ils maîtrisent. Une avancée significative qui allie technologie, culture et spiritualité, tout en répondant à un besoin réel au sein de la société comorienne. « Mon objectif est simple : permettre à chaque Comorien de comprendre le Coran dans sa propre langue. La foi ne doit pas être limitée par la barrière linguistique. Grâce au numérique, nous pouvons rapprocher les gens de leur religion et de leur identité », explique Noufeine Ahmed.
Au-delà de l’aspect religieux, cette initiative s’inscrit également dans une dynamique plus large de valorisation de la langue comorienne à l’ère du numérique. Elle ouvre la voie à d’autres projets similaires, qu’ils soient éducatifs, culturels ou même non religieux. Cependant, pour assurer son développement et sa pérennité, ce type d’innovation nécessite un accompagnement structuré, souligne un jeune internaute.
Ce dernier appelle ainsi les autorités, notamment l’Agence nationale de développement du numérique (ANADEN), à s’intéresser de près à ce projet. « Ce travail mérite d’être soutenu et encadré. Il peut devenir une référence en matière de développement numérique aux Comores. Accompagner ce jeune, c’est investir dans l’avenir du pays », estime-t-il.
Hidaya








