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Politique : Boléro plaide pour l’unité nationale

Dans un contexte marqué par les tensions politiques et les spéculations autour de l’état de santé de l’ancien président Sambi, Hamada Madi Boléro, ancien Premier ministre et ancien secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), plaide pour la paix, la réconciliation et l’unité nationale à l’approche des échéances électorales de 2029. Dans un entretien accordé à Mchangama Oubeidillah de Facebook FM, il estime que l’évacuation sanitaire de l’ancien président constitue une étape importante pour favoriser l’apaisement.

Le contexte politico-social est, une nouvelle fois, sous tension. L’état de santé de l’ancien président Sambi, la question de l’intégration de Mayotte au sein de la COI et les prochaines échéances présidentielles alimentent le débat national. Connu pour son expérience et sa connaissance du paysage politique comorien, Hamada Madi Boléro est revenu sur la situation de l’ancien chef de l’État.

Dans une lettre adressée au président de la République, les anciens Premiers ministres ont demandé une mesure de clémence permettant à Ahmed Abdallah Sambi de se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins. Une requête qui, jusqu’à présent, est restée sans réponse. Sans commenter la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité prononcée contre l’ancien président, Boléro estime qu’il est nécessaire et urgent de lui accorder cette faveur. « En raison de son état de santé, de son statut d’ancien chef d’État, de son âge et surtout au regard de notre religion », a-t-il déclaré.

Boléro interpelle le chef de l’État

La prise de parole de cet ancien conseiller diplomatique du président Azali Assoumani sur un sujet aussi sensible intervient dans un contexte où les divergences entre le pouvoir et l’opposition continuent de diviser le pays. Pour Boléro, il appartient désormais au chef de l’État de faire un geste d’apaisement.

« Je sais qu’il en est capable. Azali Assoumani a su réunir tous les Comoriens autour d’une même table alors que le pays était divisé par le séparatisme », a-t-il rappelé.

L’ancien Premier ministre appelle à une véritable réconciliation nationale avant le rendez-vous électoral de 2029. « Nous allons mettre fin à un cycle de dix ans et le tour reviendra à Anjouan. On ne peut pas aller à des élections dans un climat de division. Il est important de tourner la page avant ces échéances afin de permettre notamment le retour des exilés, comme Mohamed Bacar et d’autres. Celui qui sera élu en 2029 doit être choisi par tous les Comoriens », a-t-il insisté.

La question de Mayotte au cœur du débat

L’ancien secrétaire général de la COI est également revenu sur la question de l’intégration de Mayotte au sein de l’organisation régionale. Il a rappelé que seuls les États souverains peuvent devenir membres de la COI, une interprétation qui diffère de la position défendue par la France lors du sommet de la COI à Antananarivo, puis lors de la passation de la présidence de l’organisation à Moroni.

Selon lui, « Mayotte a ratifié un accord pour être une entité au sein de la COI, et non un État membre. Je pense que les élus mahorais sont conscients de cette distinction. »

À un an des Jeux des Îles de l’océan Indien, Boléro appelle enfin à dissocier les enjeux politiques des compétitions sportives. « Les Mahorais peuvent participer sans drapeau ni hymne national, car aucune instance internationale ne peut reconnaître deux représentations d’un même pays », a-t-il conclu.

Kamal Said Abdou

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