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Abdou Miroidi : « Malgré les aléas, Onicor s’en sort à bon compte »

L’après crise Covid-19 continue à bouleverser l’équilibre des économies mondiales. Touchant les pays nantis que ceux les moins avancés, toutes les nations sont logés à la même enseigne. Dans notre pays le contexte économique est un peu particulier parce que non seulement que les Comores dépendent à fortes raisons de l’importation, son marché de consommateurs très limités ne fait pas aussi rêver bon nombre d’investisseurs. Raison pour laquelle aux Comores, on n’a pas le vent en poupe.

Les effets néfastes de la crise ont été ressentis dès la première heure affectant toutes les couches sociales. Tous les leviers économiques ont été mis à rude épreuve provocant dans la foulée une flambée de prix surtout pour les produits de première nécessité. On observe impuissamment une sorte de vie chère qui ne dit pas son nom et qui s’installe dans la durée.  Ce qui profile à l’horizon étant de la brise n’est autre qu’une tempête qui se mue en crise sociale. En moins d’un mois tout disparaît dans les marchés.

A commencer par les produits carnés, le sucre, la farine et bien d’autres. Les rares produits qu’on en trouve dans le marché noir, coûtent chers. Seule Onicor la société nationale de l’importation et de la commercialisation du riz a tenu bon. Tout d’abord au respect des rythmes des fréquences des bateaux transportant leur cargaison, deux fréquences par mois. Alors que dans ce secteur de transport maritime très sinistré les armateurs sont touchés de plein fouet. « Malgré les aléas, l’Onicor s’en sort à bon compte », a déclaré le directeur de l’Onicor. Ensuite, autant le dire, la société n’a jamais failli à sa mission, d’alimenter la population comorienne en riz ordinaire. 5 000 tonnes par mois, répartis en fonction de la capacité de consommation de chaque île. 2500 tonnes à Ndzuwani, 2000 tonnes à Ngazidja et 500 tonnes à Mwali. Au mois de septembre, deux bateaux ont jeté l’ancre à nos ports de Mutsamudu et Moroni. Le 3 septembre un navire a déchargé 4050 tonnes. Le 23 septembre un autre navire a acheminé 4050 autres tonnes de riz. Ce qui fait un total de 8100 tonnes.

Un surplus de plusieurs tonnes de riz par rapport à la consommation régulière

En ce début du mois d’octobre, le navire est en mouillage au port de Mutsamudu avant d’accoster au port de Moroni à compter du 23 de ce mois transportant la même quantité de riz. En jetant un regard conséquent, on constate un surplus de plusieurs tonnes de riz par rapport à la consommation régulière. Le hic, c’est qu’en ce moment de crise, nombreux sont ceux qui voudront jouer sur la spéculation voire enchérir pour faire du profit. Et cela peut engendrer à la longue de l’inflation, ce qui n’est pas bon pour la santé de notre économie déjà chancelante. Ce qui est plus important, c’est que la société d’Etat soit à l’abri de toute rupture de stocks en cette période de fortes inquiétudes où tout le gouvernement est monté sur le pont pour veiller aux grains et surtout pour apporter des solutions adéquates aux attentes de la population en matière de sécurisation de la chaîne alimentaire.

Il conviendrait de s’en rendre compte que l’Onicor a toujours joué un rôle de premier plan dans la politique du président de la République. « Dans son projet de société visant à lutter contre la vie chère et de permettre aux comoriens à accéder à une vie saine et à manger équilibré à un prix abordable, le candidat Azali Assoumani avait pris cible des produits alimentaires pour lesquels il a promis de réduire leur structure de prix, au nombre desquels le riz ordinaire. Ainsi, chose promise chose due. Après son accession à la magistrature suprême, le président Azali a passé à l’acte en 2017 en honorant ses engagements politiques. Le kilogramme de riz est passé de 450 fc à 300 fc ce qui ramène le sac de 25kg de 13 000 fc à 7 000 fc », a-t-il expliqué.

Un acte politique dont son application exigerait des mesures d’accompagnement pour palier la perte sèche à laquelle encourrait la société. Mais là encore rien n’a été prévu. Malgré les mesures internes de redressement préconisées par le directeur général Miroidi Abdou dès sa prise de fonction en juillet 2019, en vue de réduire la vulnérabilité de la société Onicor, outre l’absence des mesures d’accompagnement, mais plusieurs taxes de toutes natures ont refait surface surplombant davantage la trésorerie de la société d’Etat. La toute dernière taxe en date est celle appliquée tout récemment par Moroni Terminal de 60 000 fc par tonne de riz. Cette taxe de trop vient de s’ajouter à la taxe unique de 40 000 fc la tonne de riz, le scanner de 30 000 fc par conteneur, la taxe lock payée uniquement à Moroni Terminal (transports par Challans) de 95 000 fc par conteneur et les frais de la manutention au port.

Onicor a la corde au cou et s’asphyxie à coup sûr

Avec toute la multiplication de toutes ces taxes, il ne faut pas être cartésien pour comprendre que la société Onicor a la corde au cou et s’asphyxie à coup sûr. Le constat est sans équivoque. L’Onicor roule à perte. La société achète à 550$ USD la tonne de riz soit 234 107,5 kmf. En ajoutant toutes les taxes indues, le prix de revient tourne autour de 325 000 kmf. En se conformant aux structures de prix homologuées par les autorités compétentes, la société d’Etat vend la tonne de riz à 253 000 fc accusant ainsi une perte sèche de 70 000 fc par tonne. Il aura fallu la dextérité, l’intelligence et le savoir-faire d’un homme à la dimension de Miroidi Abdou pour tenir haut la barre pour que le navire Onicor ne prenne eau. Surtout en ce moment de crise où le riz est très prisé. Ainsi, faudrait-il que l’Etat fasse preuve de mansuétude pour accompagner l’Onicor dans le processus de son redressement afin qu’elle continue à remplir à bon escient  sa mission publique au service du public.

KDBA

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