Le baccalauréat session 2021 a été délibéré et proclamé, hier jeudi, au niveau national. A Anjouan, les résultats sont jugés catastrophiques par rapport aux années précédentes. Un taux de réussite de 21 % sur 4 988 inscrits à Anjouan. 5 % admis direct et 16 % autorisés à passer en deuxième groupe. Des résultats qui départagent les avis des uns et des autres.

« Nous avions anticipé ces mauvais résultats. Avant nous avions des résultats de facette. Ce sont nos élèves, nous connaissons leurs niveaux. Ce sont les résultats du niveau de nos candidats. Les propos du ministre n’ont rien avoir avec ces mauvais résultats. Ce sont des surveillants qui ont mis les notes et non le ministre », a réagi une frange de professeurs qui soutiennent les résultats pendant que d’autres affichent l’incompréhension. « C’est pour satisfaire le ministère. Les résultats étaient dits d’avance. Les sujets devaient être à la portée du candidat moyen », ont-ils rétorqué. Ils pointent du doigt aux propos du ministre de l’éducation nationale sur les résultats des années précédentes à Anjouan.
« Le président du jury ne corrige pas, ne surveille pas … »
« Il ne faut pas prendre les résultats avant le rachat, mais après. Les enseignants étaient d’accord avec moi », a indiqué le président du jury, Dr Abdillah Said Amane. Ce dernier réfute l’hypothèse de l’influence du ministre sur les résultats. « Les propos du ministre n’ont rien influencé. Il a fait un constat que tout le monde peut faire. Ce sont les mêmes écoles, les mêmes enseignants, pourquoi à Mohéli et à Ngazidja, les résultats se rapprochent ? Et pourquoi l’écart énorme à Anjouan ? Et le constat lui donne raison », a-t-il avancé. Et de préciser « quand le travail est fait, nous avons trouvé beaucoup de fraudeurs. Des fraudeurs en classe et au moment des corrections. Cela prouve le raisonnement du ministère de l’éducation. Ses propos, c’était pour rappeler aux gens des enjeux. Il voulait mettre en garde les gens, mais malheureusement, les gens n’ont pas pris au sérieux ses propos. »
Le président du jury se dédouane des notes et résultats des candidats. « Cela ne se passe pas tout simplement à Anjouan. Je connais le nombre de fraudeurs à Mohéli et à Ngazidja après des échanges avec les présidents du jury. Ce sont beaucoup plus par rapport à Anjouan. Il est temps que le peuple comorien, les parents d’élèves, l’inspection pédagogique, les enseignants, les élèves, que chacun prenne ses responsabilités », préconise-t-il. Selon lui, les élèves passent de classe en classe sans niveau. Les résultats ne seront pas normaux sauf en cas de triche. Ces résultats interpellent tout le monde à prendre chacun ses dispositions. « Je le dis bien, le président du jury ne corrige pas, ne surveille pas et ne met pas de note », insiste-t-il.
3% des admis avant rachat
Pour Daniel Maandhu, enseignant de philosophie, « les résultats sont catastrophiques. Cela n’engage que moi. Les résultats ne reflètent que la réalité des élèves. Si nous avons des bons résultats, c’est que nous avons des bons élèves. Dans le cas contraire, c’est que le niveau est très bas. Par rapport aux 4 988 inscrits dans toutes séries confondues, les résultats des admis sont 3 % admis et 12 % autorisés avant rachat, ce sont des mauvais résultats », dit-il. Mais, « après le rachat d’une moyenne de 0,5 % (arrêté ministériel de l’éducation nationale depuis la période du président Ikililou et les points dépendent de la série en question), les données changent. Nous avons 5 % des admis et 16 % autorisés. Un total de 21 % sur les inscrits, c’est catastrophique. La faute est à nous tous. Tout le monde est responsable. Tout le monde est impliqué à commencer par le gouvernement, les parents, les enseignants et les élèves. C’est tout le système que nous devons nous unir pour le faire changer », a-t-il souligné.
Ahmed Zaidou








