Depuis le départ prématuré du groupe Duval du capital de la BDC, les autorités bancaires comoriennes ont mis en place une structure provisoire pour administrer la banque jusqu’à la nomination d’un nouveau directeur général. Problème : le délai légal est largement dépassé depuis bientôt 12 mois.

Selon la loi bancaire comorienne du 12 juin 2013, notamment ses articles 61 à 70, la durée d’une administration provisoire ne peut pas « excéder 12 mois ». Or, nommé administrateur provisoire le 1er juin 2020 pour une période de 6 mois, Hassani Azali est en poste jusqu’à aujourd’hui après avoir bénéficié d’une dérogation spéciale non prévue par la loi. Cela inquiète naturellement plus d’un au sein de l’institution bancaire, notamment les salariés. Ils sont nombreux à s’interroger sur le silence de la Banque centrale et du gouvernement qui devraient les rassurer quant à l’avenir de la banque.
L’inquiétude est d’autant plus légitime dans la mesure où au regard des missions confiées à l’administrateur provisoire, rien n’a encore été réalisé, notamment le plan de redressement de la banque et la recherche d’un partenaire technique et financier. Ce qui devait permettre à la BDC de « retrouver les conditions normales d’exploitation et de restaurer sa viabilité ». Il faut souligner que le 23 avril 2020, le conseil d’administration a dû évincer le groupe Finafrica pour non-respect de ses engagements, notamment le programme de financement de la banque à hauteur de 7 millions d’€ dont 2 millions pour les investissements.
Et jusqu’à aujourd’hui, l’institution financière a un besoin de recapitalisation d’un milliard 600 millions de francs comoriens pour pouvoir respecter le ratio prudentiel et se conformer à l’article 664 de l’acte de l’OHADA.
Autre point d’inquiétude pour la BDC aujourd’hui, c’est la non maitrise des dépenses qui est pourtant l’une des missions signifiées à l’administrateur provisoire. On constate par exemple que la direction sortante aurait bénéficié d’indemnités de départ colossales jusqu’à 100 millions de francs. Pourquoi tout cela est-il toléré par la Banque centrale ? On cherche désespérément de raisons rationnelles. Mais la question est de savoir jusqu’à quand cela va-t-il durer. Va-t-on pouvoir convaincre un vrai partenaire stratégique pour éviter une nouvelle entrée catastrophique dans le capital de la banque et surtout une évaporation de l’épargne des clients?
Pour avoir des réponses plus précises à ces questions, nous avons essayé, en vain, d’interroger M. Hassani Azali et ses collaborateurs qui n’ont pas daigné répondre à nos questions. Et pourtant cela va de l’intérêt de l’Etat, des salariés et ses clients de l’institution.
Ali Mmadi








