Face à la prolifération des établissements scolaires privés, le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a annoncé un renforcement des contrôles. Une série de mesures obligatoires a été rendue publique hier par le ministère, dans une note officielle en date du 12 août 2025.
Dans un contexte marqué par des critiques récurrentes, des résultats jugés insuffisants et un niveau globalement faible des élèves, le ministère entend redorer l’image du système éducatif national. Ces nouvelles dispositions visent à améliorer la qualité de l’enseignement et à garantir le respect des textes réglementaires en vigueur.
Parmi les principales mesures figurent : la formalisation de toute demande de transfert d’élève, l’obligation d’obtenir une autorisation pour enseigner, l’interdiction pour les encadreurs pédagogiques d’assurer des cours, l’interdiction pour les fonctionnaires de l’État de diriger un établissement privé, et l’obligation de déclarer les enseignants, sous peine de sanctions.
Pour certains observateurs, cette dynamique de régulation est une opportunité, à condition que les établissements concernés respectent les normes. « La multiplication des écoles privées peut être un atout si elles sont conformes à la réglementation », souligne Saïd Bacar, enseignant dans un collège de la place.
D’autres, en revanche, jugent ces mesures excessives. En s’appuyant sur une déclaration du ministre qui aurait qualifié certains établissements de « cabanes », ils estiment que ces décisions visent davantage à provoquer des fermetures qu’à élever le niveau de l’enseignement.
« Avant d’autoriser l’ouverture d’une école privée, le ministère exige un dossier complet. Pourquoi, dans ce cas, ne pas organiser une inspection préalable pour vérifier la conformité des locaux et du projet pédagogique ? Si des écoles [fantômes] existent aujourd’hui, c’est bien parce que le ministère a failli à son rôle de contrôle », déplore un enseignant. Il pointe du doigt une négligence administrative qui, selon lui, a largement contribué à la dérégulation du secteur éducatif.
Kamal Saïd Abdou









