Alors que l’ensemble des chancelleries accréditées à Madagascar ont répondu présent à la cérémonie d’investiture du nouveau président malgache, l’absence remarquée de la délégation comorienne suscite interrogations et vives réactions diplomatiques.
Cette décision de boycotter l’événement pourrait bien refroidir davantage les relations déjà fragiles entre les Comores et leur voisin malgache. Depuis quelque temps, la coopération entre les deux pays connaît des tensions récurrentes, marquées par des désaccords politiques et des différends sur la gestion régionale.
Le geste des Comores, jugé inamical par plusieurs observateurs malgaches, intervient dans un contexte politique tendu à Madagascar. En effet, la prise de pouvoir par un militaire, à la suite de l’exfiltration controversée de l’ancien président Andry Rajoelina, a été largement condamnée par la communauté internationale.
La France, l’Union Africaine, la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), la COI (Commission de l’Océan Indien), ainsi que l’ONU ont unanimement appelé à un dialogue inclusif pour rétablir l’ordre constitutionnel.
Malgré cette position internationale nuancée, les Comores ont choisi de se démarquer en condamnant fermement la situation. Dans un communiqué du ministère comorien des Affaires étrangères, l’Union des Comores a dénoncé « toute tentative de prise de pouvoir par la force ou par des moyens anticonstitutionnels, ainsi que toute atteinte aux institutions de la République ».
Une absence lourde de sens
Dans ce contexte, l’absence de l’ambassadeur comorien à la cérémonie d’investiture à Antananarivo est interprétée par certains comme une remise en cause de la légitimité des nouvelles autorités malgaches. Un signal fort qui pourrait complexifier les relations bilatérales.
D’autres analystes y voient cependant une opportunité pour les Comores de redéfinir leur position diplomatique vis-à-vis des nouvelles autorités de transition à Madagascar.
Silence radio à Moroni
À Moroni, le silence est total. Aucun communiqué officiel n’a été publié pour justifier l’absence de la représentation comorienne lors de l’événement. Ce mutisme alimente les spéculations sur un possible repositionnement stratégique de la diplomatie comorienne dans la région.
Quoi qu’il en soit, ce boycott marque un tournant dans les relations entre les deux îles de l’océan Indien, et augure d’un futur diplomatique incertain entre Antananarivo et Moroni.
Kamal Said Abdou









