Face à un déséquilibre financier accentué par la mise en concession de l’Aéroport international Prince-Saïd-Ibrahim, le ministère des Transports maritimes et aériens engage un plan de restructuration de la société Aéroports des Comores (ADC). L’objectif est de rétablir la viabilité budgétaire du secteur, malgré un impact social significatif.
Le ministère des Transports maritimes et aériens a officiellement annoncé la mise en œuvre d’un plan de restructuration financière de la société d’État Aéroports des Comores (ADC). Cette décision intervient dans un contexte marqué par la réorganisation de la gestion aéroportuaire et la fragilisation de l’équilibre budgétaire des plateformes secondaires.
Pour rappel, le gouvernement a signé un contrat de concession confiant la gestion de l’Aéroport international Prince-Saïd-Ibrahim (AIMPSI) à la société TAM. Cette concession ne concerne toutefois que l’AIMPSI, les aéroports secondaires d’Anjouan et de Mohéli demeurant sous la responsabilité de l’ADC.
Jusqu’à présent, les deux aérodromes secondaires fonctionnaient en grande partie grâce à un mécanisme de solidarité interne. Les recettes générées par l’AIMPSI permettaient de soutenir l’équilibre financier des plateformes insulaires. Or, depuis la mise en concession de l’aéroport international, ce mécanisme n’est plus en vigueur, privant l’ADC d’une ressource essentielle.
Selon le ministre des transports maritimes et aériens, cette évolution structurelle a profondément modifié l’équilibre financier du secteur, rendant indispensable une réorganisation adaptée aux nouvelles réalités économiques et budgétaires. Le faible niveau d’activité dans les aéroports secondaires ne permettrait plus de maintenir les effectifs actuels. Le plan de restructuration cible principalement les personnels affectés aux aéroports secondaires, au pavillon présidentiel ainsi qu’à la direction générale de l’ADC.
« À l’aéroport de Ouani (Anjouan), 64 agents sur 121 sont retenus, soit 57 départs, à l’aéroport de Bandar Salam (Mohéli), 38 agents sur 63 sont maintenus, entraînant 25 départs, au niveau de la direction générale, 2 agents ne sont plus en exercice depuis longtemps, au pavillon présidentiel, 9 agents sont retenus sur 18, soit 9 départs. Au total, sur 205 agents, l’ADC en retient 114, ce qui représente 91 départs », a expliqué Hassane Yasmine Alfeine, ministre des transports maritimes et aériens.
Le ministère précise que cette décision repose exclusivement sur des critères d’assainissement budgétaire et de viabilité financière. La masse salariale excéderait largement les capacités de paiement de la société, entraînant l’accumulation de plusieurs mois d’arriérés de salaires.
Engagement sur les droits des agents
Conscient de l’impact humain et social de cette restructuration, le ministère affirme prendre des engagements fermes concernant les droits des agents concernés. Un audit administratif a été ordonné afin de s’assurer du respect des procédures légales. Les indemnités et arriérés de salaires dus seront honorés conformément à la législation en vigueur, avec un calendrier de paiement qui sera communiqué aux intéressés.
Le ministère des Transports maritimes et aériens assure enfin que ces mesures ne sont guidées par aucune considération politique. Il réaffirme sa volonté de conduire cette réforme avec rigueur, transparence et humanité, afin de bâtir un secteur aérien plus solide et durable au service du développement national.
Hidaya









