À l’approche de l’Aïd el-Fitr, Moroni vit au rythme des préparatifs et de l’ambiance festive. Contrairement aux années précédentes, les vendeurs ambulants remarquent une situation inhabituelle : de nombreux visiteurs, mais moins d’acheteurs. La crise économique en serait la principale cause.
Comme chaque année durant le mois de Ramadan, les commerçants installent leurs étals afin d’attirer les clients qui se préparent pour la célébration de l’Aïd el-Fitr. On y trouve divers produits : vêtements, boubous, sandales, parfums et d’autres articles destinés aux familles souhaitant se préparer pour la fête.
Tout au long de cette route très fréquentée, les passants doivent parfois marcher sur la chaussée, car les trottoirs sont transformés en petits marchés improvisés. Les vendeurs espèrent profiter de cette période festive pour augmenter leurs ventes. Cependant, la situation économique actuelle rend les choses difficiles pour de nombreuses familles. Malgré l’ambiance des préparatifs de l’Aïd, plusieurs citoyens disent ressentir une forte pression financière.
Interrogé sur la situation, Abdillah Mmadi, professeur de mathématiques, explique que beaucoup de familles sont préoccupées par l’arrivée de la fête alors que certains salariés de l’État attendent toujours leurs salaires du mois de février. Selon lui, cette situation crée une inquiétude chez les fonctionnaires, qui doivent pourtant faire face aux dépenses du mois de Ramadan et aux préparatifs de l’Aïd. « Beaucoup de familles veulent célébrer la fête dignement, mais sans salaire, il devient difficile de faire les achats nécessaires », explique-t-il.
Du côté des commerçants, l’espoir de réaliser de bonnes ventes reste présent, mais la réalité du marché semble différente. Pour Hafsoit Mohamed, vendeuse de boubous, de sandales et d’autres articles, la clientèle n’est pas aussi importante qu’elle l’espérait. « Les produits sont à des prix raisonnables, mais beaucoup de clients n’ont pas les moyens d’acheter », déclare-t-elle. Selon elle, la crise économique affecte directement le commerce.
Ali Said Soilihi









